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mercredi 25 janvier 2023

Les enquêtes d'Enola Holmes: Le mystère des pavots blancs

 


Troisième enquête menée par la sœur de Sherlock Holmes, la futée Enola, lue dans le cadre du R.A.T (Read A Thon) du Challenge Bristish Mysteries.

« Le mystère des pavots blancs » est la version bd adaptée du roman de Nancy Springer.


Le docteur Watson, ami fidèle de Sherlock Holmes, a disparu. L'enquête mobilise l'attention du célèbre détective et celle de sa sœur en cavale.

Enola doit se trouver un autre personnage car le précédent a été démasqué par son frère. Elle se rend dans un magasin d'accessoires de théâtre, y trouve son bonheur tout en faisant connaissance avec la veuve du propriétaire. La veuve est d'ailleurs peu amène ce qui attise la curiosité de la jeune fille.

Enola, pour les besoins de l'enquête, se transforme en vraie Lady pour interroger Mme Watson sur les circonstances de la disparition de son mari. Lors de la visite un bouquet de fleurs peu ordinaires attire l'attention d'Enola qui, rappelons-nous, est une experte dans la connaissance des fleurs et leur langage. Ce bouquet est composé de pavots blancs, d'aubépines rouges et de feuilles d'asperges. Or, en général les pavots composants les bouquets sont rouges et l'aubépine blanche. Sommeil, espoir perdu semble être le message envoyé à Mme Watson.

Enola déduit rapidement que les fleurs en question sont cultivées en serre et dans une grande serre puisque les asperges sont des végétaux exigeants en place.


Au fil de l'enquête, Enola découvrira au gré du langage floral un étrange internement devenu secret familial. Le tout mêlé à la boutique d'accessoires pour le théâtre.

Elle résoudra l'enquête à la barbe de son frère dans une série de rebondissements qui tiennent en haleine de lecteur.


Fidèle au roman, Serena Blasco met en image les réalités sombres de la société victorienne : la pauvreté réduisant les femmes à sacrifier leur chevelure pour quelques sous afin que les élégantes puissent user de postiches plus vrais que nature.

Comme dans le roman, la BD aborde l'enfermement des femmes, souvent de force ou en conséquence des affres de la pauvreté, dans les asiles psychiatriques.


J'ai apprécié, comme dans la précédente BD, le carnet secret d'Enola qui permet de compléter l'adaptation en images par quelques phrases du roman.

Le personnage est toujours plaisant à suivre et j'espère toujours qu'Enola retrouvera les traces de sa mère tout en réussissant à échapper à la mainmise de ses frères sur son destin. Elle apprend à apprécier de plus en plus une liberté d'actions et de mouvements interdite aux femmes de l'époque.

Quelques avis:

Babelio  Livraddict  

Lu dans le cadre

  



mercredi 18 janvier 2023

Les enquêtes d'Enola Holmes: l'affaire Lady Alistair

 


Le week-end dernier avait lieu le RAT « British mysteries », les enquêtes d'Enola Holmes faisaient partie de ma sélection.

J'ai découvert la série consacrée à la petite sœur du grand Sherlock Holmes par le biais des romans de Nancy Springer. L'occasion me fut donnée, par la médiathèque, de continuer la découverte avec les BD éponymes.


Enola a réussi a déjouer la vigilance de ses frères, notamment celle de Sherlock. Comme elle aime résoudre des mystères, quoi de plus logique que de devenir Miss Ivy Meshle la secrétaire du Docteur Ragostin,, spécialiste en recherche de toutes disparitions.

Miss Ivy reçoit la visite de Watson, désespéré de voir combien la disparition d'Enola affecte Sherlock, tente le tout pour le tout en sollicitant les talents du Dr Ragostin. Ainsi, la prudence est-elle de mise pour la jeune fille si elle ne veut pas que ses frères la retrouvent. Une solution radicale s'impose à elle : affirmer que l'affaire ne peut intéresser le Dr Ragostin qui ne voit pas comment il pourrait réussir là où a échoué Sherlock Holmes. Ce qui est d'une implacable logique.


Le danger étant écarté, Enola peut prendre en charge une affaire de disparition, qui apprend-t-elle, n'intéresse pas son célèbre frère, celle d'une jeune aristocrate, Lady Alistair.

L'aventure entraîne la jeune détective dans un cercle de révolutionnaires inspirés par les événement de Russie. Pour mieux comprendre ce à quoi elle est confrontée, elle lit « Le Capital » de K.Marx, qui fit scandale lors de sa parution.

Elle se trouve également confrontée aux expériences menées sous hypnose et aux déviances que peut provoquer la maîtrise de cet « art », notamment le contrôle des actes à l'insu des personnes hypnotisées.


Dans ses romans, Nancy Springer ancre parfaitement ses personnages dans toutes les réalités de la société victorienne, sans occulter la misère d'une grande partie de la population. L'adaptation BD le fait également, ce qui est une gageure car qui dit adaptation BD dit coupe sévère du texte. Les dessins suppléent aux mots avec adresse. On peut même suivre les unes des quotidiens consacrées à un certain Jack l'étrangleur.

