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samedi 7 janvier 2023

Quand on aime, on ne compte pas

 


Cette année encore, Lou et Hilde repartent enquêter en Angleterre, Ecosse, Pays de Galles et Irlande.

J'ai repris le texte de la présentation du Challenge 2023 sur leur blog respectif: ici et .

De janvier à mars, un petit défi pour savourer l’hiver en bonne compagnie :

1 – Choisissez le nombre de lectures envisagées pour la période, et partagez idéalement une photo des titres sélectionnés. Serez-vous ?

  • Bibliothécaire du Yorkshire, allié.e indispensable d’un inspecteur un peu bavard : 1 titre lu
  • Sauveuse ou sauveur des Cotswolds, vos enquêtes sont portées par le culot et la chance : 3 titres lus
  • Espion.ne royal.e, instrument malgré vous des manigances de la Couronne : 5 titres lus
  • Célèbre antiquaire, vous excellez autant à enquêter qu’à croiser les fantômes du South Devon: 7 titres lus
  • Medium victorien, le monde des esprits n’a plus de secrets pour vous, vous résolvez brillamment chaque mystère : 10 titres lus
  • Mention spéciale Corgy de la Reine pour tout titre supplémentaire lu.
– Fin mars : on se retrouve pour partager les lectures faites en hiver et, pour celles et ceux qui le souhaitent, les prochains projets de découvertes.

2 – Le week-end du 14 au 16 janvier, nous vous proposons de nous retrouver pour un read-a-thon sur cette thématique.

3 - Et que se passe-t-il ensuite ?

Plusieurs rendez-vous dans l’année, vous pouvez participer selon vos envies :

  • De juin à août : on choisit 3 titres pour nos lectures d’été, rendez-vous à la rentrée de septembre pour faire le bilan.
  • Octobre : une histoire faisant frissonner.
  • Novembre / décembre : romans policiers de Noël, toujours en lien avec le cadre géographique du challenge.
  • Et le reste de l’année : lectures libres au fil de l’eau, à partager quand vous le souhaitez.
L'an dernier, j'ai limité la catastrophe, j'espère être plus prolixe côté lectures car j'ai un beau réservoir de titres dans les médiathèques que je fréquente.


mercredi 4 janvier 2023

En sortir 23 pour l'année 2023


 Malgré l'objectif non atteint pour mon premier défi d'allègement de PAL, je ne me décourage pas pour autant et récidive pour 2023.

Pour En sortir 22 pour 2022 le bilan aurait pu être plus catastrophique: 8 lectures chroniquées sur les 14 lues. 14 sur 22 c'est plus de la moitié.

Cette année, j'ai remis dans ma liste des 23, quatre des romans sélectionnés l'an dernier car ils me tenaient à coeur de les lire.

Les heureux élus sont:



1. « Toute passion abolie » de Vita Sackville-West


2. « Les Grâciées » de Kiran Millwood Hargrave


3. « Saules aveugles, femme endormie » d'Haruki Murakami


4. « Dernière nuit à Twisted River » de John Irving


5. « Moi, Tituba sorcière... » de Maryse Condé


6. « De beaux lendemains » de Russel Banks


7. « Le mystère Croatoan » de José Carlos Somoza


8. «  Le temps où nous chantions » Richard Powers


9. « La couleur de l'eau » de James McBride


10. « L'échappée » de Valentine Goby


11. « La Rose » de Louise Erdrich


12. « L'oiseau canadèche » de Jim Dodge


13. « Mille femmes blanches » de Jim Fergus


14. « La belle lumière » d'Angélique Villeneuve


15. « Célestopole 1922 » d'Emmanuel Chastellière


16. « Les Seigneurs de Bohen » d'Estelle Faye


17. « Les Révoltés de Bohen » d'Estelle Faye


18. « Premières neiges sur Pondichéry » de Hubert Haddad


19. « La belle amour humaine » de Lyonel Trouillot


20. « Les grenouilles » de Mo Yan


21. « Contes curieux des quatre coins du monde » de Praline Gay-Para


22. « Le livre de Gould » de Richard Flanagan


23. « La nuit des béguines » d'Aline Kiner


Je ne suis pas seule à participer à ce défi: les PAL 2023 de Maghily, instigatrice depuis 2020 de ce défi, de Moka Milla.





mercredi 1 juin 2022

Le Mois anglais 2022

 


J'aime les marronniers surtout ceux des défis littéraires. Après le mois de mai passé en Italie, le voyage immobile continue en Albion. Juin est celui du Mois anglais organisé avec enthousiasme par LouTitine et Cryssilda.

