Affichage des articles dont le libellé est littérature anglaise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est littérature anglaise. Afficher tous les articles

dimanche 5 février 2023

Son Espionne royale: Les douze crimes de Noël

 


Dans le cadre du R.A.T du Challenge Bristish Mysteries, j'ai renoué avec les aventures de l'inénarrable Lady Georgiana de Rannoch. Je dois avouer qu'elle m'avait manqué.


C'est bientôt Noël en Ecosse comme partout ailleurs au Royaume Uni et dans le monde. Le temps est glacial et l'ambiance à Rannoch plus que morose : il n'est guère facile de supporter les remarques désobligeantes d'une belle-soeur radine comme pas deux. Cette dernière a l'art de faire sentir à notre Georgiana combien son célibat pèse sur les finances familiales et qu'il serait grand temps de trouver un homme riche à épouser.

Son Espionne royale tourne en rond au désespoir de fêter Noël dans la joie et la bonne humeur. Son Noël 1933 est en passe d'être raté et ennuyeux au plus haut point.

Lorsque Fig, la belle-soeur, annonce que sa famille les rejoindra en Ecosse, Lady G. se met en quête d'un moyen pour échapper à la catastrophe annoncée et gagner quelques sous.

Par un heureux hasard, elle tombe sur une annonce de recrutement : une famille d'aristocrates recherche une jeune femme connaissant l'étiquette sur le bout des ongles pour animer les fêtes de Noël et du premier de l'an à Tiddleton-under-Lovey, un village, aux allures de celui du « Chant de Noël » de Dickens, perdu dans la campagne anglaise.

Le Noël de Son Espionne royale est sauvé et une tranquillité financière assurée.

C'est sans compter avec une série d'événements qui chambouleront le séjour tant de Lady Georgiana et de ses hôtes que celui des invités, payants, venus pour assister à des festivités d'un Noël traditionnel anglais.


Les malheureux accidents se succèdent, au rythme d'une comptine traditionnelle, ce qui n'est pas sans rappeler une certaine enquête policière d'Agatha Christie « Ils étaient dix » (titre original en français « Les dix petits nègres »). En effet, chaque mort « accidentelle » renvoie à un passage de la chansonnette.

Il y aura des rebondissements, des révélations, des rencontres inopinées (la mère de Georgiana passe Noël avec un auteur de théâtre, Noël Coward, décidé à relancer sa carrière d'actrice), des invitations chaleureuses (elle invitera son grand-père et sa charmante voisine à venir rejoindre sa mère) et une surprise avec l'arrivée de ce cher Darcy, neveu de la lady organisatrice et hôtesse du Noël traditionnel anglais. Lors de l'épisode précédent, les deux jeunes gens s'étaient avoué leur amour et avaient échangé moult baisers... tout en restant chastes). Darcy et Georgiana, c'est enfin dit, se marieront dès que le premier aura un emploi stable permettant de faire vivre, décemment, le couple.


« Les douze crimes de Noël » est gentillet et amusant mais manque de sel, celui des cachotteries de Georgiana pour que personne ne sache qu'elle travaille malgré son statut d'aristocrate. Il manque aussi le sel des missions, parfois alambiquées, confiées par la Reine consort dont l'obsession est de voir David, le futur roi Edward, s'éloignée de Mrs Simpson, devenue sa maîtresse.

Dans cet épisode, nos deux espions s'offrent comme une parenthèse dans leurs tribulations personnelles : ils pensent à eux et à leur avenir.


Une lecture charmante et amusante, comme toujours avec Lady G et la galerie de personnages croisés, ciselés avec humour par Rhys Bowen. J'ai également apprécié le fait que les fausses pistes orchestrées par l'auteure, fassent que le coupable est caché jusqu'au bout. C'est bien d'être embobinée jusqu'à la fin !

Traduit de l'anglais par Blandine Longre


Quelques avis :

Babelio  Livraddict  Bianca  Maeve  Mylène  Parfums de livres  A livre ouvert  Lilly  

Jojo  Critiques Libres

Lu dans le cadre



     


mardi 20 décembre 2022

Jack et la grande aventure du Cochon de Noël

 


La magie de Noël vue par J.K Rowling, autrice des aventures d'Harry Potter, avait fait la joie des lecteurs, petits et grands, l'an dernier au moment de sa sortie en France.

Comme souvent, j'ai laissé passer la déferlante avant de me plonger, aussi, dans ce conte de fée.


Jack est un petit garçon timide, aimant le calme et la sérénité. Il a un ami très cher : LC autrement dit Lo Cochon, une peluche avec laquelle il a grandi. LC sait tout de Jack et inversement. Ils se comprennent sans avoir besoin de mots et puis... LC possède l'odeur rassurante qui n'appartient qu'à lui « ...un mélange de tous les endroits où LC avaient vécu ses aventures, et de la caverne tiède et sombre qui se formait sous les couvertures de Jack, sans oublier le soupçon de parfum de maman qui ne manquait jamais d'embrasser LC, lui aussi, et de le serrer dans ses bras lorsqu'elle venait dire bonsoir à Jack. » (p 13-14)

LC est d'autant plus cher à Jack quand les parents de ce dernier se séparent, que le nouvel ami de sa mère se révèle être le père de Holly, sa partenaire de lecture en CP, et qu'Holly, en pleine crise d'adolescence devient insupportable, irritable au point de commettre un geste épouvantable : jeter par la fenêtre de la voiture, alors qu'il neige sur la route, le pauvre LC tant sa rage est immense. C'est un peu comme si elle martyrisait Jack en s'en prenant au pauvre LC.