J'ai été charmée par les dessins de Serena Blasco et leur mise en couleur apportant une dynamique au récit.

Le petit plus, très intéressant, est le carnet secret d'Enola qui permet au lecteur de comprendre le cryptage des messages personnels échangés avec sa mère. Enola y consigne, aussi, ses notes prises au cours de son enquête. Astuce permettant d'apporter des précisions, que l'on trouve dans le roman, sans alourdir l'adaptation dessinée.


Quelques avis :

Babelio  Blandine

Lu dans le cadre 


 


lundi 26 décembre 2022

Le piège d'or

 


Les (fantastiques) dessous des classiques nous emmenaient en décembre à la découverte du Grand Nord. J'ai choisi de partir en Amérique du nord aux côtés d'un auteur classique méconnu James Oliver Curwood. Il y a du Jack London dans ses récits sans sa dureté.


« Bram Johnson est une créature hors du commun. Un géant solitaire, métis esquimau à la tignasse rousse et au rire fou. À la fois une légende vivante et… un criminel. Capable de disparaître comme par magie, il parcourt les étendues glacées du Grand Nord canadien avec sa meute de loups assoiffés de sang, loin du monde des hommes. Pour les Indiens superstitieux du Barren, il s’agit d’un homme-loup ! […]"


D'emblée le décor est planté : l'immensité glacée du Grand Nord canadien, sa solitude pouvant mener à la folie, sa faune et ses tribus sans pitié.

Bram, métis solitaire à la tignasse rousse vit avec sa meute de loups, sans cesse pourchassé par les autorités pour meurtre. Légende vivante, homme-loup aux yeux des Indiens du Barren, il mène une vie isolée du monde des hommes. Il apparaît et disparaît aussi soudainement qu'un esprit, provoquant la peur parmi les natifs et les hommes de la Police montée.

Philip Raine, patrouilleur de la Police montée canadienne, se lance à sa poursuite, bien décidé d'en finir avec cet homme hors du commun.

Un long périple, doté de nombreux dangers, est entamé par le patrouilleur. Le souffle glacé du Grand Nord étreint faune et flore, recouvre de silence les forêts interminables en apportant à Raine le fardeau de la froide solitude.

Jim Curwood relate la vie de Bram Johnson et laisse le lecteur apercevoir une personnalité loin d'être inhumaine, bien au contraire : Bram aurait pu se débarrasser de Raine plus d'une fois mais ne le fait pas. Lors de leur confrontation, intense dans la nuit polaire, Bram laisse tomber de sa poche un piège. Quand Raine le récupère il découvre qu'il est particulier : des cheveux d'un blond doré en sont une des composantes. Comment l'homme-loup a-t-il pu se procurer ces mèches de cheveux ? Qu'a-t-il commis pour les avoir ? Et surtout à qui appartenaient-elles ? L'enquête commence ainsi que l'histoire sentimentale entre le patrouilleur et la blonde captive.


« Le piège d'or » est, sans conteste, un roman d'aventure. Il happe son lecteur dès les premières pages et le confronte avec deux univers différents : celui de l'immensité blanche et glaciale des paysages du Grand Nord, mystérieux et truffés de dangers, et celui de la civilisation policée.

Avec Bram Johnson et Philip Raine, ces univers s'affrontent dans un combat digne du western des grandes plaines étasuniennes. Car, à mes yeux, « Le piège d'or » est un western doté des poncifs du genre : le gentil blanc de la Police montée, le meurtrier fou métis recherché depuis tant d'années qu'on le croyait mort et les méchants issus d'une tribu indigène. Raine est suffisant et méprisant envers les membres de la tribu indigène qui poursuit les blancs ayant accosté dans le Barren, il est dénué d'empathie envers Bram qu'il considère comme un aliéné qu'il faut supprimer. Cerise sur le gâteau, il est tellement imbu de lui-même qu'il ne peut concevoir que la jeune captive puisse avoir des sentiments envers Johnson. Ce dernier a sauvé la jeune femme des griffes d'une tribu indigène agressive et est subjugué par la blondeur dorée de sa chevelure. Au point qu'elle lui a donné plusieurs mèches dont il s'est servi pour le fameux piège d'or.

« Le piège d'or » ayant été écrit au début des années 1920, il est nécessaire de prendre du recul en lisant les passages décrivant les membres de la tribu indigène comme étant des « noireauds », des « moricauds » et décrits comme des petits êtres malfaisants suivant plus leurs instincts animaux que leur intelligence. Ces passages sont choquants pour des lecteurs contemporains d'où l'importance de connaître le contexte historique de l'époque.

En réfléchissant à la manière dont l'auteur met en place la psychologie de ses personnages principaux, je ne suis pas certaine que son héros soit celui que l'on croit : il fait de Philip Raine un homme épouvantablement insupportable avec sa vision conquérante et dominatrice du monde. Tout doit être soumis à la supériorité de la civilisation blanche ainsi qu'à l'autorité du mâle. La pauvre captive, suédoise, n'a pas son mot à dire : Raine est incapable de comprendre pourquoi elle ne voit pas en Bram un aliéné dangereux ne méritant que la mort. Est-ce intentionnel de la part de l'auteur que Raine ne soit qu'une caricature de cow-boy ?

