samedi 15 janvier 2022

Mains rouges


 

La littérature nordique regorge de romans policiers à faire frémir les plus audacieux, raison pour laquelle j'ai préféré renouer avec Jens Christian Grondhal dont j'avais lu, il y a quelques années, le délicieux « Virginia ».


1977, un jeune étudiant travaille, pour l'été, à la gare centrale de Copenhague et aperçoit une jeune femme étrange, un peu perdue. Après avoir un peu discuté avec elle, il décide de l'héberger quelques jours chez lui. Randi, puisqu'elle s'est ainsi présentée, disparaît rapidement, lui laissant la clef d'une consigne. Il l'ouvre et trouve une enveloppe dans laquelle il y a une forte somme en marks allemands. Il la dépose, anonymement, dans la boîte aux lettres du commissariat le plus proche.


Quinze ans plus tard, le hasard lui fait croiser le chemin de la jeune femme énigmatique. Il la suit et s'aperçoit qu'elle lui avait donné un faux nom, elle s'appelle Sonja, est mariée et vit non loin de chez lui. Sa curiosité est en éveil et il fait en sorte de prendre contact avec elle, elle qui le subjugue encore.

Au fil de leurs rencontres clandestines, Sonja lui raconte son été 1977, en République Fédérale d'Allemagne alors qu'elle est sur le départ de son travail de jeune fille au pair dans une famille aisée de Hambourg, elle décide de prolonger son séjour, profitant du départ en vacances de la famille d'accueil.

Lentement, Sonja, s'effeuille, explique comment le hasard lui a fait croiser la route d'un groupe de terroristes allemands, sa liaison amoureuse avec un des hommes l'entraîne dans une spirale dont elle n'est que spectatrice jusqu'à ce qu'elle aide, une seule fois, en apportant une voiture de secours au groupe.

Chaque aveu amène Sonja à exprimer son sentiment de culpabilité car, sans le savoir et sans le vouloir, elle a participé à un braquage sanglant. Ses mains sont rouges, irrémédiablement rouges.


« Les mains rouges », avec délicatesse et des mots justes, explore les méandres de la culpabilité, du remord, d'une vie rongée en silence jusqu'au jour où le temps de prendre ses responsabilités sonne quand le procès des terroristes s'ouvre en Allemagne quinze ans après les faits.

Le narrateur et Sonja assistent aux premiers jours du procès, les idéalistes d'hier ont vieilli, on a peine à croire qu'ils eurent un parcours jalonné de violence. Sonja prend conscience qu'elle ne pourra plus avancer tant qu'elle n'aura pas divulgué, à la veuve comme aux autorités, son erreur de jeunesse qui la ronge depuis les événements.


Jens Christian Grondhal aborde également un sujet récurrent dans ses romans : la relation ambigüe entre un homme et une femme, un sentiment amoureux à la lisière de l'amour partagé et du sentiment à sens unique. L'étudiant devenu homme n'a jamais oublié sa brève rencontre avec Rani/Sonja, son mystère l'a toujours obsédé comme l'envie de connaître son histoire.


« Les mains rouges » rappelle aussi les années soixante-dix, celles qui furent de plomb en Italie, celles des Brigades rouges, d'Action directe ou encore de Fraction Armée rouge dite Bande à Baader. Epoque d'une jeunesse en révolte contre l'ordre établi du capitalisme n'ayant trouvé que l'action violente pour se faire entendre. Entre romantisme exacerbé et spirale infernale des attentats.

Je me souviens de la fascination éprouvée devant les actes extrêmes de ces organisations terroristes, souvent menées par des jeunes gens éduqués et lettrés. Il y avait comme un air de forêt de Sherwood, une forêt et son Robin des bois qui auraient mal tourné. Les Etats-Unis avaient leur Vietnam, l'Europe ses groupes révolutionnaires armés et prêts à avoir les mains rouges.

Traduit du danois par Alain Gnaedig


Quelques avis :

Babelio  Sens Critique

Lu dans le cadre



Recherchée

 


Sibylla Wilhelmina Beatrice Forsenström vit en marge de la société depuis près de quinze ans, elle vit dans la rue et de temps en temps « escroque » des hommes en se faisant passer pour une femme d'affaires étourdie qui a oublié son porte-monnaie. Elle se fait ainsi payer une chambre d'hôtel, une nuit au calme, une douche et un repas.

