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dimanche 17 avril 2022

Panipat

 


Il aura fallu un abonnement « Netflix » pour que je visionne un film indien (d'Inde) dans le cadre des Etapes Indiennes 2022.

Mon choix s'est porté sur un film historique, et en costumes, « Panipat ».

« L'histoire se déroule dans un contexte de guerre entre l'Inde et l'Afghanistan. En 1761, Sadashiv Rao Bhau est à la tête de l'armée marathe. Il mène ses hommes dans le but de repousser les forces d'invasion de Ahmad Shah Abdali, le roi de l'Afghanistan. » (source : Google)

 

J'ai découvert le cinéma de « Bollywood » qui a la caractéristique d'entrecouper les films de plusieurs séquences chantées et dansées, sur fond de comédie musicale. Contrairement à la danse classique indienne, les séquences dansées sont très rapides demandant une importante coordination dans les mouvements. Les héros sont entourés d'une troupe importante de danseurs ce qui donne un effet de masse impressionnant. D'autant plus impressionnant que tous les mouvements et déplacements sont synchronisés au cordeau.

J'avais un peu peur en remarquant la durée du film : 2heures 50 minutes... tout de même. Pourrai-je regarder sans ennui cette reconstitution historique ?

N'étant une spécialiste de l'histoire de l'Inde, je n'ai pas pu avoir un regard critique sur le respect de l'exactitude historique. Par contre, j'ai été étonnée de ne voir aucune allusion aux présences européennes de l'époque : la France et l'Angleterre avaient déjà posé leurs jalons en Inde. J'en ai déduit que le parti pris du réalisateur était de magnifier le courage, l'abnégation et l'esprit de sacrifice des Marathes dont l'empire s'étendait jusqu'aux confins du Cachemire.

Il n'empêche que j'ai passé un excellent moment et que je me suis laissée prendre par l'histoire : entre trahisons et romance, entre batailles et décors léchés, entre chants dansés et costumes magnifiques, le jeu des acteurs dont certaines mimiques soulignent les moment humoristiques de la narration.

 

La scène de la dernière bataille devant le fort de Panipat est un grand moment : le jeu des ralentis montrent l'intensité du combat et du courage du héros que le spectateur suit dans la furie suicidaire des sabres et des lances. Les duels au milieu des mêlées m'ont rappelé les scènes de batailles au pied des murs de Troie : le temps ralenti pour magnifier l'héroïsme des personnages.

Quant au jeu des acteurs, n'étant pas spécialiste du cinéma de Bollywood, je n'oserai pas m'ériger en juge. Hormis le fait que je n'ai pas vraiment compris l'utilité du rôle de l'épouse du héros lorsqu'elle le suit jusqu'à Panipat.

Toujours est-il que « Panipat », décrié par certains spécialistes du genre, m'a donné envie de regarder d'autres films bollywwodiens et d'autres films du réalisateur Ashutosh Gowariker  Jodhaa Akbar  et Swades  ... quitte à les regarder en deux fois.

 

Pour en savoir plus sur la réalité historique de ce fameux 14 janvier 1761, je vous invite à cliquer ici et 

 

Quelques avis :

Sens Critique Rachel

Visionné dans le cadre:




dimanche 2 janvier 2022

Pourquoi ai-je regardé des films de Noël?

 


Pourquoi les ai-je regardés et appréciés?

Telle est LA QUESTION!

Pourquoi?

- Noël est LA période de l'année festive, joyeuse et empreinte d'empathie. Les autres, enfin pas tous, il ne faut pas tout de même exagérer, ne sont plus pénibles, assommants et détestables. L'esprit de Noël nous tombe dessus, ou pas. On aime tout le monde, enfin on essaie.

- C'est la période de l'Avent, décompte, connoté religieusement, agréable jusqu'à l'Avènement. Ce n'est pas du prosélytisme, ce n'est que du fait religieux. 

- C'est le fameux calendrier de l'Avent et son chocolat ou son histoire quotidien(ne).

- C'est la période des bons sentiments ... une fois dans l'année ça fait du bien, si si.

- C'est la joie de retrouver ses proches autour d'une belle table de fête.

- C'est la période "guimauve" par excellence.

- C'est la période des décorations, des biscuits délicieusement épicés, du chocolat et du vin chaud.

- C'est la période du partage.

Et puis... je me suis offert un abonnement Netflix. J'avoue, j'ai craqué.