Je me pose la question car Bram m'a paru plus humain et plus empathique que Raine. Bram a ses blessures intimes qui ont fait qu'il est devenu un être asocial, préférant la solitude et l'amitié avec ses loups à la compagnie des hommes. Sous son aspect de brute sauvage, Bram est un homme vivant en symbiose avec la nature du Grand Nord : il est dur car la survie dans un environnement extrême exclut la moindre faiblesse physique, et cependant à l'écoute des sensations d'autrui.

J'ai vraiment aimé ce héros à la marge cachant sous une apparence brutale un cœur chaleureux, capable de compassion et d'empathie envers ses semblables. J'ai frissonné quand il explique à Raine pourquoi il a commis le meurtre dont il est accusé, quand il dit que l'autre l'avait accusé d'être un voleur alors que ce n'était pas le cas. J'ai eu l'impression de voir Elephant man, cabossé par la vie et les hommes lâchant leurs instincts cruels envers les plus faibles, envers ce qui est différent.


« Le piège d'or » est un vrai roman d'aventure qui aborde des sujets importants et complexes tels que la confrontation avec l'autre, avec la différence de culture, avec les blessures intimes que chacun peut porter en soi. La nature est une grandiose présence, monumentale et impartiale : que l'homme peut être minuscule à côté d'elle !


Traduit de l'anglais (USA) par Paul Gruyer et Louis Postif.


Quelques avis :

Babelio 

Lu dans le cadre

 




mardi 20 décembre 2022

Jack et la grande aventure du Cochon de Noël

 


La magie de Noël vue par J.K Rowling, autrice des aventures d'Harry Potter, avait fait la joie des lecteurs, petits et grands, l'an dernier au moment de sa sortie en France.

Comme souvent, j'ai laissé passer la déferlante avant de me plonger, aussi, dans ce conte de fée.


Jack est un petit garçon timide, aimant le calme et la sérénité. Il a un ami très cher : LC autrement dit Lo Cochon, une peluche avec laquelle il a grandi. LC sait tout de Jack et inversement. Ils se comprennent sans avoir besoin de mots et puis... LC possède l'odeur rassurante qui n'appartient qu'à lui « ...un mélange de tous les endroits où LC avaient vécu ses aventures, et de la caverne tiède et sombre qui se formait sous les couvertures de Jack, sans oublier le soupçon de parfum de maman qui ne manquait jamais d'embrasser LC, lui aussi, et de le serrer dans ses bras lorsqu'elle venait dire bonsoir à Jack. » (p 13-14)

LC est d'autant plus cher à Jack quand les parents de ce dernier se séparent, que le nouvel ami de sa mère se révèle être le père de Holly, sa partenaire de lecture en CP, et qu'Holly, en pleine crise d'adolescence devient insupportable, irritable au point de commettre un geste épouvantable : jeter par la fenêtre de la voiture, alors qu'il neige sur la route, le pauvre LC tant sa rage est immense. C'est un peu comme si elle martyrisait Jack en s'en prenant au pauvre LC.

C'est le drame en cette veille de Noël. LC est perdu, Jack est tant dévasté qu'il refuse le « remplaçant » de LC, un Cochon de Noël, tout rose, tout dodu, et tente de lui arracher la tête. Jack pique une crise de rage aiguë dans sa chambre qu'il met sans dessus-dessous, balançant tous ses jouets aux quatre coins de la pièce. Epuisé, il s'endort tout en se promettant de partir, une fois reposé, à la recherche de LC.

La veille de Noël est le temps de tous les possibles.

Jack est réveillé par des voix et se rend compte que les jouets sont doués de parole... parce qu'ils sont avivés par les sentiments des humains envers eux. Le Cochon de Noël, propose à Jack de profiter de la magie unique de cette nuit particulière pour partir à la recherche de LC au pays des Choses perdues. Ce ne sera pas sans danger car règne sur ce pays l'épouvantable Grand Perdeur, dévoreur d'objets.

Commence alors l'extraordinaire aventure de Jack et du Cochon de Noël.


Tous les codes du conte de fée sont dans ce roman délicieux à lire : la magie, bien sûr, la quête, les embûches, les rencontres bénéfiques et maléfiques, les dangers à surmonter, le courage qui ne doit pas faiblir, la volonté et l'amour porté à l'objet perdu.

J'ai eu plusieurs fois la larme à l'oeil au cours de ma lecture, certainement parce que l'enfant en moi est toujours à l'écoute des contes. J'ai aussi perdu mon « doudou » aimé, Margotte du Manège enchanté, et je me suis plu à penser qu'elle devait passer des jours heureux sur l'île des Bien-Aimés.