Sa combine, au Grand Hôtel, fonctionne jusqu'au jour où l'homme avec lequel elle a passé la soirée est sauvagement assassiné dans sa chambre d'hôtel.

Sybilla se retrouve en cavale, en pleine ville, pour échapper à la police alors qu'elle n'a pas commis ce meurtre.

D'autres meurtres suivent, tous signés d'un prénom, Sibylla. Elle ne sait plus quoi faire, se pose de cache en cache jusqu'au grenier d'un lycée : elle sait qu'elle pourra se reposer et se laver une fois le lycée déserté par les élèves et le personnel.

Elle rencontre Patrick un adolescent fasciné par la vie des sans-abris, enviant leur liberté. Sibylla se rend compte que Patrick a le même âge que son fils, fils qu'on lui a enlevé pour le mettre à l'adoption. Un lien se créé entre Sibylla et Patrick au point qu'ils partent enquêter sur l'affaire afin de connaître le fin mot de l'histoire.

 

« Recherchée » est un roman à suspense plus axé sur la psychologie et l'état de la société que sur le sensationnel sanglant. Les meurtres ne sont pas décrits à l'envie, la tension dans le récit existe sans pour autant sombrer dans l'horrifique.

 

Karin Alvtegen, que je n'avais jamais lue, met en place un thriller psychologique mettant en avant la marginalisation des sans-abris ainsi que la possibilité qu'a une personne de disparaître des radars sociaux.

L'auteure dresse le portrait d'une jeune femme issue de la bourgeoisie provinciale devenue sans domicile fixe et vivant d'expédients. Son seul luxe : recevoir depuis quinze ans dans une boîte postale près de deux mille couronnes chaque mois. Sibylla économise pour réaliser son rêve : acquérir un chalet au bord d'un lac.

Comment l'héroïne en est arrivée là ? Un père absorbé par la gestion de son entreprise, une mère régentant la vie domestique et sociale de la famille, obnubilée par le paraître, par l'importante de montrer la différence sociale entre eux et les ouvriers de la fabrique. Sibylla est isolée à l'école, elle n'a pas de véritables amis et ne fréquente pas les mêmes lieux que la jeunesse du coin. Jusqu'au jour où elle rencontre un jeune homme qui lui fait découvrir le sel de la vie. Leur liaison tournera cours puisque la mère de la jeune fille y mettra fin, laissant Sibylla enceinte.

Goûtant à l’horreur de l’enfermement, la jeune fille, à bout de ne pas pouvoir s’intégrer dans la société dans laquelle elle ne se reconnaît pas, à bout de devoir subir la maltraitance psychologique de sa mère, à bout de ne pas savoir si son père tient un tant soit peu à elle, au bout de ses forces, s’enfuit pour vivre dans l’ombre et devenir une ombre parmi les ombres que les gens intégrés font en sorte de ne pas voir dans la rue.

 

Le roman est un constant aller-retour entre le passé et le présent, suit son héroïne à la recherche de son identité.

Acceptera-t-elle enfin ses origines familiales ? Acceptera-t-elle, au nom de la vérité, de quitter l’ombre de l’anonymat de la sans-abri pour retourner au sein de la société tant honnie ? Osera-t-elle partir à la recherche de l’enfant qui lui a été arraché ? Pourra-t-elle se reconstruire, renaître à une certaine humanité ?

C’est l’enjeu du récit et c’est ce qui en fait son intérêt car tout est écrit en subtilité et avec tendresse envers le personnage principal.

 

« Recherchée » est un très bon roman avec des personnages attachants, mettant en scène une image de la bourgeoisie provinciale, protestante, très imbue d’elle-même, intraitable sur le respect de ses principes quitte à piétiner l’âme rebelle.

Loin de tout effet spectaculaire, l’auteure instaure une intrigue prenante et une atmosphère inquiétante savamment dosée.

 

Traduit du suédois par Philippe Bouquet

 

Quelques avis:

Babelio

Lu dans le cadre



mercredi 12 janvier 2022

Jo et moi

 


L'opération Babelio « Masse critique : BD et romans graphiques » m'a permis de lire le premier tome d'une série jeunesse très agréable « Jo et moi : ça commence » axée sur l'écologie.

Il est important de sensibiliser le jeune public, très tôt, à la conscience de l'urgence écologique et quoi de mieux qu'une bande-dessinée !