Je n'y participe que depuis juin 2020 et chaque année j'attends avec impatience le programme proposé par les organisatrices. Grâce à elles, je sors souvent de ma zone de confort. Le programme est dense, alléchant, je ne cocherai certainement pas tous les items mais l'essentiel étant de participer, je picorerai au gré de mes disponibilités et de mes envies.



Mes lectures prévues:

"Etés anglais" d'Elizabeth Jane Howard.

"Les recettes des dames de Fenley" de Jennifer Ryan

"Son espionne royale et le collier de la reine" de Rhys Bowen (non lu)

"Emma" de Jane Austen 

"Sa Majesté mène l'enquête: bal tragique à Windsor" de S.J Bennett

"Madame la colonelle" de William Somerset Maugham

Les séries ou films:

"La chronique des Bridgerton" saison 2

Côté recettes de cuisine:

Les scones végétaliens

mardi 12 avril 2022

Meurtres pour tuer le temps

 


Ce roman policier attendait depuis trop longtemps sur un rayon de la bibliothèque, le Challenge Un mois au Japon m'a donné l'occasion de le sortir de l'oubli.

Bien m'en a pris.


Les Hayakawa forment une famille bien étrange, ses membres sont soudés, unis, ont des occupations professionnelles honorables sauf que, très vite dans le roman, on apprend qu'au moins trois d'entre eux cachent une part d'ombre à l'insu de tous.

L'annonce de l'arrivée au Japon d'un roi du pétrole connu, un certain Ichiro Tachibanagen vient rebattre les cartes au sein de la famille Hayakawa : il exposera sa collection de diamants légendaires.

La mère, Kayoko, trafiquante d'oeuvres d'art volées souvent par ses soins, ne pense qu'à faire main basse sur les pierres précieuses. Le fils aîné, Katsumi, journaliste indépendant, est tueur à gages à ses heures perdues, acceptant uniquement des contrats sur la tête de mafieux coupables de trahison, aura la lourde charge d'éliminer le roi du pétrole. Mika, la seule fille de la fratrie, est décoratrice d'intérieur côté ville, et arnaqueuse de première dans l'ombre.

Keisuke, le cadet, est avocat stagiaire, afin de pouvoir sortir d'affaire les membres cachotiers de la famille, tandis que le benjamin, Mazami est depuis peu inspecteur de police et a en charge la sécurité des diamants.


La famille se retrouvera, au complet, l'Hôtel VIP, de grand standing, situé sur les rives d'un lac, lieu de villégiature du milliardaire japonais de retour au pays. Bien entendu, aucun Hayakawa ne sait qu'il tombera, à un moment du séjour, sur un des siens.

« Meurtres pour tuer le temps » est un roman policier dans lequel le burlesque cède sans cesse au vaudeville. Les personnages sont confrontés à de nombreux quiproquos les mettant dans des situations désespérément comiques.

L'Hôtel VIP sera le théâtre de manipulations, de mensonges, de meurtres, de rencontres insolites, d'un vol orchestré de main de maître, un commissaire célèbre, Hamamoto, pour être impitoyable avec les malfrats et de multiples révélations qui, parfois, feront vaciller l'équilibre familial des Hayakawa.


Jiro Akagawa mène une danse endiablée entre fausses pistes et vrais indices, perdant avec facétie son lecteur qui en sait plus qui fait quoi, qui arnaque qui, qui veut assassiner qui.

Je me suis attachée au personnage de Keisuke qui, ayant découvert les doubles vies de sa mère, de son frère aîné et de sa sœur, met tout en œuvre pour leur éviter les pires ennuis et, ce, au risque de sa vie. Keisuke est désarmant de gentillesse, de probité et de maladresse tout en étant prêt à enfreindre la loi pour protéger les siens.

L'auteur ne semble pas avoir privilégié la qualité de l'intrigue pour s'attacher au côté humoristique de l'histoire. Ce parti pris ne m'a pas gênée, au contraire il est reposant de lire des polars drôles, fantasques et burlesques. Parfois, j'avais l'impression d'être au milieu d'un film de Buster Keaton tant les situations sont incroyablement cocasses.


« Meurtres pour tuer le temps » est un roman, sans prétention certes, plaisant à lire. Les auteurs japonais de polars peuvent aussi écrire du Cosy mysterie.

Attention, la chute, inattendue, vous fera tomber de votre chaise !

Traduit du japonais par Aude Bellenger-Sugai


Quelques avis :

Babelio  Livraddict  La Littérature japonaise  Fiorile

Lu dans le cadre:




  


 


samedi 2 avril 2022

Avril rime avec Un mois au Japon

 


Ma valise est prête comme celles des membres du challenge Un mois au Japon.

Pour la sixième année Lou et Hilde organisent ce challenge auquel je participe pour la deuxième fois. J'avais beaucoup apprécié les échanges autour de nos lectures, de nos visionnages de films ou de séries ou encore autour des recettes.

