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mercredi 22 décembre 2021

Le Noël d'Hercule Poirot

 




Simon Lee décide de réunir ses enfants pour fêter Noël dans la demeure familiale. Il vit reclus dans sa chambre, servi par un valet, aussi silencieux qu'un chat, mettant mal à l'aise Alfred et sa femme Lydia, seuls à vivre sous le même toit que le patriarche autoritaire.

Le vieil homme souhaite-t-il apaiser les tensions familiales à la fin de sa vie ? Souhaite-t-il renouer les fils des liens familiaux distendus par ses aventures extra-conjugales qui ont consumé, à petit feu, son épouse morte de chagrin et de désespoir ?

Sous l'esprit de Noël se cache, à coup sûr, des intentions moins affables.

Comment réconcilier ce qui ne peut l'être ? Comment Alfred Lee, qui supporte le vieil homme sans oser se libérer de sa coupe, accueillera-t-il le fils prodigue, Harry disparu depuis des années, son frère politicien, son autre frère David, toujours pas remis de la mort de leur mère, une nièce tombée du ciel et un jeune inconnu d'Afrique du Sud ?

 

Agatha Christie déroule le portrait de chaque protagoniste, mettant en avant leur caractère, ce qui les rapproche ou les éloigne de Simon Lee, leurs ressentiments envers lui ou d’autres membres de la famille, leurs préférences, leur choix de vie.

C’est dans les menus détails que se cacheront les éventuels mobiles du crime qui sera perpétré à la veille de Noël. Bien entendu, chacun d’entre eux a au moins une raison d’avoir tué le vieil homme sarcastique, horripilant et acariâtre.

Notre Hercule Poirot a bien de la chance de vivre un Noël de cette ampleur ! Et quelle ironie dans le titre : rien dans le récit montre une ambiance festive, joyeuse et chaleureuse, nous sommes loin du traditionnel Noël anglais.

Rien n’arrête le célèbre détective belge qui prend grand plaisir à faire fonctionner ses cellules grises tant la manière dont le crime a été organisé et réalisé lui semble être un écheveau complexe.

Franchement, la galerie de personnages qu’est la famille Lee n’est absolument pas enthousiasmante, elle est même déprimante et agaçante. On a envie d’en enfermer plus d’un.

 

Au fil de l’enquête qui mène par le bout du nez la lectrice que je suis, Hercule Poirot glane des indices improbables et des confidences qui mettront en lumière la piste à suivre.

Il joue serré et en finesse, tressant un faisceau d’indices convergents autour du coupable.

La scène dans laquelle tout le monde, enquêteurs et membres de la famille, est rassemblé pour assister à la résolution de l’affaire est à l’apogée du sens de déduction de Poirot : un vrai régal qui fait toujours dire « Ah … mais… bien sûr ! »

 

« Le Noël d’Hercule Poirot » fut une agréable manière de renouer avec les classiques du roman policier. Et puis, je suis une fan de ce personnage de fiction irrésistible tant il sait allier un certain humour « british » à la facétie belge.

Sans compter que je ne me lasse pas de l’écriture, très moderne, d’Agatha Christie.

Traduit de l’anglais par Françoise Bouillot


Quelques avis :

Babelio  France culture  Sens critique  Charlotte  RLS  Takalirsa


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lundi 13 décembre 2021

Christmas pudding

 


Hercule Poirot
reçoit chez lui, à Londres, un jeune prince d'un état du Commonwealth qui entretient de nombreuses maîtresses là où il voyage. Il doit se marier bientôt et le rubis qu'il devait faire sertir pour sa fiancée lui a été dérobé par sa maîtresse londonienne. La situation est plus qu'embarrassante ce qui amène le jeune homme et son conseiller, Mr Jesmond, à solliciter l'aide de notre célébrissime détective belge.

Après quelques tergiversations, il se décide à accepter l'enquête car il lui a été assuré que le château dans lequel il passera un vrai Noël traditionnel anglais a été pourvu en installations modernes assurant une température acceptable.

C'est ainsi que Poirot se retrouve chez les Lacey sous le prétexte de vivre un Noël anglais. Les Lacey accueillent leurs petits-enfants Sarah et Colin ainsi que leurs amis dont un soupirant de la jeune fille, sous leur tutelle depuis la disparition tragique de ses parents, Desmond Lee-Wortley. Ce dernier, peu apprécié du couple, est venu accompagné de sa sœur souffrante qui ne quitte guère sa chambre.

La neige est au rendez-vous ce qui ne peut que sublimer Noël. Le repas est chaleureux et délicieux bien qu'un étrange billet ait été déposé sur l'oreiller de Poirot lui recommandant de ne point manger de Christmas pudding. Cependant, il passe outre et a la surprise de « tomber » sur une pierre d'un beau rouge : est-ce un rubis ? Est-ce celui qui a été volé ? Poirot se garde bien de montrer quoi que ce soit tout en observant avec finesse l'assemblée.

Plus tard, Colin et ses amis décident de jouer un tour au célèbre détective en simulant un meurtre le lendemain de Noël, effet sublime garanti grâce à la neige tombée. Le complot avance jusqu'au jour J.