Les rencontres faites par nos deux héros sont cocasses et parfois bouleversantes, chacune apporte sa part de lumière au récit, avec les objets, j'ai eu des frissons de peur dans la Rocaille des Indéplorés, j'ai ri en écoutant la Boussole fulminer contre les Mauvaises Habitudes, j'ai encouragé Jack et CN et été bluffée par la présence du Père Noël. Quant à l'ultime rencontre entre Jack et LC autant vous dire que ma gorge était serrée. Ridicule pour une adulte ? Non, car cela prouve que mon âme d'enfant et ma soif de Merveilleux sont toujours présentes.

Tous les ingrédients sont présents pour concocter un très joli conte de Noël. Sans compter que les illustrations de Jim Field sont très expressives et apportent une dynamique au récit.

Traduit de l'anglais par Jean-François Ménard.


Quelques avis

Babelio  Eva  Bianca  Livraddict  Lily Mylène

Lu dans le cadre



mardi 31 mai 2022

Sherlock, Lupin et moi: dernier acte à l'opéra

 


J'ai retrouvé le trio d'adolescents friands de mystère et d'aventure avec plaisir. Après Saint-Malo en période estivale, nos jeunes amis m'ont entraînée à Londres pour admirer, Covent Garden, la diva Ophélia Merrodew , vedette du nouvel opéra du maestro Giuseppe Barzini.

Irène Adler, en septembre 1870, alors que les canons prussiens sonnent le glas pour les armées françaises, et que Paris devient dangereux, part avec son père et Horacio Nelson, l'homme de confiance de la famille, pour Londres.

Irène est heureuse de retrouver Sherlock Holmes, incognito, et Lupin qui, part le plus pur des hasards, se trouve à Londres, son père se produisant dans un cirque en tournée londonienne.

Le soir même, Irène et son père assistent, émerveillés, à la représentation donnée par la grande cantatrice Ophélia Merrodew.

La magie de l'instant ne résiste pas à l'annonce d'un meurtre perpétré à l'hôtel Albion, où logent Arsène et son père Théophraste. Ce dernier est accusé d'avoir assassiné le secrétaire particulier du grand Giuseppe Barzani. Les trois amis enquêtent pour innocenter le père d'Arsène, accusé trop évident pour qu'il soit le véritable meurtrier. Or, un malheur ne venant jamais seul, Ophélia Merrodew disparaît à son tour.


L'enquête m'a entraînée dans les bas-fonds de Londres comme dans les beaux quartiers et les grands magasins. Il y a même l'entrée en scène du fameux brouillard londonien plongeant la ville dans une dangereuse purée de poix. Le quartier miteux de Bethnal Green, dont est originaire la cantatrice, est sordide au possible et inquiétant : des tripots malsains, des mines patibulaires, une vieille femme dérangée, des ruelles sombres et gluantes tels les tentacules d'une pieuvre …. de quoi engendrer angoisse et ambiance horrifique.

Les jeunes héros prendront de nombreux risques pour découvrir la vérité et éviter, ainsi, la pendaison à Théophraste Lupin.


Comme pour le premier volet de leurs aventures, j'ai apprécié les informations distillées (j'ai souri, amusée, quand le jeune Sherlock trouve la maison du 221B Baker Street, intéressante et pas mal du tout) par la jeune narratrice, permettant de mieux appréhender les personnalités des adolescents : leurs caractères deviennent plus marqués et ils laissent deviner leurs futures personnalités.

L'intrigue est menée tambour battant dans un contexte historico-scientifique très bien documenté : le XIXè siècle est bien esquissé, sans être ennuyant, tout comme le Londres victorien et les avancées scientifiques et technologiques.

Le récit est distrayant et bien construit. J'y prends goût !

Traduit de l'italien par Béatrice Didiot

Quelques avis :

Babelio  Bianca  Sens Critique  PatiVore

Lu dans le cadre




samedi 7 mai 2022

Quand les pensées gelaient dans l'air

 


Je ne savais pas qu'Alberto Moravia avait écrit des nouvelles pour la littérature jeunesse. C'est pourquoi, intriguée, j'ai emprunté ce recueil de huit nouvelles.


Qu'en dire ?


Le recueil est recommandé pour les jeunes lecteurs à partir de dix ans ; les histoires sont faciles à comprendre et amusantes.

Le parti pris de Moravia rappelle celui des fables de la Fontaine : les animaux sont doués de paroles et de pensées afin de mettre en scène les comportements et les désirs humains. Il n'y a pas forcément de morale explicite à la fin de chaque nouvelle, cependant le texte apporte quelques clefs au lecteur comme ne pas être ancrés dans ses certitudes comme le Pin Gouin professeur de géographie soutenant, mordicus, que la glace ne peut pas fondre car elle est aussi solide que la pierre. La force des lois de la nature lui démontreront que voyager, même contre son gré, est source de confrontation avec l'altérité et la nouveauté.

Moravia met en scène les interrogations enfantines, avec la Gi Rafe qui ignore qu'elle est girafe parce que devenue orpheline trop tôt : pour se construire, on a besoin du miroir que sont nos parents, on a besoin de leurs enseignements, de leur expérience pour grandir et savoir qui on est. Grandit-on seul ? On aimerait bien parfois or c'est entouré de sa famille, de ses amis que l'on acquiert expérience et maturité.