J'ai regardé 9 films nunuches et une amusante série, norvégienne, de Noël (dans le cadre #Décembrenordique2021) en mangeant des chocolats et dégustant du thé tchaï. Sinon ce ne serait pas amusant.

A ce propos, il n'y a pas de films "nunuches" de Noël en France... entre "La bûche" et "Le Père Noël est une ordure" pas de place pour la guimauve, il faut faire dans la satire sociale et l'ironie mordante... ça tue l'esprit de Noël. Les Anglo-saxons et les Norvégiens ont dépassé l'écueil et n'ont guère peur du ridicule. Je m'égare... reprenons.


Le moins nunuche est sans conteste "Love actually" que j'ai adoré revoir. On peut souligner qu'un Premier Ministre anglais, sexy et séduisant, ne se baladerait pas dans une rue interminable d'un quartier pourri de Londres en sonnant à chaque porte... c'est exact, dans la vraie vie ce serait im-po-ssi-ble. Mais nous ne sommes pas dans la vraie vie, nous somme dans une réalité parallèle, celle de l'esprit de Noël. Quand le postulat est défini et accepté, on plonge sans fausse honte.


Le plus déconcertant fut "Holydate" ou l'esprit de Noël chez les beaufs? Je n'ai pas réussi à déterminer si le film était un pied de nez aux films de Noël. Je regarde en VO sous-titrée et j'ai pu remarqué que l'accent des acteurs était plus nasillard que dans les autres films visionnés. L'accent américain dans toute sa splendeur. Il y avait souvent des gros mots ou des expressions un tantinet vulgaires, en décalage avec les codes du genre.


J'ai attribué la palme de la nunucherie du genre à "Christmas Prince, the royal baby". Tous les poncifs y sont et c'est absolument délicieusement guimauve. Il y a même une sorte d'enquête puisque le traité de paix entre deux royaumes fantaisistes a été dérobé. Or si le 24 décembre à minuit la signature centennale qui reconduit la trêve ne s'effectue pas, une malédiction tombera sur le premier né de celui qui l'aura rompue. Cauchemardesque, je vous l'assure.


Le plus improbable fut "Le Chevalier de Noël" ou comment un Chevalier du Moyen-Age (je vous passe l'invraisemblance vestimentaire du M.A) rencontre sa Quête et comble l'espoir d'une jeune célibataire qui tarde à se caser. Nous aurons droit à un voyage dans le temps guimauvement guimauve et à la comparaison de l'esprit chevaleresque du M.A au devoir des policiers d'aujourd'hui. C'est l'esprit de Noël qui frappe, et puis c'est tout, na!


Le plus guimauvement romantique fut "The holyday calendar" ou comment un calendrier de l'Avent prédit ce qui arrive à la jeune héroïne. Que de méandres pour parvenir à l'évidence: le vrai grand amour se trouve sous son nez... son meilleur ami d'enfance. Encore un poncif, mais c'est l'esprit de Noël, rappelez-vous.

Aahhh, les maisons illuminées et décorées comme dans un magazine féminin! La suite au prochain épisode.



mardi 13 avril 2021

Nostalgie à la japonaise

 


Autant je connais une grande partie de la filmographie de Hayao Myazaki, autant celle d'Isao Takahata m'est quasi inconnue, je n'ai vu que « Le tombeau des lucioles », admirable et poignant.

Le Challenge « Un mois au Japon » m'a ainsi offert l'opportunité d'élargir mon éventail de films d'animation japonais.

J'ai choisi de visionner « Souvenirs goutte à goutte » parce que le thème des souvenirs d'enfance me plaisait et m'évitait de sortir de ma zone de confort.

 

La narratrice, Taeko, égrène, « goutte à goutte », ses souvenirs d'enfance quand elle part en séjour à la campagne. Elle a 25 ans, est toujours célibataire et vient de refuser le parti proposé par sa famille. Elle part aider à la cueillette des fleurs de carthame (Carthame ou Safran du teinturier) dans une famille paysanne, à la campagne. Très vite, le voyage puis le séjour prend une dimension de voyage intérieur car dans ses bagages, Taeko a emporté la fillette de CM2 qu'elle était en 1966.

 

Chaque souvenir est une scène baignée de clarté douce, lointaine et proche, on touche du doigt la sensibilité de Taeko, petite fille étrange et aux résultats désastreux en mathématiques. Elle est la benjamine d'une « fratrie » de trois sœurs dont les deux aînées sont déjà adolescentes.