Bridget est étendue dans la neige, vêtue de son pyjama rouge, comme morte. Colin et ses amis courent alerter Poirot qui découvre la scène et explique que la jeune fille est vraiment morte. Qui a pu commettre un tel crime ?

Des traces de pas mettent la puce à l'oreille de Poirot qui confie à Desmond le fameux rubis ainsi que la mission d'informer la police de Sa Majesté.

Reverra-t-on Desmond ? La sœur alitée a-t-elle été abandonnée par son frère ? Bridget est-elle vraiment morte ?


Bien entendu il y aura un coup de théâtre magistral même si.... mais chut, je n'en dévoile pas plus.


« Christmas pudding » est une nouvelle délicieuse et savoureuse. Tous les ingrédients du suspense sont présents ainsi que le déroulé habituel de l'enquête.

Les personnages sont anglais jusqu'au bout des ongles, Mrs Lacey est adorablement finaude et a compris depuis bien longtemps que pour anéantir un obstacle gênant point n'est besoin de s'y attaquer bille en tête, le louvoiement est autrement plus payant... notamment avec une jeune fille amoureuse d'un coureur de dot. Ah, la délectable remarque de la Granny à propos des pantalons masculins à la mode qui galbent les jambes de ces jeunes messieurs et font ressortir les genoux cagneux. Sarah l'entend et regarde d'un autre œil son galant.

Les adolescents sont à la hauteur de leur rôle : remuants, regorgeant d'idées et ne prenant pas garde aux fenêtres entrouvertes quand ils mettent au point leur facétieux meurtre.

Sans compter que j'ai appris que traditionnellement étaient dissimulés dans le Christmas pudding des objets : une pièce de monnaie, une ancre (symbolise le retour au port en sécurité), un dé à coudre en argent (pour la fortune) ou encore un os de bréchet de poulet en forme de V (en porte-bonheur).


Cette lecture, courte, ne fut que du bonheur.


Traduit de l’anglais par Jean-Michel Alamagny


Quelques avis :

Babelio   France Inter  Sens critique  Lecture parent enfant

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lundi 25 octobre 2021

Dans la famille Holmes, je demande la soeur

 


En septembre j'ai fait la connaissance d'une nouvelle série de romans jeunesse, « Les enquêtes d'Enola Holmes » de Nancy Springer. J'avais vu sur les blogs de nombreux billets de lecture sur cette série, notamment depuis qu'elle a été éditée en BD.


Enola, ou « alone » si on lit le prénom à l'envers ce qui pose rapidement le décor, vit seule avec sa mère dans un manoir campagnard. D'ailleurs pourquoi Lady Eunoria a-t-elle appelé sa fille Enola qui, lu à l'envers signifie Alone, seul ? Cette question taraude la jeune fille qui se la pose tout au long du roman.

Tout est pour le mieux, loin des soucis d'étiquette, pour la jeune Enola qui vit sa vie de jeune fille, un peu garçonne, sans contrainte. Jusqu'au jour où Madame Holmes mère, Lady Eudoria, disparaît sans mot dire laissant Enola, le jour de ses quatorze ans, seule et à la merci d'un monde patriarcal peu tolérant.

Débarquent alors les deux frères aînés d'Enola, Mycroft, bien établi socialement et très strict, et Sherlock, le célèbre détective aux addictions mystérieuses. Les deux frères se mêlent de la vie de leur sœur et décident de l'envoyer en pension dans une institution pour jeunes filles de bonne famille. Sauf qu'Enola ne veut absolument pas perdre la liberté de penser, de courir, de découvrir inculquée par sa mère.

Elle s'échappe puis s'enfuit pour rejoindre Londres, ville de tous les dangers où elle pourra enquêter sur la disparition de sa mère. En chemin, elle tombe sur la cachette d'un jeune lord dont la disparition fait la une des journaux.

Déguisée en veuve, Enola arrive à Londres pour enquêter sur la disparition du jeune homme. Commencent pour elle des aventures angoissantes voire dangereuses dont elle triomphe grâce à sa vivacité d'esprit, sa faculté d'entreprendre et d'aller de l'avant, son goût des messages à décoder laissés par sa mère dans un précieux carnet.


L'intrigue est simple mais prenante. Je me suis laissée porter par l'histoire et surtout je me suis attachée à la jeune héroïne prenant son destin en main. En cette fin de XIXè siècle où être une femme signifie se résigner à ne vivre que pour procréer et trimer, Enola est un petit bout féministe qui ne craint pas d'être hors la norme. Indépendante, élevée par sa mère pour ne pas avoir à dépendre de la figure paternelle ou fraternelle, elle estime qu'elle seule doit décider ce qui est bon pour elle.

« La double disparition » est le premier épisode d'une série de romans policiers et met en place le personnage principal, ses qualités et ses défauts, ses peurs et ses espoirs, son caractère bien trempé et son envie d'aider autrui, au point qu'elle décide d'ouvrir une agence de détective.