L'an dernier je m'étais essayée aux mochis. J'en prépare régulièrement depuis pour la joie des papilles de mon mari. J'avais réalisé également des onigiris et des makis.

Revenons au challenge dont le principe est simple: il suffit de publier sur les blogs ou sur les murs FB ou Instagram, au moins un billet en rapport avec le Japon. Et ce entre le 1er et 30 avril. Les billets peuvent parler de littérature, de films, de mangas, d'art, de cuisine du moment que cela ait trait au Pays du Soleil Levant.

Les organisatrices ont réalisé une série de logos trop kawai!

J'ai prévu un programme de lecture et de visionnage de films ou séries.

Littérature:

* "Un flingue et du chocolat" d'Otsuichi (littérature jeunesse) (lu)

* "Azami" d'Aki Shimazaki (lu)

* "Petites boîtes" de Yoko Ogawa (lu)

* "Meurtres pour tuer le temps de Jiro Akagawa (lu)

* "Choses dont je me souviens" de Natsume Soseki (lu)

* "Les mémoires d'un chat" de Hiro Arikawa (lu)


Mangas:

Ce sera selon les trouvailles en médiathèque

* "Les liens du sang" 1 et 2 de Shuzo Oshimi

Films/Séries:

* "Midnight Diner:  histoires de Tokyo" (adapté du manga "La cantine de minuit" de Yaro Abe (2 saisons/ visionné)

* "Le conte de la Princesse Kaguya" (visionné)

* "Le samouraï fin gourmet" (1 saison/visionné)

* "Miss Hokusai"

* " The journaliste" (1 saison/visionnage en cours)

* "Kotaro en solo" (1 saison/visionnage en cours)


Cuisine:

En fonction de mon temps et de mes envies.

* Soupe miso

* Ramen (recette végétalienne)




lundi 24 janvier 2022

La vengeance du carnivore

 


« Le lien entre les carnivores et le goût de tuer ne me paraît pas évident. Il suffit de penser aux abominations qu'a fait subir un végétarien à l'Europe et au monde. » est un passage qui m'a beaucoup déstabilisée parce que cela a heurté ma sensibilité de végétalienne. A cette lecture j'ai failli fermer le roman et de passer à autre chose sauf que cela aurait été trop facile d'autant plus que l'intrigue me plaisait.

 

L'histoire se déroule deux ans après la proclamation d'Indépendance de l'Inde. Les infrastructures et les rouages administratifs gardent encore la marque de l'Angleterre.

Une riche famille trouve la mort dans le violent incendie de leur maison. Que s'est-il passé ? La famille avait-elle des ennemis ? Le magistrat Mahusudan Sen est chargé de l'enquête et décèle immédiatement ce qui cloche dans le macabre tableau : le serviteur, Basant Kumar est indemne et son apparente frayeur m'émeut point le magistrat qui le confond très vite.

C'est là que l'intrigue bascule.

Parce qu'en enquêtant sur les liens de la famille anéantie par le feu sacrificiel, il débarque dans un abattoir où il est témoin de tant de violences inutiles faites aux animaux et aux hommes, et qu'il sait que le système juridique en Inde est d'une lenteur effroyable, Mahusudan Sen décide de devenir végétarien jusqu'à ce que le coupable soit châtié.

 

Basant Kumar est coupable, c'est indéniable et irréfutable. Cependant il a des circonstances atténuantes : il est maltraité, mal nourri et doit quand même garder le sourire et servir la famille. Seulement, un soir, affamé, il perd tout sens commun et commet un carnage qu'il tente de dissimuler en incendiant la maison. Par un feu purificateur.

En prison, un codétenu lui explique pourquoi il doit rédiger une lettre de recours en grâce, lettre qu'il enverra régulièrement.

Les années passent, on pourrait penser que Mahusudan Sen pense à autre chose, or il n'en est rien. Il guette le moment où il mettre fin à la procédure juridique. Il a gravi les échelons au cours des vingt années écoulées pour se retrouver bien placé dans un ministère, bien placé pour intercepter la moindre information concernant son affaire.

 

Il y a une scène importante, dans le roman, qui se déroule dans un temple vieux de mille ans alors que la ville n'en compte qu'un peu plus de soixante-dix. La viande est tabou dans le temple et dans ses alentours, englobant la ville de Batia, lieu où tout commence. Le carnage de Basant Kumar a pour origine un ragoût de bœuf, viande doublement sacrilège. Cet acte est au cœur de la satire du roman : Upamanyu Chatterjee n'épargne rien ni personne de sa plume acérée, trempée dans l'encre la plus noire pour mieux souligner la noirceur d'une société hypocrite et sans pitié.