La scène, charmante, du premier amour : Taeko et un garçon d'une autre classe se retrouvent face à face au retour de l'école. Hésitations, rougissements, puis le garçon ose une approche... déconcertante, « Entre les jours pluvieux, nuageux et ensoleillés, quel temps tu préfères ? » Taeko ménage le suspense et prend son temps pour répondre un « nuageux », en écho le garçon dit « Comme moi » avant de détaler comme un lapin.

Le Japon des années soixante n'est pas facile pour une fillette de 10 ans : une mère effacée et dévouée à son époux, des sœurs adolescentes bavardes, pénibles et autoritaires envers elle, une grand-mère... et surtout un père qui ne sort de ses silences que pour imposer son point de vue. Il y a les grands espoirs et les petites déceptions qui construisent la Taeko devenue adulte.

 

Isao Takahata met en scène une très belle fresque dans son film d'animation tout en rondeurs crayonnées et en introspection empreinte de tendresse.

On est dans le monde onirique tout en étant ancré dans le réel par cette jeune femme qui se remet en question à un tournant de sa vie.

 

J'ai aimé la manière de relater la vie de Taeko : l'auteur alterne le présent et les scènes du passé, celui de l'année des 10 ans de l'héroïne. On peut remarquer le thème, mis en avant, des valeurs traditionnelles, de la vie saine et paisible de la campagne, proche de la nature, la vie au sein d'une communauté solidaire, le respect de la nature et celui du travail agricole, notamment les balbutiements de l'agriculture biologique au Japon.

La nostalgie berce le film au point que ce sentiment accompagne toute la narration. Quant à la chute, il faut être patient et rester jusqu'au bout du générique de fin. J'adore ce procédé !

A noter qu’on ne peut le visionner qu’en VOSTF (Version Originale Sous-Titrée en Français) ce qui implique la capacité de lire rapidement. Je suis une inconditionnelle des films en VOSTF aussi ai-je adoré entendre les sonorités de la langue japonaise.

Quelques avis:

Films pour enfants  Sens critique  Buta connection  Kanpai


Visionné dans le cadre




jeudi 4 juin 2009

Il y a des soirs où


la télé c'est bien!

Demain soir, sur France Télévision, sera diffusé le nouveau film documentaire de Yann Arthus-Bertrand: HOME.

Demain soir, je participe à une soirée plateau-télé organisée par Europe Ecologie dans une jolie chapelle guingampaise....et je peux dire que rares sont les soirs où je regarde la télé!
La bande annonce ici