A la fin du roman, le secret de la disparition de la mère n'est pas percé, quelques avancées sont faites mais sont-elles de vraies pistes ou des chemins de traverses pour perdre ses poursuivants ? Madame Holmes souhaite-t-elle être retrouvée ? Parfois, on en doute.


Enola Holmes est une héroïne dont on a envie de suivre les aventures et ne peut que séduire un jeune lectorat appréciant les histoires mystérieuses à rebondissements.

Pour les jeunes lecteurs moins aguerris, la version BD semble être une excellente entrée en matière pour découvrir Enola Holmes.

Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassalo-Villaneau


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Babelio  Ricochet  Ma petite médiathèque  Bulle de Manou  Sens critique


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mercredi 15 septembre 2021

Vacances anglaises

 


Difficile d'écrire un billet de lecture quand ladite lecture n'a pas été enthousiasmante. J'ai l'impression d'être passée à côté du sel de l'histoire en raison d'un sentiment de déjà vu.

Pourtant le sujet abordé me plaisait par son parti pris de comédie estivale au cours de laquelle on peut disséquer les comportements humains.


Quatrième de couverture

« Howard est marié à Elizabeth, il ne pense qu'à téter son whisky douze ans d'âge et à sa maîtresse Zouzou. Le reste du temps, il donne le change avec une humeur toujours égale. Leur fille Katie, 17 ans, montre avantageusement ses seins à qui veut les voir. Des voisins, Brian et Dotty, émergent à peine de la classe ouvrière et sont en admiration devant le faste de leurs amis. Sans oublier qu'ils ont un fils, Colin, 15 ans, dégénéré notoire, qui fantasme sans arrêt sur Katie et sur sa mère, Elizabeth.

Les vacances s'annoncent, on va partir ensemble, les uns dans une suite d'hôtel, les autres dans une caravane… »


Le décor est planté, les personnages prennent rapidement corps et certains m'ont très vite agacée au plus haut point, en l'occurrence Katie, la fille un peu trop perverse à mon gré. Petite fille gâtée-pourrie par ses parents, très aisés, qui lui offrent tout ce qu'elle souhaite au point qu'elle ne se rend plus compte du prix des choses : je vois, ça me fait envie, j'achète sans regarder à la dépense puisque papa-chéri versera de quoi combler mon compte en banque. Dès ses premières entrées en scène, j'ai eu une folle envie de la gifler. Sans doute était-ce l'effet recherché par l'auteur : grossir tellement les traits des personnages qu'ils en deviennent énervants de ridicule.

Joseph Connolly a une écriture pleine de verve, son humour est décapant, le sexe est aussi joyeux que triste, insécure ou doux, tous ces atouts n'ont pas éloigné l'ennui.

La comédie de mœurs est réussie, il y a du rythme, les rivalités entre voisins sont bien vues, lorsque les masques tombent l'empathie n'est pas absente de la part de la lectrice que je suis.

« Sea, sex and sun » … la vie de couple est malgré tout regardée avec désenchantement, l'usure du quotidien écorne les désirs, les envies. Les douleurs incurables dressent des montagnes d'objets collectionnés pour combler un vide sans fond.

Colin, l'ado écartelé entre son snobisme social et scolaire, ses obsessions des poitrines de Katie et d'Elizabeth, tire malgré tout son épingle du jeu : finalement, tomber tout simplement amoureux d'une jeune fille normale est ce qui lui arrive de mieux.

Je mens, tu mens, nous mentons à tout le monde et surtout à soi-même.

Je suis allée au bout de ma lecture sans vibrer.

Traduit de l'anglais par Alain Defossé


Quelques avis :

Babelio  Le tourne page  RTS CH culture  Sens critique  Critiques libres


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samedi 31 juillet 2021

Il était un fleuve


 

Pour illustrer le thème du mois de juillet pour le challenge « Une année en Angleterre », après bien des tergiversations, j'ai choisi, grâce à une participante, de lire « Il était un fleuve » de Diane Stetterfield dont j'avais lu, il y a quelques années, « Le treizième conte ».

 

Juillet et son thème « voyage en Angleterre », m'a emmenée sur les rives de la Tamise, en amont de Londres, pour suivre quelques méandres de secrets, de fables et de mystères.

Il y a le Swan, auberge au bord de la Tamise, tenue par une famille nombreuse dont le pater familias, Joe, a un don pour raconter les histoires.

« Aux frontières de ce monde, existent d’autres mondes. Il est des gués que l’on peut traverser. En voici un. » L’incipit est, à lui seul, déjà un voyage. Puis le roman s’ouvre sur ces mots « Il était une fois une auberge paisiblement installée sur les berges de la Tamise à Radcot, à une journée de marche de la source. Les auberges étaient nombreuses en amont du fleuve à cette époque, et partout on pouvait s’y soûler, mais outre le cidre et la bière qu’il convenait d’y trouver, chacune présentait une spécificité.[…] Le Swan, à Radcot, possédait aussi sa spécialité. On s’y rendait pour écouter des histoires. » Le décor est planté par l’auteure dans cette belle ouverture romanesque, le fleuve charrie autant de marchandises, d’hommes que de mystères.