La première planche présente les protagonistes dans une ambigüité voulue : qui est qui ? Ce n'est pas évident de le savoir. Tout au long des pages l'interrogation subsiste quant au narrateur : le chien ou le jeune garçon ?


« Jo et moi » raconte la vie, au quotidien » d'un petit garçon et de son chien que l'on découvre au fil des pages. L'évidence est qu'on ne s'ennuie pas une seconde chez eux entre la petite sœur et son ami imaginaire l'ours polaire, les parents « bobos écolos » qui estiment qu'aller à bicyclette à l'école est excellent pour la santé... sauf qu'il y a quelques raidillons pénibles, une amoureuse très féministe et activiste, un copain intello et des légumes bio à gogo, notamment, horreur ! Malheur ! Dont trop de brocolis car le brocoli est pire que les épinards, na !


Au cours de la lecture, on découvre qu'avec des gestes simples, à son petit niveau, on peut faire beaucoup pour la santé de la planète : prendre son vélo pour se rendre à l'école, partager le bain avec la petite sœur … et l'ami imaginaire, remplir sa gourde d'eau du robinet plutôt que de prendre une bouteille d'eau, faire un potager, parler aux arbres, leur faire des câlins – non ce n'est pas un truc d'excentrique, pas du tout surtout depuis que j'ai lu « L'arbre monde » de Richard Powers – apprendre à se ressourcer au cœur de la nature. Profiter des belles et bonnes choses offertes par Dame Nature pour mieux vivre et préparer un avenir plus optimiste aux générations futures.

La télé est reléguée dans un coin, les balades sont somptueuses et drôles, les bricolages ingénieux … enfin pas tout le temps, les oiseaux en savent quelque chose. Les vacances sont éco-responsables et la visite d'un aquarium montre combien prendre soin des océans serait plus efficace qu'enfermer entre quatre vitres de pauvres poissons et cétacés.


Ce qui m'a beaucoup plus dans l'album, ce sont les illustrations aux couleurs vives et tendres à la fois, le texte simple, très humoristique et efficace ainsi que les activités à réaliser en suivant les explications techniques des dernières pages de l'album.


« Jo et moi » de Léa et Nancy Delvaux est un album à mettre entre toutes les jeunes mains ou en lecture aux jeunes enfants ne sachant pas encore lire.

On parle d'écologie sans chichi et sans grande envolée philosophiques barbantes, bien au contraire, on part du réel vécu et les activités proposées sont facilement réalisables.

Je remercie Babelio pour cette lecture vivifiante, amusante et responsable.


Quelques avis:

Planete BD 

Le site

Jo et moi site officiel



samedi 8 janvier 2022

PAL en souffrance: en sortir 22 pour 2022!?

 


Maghily est la pionnière, Moka Milla en a diffusé l'idée, JosteinHélénia Gas la suivent et comme je trouve l'idée excellente et pratique, je me suis concoctée une liste de romans à lire pour diminuer ma PAL en mal d'équilibre. Ce ne sera qu'une goutte d'eau dans l'océan de mes bibliothèques.

Il est vrai que pour bien faire il faudrait que je ne franchisse plus, en 2022, le seuil d'une librairie, voeu pieux que je n'ai aucune intention de tenir. Autant j'ai banni le Nutella et les bonbons Haribo et autres horreurs du même acabit, autant il est hors de question de bannir les livres, les librairies et les médiathèques. Toute cette digression pour expliquer la liste ci-dessous.

1 - "La belle amour humaine" de Lyonel Trouillot

2 - "La Mâle-mort entre les dents" de Fabienne Juhel

3 - "Soixante-dix-neuf tiroirs" de Goran Petrovic

4 - "L'échelle de Jacob" de Ludmila Oulitskaïa

5 - "Mes seuls dieux" d'Anjana Appachana

6 - "L'invitation à la vie conjugale" d'Angela Huth

7 - "Une saison  Hydra" d'Elizbeth Jane Howard

8 - "A la mesure de l'univers" de Jon Kalman Stefansson

9 - "Les recettes de la vie" de Jack Durand

10 - "Les amants du Spoutnik" d'Haruki Murakami

11 - "Meurtres pour tuer le temps" de Jiro Akagawa

12 - "Ce qu'il faut de nuit" de Laurent Petitmangin

13 - "Célestopol" d'Emmanuel Chastellière (lu)