 

« La vengeance du carnivore » n'est pas une plaidoirie pour que cesse la souffrance animale et encore moins une plaidoirie pour le végétarisme. Le roman décortique avec précision les travers d'une société indienne qui vénère les animaux et qui n'a que mépris ou indifférence envers les castes inférieures. Une parentèle pauvre, un serviteur peuvent être battus, affamés, personne n'en a cure puisque c'est ainsi depuis que le monde est monde.

« La vengeance du carnivore » est aussi une dénonciation du système juridico-policier : la lenteur de l'administration, les petits arrangements entre amis, les pressions de la hiérarchie sur les subalternes, un système dans lequel l'impartialité n'existe pas. L'auteur montre également comment le système carcéral broie les prisonniers, les maltraite sans vergogne lors des interrogatoires ou les spolient de leur humanité.

La chute est effrayante par la froideur dégagée par le magistrat devenu chef de cabinet ministériel.

 

J'ai aimé découvrir l'auteur Upamanyu Chatterjee et son écriture précise. Une belle surprise !


Traduit de l'anglais (inde) par Sylvie Schneiter

 

Quelques avis :

 Babelio  Sens Critique  L'Inde en livres Bookmaniac Rachel  Hilde

Lu dans le cadre




samedi 22 janvier 2022

Les étapes indiennes 2022



 L'an dernier je découvrais "Les étapes indiennes" orchestrées de main de maître par Blandine et Hilde.

Cette année s'ouvre la troisième édition de ce joli défi littéraire dont l'objectif est de partager ses lectures, ses visionnages ou ses recettes autour de l'Inde.

Il y a régulièrement des lectures communes, permettant de vivre à plusieurs la découverte d'un auteur à travers deux ou trois titres, la découverte d'un roman ou d'u recueil de nouvelles.

Tous les renseignements et informations utiles sont chez Blandine et Hilde. Vous y trouverez des logos et des pistes de lecture.

Je reprends la route de l'Inde artistique et littéraire avec plaisir car le voyage en bonne compagnie est toujours merveilleux.

Nos cicérones Blandine et Hilde ont eu la judicieuse idée de mettre en place des "checkpoints"


Réalisez les Étapes au choix (celles du dessus) et/ou amusez-vous à relever différents détails dans vos lectures et visionnages
 : un mariage, la mention d’un plat, le passage dans une ville (région) ou sa description, un objet d’art, un vêtement etc. et checkez-les sur la grille.

Un détail relevé ou une étape réalisée = 1 checkpoint.
On peut cumuler les checkpoints : Imaginons, un roman qui se passe à New Delhi, avec quelques lignes sur la fête de Diwali, ça fait 3 checkpoints

De gauche à droite et de haut en bas :
► Mythologie et contes / Enquêtes / Arts / Calcutta / Fête de Holi
► Mariage indien / Cinéma / Ganesh / Jeunesse / Mumbai
► BD / Cuisine / Taj Mahal / Chennai / le Gange
► New Delhi / Récits de voyage / Jodhpur la Ville Bleue / Vache sacrée / roman
► Fête de Diwali / Etapes en Angleterre, au Pakistan, au Tibet / Nouvelles / Bangalore / Sari – vêtements

Quel voyageur serez-vous ?

« Voyageur paisible «  : Checker une fois chaque case de la grille ou obtenir 25 checkpoints

« Voyageur de l’extrême » : Checker trois fois chaque case de la grille ou obtenir 70 checkpoints

Les dates: du 8 janvier 2022 au 7 janvier 2023. Allez, laissez-vous tenter!





samedi 8 janvier 2022

PAL en souffrance: en sortir 22 pour 2022!?

 


Maghily est la pionnière, Moka Milla en a diffusé l'idée, JosteinHélénia Gas la suivent et comme je trouve l'idée excellente et pratique, je me suis concoctée une liste de romans à lire pour diminuer ma PAL en mal d'équilibre. Ce ne sera qu'une goutte d'eau dans l'océan de mes bibliothèques.

Il est vrai que pour bien faire il faudrait que je ne franchisse plus, en 2022, le seuil d'une librairie, voeu pieux que je n'ai aucune intention de tenir. Autant j'ai banni le Nutella et les bonbons Haribo et autres horreurs du même acabit, autant il est hors de question de bannir les livres, les librairies et les médiathèques. Toute cette digression pour expliquer la liste ci-dessous.