Par une nuit du solstice d’hiver, les histoires vont bon train au Swan, notamment celle issue de la bataille du Radcot Bridge au cours de laquelle, en 1387, deux grandes armées se confrontèrent provoquant la perte de huit cent soldats. Seuls, trois hommes en réchappèrent, un chevalier, un valet et un jeune garçon. Depuis cinq cents ans, le sort des pauvres âmes perdues est revisité par les conteurs du Swan. Les histoires se déroulent, sans fin, quand un inconnu arrive, gravement blessé, portant dans ses bras une espèce de mannequin.

L’homme tombe, inconscient, il est transporté dans une salle à coté pendant qu’un commensal court quérir Rita Sunday, l’infirmière de la région. Cette dernière prend en charge le blessé et apprend que le mannequin s’est révélé être une fillette. Elle l’examine et constate qu’elle ne donne aucun signe de vie. La petite est installée dans la pièce la plus froide de l’auberge tandis que l’inconnu reçoit les soins appropriés. Plus tard, dans la nuit, Rita se rend auprès du corps de la fillette, lui prend la main, tâte son poul et…miracle le cœur bat doucement, tout doucement.

La fillette, revenue d’entre les morts, d’où vient-elle ? Qui sont ses parents ? Les gens se souviennent de la disparition, deux ans plus tôt, d’une fillette, Amélia Vaughan. Serait-ce elle ?

Commence alors un récit haletant, empreint de mystères et de merveilleux aux côtés du sordide et du misérable. On oscille entre le roman victorien et les références aux œuvres de Dickens, le tout servi par des rebondissements plus incroyables les uns que les autres, comme dans un roman policier.

 

« Il était un fleuve » est l’histoire trépidante d’hommes et de femmes, quelque part au milieu du XIXè siècle, sur les berges de la Tamise, en butte avec leurs chagrins, leurs espoirs, leurs illusions perdues, leurs croyances, leur mode et leurs choix de vie. Diane Setterfield met en scène une galerie de personnages dont l’épaisseur donne corps au roman.

L’inconnu s’avère être Henry Daunt, photographe dont la passion est de prendre en photo la Tamise et ses berges dont il apprécie les changements de lumière au cours de la journée et des saisons. Ses clichés dégagent une âme qui parle à ceux qui les regardent avec attention. Il s’est retrouvé coincé dans les remous avec son bateau quand il a voulu accoster pour soigner la fillette récupérée dans l’eau.

Rita Sunday, orpheline élevée dans un couvent, a appris très vite à soigner les gens, à connaitre les remèdes et à apprendre les gestes pour réparer les corps et leurs tissus. Elle a choisi le célibat pour ne pas mourir un jour en couches et décidé de vouer sa vie à aider ses semblables. Elle est l’esprit éclairé, la scientifique du roman : elle ne croit que ce qu’elle voit et parfois ce qu’elle voit est si incompréhensible qu’elle se lance dans des recherches pour comprendre ce qui titille ses questionnements. Tout mystère a une explication rationnelle… parfois la théorie est bousculée par un élément appartenant au merveilleux. C’est ce qui arrive au Swan, lors de cette nuit du solstice d’hiver.

La petite fille noyée, source de mystère en revenant à la vie, est reconnue comme étant Amélia Vaughan, disparue depuis deux ans. Du moins, Mme Vaughan en est-elle persuadée. Nombreux sont les faisceaux qui se rejoignent pour le croire. Or, il y en a autant pour rejeter l’assertion, notamment l’hésitation de Mr Vaughan à chaque fois qu’il prononce le prénom de sa fille Amélia. Ne serait-elle pas plutôt Alice, la fillette disparue de Robin Amstrong, fils du propriétaire terrien prospère, bâtard d’un noble et d’une servante noire ? Ce Robin qui ressemble beaucoup aux personnages fourbes et prêts à tout que l’on trouve chez Dickens… sordide, immoral et insane.

Une course à la paternité prend corps au cours de laquelle le mystère de la disparition de la petite Amelia sera levé. Qui est le père : celui qui conçoit l’enfant ou celui qui l’élève et l’éduque ? L’inné peut-il être atténué par l’acquis dispensé par les valeurs et l’éducation reçues ? L’atavisme peut-il peser longtemps sur les enfants ?

Et le Silencieux, ce passeur qui aide les bateliers en perdition à rejoindre la rive : celle de la vie quand l’heure n’a pas encore sonné ou l’autre rive quand il est temps de rejoindre l’autre monde. Tel un Charon, il apparaît pour guider les âmes en péril. On dit qu’il est à la recherche de sa fille, on dit qu’il aide aussi à retrouver l’être cher. Il est l’élément du merveilleux qui offre le gué entre les mondes existants.

 

« Il était un fleuve » est un roman savamment construit fait de méandres, de remous, de multiples ramifications. Il m’a emportée dans son courant auquel il est difficile de résister : les mystères se nouent et se dénouent au prix de nombreuses souffrances et de deuils. Un voyage extraordinaire et enchanteur.

