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vendredi 13 juillet 2018

Il était une fois...

"La vie est mystère qu'il faut vivre, et non un problème à résoudre." Gandhi (Homme politique, Philosophe, Révolutionnaire (1869 - 1948)

jeudi 3 mars 2016

La citation du jeudi #10

"Un doute semé au vent germe mieux dans les esprits qu'une vérité plantée à la bêche." (p 261)

(in "La confrérie des chasseurs de livres" de Raphaël Jerusalmy)

jeudi 4 février 2016

La citation du jeudi #9 bis

"L'accent circonflexe est l'hirondelle de l'écriture." (Jules Renard)

Il fut un temps où je scandais "Touche pas à mon pote", aujourd'hui je clame "Touche pas à l'orthographe de la langue française"

La citation du jeudi #9

"Déconcertés, les deux Coquillards lèvent les yeux vers l'assemblée. Ses membres ont le maintien sûr, le regard hautain, presque arrogant, des seigneurs et gens de caste. De fait, leur lignée remonte à Alexandre le Grand et Ptolémée qui recrutèrent leurs aïeux afin qu'ils remplissent les étaères de la bibliothèque impériale. Les Juifs, maîtrisant les langues aussi diverses que le grec, le erse, le syriaque ou l'araméen, formés à l'étude des textes, faisaient d'excellents traqueurs de savoir. Après l'incendie qui ravagea Alexandrie, la Confrérie des chasseurs de livres alla vendre ses services ailleurs, à tous les tyrans et grands prêtres avides de science et de pouvoir. Ses agents parcoururent continents et océans pour débusquer les écrits rares ou précieux que briguaient leurs commanditaires. Mais ils trouvèrent une source de revenus bien différente de l'approvisionnement des temples et des palais. Hérétiques, alchimistes et hardis savants les employèrent à sauver leurs écrits des bûchers. Or, pour préserver toute oeuvre des griffes de la barbarie, il ne suffit pas de l'engranger dans une grotte. Il faut en comprendre la portée et le sens, ce qui obligea les chasseurs de livres à tenir une sorte de catalogue raisonné de la pensée humaine. Et c'est ainsi, à force, de génération en génération, que ces mercenaires devinrent malgré eux les gardiens de la sagesse.
Les caves de l'Archivum Secretum Vaticanum, dont la papauté garde si jalousement l'accès, contiennent des documents réunis depuis l'établissement du Saint-Siège. Les collections de la Confrérie de Jérusalem, en revanche, datent d'avant Rome même. Elles recouvrent trois mille ans d'histoire. La Confrérie y conserve des décrets pharaoniques, des édits crétois, assyriens, des annales chinoises, éthiopiennes ou mongoles, des carnets de voyage, des journaux de bord, des manuels de guerre, des traités de médecine, d'astronomie, des essais de philosophie rapportés des quatre coins de la terre. Elle détient même les déclarations de Jésus, transcrites par le prêtre Anân juste avant qu'il ne livre le Sauveur à Ponce Pilate. Ce document est le vrai testament du Christ."

(p 141-142 in "La Confrérie des chasseurs de livres" de Raphaël Jérusalmy)

jeudi 21 janvier 2016

La citation du jeudi #8

"Nous revenons parfois à la souffrance. A nos regrets, à la nostalgie. Et remuons le couteau dans la plaie. Nous ne sommes pas très bien, la vie constitue un écheveau de plus en plus complexe, comme si l'homme peinait toujours plus à la cerner.Nous prenons des calmants, des excitants, des tranquillisants pour supporter le quotidien. Les années passent, le but de la vie demeure vague, nous ne comprenons presque plus rien, nous prenons du poids, nos nerfs s'usent puis se rompent et nous sommes constamment affligés par l'insatisfaction et les désirs inassouvis.
Nous rêvons d'une solution, aspirons à l'azur et l'éther, mais n'ayant ni le temps ni la sérénité ni l'endurance qu'il faut pour les atteindre, nous avalons, reconnaissants, des solutions hâtives, les plats préparés, le sexe à la va-vite, tout ce qui nous procure une solution d'urgence, nous vivons à l'époque de l'instantané. Les manuels de développement personnel nous promettent une vie meilleure et un peu de profondeur dans nos existences: panoplie de dix conseils pour arrêter de boire, arrêter de grossir, de souffrir, d'avoir peur, dix conseils pour mieux vivre, ils sont rarement plus de dix, nous peinerions à en mémoriser plus, ils sont au nombre de dix comme les doigts, comme les commandements."