14 - "L'oeuvre noire" de Marguerite Yourcenar

15 - "Le premier quartier de la lune" de Michel Tremblay

16 - "L'intimité" d'Alice Ferney

17 - "Les grenouilles" de Mo Yan

18 - "Le château blanc" d'Orhan Pamuk

19 - "Anne d'Avonlea" de Lucy Maud Montgomery

20 - "Les variations Goldberg" de Nancy Houston

21 - "Le livre de Gould" de Richard Flanagan

22 - "Bons baisers de Lénine" de Lianke Yan




dimanche 2 janvier 2022

Pourquoi ai-je regardé des films de Noël?

 


Pourquoi les ai-je regardés et appréciés?

Telle est LA QUESTION!

Pourquoi?

- Noël est LA période de l'année festive, joyeuse et empreinte d'empathie. Les autres, enfin pas tous, il ne faut pas tout de même exagérer, ne sont plus pénibles, assommants et détestables. L'esprit de Noël nous tombe dessus, ou pas. On aime tout le monde, enfin on essaie.

- C'est la période de l'Avent, décompte, connoté religieusement, agréable jusqu'à l'Avènement. Ce n'est pas du prosélytisme, ce n'est que du fait religieux. 

- C'est le fameux calendrier de l'Avent et son chocolat ou son histoire quotidien(ne).

- C'est la période des bons sentiments ... une fois dans l'année ça fait du bien, si si.

- C'est la joie de retrouver ses proches autour d'une belle table de fête.

- C'est la période "guimauve" par excellence.

- C'est la période des décorations, des biscuits délicieusement épicés, du chocolat et du vin chaud.

- C'est la période du partage.

Et puis... je me suis offert un abonnement Netflix. J'avoue, j'ai craqué.

J'ai regardé 9 films nunuches et une amusante série, norvégienne, de Noël (dans le cadre #Décembrenordique2021) en mangeant des chocolats et dégustant du thé tchaï. Sinon ce ne serait pas amusant.

A ce propos, il n'y a pas de films "nunuches" de Noël en France... entre "La bûche" et "Le Père Noël est une ordure" pas de place pour la guimauve, il faut faire dans la satire sociale et l'ironie mordante... ça tue l'esprit de Noël. Les Anglo-saxons et les Norvégiens ont dépassé l'écueil et n'ont guère peur du ridicule. Je m'égare... reprenons.


Le moins nunuche est sans conteste "Love actually" que j'ai adoré revoir. On peut souligner qu'un Premier Ministre anglais, sexy et séduisant, ne se baladerait pas dans une rue interminable d'un quartier pourri de Londres en sonnant à chaque porte... c'est exact, dans la vraie vie ce serait im-po-ssi-ble. Mais nous ne sommes pas dans la vraie vie, nous somme dans une réalité parallèle, celle de l'esprit de Noël. Quand le postulat est défini et accepté, on plonge sans fausse honte.


Le plus déconcertant fut "Holydate" ou l'esprit de Noël chez les beaufs? Je n'ai pas réussi à déterminer si le film était un pied de nez aux films de Noël. Je regarde en VO sous-titrée et j'ai pu remarqué que l'accent des acteurs était plus nasillard que dans les autres films visionnés. L'accent américain dans toute sa splendeur. Il y avait souvent des gros mots ou des expressions un tantinet vulgaires, en décalage avec les codes du genre.


J'ai attribué la palme de la nunucherie du genre à "Christmas Prince, the royal baby". Tous les poncifs y sont et c'est absolument délicieusement guimauve. Il y a même une sorte d'enquête puisque le traité de paix entre deux royaumes fantaisistes a été dérobé. Or si le 24 décembre à minuit la signature centennale qui reconduit la trêve ne s'effectue pas, une malédiction tombera sur le premier né de celui qui l'aura rompue. Cauchemardesque, je vous l'assure.


Le plus improbable fut "Le Chevalier de Noël" ou comment un Chevalier du Moyen-Age (je vous passe l'invraisemblance vestimentaire du M.A) rencontre sa Quête et comble l'espoir d'une jeune célibataire qui tarde à se caser. Nous aurons droit à un voyage dans le temps guimauvement guimauve et à la comparaison de l'esprit chevaleresque du M.A au devoir des policiers d'aujourd'hui. C'est l'esprit de Noël qui frappe, et puis c'est tout, na!