Par petites touches, Alberto Moravia, par le biais de l'humour, apporte quelques réponses aux nombreuses interrogations des adultes en devenir. Ohhhh, ce délectable espace-temps dans lequel les jeunes lecteurs peuvent se reconnaître : tout ce qui est plus vieux qu'eux date d'au moins un milliard d'années, le temps ne passe pas aussi vite qu'ils le souhaiteraient, surtout lors des activités obligatoires. L'époque des parents c'est de la préhistoire quant à celui des grands-parents il remonte, au moins, à l'époque des dinosaures.

Ahhhh, l'histoire du pauvre morse qui s'interdisait de penser car au Pôle Nord, il fait tellement froid que les pensées gèlent et ne restent dans l'air … donc tout le monde peut savoir que chacun pense ce qui est loin d'être une vie tranquille.


La dernière nouvelle est un peu plus triste que les autres, du moins l'ai-je perçue ainsi. Cha Calot est amoureux de la belle Gi Raffine, un tantinet bêcheuse, et aimerait l'épouser. Or l'odeur de Cha Calot est difficilement supportable pour Gi Raffine qui préfère celle des plantes à celle des charognes. C'est l'éternelle histoire d'amour impossible du ver de terre amoureux d'une étoile. C'est aussi une manière de montrer qu'il est important d'aller au-delà des différences pour réaliser quelque chose. Cha Calot épousera une jeune fille de sa condition, une demoiselle Hyè Ne, mais aura toujours le cœur serré lorsqu'il croisera son premier amour, son étoile jamais atteinte.


Un recueil agréable à lire et intéressant car Moravia soulève nombre de questions que se posent les jeunes enfants. Le texte est judicieusement servi par les illustrations d'Anaïs Vaugelade.


Traduit de l'italien par Diane Ménard et illustré par Anaïs Vaugelade


Lu dans le cadre:

  
  



samedi 16 avril 2022

Un flingue et du chocolat

 


« Ils s'affrontent depuis toujours, Godiva, célèbre voleur, d'un côté. Royce, redoutable détective, de l'autre. le face-à-face est inévitable. On en parle dans toutes les cours de récré. Mais pour le jeune Lindt ce n'est pas un jeu. Car il sait comment aider Royce... » (quatrième de couverture)


Lindt est le souffre-douleur d'un groupe d'enfants mené par Debailleul, raciste notoire, parce que son père est un immigré. Cependant Lindt a des copains, Dean et Deluca, avec qui il vit des aventures de môme.

Le grand sujet de conversation dans toutes les cours de récréation du pays et de la petite ville de Michel, est le jeu du chat et de la souris entre Godiva, ou Goddiva, un voleur de haut vol et Royce le détective à la force de déduction extraordinaire. Tous les enfants misent sur la victoire de Royce et pour cela Lindt sait comment aider ce dernier.

Quelques mois plus tôt, le père de Lindt lui offre une bible achetée à un marchand dépenaillé sur le marché. Son père meurt d'insuffisance respiratoire, Lindt reste seul avec sa mère, sans ressource, plongeant peu à peu dans la misère. Un jour, Lindt fait tomber la bible, de rage, suite au choc, la couverture, déjà abîmée, laisse échapper un feuillet sur lequel un plan est dessiné ainsi que le dessin d'un moulin. Qui a bien pu cacher cela ? Lindt tente de mener l'enquête et apprend, par inadvertance, que la carte de visite que laisse Godiva sur le lieu de son forfait est dotée d'un dessin de moulin à vent. Lindt comprend qu'il a matière pour aider Royce et lui écrit une lettre pour l'informer de sa trouvaille.

Commence alors une aventure trépidante qui amènera Lindt à ouvrir les yeux sur les réelles motivations de Royce, la nature étrange de Debailleul, faire connaissance avec son grand-père paternel et découvrira face cachée de sa mère.


Godiva rappelle un certain gentleman cambrioleur alias Arsène Lupin, Royce un célèbre détective anglais connu sous le nom de Sherlock Holmes. Comme lui, Royce a son Watson en la personne de Brownie, très rondelet mais aussi très craintif. Une bien pâle imitation pour mieux souligner l'allusion humoristique.

Il y a du suspense, des coups bas, des trahisons car Lindt s'aperçoit que les méchants ne sont forcément ceux que l'on croit, des morts, des rebondissements hallucinants, des rencontres émouvantes et une fin bien amenée. Le tout dans un style dynamique qui prépare , avec brio, le basculement de l'intrigue qui change la perception que l'on a de certains protagonistes.


Otsuichi met en scène des personnages attachants, d'autres absolument répugnants ou carrément étonnants. Beaucoup cachent bien leur jeu si bien qu'à la fin de sa quête, Lindt aura mûri et perdu une part de naïveté : l'enfance s'éloigne peu à peu pour laisser place à l'adolescence puis l'âge adulte.


« Un flingue et du chocolat » est un polar jeunesse distrayant et bien mené. Pas de temps mort, on vit à fond l'aventure de Lindt malgré les nombreux périls dont il devra triompher.