 

Traduit de l’anglais par Carine Chichereau

 

Quelques avis :

Babelio  Nicole  Nadège  Sens critique Cannetille  Diacritik  Auryn

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samedi 26 juin 2021

Un cimetière, des rencontres, des anges ... un récital

 


Janvier 1901, Londres, le siècle nouveau a un an et le Royaume d'Angleterre se retrouve orphelin de sa reine, la reine Victoria.

La coutume impose que les gens se rendent dans les cimetières pour rendre hommage au souverain disparu. Deux familles, les Waterhouse et les Coleman, que tout éloigne, se retrouvent près de leurs tombes mitoyennes. Leurs deux fillettes, Maude et Lavinia, se lient aussitôt d'amitié malgré leurs différences : la première est attachée aux valeurs traditionnelles tandis que la seconde affiche une certaine modernité.


Le roman se construit autour des deux petite héroïnes et de leurs familles en un chant polyphonique dans lequel se lovent les changements sociétaux d'une Angleterre à un tournant de son histoire.

Maude est discrète, presque mutique tandis que Lavinia est une incorrigible bavarde ayant un avis sur tout et de longues listes de bienséance. Maude est studieuse et avide de savoirs, Lavinia ne voit qu'une partie du chemin, celui qui mène au mariage.

Rapidement, le cimetière devient leur point de ralliement, le lieu de toutes leurs rencontres. Elles font la connaissance du fils d'un des fossoyeurs, Simon avec lequel elles formeront un trio surprenant.


Au gré des rendez-vous près des tombes familiales, un récital se met en place : celui de leur vie quotidienne à l'aube du bouleversement mondial issu de la Grande Guerre. Le mouvement des suffragettes met en lumière la liberté restreinte des femmes et fait campagne pour l'octroi du droit de vote féminin.

La condition féminine n'est pas la même selon l'échelon social : être servante et fille-mère équivaut un renvoi sans référence et donc à mourir à petit fu d'indigence, travailler comme une bête de somme pour tenter de survivre. Défiler pour le droit de vote des femmes alors que les cohortes de petites bonnes et autres petites mains des familles nobles et bourgeoises, n'ont aucun horizon ? Jenny Whitby ne peut que ricaner d'autant plus que l'épouvantable matriarche Edith Coleman ne sait mener le monde qu'à la baguette de la coutume et des traditions.

Chez les Coleman, l'amour maternel ne s'exprime que très peu, Maud est dorlotée par la servante Jenny. Les parents sont des entités un peu lointaines, encourageant les envies d'études de leur fille unique. Chez les Waterhouse, la maison vit au rythme des courses d'enfants, des goûters joyeux et d'une vie familiale bourgeoise de bon aloi.

Le récital aurait pu être un long allegro, or le bourdon du malheur vient frapper les deux familles : Kitty Coleman, qui a tout pour être heureuse, se languit au point de s'abandonner au regard du directeur du cimetière. Après les regards, les bras et un jour, la vie se niche chez Kitty qui refuse cette grossesse. Le rythme de la musique se brise quand l'art d'une faiseuse d'anges, la mère de Simon, ôte la vie du ventre de Kitty dont la langueur devient dépression.

Au cours de l'inauguration de la bibliothèque du quartier, Kitty rencontre une jeune femme pétulante et battante appartenant au mouvement des suffragettes. La mère de Maude le rejoint pour donner un sens à sa vie. Choix qui n'enchante guère la belle-mère et l'époux.

Lors d'une grande manifestation, Kitty, blessée par la ruade d'un cheval, n'en sortira pas indemne tandis que la sœur cadette de Lavinia, perdue dans la foule, sera à la merci d'un sadique.


Le choix des voix multiples des protagonistes de l'histoire apporte la polyphonie au récit et une richesse de points de vue : chacun vit les événements selon son propre prisme et prend l'action en court sans savoir ce que pense l'autre. On peut être surpris au début, se demandant si on n'a pas tourné deux pages en même temps, puis on trouve le rythme du récital de ces voix parfois discordantes. Chaque voix a son champ lexical et son niveau de langage apportant à la vue d'ensemble des morceaux chamarrés.

Tracy Chevalier aborde le thème de condition de la femme au tournant d'une époque s'ouvrant à la modernité avec finesse malgré la pointe de pathos de la manifestation des suffragettes.

Je n'oublie pas un des « personnages » importants : le cimetière. Un lieu vivant parmi les ultimes demeures de ceux qui ne le sont plus. Un lieu où la connaissance du terrain est vitale, les diverses problématiques sont bien expliquées par le jeune Simon : la terre sablonneuse ne se travaille pas comme la terre argileuse, les techniques sont spécifiques et les fossoyeurs ne doivent rien omettre de chaque protocole.

Le cimetière point d'orgue du « comment dormir pour l'éternité », dans une fosse commune pour les indigents, dans un cercueil ou opter pour la crémation ! Kitty Coleman est moderne jusque dans le domaine mortuaire : elle souhaitait la crémation ce que son époux refusera et que son amant lui accordera.

Tracy Chevalier, subtilement, rappelle combien le cimetière pouvait être peuplé dans une époque pas si lointaine : lieu de promenade, de rendez-vous galants, d'échanges en tout genre, bureau à ciel ouvert.