(p 17 et 18 in "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds" de Jón Kalman Stefánsson )

jeudi 1 octobre 2015

La citation du jeudi # 7

"La région a pris son essor après la publication de ces lignes, la population s'est rapidement étoffée, et en quelques années un village était né autour d'une importante industrie de pêche. L'histoire de Nestporp, plus tard rebaptisée Nestkauptadur, le destin des gens qui y ont vécu et qui y sont morts, leurs baisers, leurs paroles enflammées, leurs larmes inconsolables et par conséquent toute l'histoire d'Ari, sont advenus suite à la parution de ces quelques lignes écrites par le naturaliste Bjarnin et publiées dans la revue "Andvari". La vie naît par les mots et la mort habite le silence. C'est pourquoi il nous faut continuer d'écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintiendrons la faucheuse à distance, quelques instants."

pages 28 et 29 in "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds" de Jon Kalman Stefansson

jeudi 24 septembre 2015

La citation du jeudi # 6

Je commence la lecture de "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds" de Jòn Kalman Stefànsson. Univers très islandais et un long passage qui m'a interpellée.

"Nous revenons parfois à la souffrance, à nos regrets, à la nostalgie. Et nous remuons le couteau dans la plaie. Nous ne sommes pas très bien, la vie constitue un écheveau de plus en plus complexe, comme si l'homme peinait toujours à la cerner. Nous prenons des calmants, des excitants, des tranquillisants pour supporter le quotidien. Les années passent, le but de la vie demeure vague, nous ne comprenons presque plus rien, nous prenons du poids, nos nerfs s'usent puis se rompent et nous sommes constamment affligés par l'insatisfaction et les désirs inassouvis. Nous rêvons d'une solution, aspirons à l'azur et l'éther, mais n'ayant ni le temps ni la sérénité ni l'endurance qu'il faut pour les atteindre, nous avalons, reconnaissants, des solutions hâtives, les plats préparés, le sexe à la va-vite, tout ce qui nous procure une solution d'urgence, nous vivons à l'époque de l'instantané. Les manuels de développement personnel nous promettent une vie meilleures et un peu de profondeur dans nos existences: panoplie de dix conseils pour arrêter de boire, arrêter de grossir, de souffrir, d'avoir peur, dix conseils pour mieux vivre, ils sont rarement plus de dix, nous peinerions à en mémoriser plus, ils sont au nombre de dix comme les doigts, comme les Commandements."

(pages 17 et 18) in "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds"

jeudi 10 septembre 2015

La citation du jeudi # 5

Quand j'ai commencé "Le goût des pépins de pomme" et que j'ai lu ce passage, j'ai revécu, avec douleur, mon désert de lecture et d'écriture. Ce fut violent, j'en ai pleuré. C'était il y a un an: j'ai renoué avec la lecture, peu à peu je suis revenue sur mon blog, sans pour autant poster d'article. Ces phrases m'ont remuée et ont distillé, au fil des jours, l'envie de revenir ici. 

"J'écrivais encore des lettres à l'époque, je croyais encore à ce qui est écrit, à ce qui est imprimé, à ce qui peut être lu. Cela ne devait pas durer. Entre-temps, j'étais devenue bibliothécaire à l'université de Fribourg, je travaillais avec les livres, j'achetais des livres, il m'arrivait même d'en emprunter. Mais lire? Non. Autrefois, oui, et même plus qu'il n'eût fallu, je lisais tout le temps, au lit, en mangeant, à bicyclette aussi. Fini, terminé. Lire signifie collectionner, et collectionner signifie conserver, et conserver signifie se souvenir, et se souvenir signifie ne pas savoir exactement, et ne pas savoir exactement signifie avoir oublié, et oublier signifie tomber, et tomber doit être rayé du programme. [...] Mais je prenais plaisir à mon travail de bibliothécaire. Et pour les mêmes raisons, je ne prenais plus plaisir à lire." in "Le Goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena (p 21 et 22)

jeudi 27 août 2015

La citation du jeudi # 4

C'est bientôt la rentrée des classes, je vous offre une citation ah hoc.