1 - "La belle amour humaine" de Lyonel Trouillot

2 - "La Mâle-mort entre les dents" de Fabienne Juhel

3 - "Soixante-dix-neuf tiroirs" de Goran Petrovic (lu mais pas chroniqué)

4 - "L'échelle de Jacob" de Ludmila Oulitskaïa (lu mais pas chroniqué)

5 - "Mes seuls dieux" d'Anjana Appachana (en cours de lecture)

6 -  d'Angela Huth "L'invitation à la vie conjugale"

7 - "Une saison  Hydra" d'Elizbeth Jane Howard (lu mais pas chroniqué)

8 - "A la mesure de l'univers" de Jon Kalman Stefansson (en cours de lecture)

9 - "Les recettes de la vie" de Jack Durand

10 - "Saules aveugles, femme endormie" d'Haruki Murakami

11 - "Meurtres pour tuer le temps" de Jiro Akagawa

12 - "Ce qu'il faut de nuit" de Laurent Petitmangin

13 - "Célestopol" d'Emmanuel Chastellière 

14 - "L' Oeuvre au Noir" de Marguerite Yourcenar

15 - "Le premier quartier de la lune" de Michel Tremblay (lu mais pas chroniqué)

16 - "L'intimité" d'Alice Ferney 

17 - "Les grenouilles" de Mo Yan

18 - "Le château blanc" d'Orhan Pamuk (lu mais pas chroniqué)

19 - "Anne d'Avonlea" de Lucy Maud Montgomery (lu mais pas chroniqué)

20 - "Les Variations Goldberg" de Nancy Houston

21 - "Le livre de Gould" de Richard Flanagan

22 - "Bons baisers de Lénine" de Lianke Yan 




8/22 chroniqués
14/22 lus

samedi 26 juin 2021

Un cimetière, des rencontres, des anges ... un récital

 


Janvier 1901, Londres, le siècle nouveau a un an et le Royaume d'Angleterre se retrouve orphelin de sa reine, la reine Victoria.

La coutume impose que les gens se rendent dans les cimetières pour rendre hommage au souverain disparu. Deux familles, les Waterhouse et les Coleman, que tout éloigne, se retrouvent près de leurs tombes mitoyennes. Leurs deux fillettes, Maude et Lavinia, se lient aussitôt d'amitié malgré leurs différences : la première est attachée aux valeurs traditionnelles tandis que la seconde affiche une certaine modernité.


Le roman se construit autour des deux petite héroïnes et de leurs familles en un chant polyphonique dans lequel se lovent les changements sociétaux d'une Angleterre à un tournant de son histoire.

Maude est discrète, presque mutique tandis que Lavinia est une incorrigible bavarde ayant un avis sur tout et de longues listes de bienséance. Maude est studieuse et avide de savoirs, Lavinia ne voit qu'une partie du chemin, celui qui mène au mariage.

Rapidement, le cimetière devient leur point de ralliement, le lieu de toutes leurs rencontres. Elles font la connaissance du fils d'un des fossoyeurs, Simon avec lequel elles formeront un trio surprenant.


Au gré des rendez-vous près des tombes familiales, un récital se met en place : celui de leur vie quotidienne à l'aube du bouleversement mondial issu de la Grande Guerre. Le mouvement des suffragettes met en lumière la liberté restreinte des femmes et fait campagne pour l'octroi du droit de vote féminin.

La condition féminine n'est pas la même selon l'échelon social : être servante et fille-mère équivaut un renvoi sans référence et donc à mourir à petit fu d'indigence, travailler comme une bête de somme pour tenter de survivre. Défiler pour le droit de vote des femmes alors que les cohortes de petites bonnes et autres petites mains des familles nobles et bourgeoises, n'ont aucun horizon ? Jenny Whitby ne peut que ricaner d'autant plus que l'épouvantable matriarche Edith Coleman ne sait mener le monde qu'à la baguette de la coutume et des traditions.

Chez les Coleman, l'amour maternel ne s'exprime que très peu, Maud est dorlotée par la servante Jenny. Les parents sont des entités un peu lointaines, encourageant les envies d'études de leur fille unique. Chez les Waterhouse, la maison vit au rythme des courses d'enfants, des goûters joyeux et d'une vie familiale bourgeoise de bon aloi.

Le récital aurait pu être un long allegro, or le bourdon du malheur vient frapper les deux familles : Kitty Coleman, qui a tout pour être heureuse, se languit au point de s'abandonner au regard du directeur du cimetière. Après les regards, les bras et un jour, la vie se niche chez Kitty qui refuse cette grossesse. Le rythme de la musique se brise quand l'art d'une faiseuse d'anges, la mère de Simon, ôte la vie du ventre de Kitty dont la langueur devient dépression.

Au cours de l'inauguration de la bibliothèque du quartier, Kitty rencontre une jeune femme pétulante et battante appartenant au mouvement des suffragettes. La mère de Maude le rejoint pour donner un sens à sa vie. Choix qui n'enchante guère la belle-mère et l'époux.