C'est également un roman qui aborde les thèmes du racisme et des violences qu'il induit, de la pauvreté subit par une partie de la société vivant d'expédients ou de travail précaires, du courage face à l'adversité. Les gens sont exposés aux fumées des usines, à la malnutrition, à l'exploitation de l'homme par son semblable. Ces violences exercées sur des êtres humains permettent de comprendre pourquoi on peut s'attacher à Debailleul, un sale gosse agaçant, au point de ne pas le détester. S'il est violent et raciste, sans doute y a-t-il une raison invisible, on ne déteste pas tout ce qui ne ressemble pas à soi sans qu'il y ait une explication. C'est abordé, rapidement, dans le récit, et c'est ce qui fait que l'on ne rejette pas d'emblée ce personnage, au final, intriguant.

Un bon roman jeunesse.

Traduit du japonais par Yoshimi Minemori et Patrick Honnoré


Quelques avis :

Babelio  Lirado  Livraddict  Ricochet  Nahé Typhania

Lu dans le cadre:


 
 



lundi 28 mars 2022

Ranee Tara Sonia Chantal Anna

 


Trois générations, cinq femmes, cinq voix et voies d'émancipation pour une harmonie entre culture indienne et vie américaine.

Ce roman jeunesse est également le récit de grandes histoires d'amour : celle que l'on vit avec sa moitié d'orange, celle qui se tait et se crie sous le crayon volubile dans un journal intime, celle compliquée et chaotique avec une mère, celle magnifiée avec un père, Rajeev, trop tôt disparu, enfin l'histoire d'amour que l'on transporte avec sa culture maternelle.

Il raconte le fragile équilibre entre désir d'émancipation et envie de conserver sa culture d'origine sans les tabous qui forme un couvercle de plomb sur la vie des femmes.

Les femmes de la famille Das avancent dans la vie au gré de leurs révolte ou acceptation, au gré de leurs amours.

Elles vivent les tourments de l'intégration dans un pays qui n'est pas le leur, tiraillées, parfois, entre ce qu'elles sont et ce qu'elles désirent être.

Tara, dicte Starry, l'aînée de Ranee, aime le théâtre, le cinéma et a l'art du mimétisme en s'imprégnant de la culture du pays d'accueil, elle est un peu le caméléon de la famille.

Quant à Sonia, la cadette, c'est dans les livres qu'elle se plonge pour s'intégrer dans le paysage. Elle y puisera l'énergie pour promouvoir le droit des femmes à être maîtresses de leur corps, de leur avenir, de leur féminité.

L'auteure, Mitali Perkins, aborde les mariages forcés au Bengale, et en Inde, les rituels religieux lorsque le Pa disparaît dans un accident de la route. Elle raconte également la cuisine, les odeurs et les fragrances épicées de l'Inde. Elle relate, aussi, l'art de la danse et du chant traditionnel des femmes, les couleurs chatoyantes des saris et des salwars, la pudeur que bouscule la pratique sportive au lycée.

Le roman évoque les tensions raciales des années 70 aux Etats-Unis ainsi que le racisme de Ma envers les Noirs que Sonia a du mal à comprendre et accepter. Vous imaginez un peu la tête de Ma (Ranee) quand Sonia tombe amoureuse de Lou, afro-américain originaire de Louisiane, qu'elle épousera quelques années plus tard.

« Ranee Tara Sonia Chantal Anna » parle des amours adolescentes, des premiers émois, des peurs de la différence, des batailles pour s'accepter sans oublier d'où l'on vient, du pouvoir des mots ouvrant l'horizon et donnant la force de s'affirmer.

La joie est toujours présente malgré les deuils et les chagrins, Ranee quitte sa chrysalide de veuve bengali pour devenir un très beau papillon, ses filles s'accomplissent chacune à leur manière et ses petites-filles ne s'en laissent pas conter.

C'est bien écrit, drôle et émouvant. On pense à la feel-good littérature et ma foi, de temps en temps ça fait du bien d'en lire. Est-ce que dans la vie, ce genre d'histoire se termine-t-il toujours bien ? Sans doute pas mais un peu d'optimisme est toujours bienvenu.

Ah... j'allais oublier un détail important : à chaque chapitre son beau mandala.


Lu dans le cadre d'une lecture commune des Etapes Indiennes 2022 avec Rachel, Hilde, Isabelle, Niniolivre et Blandine.

Traduit de l'américain par Pascale Jusforgues


Quelques avis :

Babelio  Ricochet Mylène Analire Hilde  Isabelle Ninijolivre  


  


jeudi 3 février 2022

Sherlock, Lupin et moi: le mystère de la dame en noir

 


« Le mystère de la Dame en noir »
est le premier volet d'une série policière destinée aux jeunes lecteurs (à partir de 10 ans). L'intérêt de cette dernière est qu'elle met en scène Sherlock Holmes et Arsène Lupin âgés d'une dizaine d'années, deux maîtres inégalés en devenir.

Ils rencontrent, Irène Adler, du même âge qu'eux, et deviendront inséparables jusqu'à ce que leurs chemins d'adulte les séparent.