"L'éducation ne se borne pas à l'enfance et à l'adolescence. L'enseignement ne se limite pas à l'école. Toute la vie, notre milieu est notre éducation, et un éducateur à la fois sévère et dangereux."

Paul Valéry (1871-1945)

jeudi 20 août 2015

La citation du jeudi # 3

"Chanteclerc. - Tiens, les entends-tu maintenant?
La Faisane. - Qui donc ose?
Chanteclerc. - Ce sont les autres coqs.
La Faisane. - Ils chantent dans du rose...
Chanteclerc. - Ils croient à la beauté dès qu'ils peuvent la voir.
La Faisane. - Ils chantent dans du bleu...
Chanteclerc. - J'ai chanté dans du noir. Ma chanson s'élèvera dans l'ombre la première. C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière."

in "Chanteclerc, acte II, scène 2" d'Edmond Rostand

Exergue du roman "Kinderzimmer" de Valentine Goby

jeudi 13 août 2015

La citation du jeudi # 2

[...] "Dans dix ans, c'est certain, il aura oublié beaucoup de ce qu'il vient de vivre ici, à ses impressions se seront mêlées d'autres, nouvelles ou plus anciennes, et rien ne sera plus clair de ce que disait exactement le cheikh Sidi Othman en servant le thé, les trois verres de thé quotidiens plutôt que rituels. Le vieux, d'ailleurs, sait très bien se moquer de ces formules qu'on inscrirait en exergue et qui sonnent pompeusement, du genre "Le premier verre est doux comme la vie, le deuxième sucré comme l'amour, le troisième amer comme la mort." Ne vient-il pas de dire à Keith, en riant franchement et dans un français heurté mais riche et compréhensible: "Oui, Keith, la vie est douce comme l'hiver, l'amour est sacré comme le printemps. Et la mort... elle peut rester dans la théière!" [...] in "Les trois verres de thé du cheikh Sidi Othman" de Marc de Gouvenain, p 49

jeudi 6 août 2015

Retour de la citation du jeudi.

Je ne garantis pas une citation hebdomadaire, loin s'en faut. Je reprends, en douceur, l'exercice "blogesque".

[...] "Une vie, ce n'est pas seulement la somme des choix que l'on a faits. Elle est cette somme, multipliée par le regard des autres, et divisée par le coefficient imprescriptible du hasard." [...] p 238 in "Pour trois couronnes" de François Garde

jeudi 27 janvier 2011

La citation du jeudi #14

C'est encore avec un extrait de "La fraternité du Panca: frère Ewen" de Pierre Bordage, que je scande cette semaine le rendez-vous de la citation.

"Aucun d'entre nous, pas même Sayi, n'a salué les aubergistes hyemans lorsque nous sommes passés une dernière fois devant le comptoir, chargés de nos maigres bagages. Ils avaient exploité notre détresse pour nous extorquer de l'argent, ils croyaient avoir fait une bonne affaire, mais, chaque fois qu'un homme en spolie un autre, il ne gagne rien d'autre que le mépris de lui-même. Ils ne semblaient d'ailleurs pas très fiers d'eux, les anciens soldats, leurs regards quémandant un peu de cette reconnaissance, de cette complicité qu'ils ne méritaient pas. Les adorateurs des anges avaient de nombreux défauts, mais au moins ils n'étaient pas malhonnêtes." (p 322 et 323)

jeudi 20 janvier 2011

La citation du jeudi #13

Ce soir, je partage avec vous un extrait du premier tome de la pentalogie de P.Bordage "La fraternité du Panca".