mercredi 22 avril 2009

Valse de la mémoire


L'histoire commence par une scène saisissante où une meute de chiens féroces traverse en grondant une ville. Est-ce un cauchemar ou la réalité? Toujours est-il que d'emblée l'angoisse est présente et on tremble dans son canapé: on attend la morsure puis la dévoration....de qui, de quoi? Du mauvais rêve ou des mauvais souvenirs?
Très vite, le spectateur se rend compte que cette scène est celle d'un rêve récurrent qui devient obsessionnel chez Ari, le narrateur. Ce dernier effectuait son service militaire au Liban, en plein conflit israëlo-arabe et depuis sa vie n'est plus un long fleuve tranquille. Le cauchemar revient lancinant et il décide de retrouver ses anciens compagnons d'armes pour éclaircir quelques points et chercher une explication à son malaise incessant: il ne souvient plus d'un intense moment de son passage à Beyrouth.
"J'ai été enrôlé dans l'armée avant mes 17 ans. En Septembre 1982, j'arrivais à Beyrouth ouest avec l'armée israëlienne, après l'assassinat du président Bachir Gemayel, le jour de sa nomination. Je quittais Beyrouth Ouest trois jours plus tard, j'étais une toute autre personne...Cette histoire est mon histoire que j'ai décidé de raconter après plus de vingt ans." "Le film retrace ce qui s'est passé en moi à partir du jour où j'ai réalisé que certaines parties de ma vie s'étaient complètement effacées de ma mémoire." Une histoire qui est celle du réalisateur, une histoire qu'il exorcise avec ce film d'animation. Peu à peu Ari se replonge dans ce passé douloureux, celui de cette guerre au Liban, le Vietnam de l'armée d'Israël: lentement, l'histoire se retrace, les patrouilles, la peur au ventre, les permissions un peu folles où l'alcool coule à flot, les embuscades dans les plantations, le bateau dans lequel une jeunesse armée danse, hurle, se soule, pour oublier la peur, pour se donner un courage toujours fuyant. Une scène, clef, revient tel un leitmotiv: il fait nuit, le narrateur et son groupe se baignent, sur la plage déserte leurs vêtements sont en tas. Soudain, ils sortent, nus, de l'eau, prennent leurs armes et se mettent à marcher.... Cette scène est une sorte de refrain dans le récit, une répétition émotionnelle d'un vécu lourd à porter.
Le parti pris du cinéma d'animation est plus qu'intéressant pour relater un pan d'histoire contemporaine, une tragédie humaine et politique: cela aide à entrer dans un récit difficile, oppressant et douloureux, cela permet une distanciation qui n'est que provisoire: les dernières images laissent le spectateur littéralement scotché dans son canapé...un coup de poing qui réveille et qui oblige à regarder la réalité en face, non ce n'est pas de la fiction, oui cela s'est réellement passé!
Le spectateur assiste à une valse, une valse étrange, sombre, où le tempo se répète (la scène de la baignade nocturne) jusqu'à ce que le déclic salvateur délivre le narrateur de son oubli, libérant le cerveau de ses souvenirs enfouis, libérant le corps de ses chaînes invisibles.
Le réalisateur truffe son animation de références historiques et politiques, un clin d'oeil, à la fin du film, juste avant les ultimes images choc, empreint d'un parti pris idéologique qui tranche avec ce que l'on peut lire ou voir, habituellement, aux informations, au sujet d'Israël et de sa politique: des hommes, femmes et enfants palestiniens qui sortent les bras levés rappellent la sortie d'un certain ghetto de Varsovie...une mise en abyme très parlante, très émouvante et très glaçante. Une voix israëlienne discordante s'élève pour mettre le doigt sur des actes qui ne font pas forcément l'unanimité au sein du pays. Peu à peu, certains intellectuels osent dire leur différence et faire entendre, subtilement,sur un autre diapason: l'expression, presque iconoclaste, du sentiment de culpabilité qui ronge ceux qui ont participé à des conflits qui ne font pas l'unanimité. Certains s'expriment par le roman comme Ron Barkaï, d'autres, comme Ari Folman, par le cinéma, un cinéma d'animation dans lequel la tension est toujours en filigrane.
"Valse avec Bachir" est à placer dans le sillage de "Persépolis" de Marjane Satrapi: du cinéma d'animation pour mettre de la distance entre le vécu difficile et la relation de ce dernier, une distance qui ne masque pas l'horreur de ce qui se déroule, en vrai.
On sort de ce film dans un état bizarre: on frissonne, on a perdu ses mots pour verbaliser les émotions intenses éprouvées pendant le film, on flotte encore dans cette recherche d'une vérité enfouie dans l'inconscient, lui qui "oublie" lorsqu'il ne veut plus voir ce qui est traumatisant, on a envie d'en parler et en même temps on ne peut dire un seul mot.
J'ai trouvé ce film d'une force extraordinaire, osant exposer les doutes, certes a postériori mais présents malgré tout, de soldats, tout jeunes, embarqués dans un conflit qui les dépasse, qu'ils ne saisissent pas parce qu'on ne leur en a pas expliqué la raison: Vous y allez, vous obéissez, c'est tout. "Valse avec Bachir" montre combien les séquelles d'une situation traumatisante sont présentes dans l'esprit de ces vétérans qui ont honte de ce qu'a fait leur armée (là il s'agit de Sabra et Chatila, camps de réfugiés palestiniens)....et que la parole, la quête du souvenir sont nécessaires pour tuer les fantômes qui les hantent.
Un film à voir et à revoir....pour ne jamais oublier que toute guerre est une horreur absolue aux innombrables dégâts invisibles.






Merci à Suzanne de Chez les fille et aux Editions Montparnasse pour ce beau visionnage! D'autant que l'édition dvd apporte des plus très intéressants. Il m'a fallu du temps pour ce billet mais la "digestion" a été difficile!