Une pointe humoristique pas si déplacée que cela : les têtes de mort peintes au pochoir, sur un coin discret des pierres tombales, par Simon, jeune chantre des vanités.

« Le récital des anges » a été une très agréable lecture grâce à laquelle j'ai pris plaisir à renouer avec l'écriture et l'univers de Tracy Chevalier.

Traduit de l'anglais par Marie-Odile Masek


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Babelio  Sens critique  Hélène  Des livres des livres  Bazar de la littérature  Critiques libres

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samedi 12 juin 2021

The Crown: une série addictive

 


« The Crown » est une série que nombreux sont ceux à l'avoir vue. J'avoue avoir été dubitative puis le Mois Anglais arrivant à grands pas, j'ai franchi le cap et me suis lancée dans le visionnage de la série.

Et …. ce fut …. une excellente surprise. Je me suis laissée prendre au rythme particulier des épisodes, je me suis laissée charmée par l'ambiance et la narration d'une vie particulièrement étonnante : celle du règne de la Reine d'Angleterre Elizabeth II. J'en suis à la troisième saison et je ne me lasse pas du sujet.

J'ai choisi d'écrire mon billet sur la première saison, saison qui pose doucement la stature d'une jeune reine qui aura, elle ne le sait pas encore, le plus long règne de l'histoire anglaise, plus long que celui de la Reine Victoria (soixante-trois années).

La saison 1 couvre la période du mariage, en 1947, de la jeune Elizabeth d'York de la Maison Royale de Windsor avec le jeune Philip de Grèce, Prince de Grèce et de Danemark, qui adopte le nom de famille de ses grands-parents maternels, Mountbatten ainsi que la nationalité britannique, à la rupture de sa sœur Margareth avec le Capitaine Peter Townsend,en 1955.


Le jeune lieutenant, autorisé après cinq mois de cour assidue à épouser la princesse Elizabeth, héritière du trône d'Angleterre, reçoit, le jour de son mariage, par son beau-père, le Roi Georges VI, le prédicat d'Altesse Royale et le titre de Duc d'Edimbourg.

La scène est forte de symbole : le Roi Georges VI fait jurer au jeune Duc d'être toujours un conseiller et un époux fidèle pour Elizabeth. « Vous ne serez là que pour elle » lui dit-il en substance.

Tout est idyllique (naissances de Charles et d'Anne) jusqu'au jour où le roi meurt dans la nuit de Noël, en Ecosse, tandis qu'Elizabeth et Philip sont en « tournée » Commonwealth. Le jeune couple a passé quelques jours en pleine savane pour observer la faune sauvage.

Commence alors, l'apprentissage d'Elizabeth aux dures réalités de la fonction de souveraine.

Peu à peu, le poids du protocole et celui des responsabilités, symboliques, de sa fonction, forment une gangue autour de la jeune femme : elle devient cheffe de la famille Windsor et chef d'état.

Certes, elle a été éduquée pour succéder un jour à son père, certes elle connaît l'Etiquette sur le bout des doigts, elle sait qu'elle devra renoncer à être elle-même pour devenir Elizabeth Regina.

« Tu es la Couronne d'Angleterre » lui dit sa grand-mère. Elle devra cacher son être sensible, ses larmes, ses émotions car la Couronne doit rester debout, solide et au-dessus des contingences ordinaires. Malgré son attachement à certaines personnes de son entourage, elle doit privilégier, au nom des coutumes en vigueur, les serviteurs les plus anciens.

Les secrétaires particuliers de la jeune Reine, sont extraordinaires de componction et d'impassibilité bureaucratique, un vrai régal à voir.

Bien entendu tout ne se déroule pas de manière lisse : Margareth, la cadette, est amoureuse de l'écuyer, fidèle et loyal, du Roi Georges. Elle est aussi une jeune femme avide de liberté, aimant la fête, le champagne et être anticonformiste. Le Prince consort, Philip, a du mal à ne pas exister, à être toujours à trois pas derrière son épouse : il s'ennuie depuis qu'il n'est plus actif dans la Royal Navy.


« The Crown », ce sont aussi des intrigues de palais, des influences de l'ombre, des pressions sur la jeune Reine qui doit oublier ce que lui dicte son cœur.

On voit un Churchill vieillissant, épouvantable tyran auréolé de la résistance britannique face à Hitler, et fin politique : il réussit à rehausser sa cote de popularité mise à mal depuis son nouveau mandat de Premier Ministre, en utilisant sa visite au chevet d'une de ses secrétaires décédée après avoir été renversée par un bus lors du fameux smog, brouillard de pollution, qui immobilisa Londres pendant une semaine.