C'est le drame en cette veille de Noël. LC est perdu, Jack est tant dévasté qu'il refuse le « remplaçant » de LC, un Cochon de Noël, tout rose, tout dodu, et tente de lui arracher la tête. Jack pique une crise de rage aiguë dans sa chambre qu'il met sans dessus-dessous, balançant tous ses jouets aux quatre coins de la pièce. Epuisé, il s'endort tout en se promettant de partir, une fois reposé, à la recherche de LC.

La veille de Noël est le temps de tous les possibles.

Jack est réveillé par des voix et se rend compte que les jouets sont doués de parole... parce qu'ils sont avivés par les sentiments des humains envers eux. Le Cochon de Noël, propose à Jack de profiter de la magie unique de cette nuit particulière pour partir à la recherche de LC au pays des Choses perdues. Ce ne sera pas sans danger car règne sur ce pays l'épouvantable Grand Perdeur, dévoreur d'objets.

Commence alors l'extraordinaire aventure de Jack et du Cochon de Noël.


Tous les codes du conte de fée sont dans ce roman délicieux à lire : la magie, bien sûr, la quête, les embûches, les rencontres bénéfiques et maléfiques, les dangers à surmonter, le courage qui ne doit pas faiblir, la volonté et l'amour porté à l'objet perdu.

J'ai eu plusieurs fois la larme à l'oeil au cours de ma lecture, certainement parce que l'enfant en moi est toujours à l'écoute des contes. J'ai aussi perdu mon « doudou » aimé, Margotte du Manège enchanté, et je me suis plu à penser qu'elle devait passer des jours heureux sur l'île des Bien-Aimés.

Les rencontres faites par nos deux héros sont cocasses et parfois bouleversantes, chacune apporte sa part de lumière au récit, avec les objets, j'ai eu des frissons de peur dans la Rocaille des Indéplorés, j'ai ri en écoutant la Boussole fulminer contre les Mauvaises Habitudes, j'ai encouragé Jack et CN et été bluffée par la présence du Père Noël. Quant à l'ultime rencontre entre Jack et LC autant vous dire que ma gorge était serrée. Ridicule pour une adulte ? Non, car cela prouve que mon âme d'enfant et ma soif de Merveilleux sont toujours présentes.

Tous les ingrédients sont présents pour concocter un très joli conte de Noël. Sans compter que les illustrations de Jim Field sont très expressives et apportent une dynamique au récit.

Traduit de l'anglais par Jean-François Ménard.


Quelques avis

Babelio  Eva  Bianca  Livraddict  Lily Mylène

Lu dans le cadre



samedi 8 octobre 2022

Agatha Raisin: Randonnée mortelle

 


Je continue, à mon rythme, la lecture des aventures de la célèbre Agatha Raisin, mi-mégère mi-fleur bleue.


Après six mois passés à Londres à travailler comme consultante dans son ancienne entreprise, Agatha revient au bercail pour retrouver son cottage, ses deux chats et son James Lacey. Sera-t-il heureux de la revoir ? Ce n'est pas l'impression qu'il donne à Agatha, bien décidée à ne plus le convoiter tout en pinçant encore pour lui.

Pendant son absence, James a mis en place une sorte de club de promeneurs, plutôt que de randonneurs, qu'il guide dans les chemins creux de la campagne des Cotswolds.


Par un heureux hasard, un événement vient perturber le quotidien d'Agatha : un meurtre a été commis dans le Gloucestershire, à Dembley, sur la personne d'une jeune femme, diplômée d'Oxford, professeure dans l'école de la ville, Jessica, activiste féministe au caractère bien trempée et au charisme brutal. Le club des « Marcheurs de Dembley » est choqué malgré les divergences de vue avec la victime. Cette dernière militait bruyamment pour le respect des droits de passage dans les propriétés des environs, ce qui ne lui offrait pas une grande cote de popularité.

Les membres du club de randonnée et les propriétaires font partie des suspects au point que la Présidente de la Société des Dames de Carsely, dont une des nièces appartient au club des « Marcheurs de Dembley », fait appel à Agatha pour innocenter Déborah Camden.

En compagnie de James Lacey, Agatha se lance dans l'enquête afin de découvrir la piste du tueur. Or, rien n'est plus facile que de la perdre et de se retrouver avec un suspect qui ne l'est plus.


« Randonnée mortelle » est une enquête plaisante à suivre malgré le suspense très vite éventé. Les personnages sont, hélas, très caricaturaux : la féministe portant caleçon et non culotte, adepte des poils aux aisselles et aux jambes, au verbe cru et cruel, l'intellectuel sympathisant de la cause nord irlandaise, les couples homosexuels ou la fille pâle et timide désespérant de sortir de son milieu social au point que cela en devienne une obsession. Il va sans dire que le personnage du baronnet est également caricatural et un peu agaçant.