Les avis de liliba aifelle (qui donne plusieurs autres liens) leiloona


lundi 26 février 2007

Molière


Je suis allée le voir hier après-midi....2h de très joli spectacle avec un Duris et un Luchini qui n'en faisaient pas des tonnes et qui incarnaient bien leur personnage. Je trouve que le film a été très respectueux des textes de Molière et....qu'ils sont terriblement modernes encore aujourd'hui (c'est l'apanage des grands auteurs !!!) car l'âme humaine n'a absolument pas changé. J'ai adoré la scène où Mr Jourdain rencontre le fils de Dorante et que ce fiston, féru d'économie, parle de sclérose du système français et des bienfaits de la délocalisation...en Espagne ("Et pourquoi pas en Chine!" répond Dorante). Un instant d'ironie féroce car on aurait cru ces dialogues issus des infos!! Je me suis régalée à reconnaître des répliques de pièces ("Cachez-moi ce sein que je ne saurai voir!" ou le délicieux "Le petit chat est mort." " La galère, mais qu'allaient-il faire dans cette galère!") et cela m'a renvoyée aux souvenirs de collège et lycée. Et j'ai même envie de replonger le nez dans quelques pièces!
J'ai apprécié les clins d'oeil du réalisateur au "Molière" de Mnouchkine (j'en ai vu un et c'est mon homme qui m'a soufflé le deuxième...il connaît par coeur le film de Mnouchkine): la scène d'ouverture où J.B Poquelin déclame, lamentablement, la tragédie pendant que son maquillage plâtreux tombe piteusement, et les deux scènes de bassine de sang versé rappelant la maladie de la mère du jeune Jean-Baptiste (il ne comprend pas pourquoi il ne peut pas voir sa mère et où la caméra fait un gros plan sur les bouches rieuses des médecins).
Il y a une scène truculente où Molière entraîne Mr.Jourdain: la position de la goutte d'eau est un moment hilarant couronnée par une imitation de cheval d'anthologie...on ne badine pas avec lemétier d'acteur, foi de Molière!
Bien entendu, il y a eu un "deus ex machina", digne d'un Molière, permettant aux jeunes amoureux de convoler en justes noces et aux manipulateurs d'être démasqués.
En un mot comme en mille: j'ai a-do-ré!
Les avis d' anne, insatiable lectrice , de Mr. Bellesahi d' Amandine et de Cathe. J'avais oublié celui de chtitanne.

lundi 12 février 2007

Merci Arte


Hier soir, soirée télé en direct: Arte diffusait "Beignets de tomates vertes" film de 1991.
Une comédie dramatique qui met en scène l'amitié indéfectible entre deux femmes aux caractères opposés. Cela se passe dans de Sud des Etats-Unis (en Alabama), avec les préjugés et le racisme ordinaire.
J'ai bien aimé les aller/retours entre 1929 et notre époque, et la vertu des souvenirs d'une vieille femme donnant l'énergie de se battre à une ménagère américaine, à la limite de la caricature, pour sauver son couple. Ce film relate la vie, avec ses bonheurs et ses peines. Des scènes émouvantes et terribles alternent avec des instants de rires et de symbiose avec la nature.
Ces deux femmes, Ruth et Idgie, ne reculent devant rien pour asseoir leur liberté d'être et de penser.
Il est terriblement difficile de résumer ce film, empreint de sensations, d'émotions et de non-dits, sans dévoiler sa quintessence.
Une comédie dramatique, une chronique de la vie, belle et sublime comme savent si bien filmer les américains.
Si un extrait vous tente, cliquez ici .

lundi 5 février 2007

Road movie argentin


Nous ne regardons pas la télé, nous allons beaucoup au cinéma et lorsque le WE rien ne nous tente sur la Toile Blanche, les DVD sont là pour assouvir une envie d'images.
Vendredi soir, nous nous sommes installés, avec le chat siamois (un vrai plaisir!), sur le canapé pour regarder "Historias minimas".

synopsis:


"A des milliers de kilomètres du sud de Buenos Aires, trois personnages voyagent le long des routes désertes de la Patagonie du Sud.
Don Justo, retraité de 80 ans et ancien propriétaire d'une droguerie dirigée par son fils, s'enfuit de son domicile pour échapper à son emprise. Il part retrouver son chien disparu qu'un ami prétend avoir aperçu à San Julian...
Roberto, un représentant de commerce d'une quarantaine d'années, accomplit le même périple à bord de sa vieille voiture, emportant avec lui une charge bien encombrante : un gâteau à la crème, cadeau d'anniversaire destiné au fils d'une jeune veuve qu'il convoite...
Le même jour, Maria Flores, 25 ans, se retrouve avec sa petite fille sur cette même route. Cette jeune femme est arrivée gagnante pour participer à la finale d'un jeu télévisé.
Chacun voyage de son côté, mais ces histoires et illusions vont s'entrecroiser."