On constate que la Reine n'a guère de prise sur les événements qu'elle subit plus qu'elle ne vit : il y a un moment affreux, celui où elle se rend compte qu'elle ne connaît absolument rien hormis la Constitution. Elle s'aperçoit qu'elle a reçu une moins bonne éducation qu'une jeune fille de moindre condition, que ce manque de connaissances et de culture générale ne lui permettent pas d'exprimer un avis circonstancié. Elle a conscience que « le savoir c'est le pouvoir » et fera en sorte de combler quelques lacunes. Elle se laisse malmener par un Churchill qui se mêle de tout, même de sa vie privée : il lui fera comprendre qu'il est nécessaire de mettre fin à l'idylle entre Margareth et le Capitaine Townsend. Comme il lui fera comprendre qu'il faut donner une occupation officielle au Prince Philip... comme une visite de cinq mois autour du monde, avec une inauguration des Jeux Olympiques de Sydney.

Parfois, elle regimbe et on peut discerner la future grande Elizabeth qui, quand elle dit « No », est inflexible.


J'ai aimé la précision historique, les gestes repris dans leur moindre détail par les acteurs qui jouent juste et incarnent pleinement leur personnage.

La réussite de la saison, et de la série entière, tient au fait que tout est au plus proche de la réalité des faits sans pour autant occulter les atermoiements et souffrances des membres de la famille royale. Ils vivent dans des châteaux ou des palais, ils n'ont pas de souci pécuniers, ils possèdent la renommée, cependant ils ne peuvent vivre une vie ordinaire car ils ne sont pas des gens ordinaires et ne le seront jamais. Sinon... où serait la magie de la Royauté britannique ?

Elizabeth Regina aime ses enfants sans pouvoir leur montrer une affection débordante : Charles doit s'endurcir pour se confronter, plus tard, aux dures réalités qui l'attendent.

On ressent de l'empathie pour chacun d'eux, on ressent leurs peines, leurs espoirs, leurs déceptions, tout ce qui les rend humains.

La réalisation et la photographie de chaque épisode sont de très grande qualité et servent de manière magistrale le récit.

Une réussite, d'ailleurs la série est addictive en ce qui me concerne et j'en redemande !

Série américano-britannique créée par Peter Morgan.

Quelques avis:

Avoir à lire Just a word  Marvell  

Visionné dans le cadre:






jeudi 3 juin 2021

Comme il vous plaira

 


Je ne lis pas souvent de pièces de théâtre car je préfère être spectatrice. Mais, me répondrez-vous, lire une pièce de théâtre est aussi en être spectatrice. Vous avez parfaitement raison, vous répondrai-je alors.

Juin 2021 est un mois anniversaire pour « Le Mois Anglais » qui fête ses dix années d'existence, les organisatrices ont élaboré un programme permettant un voyage dans le temps au gré des lectures.

Le voyage temporel commence avant 1837 et pour illustrer la littérature anglaise d'avant cette date, j'ai choisi d'alléger ma PAL en sortant de ma bibliothèque « Comme il vous plaira » de Shakespeare.

La pièce est une tragi-comédie romantique dotée d'éléments de comédie pastorale.

En ces temps de pandémie, la légèreté en lecture est toujours bienvenue.


A la disparition de Sir Roland de Boys, leur père, Olivier est chargé de l'éducation de son jeune frère Orlando. Olivier déteste Orlando et fait en sorte que ce dernier ne soit pas mieux traité qu'un paysan ou serviteur.

Sir Olivier pense avoir, enfin !, l'occasion de se débarrasser de son encombrant frère, lorsque Orlando décide de défier Charles un lutteur expérimenté. Las, pour Olivier qui ne sera pas un nouveau Caïn, Orlando triomphe et tombe amoureux de la belle Rosalinde, nièce du Duc Frédéric, usurpateur des biens de son père.

La foudre de la haine tombe sur eux, pour des raisons différentes, ne leur laissant que la fuite en forêt d'Ardenne, où s'est réfugié le Duc déchu.

Alors que Rosalinde, déguisée en garçon, fuit en compagnie de sa cousine Coelia, fille de l'usurpateur, et de Touchstone, le bouffon ducal  – jusque-là tout le monde suit ? - Orlando prend la poudre d'escampette en compagnie d'Adam, un vieux et fidèle serviteur.

Bien entendu tout ce petit monde se croisera et recroisera, qui sous un masque qui sans fard. De ce ballet joyeux, l'amour vaincra.

 

Rosalinde, la belle et piquante Rosalinde, aime mener son monde : c'est elle qui décide des déguisements pour la fuite, c'est elle qui orchestre les amours des autres, sous les traits de Ganymède, jeune propriétaire d'une bergerie. « Aimez qui vous adore ! » clame-t-elle  Phébé, bergère qui repousse les avances de son soupirant Sylvius. Car c'est ce qui devrait être en amour : aimer celui ou celle qui nous aime et non s'entêter à aimer celle ou celui qui ne nous aime pas. Si tout était aussi simple, y aurait-il matière à écrire roman ou pièce de théâtre ? Y aurait-il matière au tragique ?Sans doute pas.

 

« Comme il vous plaira » ouvre une fenêtre sur un monde dans lequel le tragique ne serait plus. Dans une farandole de d'actions espiègles et de confusions sur les corps – Shakespeare s'appuie sur le travestissement femme/homme pour que Rosalinde s'assure de la véracité de l'amour qu'Orlando éprouve pour elle, et pour que Phébé comprenne que le véritable amour se trouve sous ses yeux et non dans un miroir aux alouettes – le dénouement apporte la joies dans les cœurs... tous les cœurs.