L'intérêt de cette aventure est dans le choix de la couverture choisie par Agatha pour les besoins de l'enquête : jouer, avec James, le rôle d'un couple marié amateur de randonnée. Les relations entre nos deux héros sont un peu plus apaisées, James se rend compte que la présence d'Agatha peut être une agréable compagnie. Doucement, subtilement, les lignes bougent jusqu'à ce qu'une dégustation d'une bonne bouteille de vieux porto change la donne.

Agatha parviendra-t-elle à s'extirper du pétrin dans lequel elle risque de se retrouver ? Réponse dans le ou les tomes suivants.

Traduit de l'anglais par Jacques Bosser


Quelques avis :

Babelio  Livraddict Bianca

Lu dans le cadre

  
 







dimanche 25 septembre 2022

Une étude en rouge

 


Les classiques et l'amitié, tel était le menu de ce mois de septembre.

J'ai choisi un court roman, ou longue nouvelle, d'Arthur Conan Doyle, « Une étude en rouge » dans lequel l'auteur relate la rencontre de son célébrissime duo, Sherlock Holmes, encore méconnu malgré sa compréhension fulgurante des homicides, et John Waston, jeune médecin-chirurgien rapatrié d'Afghanistan où il a contacté une fièvre typhoïde.

La rencontre entre ces deux hommes, si dissemblables et pourtant tellement complémentaires, est le début d'une longue amitié et d'une formidable complicité.


Watson, affaibli par la maladie, vivote dans un hôtel plus que modeste du Strand à Londres Sa maigre pension d'invalidité, d'un montant de « 11 shillings et six pence par jour » lui fait prendre conscience qu'il ne pourra pas tenir longtemps ainsi avant de connaître la rue.

Au cours d'une discussion avec un vieil ami, il apprend qu'un certain Holmes recherche un colocataire. Une mise en garde lui est faite : Holmes est un original difficile à vivre et a des centres d'intérêt étonnants.

Lorsque furent faites les présentations, Watson est autant intrigué qu'attiré par la personnalité d'Holmes, accepte la colocation et emménage au 221 Baker Street.


John Watson prend très vite la dimension extraordinaire des capacités de déduction de Holmes ainsi que de son invisibilité aux yeux des journaux : ces derniers louent les exploits des détectives de Scotland Yard dus à sa perspicacité et son intelligence aiguë. Il décide d'être le témoin privilégié du travail d'enquêteur d'Holmes.


Holmes sera, peu de temps après, mis à contribution lors de la découverte d'un corps au n° 3 de Lauristen Garden près de Londres. Pas de traces de blessures ni de coups, alors que la pièce est maculée de taches de sang, aucun indice hormis une inscription mystérieuse en allemand « Rache » écrite en lettres sanglantes. Toujours est-il que ce n'est pas un crime crapuleux puisque le portefeuille du mort n'a pas été volé. Pourquoi un tel crime ?

Petit à petit, Holmes collecte des indices auprès desquels les as de Scotland Yard sont passés. De fil en aiguille, notre Sherlock déroule la trame du crime et pose les bases d'une méthode d'investigation s'appuyant sur les faits scientifiques et non uniquement sur le collationnement des témoignages ou de la réputation des suspects toujours sujet à caution.

Quel rapport entre le meurtre d'un riche américain et l'exécution, en Utah vingt ans plus tôt, d'un propriétaire terrien, Jean Ferrier, par la police secrète des mormons ? Holmes traque indices et preuves matérielles pour dénouer l'écheveau du crime.


« Une étude en rouge » est la nouvelle inaugurale du célèbre duo d'Arthur Conan Doyle. L'amitié et la complicité entre les deux hommes sont palpables tout comme l'admiration de Watson et le côté décalé d'Holmes.

Contre toute attente, ce qui devait être une amitié éphémère entre les deux personnages, devient pérenne : Watson en narrateur-biographe d'un Holmes devenant célèbre au fil des romans.

Lire cette nouvelle m'a permis d'enrichir ma vision des deux personnages emblématiques de l'auteur, un peu comme une préquelle des enquêtes de Sherlock Holmes.

Traduit de l'anglais par Pierre Baillargeon

Quelques avis :

Babelio

Lu dans le cadre

 




lundi 8 août 2022

Son espionne royale et le collier de la reine ou des vacances "intranquilles"

 


J'avais prévu de lire le cinquième opus de la série « Son espionne royale mène l'enquête » lors du Mois anglais. Las, juin est un mois chargé car rime avec fin d'année scolaire et évaluations.

Aussi, après avoir lu trois pavés, ai-je souhaité me détendre avec un court roman agréable à lire... je n'ai pas été déçue.


J'ai retrouvé avec joie l'incroyable Lady Georgiana, et son impayable femme de chambre Queenie, dans une nouvelle aventure absolument rocambolesque.

Janvier 1933, l'hiver est morne et froid à Londres. Notre Lady préfère servir d'exemple et oeuvrer à distribuer la soupe populaire aux gens brisés par la crise économique due au jeudi noir de 1929, que de supporter sa belle-soeur, Fig, à Rannoch Hall, Belgravia, demeure londonienne de la famille.

Alors que Lady Georgie distribue moult bols de soupe en gare de Victoria, elle a en face d'elle une réclame sur les merveilles de la Riviera en hiver. De quoi la faire rêver et désespérer de ne pouvoir en profiter.