Bien entendu cette rencontre improbable d'un été 1870 à Saint-Malo entre les adolescents Sherlock Holmes et Arsène Lupin est une pure invention mais l'idée est excellente et permet de montrer combien les qualités de détective pour le premier et de gentleman cambrioleur pour le second sont déjà présentes et bien ancrées.

Quant au troisième membre du trio de détectives en herbe, il est extraordinaire en la personne d'Irène Adler qui deviendra une célèbre aventurière. L'adolescente est une graine de féministe avant l'heure qui ne laisse pas sa part aux garçons.


Eté 1870, sur une plage de St-Malo (celle qui se trouve non loin du Grand Bé), le trio d'adolescents curieux et fermement décidé à passer des vacances amusantes, trouve un corps échoué. Alors que Sherlock se lance dans l'observation du noyé, Irène remarque une ombre noire au loin. Qui est-ce ? Le meurtrier ?

Nos trois amis se lancent dans une enquête parallèle à celle de la police pour se retrouver dans des situations souvent dangereuses. Leur mise est sauvée par des intervenants toujours plus inattendus les uns que les autres.


Le mystère n'est pas exceptionnel mais ce que n'est pas le plus important. Ce qui est plaisant c'est de suivre, grâce au postulat ingénieux des auteurs, trois fameux personnages littéraires au moment de leur adolescence. La perspicacité et le flegme de Sherlock accompagne à merveille la joie de vivre et l'art de l'escalade de Lupin.

Lupin comme Irène ont des zones d'ombre : le père d'Arsène est un acrobate d'une habilité incroyable et pourrait être le voleur « de la pleine lune », le mystère accompagne tout le récit, Irène dévoile quelques uns de ses petits secrets au fil des événements.


J'ai volontiers suivi cette première aventure, pleine de fraîcheur, des trois détectives en herbe, appréciant son déroulement et son style. Il est simple mais efficace et permet de s'identifier rapidement aux jeunes héros.

Le roman est distrayant et c'est le principal d'autant plus que l'histoire est tout sauf mièvre.

Traduit de l'italien par Béatrice Didiot.

Quelques avis :

The Cannibal Lecteur  Babelio  Ricochet  Sens Critique  Fondant Griotte  Bianca Alexielle^

Lu dans le cadre





mardi 26 octobre 2021

L'enfance n'est pas un long fleuve tranquille

 


« Poil de carotte » est une longue nouvelle ou un roman autobiographique de Jules Renard relatant l'enfance et les déboires d'un jeune garçon roux dans la seconde moitié du XIXè siècle.


François Lepic dict Poil de carotte est un jeune garçon que personne n'embrasse ou câline, que tout le monde rabroue et un bouc émissaire tout trouvé lorsqu'il s'agit de punir le coupable d'une bêtise.

Pourtant, petit dernier de la famille Lepic, Poil de carotte aurait pu prétendre à une place confortable dans la fratrie. Que nenni ! Sa mère l'asticote sans cesse ou le rabroue dès qu'elle le peut, son père est distant, indifférent et peu enclin aux démonstrations, ses frère et sœur se moquent de sa tignasse rousse et de ses taches de son sur le visage.

Les saynètes, drôles, souvent touchantes et parfois cruelles, s'enchaînent pour dresser un portrait attachant d'un enfant mal aimé. Au point qu'on se demande sans cesse : pourquoi tant de méchanceté ?

Dans l'univers de Poil de carotte, la gentillesse est rarement récompensée aussi doit-il mettre en place moult stratagèmes pour parvenir à ses fins et ne pas se laisser abattre par les humiliations quotidiennes de son aîné Félix et de sa sœur Ernestine.

Est-ce parce qu'il est rouquin que sa mère l'a en horreur ? Les roux reflets d'un Enfer où le Diable mène la danse ?

Toujours est-il que la mère le voit comme un enfant cruel avec les animaux (la scène où on lui donne les perdrix à achever est absolument abominable et ne fait que renforcer le côté sombre du jeune garçon), sournois (forcément, pour s'en sortir Poil de carotte doit sans cesse ruser et mentir) et sale. Aussi a-t-il l'honneur de toutes les corvées.

Or, au fil des saynètes, on se retrouve devant un enfant qui rêve d'être aimé et considéré comme digne de l'être. Cependant, la famille lui nie le droit d'être « trop petit » pour s'acquitter de telle ou telle tâche. Il se construit un monde dans lequel la nature tient une place importante et ne bâtit de relation d'amitié qu'avec Mathilde une petite voisine, chaleureuse et conviviale avec lui, et son parrain qui ne voit pas en lui un vilain garnement. On sent que Poil de carotte n'en peut plus de subir tant de remontrances injustes et cruelles, on apprend qu'il a pensé plusieurs fois à attenter à ses jours. On en frissonne d'horreur car quand un enfant pense à en finir avec la vie c'est que le malheur est son quotidien insoluble.

L'emprise maternelle est telle que Monsieur Lepic se voit interdit de promenade avec son benjamin. Elle oblige Poil de carotte à dormir avec elle... certes, à l'époque, le froid nocturne une fois le feu éteint, impose un telle pratique cependant on ne peut s'empêcher de voir un enfermement, un assujettissement à l'autorité mortifère de la mère.