Lors d'une grande manifestation, Kitty, blessée par la ruade d'un cheval, n'en sortira pas indemne tandis que la sœur cadette de Lavinia, perdue dans la foule, sera à la merci d'un sadique.


Le choix des voix multiples des protagonistes de l'histoire apporte la polyphonie au récit et une richesse de points de vue : chacun vit les événements selon son propre prisme et prend l'action en court sans savoir ce que pense l'autre. On peut être surpris au début, se demandant si on n'a pas tourné deux pages en même temps, puis on trouve le rythme du récital de ces voix parfois discordantes. Chaque voix a son champ lexical et son niveau de langage apportant à la vue d'ensemble des morceaux chamarrés.

Tracy Chevalier aborde le thème de condition de la femme au tournant d'une époque s'ouvrant à la modernité avec finesse malgré la pointe de pathos de la manifestation des suffragettes.

Je n'oublie pas un des « personnages » importants : le cimetière. Un lieu vivant parmi les ultimes demeures de ceux qui ne le sont plus. Un lieu où la connaissance du terrain est vitale, les diverses problématiques sont bien expliquées par le jeune Simon : la terre sablonneuse ne se travaille pas comme la terre argileuse, les techniques sont spécifiques et les fossoyeurs ne doivent rien omettre de chaque protocole.

Le cimetière point d'orgue du « comment dormir pour l'éternité », dans une fosse commune pour les indigents, dans un cercueil ou opter pour la crémation ! Kitty Coleman est moderne jusque dans le domaine mortuaire : elle souhaitait la crémation ce que son époux refusera et que son amant lui accordera.

Tracy Chevalier, subtilement, rappelle combien le cimetière pouvait être peuplé dans une époque pas si lointaine : lieu de promenade, de rendez-vous galants, d'échanges en tout genre, bureau à ciel ouvert.

Une pointe humoristique pas si déplacée que cela : les têtes de mort peintes au pochoir, sur un coin discret des pierres tombales, par Simon, jeune chantre des vanités.

« Le récital des anges » a été une très agréable lecture grâce à laquelle j'ai pris plaisir à renouer avec l'écriture et l'univers de Tracy Chevalier.

Traduit de l'anglais par Marie-Odile Masek


Quelques avis :

Babelio  Sens critique  Hélène  Des livres des livres  Bazar de la littérature  Critiques libres

Lu dans le cadre


 





samedi 12 juin 2021

The Crown: une série addictive

 


« The Crown » est une série que nombreux sont ceux à l'avoir vue. J'avoue avoir été dubitative puis le Mois Anglais arrivant à grands pas, j'ai franchi le cap et me suis lancée dans le visionnage de la série.

Et …. ce fut …. une excellente surprise. Je me suis laissée prendre au rythme particulier des épisodes, je me suis laissée charmée par l'ambiance et la narration d'une vie particulièrement étonnante : celle du règne de la Reine d'Angleterre Elizabeth II. J'en suis à la troisième saison et je ne me lasse pas du sujet.

J'ai choisi d'écrire mon billet sur la première saison, saison qui pose doucement la stature d'une jeune reine qui aura, elle ne le sait pas encore, le plus long règne de l'histoire anglaise, plus long que celui de la Reine Victoria (soixante-trois années).

La saison 1 couvre la période du mariage, en 1947, de la jeune Elizabeth d'York de la Maison Royale de Windsor avec le jeune Philip de Grèce, Prince de Grèce et de Danemark, qui adopte le nom de famille de ses grands-parents maternels, Mountbatten ainsi que la nationalité britannique, à la rupture de sa sœur Margareth avec le Capitaine Peter Townsend,en 1955.


Le jeune lieutenant, autorisé après cinq mois de cour assidue à épouser la princesse Elizabeth, héritière du trône d'Angleterre, reçoit, le jour de son mariage, par son beau-père, le Roi Georges VI, le prédicat d'Altesse Royale et le titre de Duc d'Edimbourg.

La scène est forte de symbole : le Roi Georges VI fait jurer au jeune Duc d'être toujours un conseiller et un époux fidèle pour Elizabeth. « Vous ne serez là que pour elle » lui dit-il en substance.

Tout est idyllique (naissances de Charles et d'Anne) jusqu'au jour où le roi meurt dans la nuit de Noël, en Ecosse, tandis qu'Elizabeth et Philip sont en « tournée » Commonwealth. Le jeune couple a passé quelques jours en pleine savane pour observer la faune sauvage.

Commence alors, l'apprentissage d'Elizabeth aux dures réalités de la fonction de souveraine.

Peu à peu, le poids du protocole et celui des responsabilités, symboliques, de sa fonction, forment une gangue autour de la jeune femme : elle devient cheffe de la famille Windsor et chef d'état.