Georgie est toujours fauchée et n'a pas pu trouver un emploi digne de sa condition. Passe Belinda, sa meilleure amie, en partance pour Nice, qui lui annonce son séjour hivernal au soleil. Quelle chanceuse, cette Belinda !

A partir de là, les événements se précipitent : son frère, Binky, et sa belle-soeur sont invités par la famille de Fig à Nice. Magnifique, Georgie pourra en être. Las ! C'est sans compter avec l'avarice de Fig qui refuse de payer le billet pour Lady Georgiana à bord du luxueux Train Bleu (liaison ferroviaire ralliant, sans arrêt à Paris, Calais à Nice).

Heureusement, la Reine Mary confie une mission à sa jeune parente : une précieuse tabatière a été dérobée lors d'une fête, la reine soupçonne un baronnet, Sir Toby Tripoter, collectionneur compulsif, d'être le coupable. Georgie se retrouve dans le Train Bleu pour tenter de récupérer l'objet précieux.


Bien entendu, notre Lady vivra des aventures incroyables et rencontrera, notamment, la célèbre Coco Chanel qui fera d'elle un de ses mannequins vedettes pour la présentation de sa nouvelle collection « féminin-masculin » lors d'un défilé de mode au Casino.

Au cours du défilé, Georgie trébuche et se retrouve sur les genoux d'une douairière russe, est secourue par un Marquis français au charme envoûtant et se fait voler la rivière de perles et de diamants prêtée par la Reine Mary, ce qui est un fait historique – le prêt pas le vol -.

Georgie est confrontée à deux vols et donc deux objets de la Couronne à retrouver.

Et Darcy ? Il est présent et ce dès le voyage en train au cours duquel Georgie surprend une conversation dont le sujet est Darcy. La rumeur se concrétise quand elle l'aperçoit, sur une plage niçoise, en compagnie d'une jeune femme et d'un garçonnet qu'il semble affectionner.

Le sang de notre Lady écossaise ne fait qu'un tour : Darcy en aime une autre et il lui a même fait un enfant. Cette découverte l'amène à se laisser charmer par le Marquis Jean-Paul de Ronchard et plus si affinité. Aristocrate français riche et bien né.

Tout se présente sous les meilleurs auspices sauf que Georgie se voit accusée du meurtre de l'affreux et lubrique Toby Tripoter.


« Son espionne royale et le collier de la reine » voit une Georgiana plus émancipée, même si elle a toujours le chic de se mettre dans le pétrin sans le vouloir, plus sûre d'elle, plus caustique envers sa belle-soeur. J'ai vraiment apprécié le déroulé des événements auxquels est confronté l'héroïne qui prend conscience qu'elle peut plaire sans pour autant être dupe de tout le clinquant d'un hiver sur le Riviera.

Il y a, comme toujours, des allusions à l'actualité historique :la montée de l'influence de Hitler en Allemagne, la liaison scandaleuse du futur Edouard VIII avec l'américaine Wallis Simpson, le regard indulgent du Prince de Galles, et héritier de la Couronne Britannique, envers la politique d'Hitler alors que tout le monde s'accorde en Europe qu'il est impossible de prendre au sérieux ce petit homme moustachu agité et criard. L'auteure, Rhys Bowen, montre parfaitement, par petites touches dans le roman, combien la montée du nazisme s'effectue lentement mais sûrement.

Autre anecdote : celle du penchant de la belle société britannique à se lâcher sur la Riviera, abandonnant convenances et étiquette ennuyeuse pour mener mille et une frasques. Ce qui ne donne pas une bonne image de cette société anglaise aux yeux des provençaux. Le personnage de l'inspecteur Peton est un petit bijou.


Un cinquième opus plein de charme et d'inattendu de la part des protagonistes. Vraiment, j'adore Lady Georgiana de Rannoch dont la romance avec Darcy avance à grands pas !


Traduit de l'anglais par Blandine Longre


Quelques avis :

Babelio  Critiques libres  Livraddict  Bianca  Mylène  Sharon  A livre ouvert

Lu dans le cadre

  
  



  

samedi 30 juillet 2022

L'invitation à la vie conjugale


 

Frileux vis à vis du mariage s'abstenir.... quoique.


C'est l'histoire de plusieurs couples, des vieux et des plus jeunes. Ils se connaissent, se côtoient, s'apprécient plus ou moins. Il y a aussi un célibataire à graviter autour d'eux, Ralph Cotterman dont l'art consiste à tomber amoureux de femmes mariées. Il y a la campagne anglaise, la ville d'Oxford et son université. Il y a la mer et les aquarelles de Rosie. Il y a la nuit propice à l'observation des blaireaux. Il y a des couples perdus dans leurs habitudes. Il y a la vie qui s'écoule, pas forcément dans le sens que l'on souhaiterait.

Le temps fait des ravages, l'ennui conjugal aussi.

Question primordiale issue du triste constat précédent: quel est le secret, quelle est l'alchimie, pour qu'un couple fonctionne ?


Frances Farthingoe s'ennuie dans son manoir, sombre et isolé, au point que seule l'organisation d'une fête peut la sortir de son désespoir et lui redonner de l'énergie pour combler le vide de sa vie.