Ce que j'en pense:

J'ai une passion pour le road movie et celui-ci a répondu à toutes mes attentes: paysages superbes, défilement de l'asphalte, rencontres inattendues, destins croisés...
Trois personnages principaux: Le vieux monsieur, le représentant et la jeune femme.
1) Le premier passe son temps à boire son maté sur son canapé au bord de la route. Il est à la retraite, son fils lui a succédé au magasin. Don Justo se languit de quelque chose...il se languit de son chien qui a un jour disparu. Un jour quelqu'un lui dit qu'il l'a aperçu à 300 km de là. Et voici notre "Papy" qui prend la poudre d'escampette, tel un adolescent, pour retrouver son chien. En Patagonie, l'habitat est plutôt dispersé, les routes désertes. Le vieux monsieur est vite pris en stop par une jeune femme, une scientifique. Au cours de son périple, il croise le représentant (ils se connaissent), des policiers encadrant un prisonnier amoché et ensanglanté, un groupe d'ouvriers au grand coeur et à la musique joyeuse. A tout ce petit monde, il répète "Si c'est mon fils vous dites que je ne suis pas là" (un avis de recherche a été lancé). Peu à peu, le spectateur comprend le pourquoi de la scène d'ouverture ainsi que le mal être du vieux monsieur: une erreur, un écart qui le ronge. Retrouver le chien et s'en faire reconnaître serait sa rédemption.
2) Le représentant de commerce, plein de bagou et joie de vivre. La route encore, ses solitudes d'hôtel, ses rencontres, ses amours. Il est hâbleur, charmeur et court plusieurs lièvres à la fois. Son voyage avec le gâteau d'anniversaire (le pâtissier lui recommande de ne pas le laisser au soleil ni trop longtemps en voiture...en gardant ces répliques en tête, on saisit le sel d'une des dernières scènes!) est un morceau d'anthologie: ses interrogations au sujet de la forme, du prénom "René" (pour un garçon ou pour une fille?) et ses doutes: si c'est une fille, le ballon de foot est malvenu. Il a une solution: le transformer en tortue. Mais qui va pouvoir lui faire cela? Une rencontre avec un gendarme et hop le voilà chez la tante de ce dernier. C'est complètement surréaliste et en même temps d'une vérité extraordinaire: les espaces sont tellement vastes que les gens sont très proches et très conviviaux pour combler ces distances de solitudes. La solidarité des régions reculées et peu peuplées donne un air de Paradis à cette Patagonie battue par les vents.
3) La jeune femme, isolée avec son bébé, près d'une gare. La route commence par les rails du chemin de fer. Sa route commence avec une qualification pour une finale d'un jeu télévisé...un espoir d'Eldorado: passer à la télévision et gagner monts et merveilles. Elle est naïve, simple. Elle porte un regard émerveillé sur le monde des plateaux télé. Elle gagne le gros lot: un robot ménager! Dérisoire quand on n'est pas raccordé au réseau électrique? Peut-être, peut-être pas...mais l'argent peut convaincre même les indécis.

Ces trois personnages ont pris la route. Est-ce celle de leurs illusions, de leurs rêves? Lorsque le voyage s'achève, le spectateur voit un chien au pied de son maître endormi dans le car, une boîte-tortue s'ouvrant sur des rêves de visage poudré, un rendez-vous pour un autre anniversaire, promesse de retrouvailles amoureuses.
La route prend parfois la vie mais offre aussi de belles rencontres et des espoirs que l'on croyait perdus. On touche du doigt la condition humaine, battements de coeur inaudibles mais vitaux.

Un film très difficile à résumer, comme tous les road movies: peut-on résumer la vie, une vie, des vies qui défilent?

A signaler un autre film, aussi un road movie, du même réalisateur: "Bombon el Perro"

dimanche 14 janvier 2007

Film pour enfants


Jeudi matin, l'école est allée au cinéma voir "Franz et le chef d'orchestre", un film d'animation suédois.
46 minutes de bonheur!! Le parti pris du gros plan est assez audacieux (les bouches des personnages sont ornées de belles dents!!) surtout quand on connait l'importance du thème de la dévoration chez les loupiots (Le petit poucet, le petit chaperon rouge, les 3 petits cochons...). Eh bien, mes "roudoudous" ( ils ont 2/3 ans) n'ont pas eu peur et ont adoré le film!!!
J'ai bien aimé le message de tolérance, d'acceptation de l'autre. la musique adoucit les moeurs et réconcilie Anciens et Modernes.
Il y a des ambiances inquiétantes (le champ effroyable....)et d'autres plus légères, bref une vraie réussite qui change des "gros succès" du moment.
Vive les petits trésors nordiques!!!
Synopsis:
"Dans une colonie musicale d'été, le petit Franz observe avec attention son père diriger un orchestre amateur. Lorsque le soliste perd un morceau de son instrument, Franz et son père lui viennent en aide pour sauver le concert...
Les histoires se nouent autour de leur trio, en musique et en passant du rire aux larmes."
Un moment intense de cinéma au rythme de la musique classique, des gammes et de l'oeil observateur d'un petit garçon adorable.