Certes, elle a été éduquée pour succéder un jour à son père, certes elle connaît l'Etiquette sur le bout des doigts, elle sait qu'elle devra renoncer à être elle-même pour devenir Elizabeth Regina.

« Tu es la Couronne d'Angleterre » lui dit sa grand-mère. Elle devra cacher son être sensible, ses larmes, ses émotions car la Couronne doit rester debout, solide et au-dessus des contingences ordinaires. Malgré son attachement à certaines personnes de son entourage, elle doit privilégier, au nom des coutumes en vigueur, les serviteurs les plus anciens.

Les secrétaires particuliers de la jeune Reine, sont extraordinaires de componction et d'impassibilité bureaucratique, un vrai régal à voir.

Bien entendu tout ne se déroule pas de manière lisse : Margareth, la cadette, est amoureuse de l'écuyer, fidèle et loyal, du Roi Georges. Elle est aussi une jeune femme avide de liberté, aimant la fête, le champagne et être anticonformiste. Le Prince consort, Philip, a du mal à ne pas exister, à être toujours à trois pas derrière son épouse : il s'ennuie depuis qu'il n'est plus actif dans la Royal Navy.


« The Crown », ce sont aussi des intrigues de palais, des influences de l'ombre, des pressions sur la jeune Reine qui doit oublier ce que lui dicte son cœur.

On voit un Churchill vieillissant, épouvantable tyran auréolé de la résistance britannique face à Hitler, et fin politique : il réussit à rehausser sa cote de popularité mise à mal depuis son nouveau mandat de Premier Ministre, en utilisant sa visite au chevet d'une de ses secrétaires décédée après avoir été renversée par un bus lors du fameux smog, brouillard de pollution, qui immobilisa Londres pendant une semaine.

On constate que la Reine n'a guère de prise sur les événements qu'elle subit plus qu'elle ne vit : il y a un moment affreux, celui où elle se rend compte qu'elle ne connaît absolument rien hormis la Constitution. Elle s'aperçoit qu'elle a reçu une moins bonne éducation qu'une jeune fille de moindre condition, que ce manque de connaissances et de culture générale ne lui permettent pas d'exprimer un avis circonstancié. Elle a conscience que « le savoir c'est le pouvoir » et fera en sorte de combler quelques lacunes. Elle se laisse malmener par un Churchill qui se mêle de tout, même de sa vie privée : il lui fera comprendre qu'il est nécessaire de mettre fin à l'idylle entre Margareth et le Capitaine Townsend. Comme il lui fera comprendre qu'il faut donner une occupation officielle au Prince Philip... comme une visite de cinq mois autour du monde, avec une inauguration des Jeux Olympiques de Sydney.

Parfois, elle regimbe et on peut discerner la future grande Elizabeth qui, quand elle dit « No », est inflexible.


J'ai aimé la précision historique, les gestes repris dans leur moindre détail par les acteurs qui jouent juste et incarnent pleinement leur personnage.

La réussite de la saison, et de la série entière, tient au fait que tout est au plus proche de la réalité des faits sans pour autant occulter les atermoiements et souffrances des membres de la famille royale. Ils vivent dans des châteaux ou des palais, ils n'ont pas de souci pécuniers, ils possèdent la renommée, cependant ils ne peuvent vivre une vie ordinaire car ils ne sont pas des gens ordinaires et ne le seront jamais. Sinon... où serait la magie de la Royauté britannique ?

Elizabeth Regina aime ses enfants sans pouvoir leur montrer une affection débordante : Charles doit s'endurcir pour se confronter, plus tard, aux dures réalités qui l'attendent.

On ressent de l'empathie pour chacun d'eux, on ressent leurs peines, leurs espoirs, leurs déceptions, tout ce qui les rend humains.

La réalisation et la photographie de chaque épisode sont de très grande qualité et servent de manière magistrale le récit.

Une réussite, d'ailleurs la série est addictive en ce qui me concerne et j'en redemande !

Série américano-britannique créée par Peter Morgan.

Quelques avis:

Avoir à lire Just a word  Marvell  

Visionné dans le cadre:






jeudi 3 juin 2021

Comme il vous plaira

 


Je ne lis pas souvent de pièces de théâtre car je préfère être spectatrice. Mais, me répondrez-vous, lire une pièce de théâtre est aussi en être spectatrice. Vous avez parfaitement raison, vous répondrai-je alors.

Juin 2021 est un mois anniversaire pour « Le Mois Anglais » qui fête ses dix années d'existence, les organisatrices ont élaboré un programme permettant un voyage dans le temps au gré des lectures.