Rachel Arkwright, agaçante aux yeux de son mari, Thomas, ne pense qu'à une seule chose, depuis que ses enfants volent de leurs propres ailes, rejoindre le cocon douillet de son lit afin d'y dormir tout son soûl.

Mary Lutchins se torture en imaginant la vie de Bill, son époux, si elle partait la première, elle s'inquiète tant qu'elle porte un fardeau, invisible mais si lourd qu'elle en oublie les petits riens délicieux de la vie.

Ursula Knox, épouse de Thomas, professeur, et chercheur, d'économie à Oxford, déteste une seule chose : la vie à Oxford, ville laide et triste à ses yeux, elle qui ne rêve que d'installation à la campagne, loin de tout.


Frances et son mari Toby n'ont plus rien à se dire depuis longtemps, comme Rachel et Thomas. Alors que Mary et Bill sont unis dans leur amour pour la nature ou qu'Ursula et Martin affichent un bonheur conjugal insolent tant ils paraissent être sur la même longueur d'onde.

Qu'est-ce que le bonheur conjugal ? Partager les mêmes passions ? Apprendre l'un de l'autre tout au long d'une vie ? S'habituer aux petites manies de l'autre au fil du temps ? Etre toujours dans l'exaltation de l'amour ? Ou accepter de renoncer à une complicité remplie de tendresse ?

Chaque personnage, sous la plume d'Angela Huth, est un des mondes mystérieux qui font qu'un couple est un couple, même si la courtoisie et le respect ont pris le relais d'une tendresse amoureuse.

Thomas Arkwright peut paraître, d'emblée, détestable en étant d'une froideur à la limite du mépris envers Rachel. Pourtant, au fil du roman, il est délesté de son horripilante envie de séduire les jeunesses grâce à la rencontre avec Rosie Cotterman, une artiste peintre dont il collectionne les tableaux. Il est face à lui-même, face à son néant, face à son désir contrarié de devenir peintre.

Quant à Toby, il s'est réfugié dans l'étude des blaireaux pour ne plus penser au béguin que son épouse, Frances, éprouve pour Ralph qui ne ressent plus rien pour elle. La nuit, en pleine forêt, seul, il attend la sortie des blaireaux, planches de salut pour continuer à avancer.

Et Ralph ? Il court après l'impossible : Ursula qui ne le trouve que simplement sympathique bien qu'un peu pot de colle.


Angela Hunt peint la vie de ses personnages pendant plusieurs mois, ces mois qui s'écouleront entre la réception de l'invitation à la soirée organisée par Frances et le jour J. Les menus faits sont décortiqués, déroulés, scrutés sans aucune malveillance, sans acrimonie. Ils apportent leur lot de petits bonheurs ou de pénibles déceptions. L'écriture de l'auteure est si joliment ciselée, son observation tellement fine, que l'on ne s'ennuie à aucun moment. On les accompagne, on apprend à les apprécier malgré leurs défauts et on finit par constater que ce que peint la plume de l'auteure est le cœur de la vie ordinaire de gens ordinaires. Vie qui, finalement, n'est pas aussi ennuyeuse que cela. Certainement parce que Angela Hunt sait apporter, avec subtilité, de la poésie dans le quotidien de ses personnages auxquels on peut s'identifier sans difficulté. Ils ne furent pas moi, ils furent quelques parcelles de vie.


« L'invitation à la vie conjugale » est un roman qui montre de manière subtile qu'il est important de rester soi quand on vit à deux : cultiver un jardin secret est essentiel même si on autorise son partenaire à en partager quelques bribes. Etre soi pour pouvoir vivre à deux, une réponse apportée pour mener une vie conjugale harmonieuse.

Traduit de l'anglais par Christiane Armandet et Anne Bruneau


Quelques avis :

Babelio  Charlotte  Mumu  Sens critique  Critiques libres

Merci aux éditions de la Table ronde et au Mois anglais 2020 pour cette très belle lecture offerte.

Lu dans le cadre

    



mardi 19 juillet 2022

Madame la Colonelle

 


Pour la première fois j'ai ouvert un recueil de nouvelles de William Somerset Maugham, le plus francophile des écrivains anglais. J'ai choisi de lire le recueil intitulé « Madame la Colonelle » doté de vingt-quatre nouvelles toutes plus réjouissantes les unes que les autres.

C'est tout un univers pittoresque que nous propose l'auteur, écrivain voyageur s'il en est, lui qui a parcourut le monde pour assouvir sa soif de curiosité.

La nouvelle d'ouverture, éponyme du recueil, m'a entraînée à la suite de l'épouse d'un colonel, blasée de tout sauf de l'écriture. Le colonel voit cela d'un œil goguenard voire condescendant, lui qui ne prise absolument pas le monde de la culture, jusqu'au jour où un roman de son épouse est édité. La vie domestique du colonel bascule dans l'incroyable car le roman révèle une longue liaison de sa femme avec un homme plus jeune.

Il aura fallu la publication du roman en vers pour qu'il ouvre les yeux sur la personne de son épouse : elle a des idées, des envies, des émotions, elle est un être humain doté d'une richesse intérieure extraordinaire.