"J'ai pensé que les humains gagneraient du temps et de la sagesse s'ils cessaient de quémander de la reconnaissance. Les hazems, eux, n'attendaient rien, ils vivaient dans l'éternité de l'instant." (p 287)

jeudi 2 décembre 2010

La citation du jeudi #12

Je suis en pleine lecture du premier tome de la pentalogie de Pierre Bordage "La fraternité du Panca: frère Ewen"...du grand Bordage, comme d'habitude, une histoire qui vous happe dès les premières phrases, de l'épique et de l'étrange, bref, tous les ingrédients pour une excellente saga SF!!

"La meute vociférante nous regardait comme les instigateurs de la révolte, les responsables directs de la mort de deux voyageurs innocents (la femme rousse et le petit homme, eux, avaient eu le sort qu'ils méritaient). Il leur fallait passer leur colère sur quelqu'un, occulter leur propre lâcheté, oublier qu'ils s'étaient tenus prêts à sacrifier une fille ou une soeur sans l'ombre d'une hésitation quelques instants plus tôt, noyer leur remords dans leur rage. Et ils nous avaient choisis pour briser les insupportables miroirs que nous leur tendions. Je l'ai constaté à plusieurs reprises dans ma vie: les foules se retournent presque toujours contre ceux qui leur révèlent leur médiocrité, les plus forts et les plus faibles, les prophètes et les simples d'esprit, les téméraires et les fautifs." (p 142)

vendredi 19 novembre 2010

La citation du jeudi #11

C'est avec un extrait de "Purge" de Sofi Oksanen, que j'officie en ce jour de la citation.

Le prix amer des rêves (titre du chapitre)
"tout d'abord, Pacha expliqua à Zara qu'elle avait une dette envers lui. Quand elle l'aurait réglée, elle pourrait partir - mais d'abord, le paiement! Et elle ne pourrait payer qu'en travaillant pour Pacha, et en le faisant efficacement, ce travail qui payait bien.
Zara ne comprit pas de quoi elle était en dette. Néanmoins, elle commença à compter combien elle avait payé pour son prêt, combien il lui restait à rembourser, combien de mois, combien de nuits, combien de douches, de pipes, de clients. Combien de filles elle verrait. De combien de pays. Combien de fois elle se mettrait du rouge à lèvres et combien de fois Nina lui ferait des points de suture. Combien de maladies elle choperait, combien de bleus. Combien de fois sa tête serait enfoncée dans la cuvette des W-C. et combien de fois elle pourrait être sûre qu'elle se noierait dans le lavabo, la main de fer de Pacha sur la nuque. La marche du temps peut se mesurer à autre chose qu'aux aiguilles, et son calendrier se renouvelait sans cesse, car de nouvelles pénalités tombaient tous les jours." (p 274)

jeudi 11 novembre 2010

La citation du jeudi #10

Ce soir, une citation de Colette sur le thème de l'amitié, citation que je trouve très parlante.
"Il est sage de verser sur le rouage de l'amitié l'huile de la politesse délicate."

jeudi 4 novembre 2010

La citation du jeudi #9

Après l'univers de Louis Pouliquen, je vous invite à entrer dans celui de Jean Echenoz, par le biais d'un extrait de son roman "Nous trois".
"Le simoun, vent très chaud, se lève par bourrasques au sud du Maroc saharien. Il y produit des tourbillons compacts, brûlants, coupants, assourdissants, qui masquent le soleil et gercent le bédouin. Le simoun reconstruit le désert, exproprie les dunes, rhabille les oasis, le sable éparpillé va s'introduire profondément partout jusque sous l'ongle du bédouin, dans le turban du Touareg et l'anus de son dromadaire.
Le Touareg, bâché de bleu, se tient coi sur la bosse de sa bête. Près de lui, statufiés sous la tourmente, trois autres Touareg attendent que ça se tasse. Le sable fait monter un socle, poussière de pierre autour des chevilles des animaux. Quand le plus jeune des Touareg, affolé, crie qu'il s'enlise et ça ne va plus du tout, ses aînés ne lui répondent pas. Sous leur housse, ils n'ont pas dû entendre la voix du débutant. C'est qu'autour d'eux la tempête grince énormément.
Mieux instruits que le jeune méhariste, ses aînés savent que le phénomène arrive du coeur du continent, qu'un aquilon venu d'Afrique centrale déchire de temps en temps le grand désert du Nord dont il fait bouillir l'étendue stérile et transporte l'écume au-delà des mers. Se délestant à la surface des eaux, telle une montgolfière, des sacs de sable du Grand Erg, faisant frémir au passage le titane des Boeing, le désert vole vers l'Europe dont il va poudrer le Nord-Ouest, perfectionner le revêtement des plages et propulser des grains dans tous les engrenages." (p 12 et 13)