samedi 6 janvier 2007

Labyrinthe espagnol


Entre conte et réalité, un film à la fois poétique et tragique.Quand le monde des fées rencontre la brutalité des hommes, quand une petite fille perd son enfance, quand un pays perd sa dignité dans le sang.
Grâce au conte, le cinéaste, Guillermo Del Toro,dresse un portrait sans concession du franquisme et de l'Espagne isolée du monde par sa guerre civile. Sergi Lopez campe un capitaine franquiste sans états d'âme, ne pensant qu'à l'Espagne nouvelle et à son héritier à naître. Il nous surprend par la noirceur de son personnage et offre au spectateur une autre facette de son talent.
L'originalité du film est de mêler la Fantasy à la réalité historique. L'imaginaire du conte est amené par l'univers sombre, inquiétant et mystérieux du maquis perdu dans la forêt.
Il était une fois une jeune princesse qui s'échappa de son royaume, attirée par le monde des humains....Il était une fois une fillette qui se plongea dans les contes pour oublier la laideur de son monde qui se déchire...
Les histoires se mêlent pour n'en faire plus qu'une: celle du retour de la jeune princesse dans son monde, au prix de 3 épreuves et au prix de son sang versé.
Un film émouvant, poignant même, faisant vibrer le spectateur au rythme d'une berceuse traditionnelle que l'on chantonne encore, une fois rentré chez soi.

mercredi 3 janvier 2007

Magie de la Mongolie


Hier soir, Arte diffusait un film confidentiel lors de sa sortie en salle, malgré l'étiquette "pour enfants". Je l'avais loupé lors de sa sortie aussi me suis-je rattrapée avec bonheur. "L'histoire du chameau qui pleure", une chamelle rejetant son petit, la vie d'une famille de nomades du désert de Gobi,les gestes quotidiens loin de tout...le seul lien avec l'ailleurs: la radio.
Pour que la chamelle apprenne à accepter son petit,il faut l'aide d'un musicien...la musique adoucit les moeurs...Les garçons partent en ville, à dos de chameau, quérir le musicien.
Les paysages sont superbes, la vie difficile dans le désert est perceptible malgré la belle saison, la relation homme/chameau est indicible mais palpable, le temps passe au rythme des saisons, du soleil, des tempêtes de sable.
Le musicien rapprochera la chamelle de son petit,la tradition, une fois encore, n'a pas failli à l'équilibre du monde.
Une respiration cinématographique, apaisante, parfois surréaliste, pour le spectateur occidental qui rêve de pouvoir être avec la nature sans l'oser.La cinéaste, Byambasuren Davaa, sait filmer ces "vaissaux du désert" et les laisser s'exprimer: leurs regards humides, leurs cris presqu'enfantins, leur donne une humanité. Un chant, une prière pour conserver un mode de vie lié aux chameaux et aux troupeaux tout en acceptant la modernité. Une gageure pour l'humanité?

jeudi 28 décembre 2006

Rivers and Tides


Documentaire (ou film?) sur l'artiste écossais Andy Goldsworthy, un des maîtres, si ce n'est le maître, du Land-Art, retraçant 25 ans de travail.
C'est un voyage dans l'imaginaire de cet artiste en communion avec la nature, avec les paysages.
C'est l'émotion du spectateur devant les "échecs" de construction de l'artiste: quand la création est presque achevée et qu'un souffle de vent la déséquilibre et la fait chuter, quand le monticule de pierres plates s'écroule 4 fois, avec la marée montante qui elle n'a cure du temps.
C'est la beauté des gestes, des trouvailles, des inventions animant les différents paysages, les différentes saisons.
C'est le plus, pour les amateurs des livres de Goldsworthy: le film offre le mouvement et la musique des oeuvres.
C'est la féérie de la marée montante, puis descendante qui engloutit puis restitue, intact,le monticule de pierres plates: le cadeau de Goldsworthy accepté par la Nature, la mer.
C'est une méditation en compagnie de l'artiste et des rythmes des saisons.
C'est le bonheur de suivre pas à pas ces lignes sinueuses, ces serpents végétaux,cristallins, de pierre ou de terre au gré de son imagination.
Un moment magique à s'offrir dès que possible: quelques grammes de beauté, de simplicité époustouflante dans un monde moderne qui veut aller toujours plus vite, toujours trop vite.

dimanche 17 décembre 2006

de l'anti Sarko avant l'heure...