En quelques pages, Maugham griffe l'institution du mariage ainsi que la propension des maris à ne pas voir leurs épouses. Evie Peregrine en sort la tête haute, magnifique femme dans la plénitude de l'âge tandis que l'époux en sera réduit à célébrer les qualités créatrices d'Evie, histoire de ne pas sombrer plus profondément dans le ridicule.


Avec cette nouvelle, le ton est donné. Maugham au cours des vingt-trois nouvelles suivantes investit l'univers immuable de la campagne anglaise et l'ambiance particulière de la vie des Anglais à travers l'Empire, notamment en Inde et Malaisie.

Les personnages sont hauts en couleurs, pittoresques, les lieux sont empreints de la fin programmée des empires occidentaux, ils reflètent une époque conjuguée bientôt au passé au même titre que l'art de vivre colonial.

Chaque nouvelle a son lot de parvenus, de déprimés, de corrompus, de femmes suivant les lubies ou la tyrannie de leur époux. L'auteur lance ses piques à l'encontre du puritanisme, de la morgue anglaise qui se refuse à connaître les mœurs, coutumes et cultures des pays sous domination anglaise alors qu'il y a tant à recevoir de l'autre.

Il peint les passions des hommes avec une finesse d'observation extraordinaire, aussi ai-je lu lentement ce recueil afin de déguster chaque nouvelle dont la saveur est à chaque fois particulière.

Maugham ne fait pas dans le riant, les fins heureuses sont rarissimes mais quel art de la pique, quel art de la description du microcosme colonial où tout le monde épie son voisin, commente ses faits et gestes …. la vie étant si ennuyeuse malgré le cadre exotique. Le tout est servi par un humour dévastateur ce qui rend quelques nouvelles amusantes.


« Madame la Colonelle » est un régal à lire, je ne me suis absolument pas ennuyée bien au contraire : les voyages en Malaisie, les promenades dans la jungle bruissante et inquiétante, le suivi des exploitations de caoutchouc, les révoltes brisant les carrières les plus prometteuses, ont été autant de voyages appréciés.

Je ne peux qu'inviter à ouvrir un recueil de nouvelles de l'auteur pour entrer dans un monde délicieusement peint, avec un brin d'insolence, dans toute sa diversité.


Traduit par Jean-Claude Amalric, Joseph Dobrinsky et Jacky Martin


Quelques avis :

Babelio Sens critique

Lu dans le cadre

  




samedi 16 juillet 2022

Bal tragique à Windsor

 


2016, Elizabeth II d'Angleterre s'apprête à fêter ses 90 ans et à accueillir le couple Obama à Windsor.

Lors d'un bal organisé au château, un pianiste russe est découvert, pendu et presque nu, dans la penderie de sa chambre. C'est le choc pour le petit monde de Windsor.

L'enquête est rapidement ouverte et les enquêteurs sont très vite amenés à soupçonner le personnel de la Reine d'être impliqué dans le meurtre. Mais la Reine est loin d'en être aussi certaine car quand on sert à Windsor the Crown of England, quand on sert la Couronne, on est fidèle et sans tache.

Elizabeth, aidée de ses deux secrétaires privés, mènera une enquête parallèle en faisant appel à de vieilles amitiés tout en ayant la grâce et l'intelligence de faire profiter l'enquêteur en chef de ses trouvailles... c'est qu'il est primordial qu'on ne se doute de rien.


Après la première enquête « cosy mystery » de Madame Merkel, jeune retraitée, écrite par l'auteur allemand David Safier, S.J Bennett met en scène la Reine d'Angleterre dans un roman plaisant, bien écrit, à l'intrigue intéressante et prenante.

En lisant « Bal tragique à Windsor », je revivais certaines anecdotes de la série, excellente, « The Crown » : le personnage de la Reine est à l'aune de ce qu'on peut appréhender en regardant les divers reportages consacrés à Elizabeth II, un sang-froid incroyable, un certain humour, le sens de la justice et du bien du Royaume, la capacité de fédérer ses serviteurs, proches ou éloignés, une intelligence plus fine qu'elle ne laisse paraître... une main de fer dans un gant de velours. Une petite et vieille dame digne que rien n'étonne.

Dans le roman, la Reine partage ses réflexions et ses pistes de recherches avec sagacité et doigté : elle ne doit pas interférer dans les affaires d'état, quelles qu'elles soient, et ne peut exposer ses idées que par des chemins détournés très subtils. La grande classe !! C'est Rozie Oshodi , sa jeune secrétaire particulière adjointe, d'origine nigériane et au passé militaire, qui se retrouve en charge de l'enquête royale.


J'ai suivi les tribulations de Rozie dans le dédale du sac de nœuds auquel elle, et la Couronne, est confrontée. Tout est feutré, tout est extrêmement bien documenté, la passion des chevaux et des corgis, la complicité avec le Prince Philip, le seul à pouvoir la bousculer et la chahuter un peu, le charme discret de cette vieille dame auprès de ses proches collaborateur et du personnel dans son ensemble.

Il n'y a pas de moquerie ou de critique, ce n'est pas le lieu ni le but poursuivi. L'autrice montre ainsi que la Reine, à presque 70 ans de règne, connaît on ne peut mieux la nature humaine et a su aiguiser son esprit au fil des années et acquérir un sens politique plus que maîtrisé.