Le plus guimauvement romantique fut "The holyday calendar" ou comment un calendrier de l'Avent prédit ce qui arrive à la jeune héroïne. Que de méandres pour parvenir à l'évidence: le vrai grand amour se trouve sous son nez... son meilleur ami d'enfance. Encore un poncif, mais c'est l'esprit de Noël, rappelez-vous.

Aahhh, les maisons illuminées et décorées comme dans un magazine féminin! La suite au prochain épisode.



samedi 1 janvier 2022

Une erreur judiciaire

 


« En Norvège, un serial killer, enlève des enfants, les enferme dans une cave, puis abandonne leur cadavre aux parents avec cette note: "Tu as eu ce que tu méritais." Le duo Vik et Stubø, l'un inspecteur principal., l'autre profiler expérimentée, mène l'enquête. Alors que les fausses pistes se multiplient, le tueur va toujours plus loin dans l'horreur. »


Inger Johann Vik, psychologue et juriste, décide de venir en aide à une autre juriste, Alvhild Sofienberg, clouée sur son lit de douleur de vieille dame en fin de vie, ancienne juriste qui n'a de cesse de prouver l'innocence d'un homme condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis.

Inger Johann compulse le dossier conséquent prêté par Alvhild et se prépare à partir aux Etats-Unis, dans une petite ville de la côte est, où vit Aksel Seier, injustement emprisonné. C'est l'ex-mari d'Inger qui a retrouvé sa trace.

Dans le même temps, un serial killer kidnappe de jeunes enfants avant de les restituer, morts, à leurs parents dans des colis macabres agrémentés par quelques mots, d'une horreur absolue, « Tu as eu ce que tu méritais ». Seule, une petite fille, Emilie, est présumée vivante car toujours pas restituée à son père.

Entre en scène l'inspecteur de la Kripo (police criminelle norvégienne) Yngvar Stubo, à la recherche de l'aide d'un profiler. Il sait qu'Inger a passé plusieurs mois aux Etats-Unis, au FBI, pour suivre des études de psychologie criminelle.

Après quelques réticences dues à son travail de recherches en cours concernant dix crimes perpétrés en Norvège entre 1950 et 1969 dont les auteurs présumés ont toujours clamé leur innocence, Inger accepte de mettre ses compétences de psychologue criminelle pour aider à cerner le profil du tueur et tenter de le neutraliser.


Anne Holt construit son roman autour de deux enquêtes espacées dans le temps ce qui peut être déroutant au début. Les passerelles entre les deux affaires sont constantes comme si un fil ténu les reliait, fil difficile à percevoir pendant la majorité du roman. L'auteure les parsème, avec grande discrétion, au cours des chapitres. Bien entendu, le fil d'Ariane sera dénoué à la fin car, c'est bien connu, le tueur le plus aguerri commet toujours une erreur qui le fera tomber.


Dans « Une erreur judiciaire », premier roman que je lis d'Anne Holt, plusieurs sujets sont abordés comme la maltraitance envers les enfants, l'acceptation de la différence de son enfant, les souffrances qu'un enfant différent peut subir ou pire son « utilisation » pour couvrir un acte grave. Un enfant peut-il se remettre des maltraitances subies ? A-t-il une capacité de résilience afin de se reconstruire ?

Elle dénonce également la tendance contemporaine des chaînes d'informations continues à courir après le sensationnalisme quitte à provoquer indirectement une catastrophe. Ainsi la course poursuite entre la police, le tueur présumé et les équipes de télévision, qui devient le dénouement de l'enquête. Les quelques mots d'un journaliste donnent la chair de poule car irrespectueux envers le drame qui s'est joué sous le regard des caméras. Le système judiciaire norvégien, comme beaucoup en occident, a du mal à ne pas se retrouver sous les feux du voyeurisme choquant des médias.


« Une erreur judiciaire » est le premier opus des enquêtes d'Inger Johanne Vik et d'Yngvar Stubo, ce qui peut expliquer le déroulement, un peu chaotique, de l'intrigue. J'aurais aimé que les deux enquêtes soient plus décortiquées afin que le roman gagne en profondeur.

Malgré cela, j'ai passé un bon moment de lecture, sans être confrontée aux descriptions horribles des meurtres commis. Elles sont simples et touchent en peu de mots au but : le lecteur peut appréhender l'angoisse horrible des enfants séquestrés, l'horreur de ce qu'ils vivent alors qu'ils ont été arrachés à la sécurité de leur foyer.