La tyrannie qu'il subit provoque la cruauté qu'il exerce sur les animaux ou les mensonges qu'il peut proférer, notamment celui à l'encontre du maître d'étude au collège où il est pensionnaire, il propage la rumeur d'attouchements contre nature sur un jeune élève.


« Poil de carotte » serait un roman horrifique s'il n'était servi par la plume ironique de l'auteur qui manie l'art de la litote, en dire moins pour suggérer plus, tout au long du roman. Le style dense d'une précision extrême apporte une dimension souvent tragique au récit tandis que le l'humour, corrosif et incisif, le sauve du pathos et permet de prendre un recul salvateur lors de la lecture.

Avec ce roman autobiographique, Jules Renard lève un important tabou celui du désamour maternel qui est tu socialement pour ne laisser place qu'à l'amour maternel terreau de toutes les grandeurs d'âme. Or, il arrive qu'une mère n'aime pas son enfant, Madame Lepic en est un exemple. Il arrive aussi qu'au paroxysme de l'amour haineux d'une mère, la parole d'un père approuve la révolte de l'enfant malmené.


« Poil de carotte » est un classique à la saveur acidulée, parfois glaçante, d'une enfance volée à un petit garçon qui n'aspire qu'à être aimé en retour de l'amour qu'il éprouve pour les siens.


Quelques avis :

Babelio  Takalirsa

Lu dans le cadre

  


lundi 25 octobre 2021

Dans la famille Holmes, je demande la soeur

 


En septembre j'ai fait la connaissance d'une nouvelle série de romans jeunesse, « Les enquêtes d'Enola Holmes » de Nancy Springer. J'avais vu sur les blogs de nombreux billets de lecture sur cette série, notamment depuis qu'elle a été éditée en BD.


Enola, ou « alone » si on lit le prénom à l'envers ce qui pose rapidement le décor, vit seule avec sa mère dans un manoir campagnard. D'ailleurs pourquoi Lady Eunoria a-t-elle appelé sa fille Enola qui, lu à l'envers signifie Alone, seul ? Cette question taraude la jeune fille qui se la pose tout au long du roman.

Tout est pour le mieux, loin des soucis d'étiquette, pour la jeune Enola qui vit sa vie de jeune fille, un peu garçonne, sans contrainte. Jusqu'au jour où Madame Holmes mère, Lady Eudoria, disparaît sans mot dire laissant Enola, le jour de ses quatorze ans, seule et à la merci d'un monde patriarcal peu tolérant.

Débarquent alors les deux frères aînés d'Enola, Mycroft, bien établi socialement et très strict, et Sherlock, le célèbre détective aux addictions mystérieuses. Les deux frères se mêlent de la vie de leur sœur et décident de l'envoyer en pension dans une institution pour jeunes filles de bonne famille. Sauf qu'Enola ne veut absolument pas perdre la liberté de penser, de courir, de découvrir inculquée par sa mère.

Elle s'échappe puis s'enfuit pour rejoindre Londres, ville de tous les dangers où elle pourra enquêter sur la disparition de sa mère. En chemin, elle tombe sur la cachette d'un jeune lord dont la disparition fait la une des journaux.

Déguisée en veuve, Enola arrive à Londres pour enquêter sur la disparition du jeune homme. Commencent pour elle des aventures angoissantes voire dangereuses dont elle triomphe grâce à sa vivacité d'esprit, sa faculté d'entreprendre et d'aller de l'avant, son goût des messages à décoder laissés par sa mère dans un précieux carnet.


L'intrigue est simple mais prenante. Je me suis laissée porter par l'histoire et surtout je me suis attachée à la jeune héroïne prenant son destin en main. En cette fin de XIXè siècle où être une femme signifie se résigner à ne vivre que pour procréer et trimer, Enola est un petit bout féministe qui ne craint pas d'être hors la norme. Indépendante, élevée par sa mère pour ne pas avoir à dépendre de la figure paternelle ou fraternelle, elle estime qu'elle seule doit décider ce qui est bon pour elle.

« La double disparition » est le premier épisode d'une série de romans policiers et met en place le personnage principal, ses qualités et ses défauts, ses peurs et ses espoirs, son caractère bien trempé et son envie d'aider autrui, au point qu'elle décide d'ouvrir une agence de détective.

A la fin du roman, le secret de la disparition de la mère n'est pas percé, quelques avancées sont faites mais sont-elles de vraies pistes ou des chemins de traverses pour perdre ses poursuivants ? Madame Holmes souhaite-t-elle être retrouvée ? Parfois, on en doute.


Enola Holmes est une héroïne dont on a envie de suivre les aventures et ne peut que séduire un jeune lectorat appréciant les histoires mystérieuses à rebondissements.

Pour les jeunes lecteurs moins aguerris, la version BD semble être une excellente entrée en matière pour découvrir Enola Holmes.

Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassalo-Villaneau


Quelques avis :

Babelio  Ricochet  Ma petite médiathèque  Bulle de Manou  Sens critique


Lu dans le cadre