« Bal tragique à Windsor » est un cosy mystery sans la touche fantaisiste qui caractérise le genre. Cependant on ne boude pas son plaisir et on en redemande.

Ah... ne pas oublier la tasse de thé et les petits gâteaux anglais.

Traduit de l'anglais par Mickey Gaboriaud


Quelques avis :

Babelio  Bepolar  Livraddict  Critiques libres  Tours et culture Sens critique  Irène

Lu dans le cadre

  


mardi 12 juillet 2022

Emma

 


Je n'avais pas lu de roman de Jane Austen depuis longtemps, une des thématique du Mois anglais 2022 concernait cette autrice, ni une ni deux j'ai ouvert « Emma » et ce pour mon plus grand bonheur.

« Emma » relate l'histoire d'une jeune héritière qui entre tentation du célibat et envie de devenir une marieuse avisée se rend compte que tout n'est pas aussi simple que cela. On retrouve les thèmes récurrents de Jane Austen abordés de manière différente puisque l'héroïne, que son père adore, n'a pas besoin d'absolument de se marier pour conserver son héritage. Emma se délecte du rôle d'entremetteuse qu'elle s'est allouée pour faire et défaire les couples dans le village d'Hightbury. Quoi de plus distrayant que d'arranger rencontres et naissance de sentiments amoureux pour une jeune fille oisive ?

Emma est, dit-on, une des héroïnes les plus complexes créées par Jane Austen ce que je veux bien croire l'issue de ma lecture.

Emma Woodhouse est adorable et agaçante quand elle fonce, tête baissée, pour faire le bonheur des autres malgré eux, sans s'attarder à connaître leurs envies ce qui la rend un peu caricaturale. Sans compter que sa position sociale et sa joliesse font d'elle une jeune personne, loin d'avoir bonté, mesure et clairvoyance comme les habituelles héroïnes d'Austen, qui n'en fait qu'à sa tête, qui n'écoute personne et qui apparaît vaine et maladroite. Elle possède une assurance frisant l'autosatisfaction ce qui peut la rendre blessante envers les dames plus pauvres qu'elle.

Cependant, à sa décharge, elle affirme son indépendance, elle n'a cure de trouver un bon parti, avec conviction et maladresse. « Je n'ai aucune raison que les femmes ont normalement de se marier » assurant par là préférer le célibat à un mariage sans amour. Elle enfonce le clou en expliquant «Je ne crois pas que beaucoup de femmes mariées aient autant d'autorité dans la maison de leur mari que j'en ai, moi, à Hartfield. Et jamais, jamais vous m'entendez, jamais je ne pourrai espérer être aussi sincèrement aimée ni avoir autant d'importance aux yeux d'un autre homme que mon père. » Sauf que...elle sera prise à son propre piège.

Pour en revenir à son affirmation, Emma énonce un principe qui sera repris, plus tard par les féministes, celui de l'indépendance financière première condition de l'émancipation des femmes. Elle exprime également un certain pouvoir féminin, celui de ne pas se laisser dicter sa conduite par les hommes. En cela elle a un avantage : son père est en adoration devant elle et accède à tous ses caprices. D'un côté, elle supporte les humeurs hypocondriaques de son père.

Ce qui rend Emma différentes des héroïnes austeniennes c'est que malgré son incurable snobisme, son bavardage intempestif, son insensibilité envers le remue-ménage provoqué par ses lubies d'entremetteuse, cela ne relève pas d'une volonté perverse et calculatrice car Emma, sans être empathique, a bon cœur : elle sait se montrer souvent généreuse et accepte d'ouvrir les yeux sur ses erreurs et d'y remédier.

Emma agace, énerve au point que lorsqu'elle comprend de qui elle est amoureuse j'ai eu une réaction jubilatoire en constatant qu'elle devait se donner la peine d'être à l'écoute pour ne pas perdre son soupirant. Pourtant, tout au long du roman je n'ai jamais pu la détester car au final je l'ai bien aimée. Je n'ai pas insisté sur les personnages gravitant autour d'Emma, ils sont savoureux et à la hauteur de leur rôle. Chacun a sa place et permet d'éclairer le personnage d'Emma. C'est ce qui rend, à mon sens, le roman très réussi et très abouti.


« Emma » fut une lecture jubilatoire et délectable car l'histoire est servie, avec art, par la plume délicieusement ironique de Jane Austen qui accompagne le récit avec son humour et les piques glissées dans les répliques des personnages principaux et secondaires. Le tout servi par les superbes descriptions de la campagne anglaise du XIXè siècle.


NB : le film « Emma », paru en 2020, est excellent et ne gâche en rien le roman.


Traduit de l'anglais par François Laroque


Quelques avis :

Babelio  Jane Austen  A la lettre  Sens critique

Lu dans le cadre




samedi 9 juillet 2022

Les recettes des dames de Fenley

 


1942, l'Angleterre subit le blocus et les bombardements allemands sur Londres. Les restrictions et la peur quotidienne sont le lot des Britanniques. Pour faire oublier les jours sombres et, ainsi, montrer au monde que l'Angleterre ne rompt pas, la BBC organise un concours de recettes à partir des tickets de rationnement. La gagnante obtiendra une place dans l'émission culinaire du célèbre animateur Ambrose Hart.