Les méchants deviennent gentils, les mesquineries sont oubliées, les torts réparés, les ronchons retournent dans leur grotte de leur plein gré ronchonner sur le monde et ses joies factices à leurs yeux.

La tragédie du frère jaloux de son benjamin plus aimé que lui, qui ouvre le bal laisse place à la liesse des libertés retrouvées.

Entre les deux extrêmes, on chante, on tient banquet, on rime, on philosophe ou on médite dans un monde magique. Magique, oui ! Magique car qui a déjà croisé une lionne affamée dans la forêt d'Ardenne permettant ainsi à Orlando de sauver son frère Olivier et de retrouver l'équilibre familial ? La forêt devient enchanteresse et lieu de tous les possibles et de la perfection. Au nom de la perfection dans un monde idéal, les sexes ne devraient pas être en guerre et ne pas se tromper ou se mentir. Tout devrait tendre vers l'ordre absolu, ce qui est intangible et devrait être perpétuel.

Ainsi Rosalinde évoque-t-elle les quatre vitesses du temps. Ainsi Touchestone évoque-t-il les sept degrés de querelle (j'ai relu plusieurs fois ce passage tant il est d'une grande intelligence). Ainsi Monsieur Jacques, le bougon de service, évoque-t-il les sept âges de la vie. Le nombre, les nombres paradigmes du Paradis ? Disons qu'ils expliquent les étapes essentielles des sentiments et de la vie.

Le mirth*, c'est la vie !

Il est absolu à la fin de la pièce : les frères ennemis se réconcilient, les hommes et les femmes fusionnent dans l'amour et l'hymen, Rosalinde redevient femme et Junon, l'hymen, triomphe !

 

Deux heures de bonheur absolu en compagnie de la verve shakespearienne.

*la gaieté, l'amusement, l'hilarité 

Pièce traduite de l'anglais par Jean Anouilh

Quelques avis:

Babelio  Maremurex  Actes Sud  Les trois coups  L'oeil d'Olivier

Lu dans le cadre










dimanche 23 mai 2021

Les 10 ans du Mois Anglais, ça se fête!


 Le joli mois de mai et ses déambulations italiennes cèdera, dans quelques jours, la place à juin, mois du "Mois Anglais" qui fête cette année ses dix ans!

Les organisatrices CryssildaMartine et Lou ont dévoilé le programme anniversaire de leur "bébé". Les rendez-vous auront lieu sur les blogs des participants, sur le groupe Facebook de "Mois Anglais" et sur Instagram.

Quant au programme, il est là, tout chaud:

  • Présentation de PAL, d'envies : dès à présent
  • Billets libres: à tout moment
  • Avant 1837 : 3 juin
  • Animaux : 5 juin
  • 1ere ou 2e guerre mondiale : 7 juin
  • Littérature jeunesse / album jeunesse : 9 juin
  • Époque victorienne : 10 juin
  • Une saison au choix : 12 juin
  • Années 50/60 : 14 juin
  • Époque édouardienne : 17 juin
  • English Royals : 19 juin
  • Années 70/80/90 : 21 juin
  • Non fiction (essai / biographie / livre d'histoire) : 22 juin
  • Années 20/30/40 : 24 juin
  • Voyage / évasion au sens large (régions anglaises, voyage dans le temps, dans l'espace si l'équipage est anglais) : 26 juin
  • Années 2000 jusqu’à aujourd’hui : 28 juin
Ce qui est bien, comme dans tous les challenges auxquels je participe, c'est que l'on peut prendre quelques libertés avec le programme qui est un fil conducteur que l'on peut choisir de suivre scrupuleusement ou au gré de ses envies et des livres que l'on a sous la main.
J'ai passé quelques heures à fouiller sur internet pour trouver des auteurs correspondant aux thèmes, à regarder sur mes étagères si je pouvais tomber sur les titres recherchés puis à compulser le catalogue des médiathèques que je fréquente.

J'ai sorti de ma PAL:

* « Comme il vous plaira » William Shakespeare => avant 1837

* « Les aventures de Cluny Brown » Margery Sharp => années 20/30/40

« Ecoute la ville tomber »  Kate Tempest => années 2000 à aujourd'hui

J'irai emprunter à la médiathèque:

* « Cheval de guerre » de Morpurgo Michael => littérature jeunesse/animaux/1ère guerre mondiale (je reconnais avoir fait fort)

* « Le récital des anges » Tracy Chevalier => époque victorienne

* « Avec vue sur l'Arno » E.M. Forster => époque édouardienne

* « L'Ombre du soleil » A.S. Byatt => années 50/60

* « Illusions fatales » Rachel Abbott => années 70/80/90

* « La mort est aveugle » Julia Chapman => 2000 à aujourd'hui

Visionnage de série prévu:

* "The crown" dont on m'a dit le plus grand bien.

Maintenant, il n'y a plus qu'à... Let's go!