Déjà, le titre est à lui seul un univers: "Violence des échanges en milieu tempéré"!!!
Sorti en janvier 2004 sur la Toile, Arte l'a diffusé cette année de manière on ne peut plus opportune!! Chaque jour, les infos nous annoncent des plans de restructuration et autres conséquences de la mondialisation...
Le héros, jeune recrue d'un cabinet de consultants (vous savez, le "machin" qui permet à certains patrons de partir tranquilles sans avoir le désagrément de licencier leur personnel...), part en "mission" (comme ça on se sent impliqué dans l'entreprise) en province. Il nous paraît bien sympathique, ce jeune homme plein d'humanité!!! Il a des scrupules face à ce qu'il doit faire: le tri du bon grain et de l'ivraie au nom de la rentabilité!!
Laurent Lucas est extraordinaire en consultant sans foi ni loi. Jérémie Renier, sublime en "puceau" de la macro économie! Le pot de terre contre le pot de fer, le chêne et le roseau?
Même le sentiment amoureux perd des plumes dans cette histoire!! Rencontre avec une jeune mère célibataire,Eva, liaison romantique qui flanche lorsque le jeune homme lui expose son dilemme: choisir les licenciés..."ça fait classe de licencier 80 personnes?" (elle) "eh bien oui,plus que que tu ne penses." (lui). Tout est dit...le choix de ce jeune homme sensible va se faire très vite: dernière scène/plage marseillaise/voiture chic immatriculée 75/ lui et une jeune femme. Est-ce Eva? Non, mais une autre jeune femme plus conforme au statut de coupeur de tête...
Le héros semble satisfait mais le spectateur sait qu'il n'en est rien...il s'est renié pour une carrière. Peut-on lui en vouloir? je ne sais pas. On peut toujours faire un choix, certes, mais est-on prêt à en payer le prix (plus d'appartement confortable, de voiture sympa, de vie aisée...)? Surtout quand on a "bossé" dur pour y arriver?
La vie est une suite de choix plus ou moins bien réussis...La photo peut être lisse en belle en apparence et au-delà du papier glacé n'être que regrets.
"Violence des échanges en milieu tempéré": notre société est décrite toute entière dans ces quelques mots, image quotidienne d'une violence ordinaire faite à l'humanité.
"Violence des échanges en milieu tempéré": un requisitoire contre le monde économique que certains voudraient voir être le seul et unique modèle.
"Violence des échanges en milieu tempéré": une autre bonne raison pour dire non à un certain Mr Sarkozy.

lundi 11 décembre 2006

Une vérité qui dérange


Ce film documentaire, d'Al Gore, celui qui a failli devenir Président des Etats Unis (dommage...le monde aurait évité G.Bush), est une conférence itinérante à l'échelle du Monde. C'est une manière originale et percutante de mettre sous les feux de la rampe cet épineux problème de la Modernité: le réchauffement climatique!
Dieu, qu'il fait couler d'encre...mais aussi la banquise!
Dieu, qu'il provoque de contreverses...mais aussi moult dérèglements de saisons, de climats!
Dieu, qu'il peut être empêcheur de consommer en rond....mais aussi "envoyeur par le fond" de multiples espèces essentielles à la biodiversité!
Dieu, que nous sommes devenus fous...mais aussi aveugles et sourds aux signes envoyés par Dame Nature!
En un mot comme en mille, ce documentaire est un appel international à réagir puis à agir en citoyens responsables. Il nous met face à notre humanité contradictoire (vous savez! le coup du beurre, de l'argent du beurre, du sourire de la crémière et du bisou de la vache...!) et nous somme de faire des choix...de bons choix.
La Terre n'est pas à mettre en balance avec l'économie...la Terre est à ménager et à panser pour enfin être soignée.
La démocratie participative est une idée dans le vent...appliquons-la!
...Toujours est-il que, cet hiver, je fais réparer les pneus de ma bicyclette et hop! à vélo pour me rendre au boulot: c'est écolo et en plus c'est bon pour ma ligne.