Le concours se déroulera en trois étapes, à Fenley où Ambrose Hart possède une demeure : entrée, plat de résistance et dessert.

Les concurrentes feront preuve d'ingéniosité et d'inventivité pour épater Ambrose et titiller ses papilles exigeantes.

L'autrice, Jennifer Ryan, s'appuie sur un fait réel, le concours culinaire organisé par la BBC, pour dresser non seulement un portrait vivant d'une campagne anglaise continuant à vivre malgré la guerre, mais surtout de très beaux portraits de femmes, combattantes de l'ombre devant leurs fourneaux.


Audrey Landon, veuve de guerre et mère de trois garçons. Son époux était bohème et artiste peintre, plus altruiste qu'homme d'affaires. Sa disparition, en mission avec la RAF, la laisse sans le sou et criblée de dettes, non loin de l'expulsion de sa maison. Elle emprunte alors de quoi rembourser à sa sœur qui la met en demeure de s'acquitter de l'emprunt. Audrey se lance dans la confection de tourtes aux légumes de son jardin pour alimenter la table de sa sœur et les restaurants environnants.


Lady Gwendoline Strickland, mariée à Sir Strickland, industriel spécialisé dans les boîtes de conserve pour le ravitaillement des soldats, propriétaire de plusieurs usines, homme d'affaires sans scrupule et sans considération pour sa femme qu'il rudoie et maltraite.

Lady Gwendoline est la sœur cadette d'Audrey qu'une rivalité datant de l'enfance éloigne depuis toujours. Elle apparaît sans cœur, sans empathie, sûre d'elle-même, armée de son statut social. De prime abord, elle est antipathique et détestable car prête à toutes les tricheries pour remporter le concours afin de ne pas décevoir son mari.


Nell Brown, aide cuisinière à Fenley hall, résidence des Strickland, est une jeune fille d'une timidité maladive aux doigts de fée quand elle cuisine sous le regard bienveillant de Madame Quince, la cuisinière dont la renommée s'étend dans toutes la région.

Poussée par sa mentor, elle s'inscrit au concours au grand dam de Lady Gwendoline qui escomptait sur l'aide de ses cuisinières.

Nell s'accrochera, dépassera crainte et timidité pour atteindre une meilleure estime de soi et rencontrer l'amour en la personne d'un prisonnier de guerre italien dont la famille tient un restaurant en Italie cisalpine.


Zelda Dupont, cheffe en second dans un grand restaurant londonien, le Dartington, a quitté Londres pour participer à l'effort de guerre, Middleton dans une des fabriques de pâté de Sir Strickland où elle occupe de poste de chef cuisinière de la cantine de ladite fabrique.

Elle a eu une liaison avec un chef dont elle attend un enfant, enfant qu'elle compte faire adopter dès la naissance.

En 1942, vouloir devenir chef dans un restaurant prestigieux est tout sauf un long fleuve tranquille pour une femme même talentueuse et au savoir-faire hors pair. La cuisine étoilée est une affaire d'homme non de femme : l'art culinaire ne peut être décliné au féminin.

Zelda a une très haute opinion d'elle-même et considère ses concurrentes comme de pauvres ménagères mal dégrossies... en résumé des ploucs campagnardes ou des bourgeoises en mal de reconnaissance.


Les hasards de la vie les feront se rencontrer en-dehors de la compétition. Peu à peu elles se rapprocheront en se connaissant mieux, en apprenant plus des unes des autres. Une amitié et un respect mutuel naîtront, les faisant grandir chacune à leur façon.

Jennifer Ryan montre combien survivre en temps de crise est difficile pour les femmes. Le veuvage et les dettes, un beau mariage sans amour avec un homme brutal, une vie au service d'autrui dans l'ombre d'une cuisine ou une grossesse hors mariage sont autant d'occasions pour aborder des sujets d'importance : comment faire son deuil et sortir la tête hors de l'eau, les relations conflictuelles au sein d'une sororité, la violence conjugale, la transmission d'un savoir-faire ou la condition des serviteurs auxquels les employeurs ne prêtent, parfois, que peu d'âme. Ou encore le sordide marché noir et les escroqueries financières.

C'est aussi l'occasion de souligner qu'après la Grande Guerre, les femmes gagnent de nouveaux combats pour leur indépendance et leur place au sein d'une société patriarcale qui les enferme dans des carcans dont elles se libèrent au fil des conflits mondiaux.


« Les recettes des dames de Fenley » est un roman délicieux à lire : les personnages féminins évoluent en bien, je n'ai même pas pu détester Lady Gwendoline dont l'attitude ne pouvait qu'être due à de profondes blessures, dès le début on ne peut que la plaindre.

L'humour est toujours présent et cela m'a rappelé le fameux roman « Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates » dont la lecture ne m'avait guère emballée à l'époque.

La cerise sur le gâteau : le libellé de chaque recette du concours culinaire. Je n'ai eu ni le courage ni le temps d'en réaliser quelques unes. Cependant j'en ai recopié quelques unes pour plus tard.

J'ai passé un excellent moment de lecture grâce aux dames de Fenley que j'ai beaucoup appréciées car elles m'ont émue.

Traduit de l'anglais par Françoise du Sorbier


Quelques avis :

Babelio  A livre ouvert

Lu dans le cadre