jeudi 28 octobre 2010

La citation du jeudi #8

Un clin d'oeil au Festival du livre breton de Carhaix, qui se tiendra les 30 et 31 octobre 2010: un extrait du merveilleux livre de Louis Pouliquen, "Mon vieux grenier en Bretagne". Des textes d'une grande poésie, d'une splendide sensibilité, regorgeant d'amour pour la terre bretonne, ses traditions et sa culture. Un vrai trésor!
J'ai choisi, saison oblige, un passage du chapitre "Les vents"...les mois noirs "miz du" arrivent à grands pas chez nous.
"Tu vois, les vents, je me les mets dans la poche"
C'était donc cela le secret d'Yves, le mevel braz* de François-Louis, et ce n'était pas le talus qui nous protégeait comme je le pensais du haut de mes sept ou huit ans. Notre grand domestique possédait ce pouvoir extraordinaire de dompter les vents, de les apprivoiser ou, comme il le disait si bien dans son langage imagé de sorcier, de les mettre dans sa poche. (...) Le vent, les vents! Un des noms les plus riches de la langue française. Au singulier ou au pluriel. Le vent, les vents? C'est le souffle, l'air qu'on respire, la caresse de la brise, l'oxygène à pleins poumons. La vie! Mais c'est aussi la tempête, le typhon, la tornade, la bourrasque, la destruction, le désastre, la mort! En un seul mot, à la fois, la vie et la mort. Comme toute plante, en tout être, comme en chacun de nous, le premier souffle jusqu'au dernier. Vie et mort.
Les vents aux noms multiples. De A à Z. Rares, les lettres de l'alphabet qui n'en possèdent pas un. D'autan à zéphyr en passant par bise, cyclone, foehn, galerne, harmattan, khasmin, mistral, noroît, pampéro, sirocco, tramontane. Beaucoup d'entre elles se félicitent d'en posséder un pour se donner de l'air.
Les vents! Un de mes noms préférés. J'aime sur moi la brise dans la chaleur des midis d'été, maintenant à la ville comme autrefois au pas de mes chevaux. Comme toujours, j'adore la tempête des mois noirs dans les branches en agonie. J'adore la vie mais je me pelotonne souvent en moi pour entendre leurs voix qui me parlent de la mort.
Car les vents aux noms multiples ont tous leur langage à eux. A Xavier Grall qui fut mon condisciple et est un poète parmi les plus garnds, ils parlaient et lui soufflaient des mots pour les plus beaux des poèmes car les vents, mes mignonnes, il faut savoir les écouter. Il faut les comprendre pour les apprivoiser pour qu'ils ne deviennent pas ces bêtes déchaînées qu'il devient impossible de dompter." (p 112, 113 et 114)

mevel braz = grand domestique, c'est à dire le plus élevé dans la hiérarchie des ouvriers agricoles, dans une ferme.

jeudi 21 octobre 2010

La citation du jeudi #7

Passage poétique qui ouvre et ferme le très joli roman jeunesse de Lesley Beake "Le chant de Bé" :

"La fumée dans les flammes
des feux du Bushmanland.
Le miel doré de l'herbe
parcourue par le chant du vent.
Le parfum sucré qui rôde dans l'air
et la douce et grise poussière
- avant que nos pas
aient été effacés."