Le voyage temporel commence avant 1837 et pour illustrer la littérature anglaise d'avant cette date, j'ai choisi d'alléger ma PAL en sortant de ma bibliothèque « Comme il vous plaira » de Shakespeare.

La pièce est une tragi-comédie romantique dotée d'éléments de comédie pastorale.

En ces temps de pandémie, la légèreté en lecture est toujours bienvenue.


A la disparition de Sir Roland de Boys, leur père, Olivier est chargé de l'éducation de son jeune frère Orlando. Olivier déteste Orlando et fait en sorte que ce dernier ne soit pas mieux traité qu'un paysan ou serviteur.

Sir Olivier pense avoir, enfin !, l'occasion de se débarrasser de son encombrant frère, lorsque Orlando décide de défier Charles un lutteur expérimenté. Las, pour Olivier qui ne sera pas un nouveau Caïn, Orlando triomphe et tombe amoureux de la belle Rosalinde, nièce du Duc Frédéric, usurpateur des biens de son père.

La foudre de la haine tombe sur eux, pour des raisons différentes, ne leur laissant que la fuite en forêt d'Ardenne, où s'est réfugié le Duc déchu.

Alors que Rosalinde, déguisée en garçon, fuit en compagnie de sa cousine Coelia, fille de l'usurpateur, et de Touchstone, le bouffon ducal  – jusque-là tout le monde suit ? - Orlando prend la poudre d'escampette en compagnie d'Adam, un vieux et fidèle serviteur.

Bien entendu tout ce petit monde se croisera et recroisera, qui sous un masque qui sans fard. De ce ballet joyeux, l'amour vaincra.

 

Rosalinde, la belle et piquante Rosalinde, aime mener son monde : c'est elle qui décide des déguisements pour la fuite, c'est elle qui orchestre les amours des autres, sous les traits de Ganymède, jeune propriétaire d'une bergerie. « Aimez qui vous adore ! » clame-t-elle  Phébé, bergère qui repousse les avances de son soupirant Sylvius. Car c'est ce qui devrait être en amour : aimer celui ou celle qui nous aime et non s'entêter à aimer celle ou celui qui ne nous aime pas. Si tout était aussi simple, y aurait-il matière à écrire roman ou pièce de théâtre ? Y aurait-il matière au tragique ?Sans doute pas.

 

« Comme il vous plaira » ouvre une fenêtre sur un monde dans lequel le tragique ne serait plus. Dans une farandole de d'actions espiègles et de confusions sur les corps – Shakespeare s'appuie sur le travestissement femme/homme pour que Rosalinde s'assure de la véracité de l'amour qu'Orlando éprouve pour elle, et pour que Phébé comprenne que le véritable amour se trouve sous ses yeux et non dans un miroir aux alouettes – le dénouement apporte la joies dans les cœurs... tous les cœurs.

Les méchants deviennent gentils, les mesquineries sont oubliées, les torts réparés, les ronchons retournent dans leur grotte de leur plein gré ronchonner sur le monde et ses joies factices à leurs yeux.

La tragédie du frère jaloux de son benjamin plus aimé que lui, qui ouvre le bal laisse place à la liesse des libertés retrouvées.

Entre les deux extrêmes, on chante, on tient banquet, on rime, on philosophe ou on médite dans un monde magique. Magique, oui ! Magique car qui a déjà croisé une lionne affamée dans la forêt d'Ardenne permettant ainsi à Orlando de sauver son frère Olivier et de retrouver l'équilibre familial ? La forêt devient enchanteresse et lieu de tous les possibles et de la perfection. Au nom de la perfection dans un monde idéal, les sexes ne devraient pas être en guerre et ne pas se tromper ou se mentir. Tout devrait tendre vers l'ordre absolu, ce qui est intangible et devrait être perpétuel.

Ainsi Rosalinde évoque-t-elle les quatre vitesses du temps. Ainsi Touchestone évoque-t-il les sept degrés de querelle (j'ai relu plusieurs fois ce passage tant il est d'une grande intelligence). Ainsi Monsieur Jacques, le bougon de service, évoque-t-il les sept âges de la vie. Le nombre, les nombres paradigmes du Paradis ? Disons qu'ils expliquent les étapes essentielles des sentiments et de la vie.

Le mirth*, c'est la vie !

Il est absolu à la fin de la pièce : les frères ennemis se réconcilient, les hommes et les femmes fusionnent dans l'amour et l'hymen, Rosalinde redevient femme et Junon, l'hymen, triomphe !

 

Deux heures de bonheur absolu en compagnie de la verve shakespearienne.

*la gaieté, l'amusement, l'hilarité 

Pièce traduite de l'anglais par Jean Anouilh

Quelques avis:

Babelio  Maremurex  Actes Sud  Les trois coups  L'oeil d'Olivier

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