D'ailleurs, c'est un point appréciable que l'absence du côté gore de l'enquête, sans effets invitant à la surenchère d'angoisse ou de peur.

Traduit du norvégien par Alexis Fouillet


Quelques avis :

Babelio  Polar zone livres  Mes polars et le reste  Sens critique

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Meilleux voeux


 (crédit photo: internet)

Parfois, nous oublions que chaque jour est important dans les 365 jours qui composent 2022. 

Alors, je ne vous souhaite pas une bonne année...mais 365 jours tous bien différents, remplis de surprises, de rêves, de découvertes et de bonheur !

mercredi 29 décembre 2021

Lumikko

 

Je ne savais pas trop dans quoi je m'engageais en ouvrant le roman d'un auteur finlandais, Pasi Ilmari Jääskeläinen, que je ne connaissais pas du tout bien qu'ayant vu passer sur les blogs et autres réseaux sociaux la sublime couverture de son roman « Lumikko ».

Décembre étant le mois consacré à la lecture de romans dits nordiques, ni une ni deux je me suis lancée dans la découverte d'une histoire des plus étranges. Elle se déroule dans une petite ville finlandaise prospère, Jäniksenselkä, siège d'une célèbre société littéraire regroupant neuf sociétaires, tous devenus de célèbres écrivains, autour de leur figure tutélaire, Laura Lumikko, auteure jeunesse vénérée des romans du Bourg aux monstres.

Ella, jeune professeure de finnois aux ovaires déficients, à Jäniksenselkä, s'aperçoit, en relisant « Crime et châtiment » de Dostoïeski qu'il y a des scènes étranges, des scènes légèrement modifiées comme si un typographe en mal de mauvaises blagues avait changé des mots.

Elle se rend à la bibliothèque, tenue par un des membres de la Société littéraire de Jäniksenselkä, pour en avoir le cœur net. Le comportement étrange de cette dernière intrigue Ella qui se met en quête de découvrir le mal dont souffre certains livres.


L'auteur entraîne son lecteur dans une histoire oscillant sans cesse entre enquête policière et récit fantastique. Ella découvre, peu à peu, que la Société littéraire est toujours à la recherche d'un dixième membre, que Laura Lumikko reste encore une femme mystérieuse, que huit des neuf membres vivent à Jäniksenselkä, que Laura Lumikko est à l'affût de tout talent caché au point que l'école de la ville lui envoie les rédactions des élèves.

Quelques temps plus tard, Ella saute le pas en envoyant au journal local une de ses nouvelles, elle n'a pas le loisir de regretter son geste et d'informer la rédaction de ne pas publier son texte qu'il paraît et attire l'attention de la grande Laura Lumikko. Une telle attention que Ella devient le dixième membre tant attendu.

Le soir de son intronisation au sein de la Société littéraire, une réception est donnée chez Laura. Alors que la célèbre écrivaine est attendue pour officialiser l'entrée d'Ella, Laura apparaît enfin pour disparaître soudain dans une bourrasque de neige envahissant le hall.

Ella a juste eu le temps de recevoir un petit livre expliquant les règles du Jeu et de s'interroger sur les circonstances de la disparition inexpliquée et inexplicable de Laura Lumikko.


En s'appuyant sur ses qualités de chercheuse, Ella se lance dans une aventure aussi loufoque que déroutante : on croise des statues inspirées par les personnages du Bourg aux monstres, des chiens errants ou fugueurs se regroupant sans relâche au portail de la maison de Martti Talvimaa, membre de la fameuse Société littéraire, une étrange peste affectant les livres de la bibliothèque, des fantômes et le souvenir enfoui du premier dixième membre décédé dans un accident de voiture alors qu'il n'avait qu'une dizaine d'années. Une omerta plane lourdement autour de lui.

En effet, les neuf membres appartiennent à la Société littéraire depuis leur plus jeune âge, ils avaient entre 8 et 9 ans et vivaient tous à Jäniksenselkä. Laura Lumikko avait repéré leur talent d'écriture et pris sous son aile.

Ella découvre les arcanes du Jeu : des défis que se lancent les membres, défis auxquels aucun d'eux ne peut se dérober. Ella utilisera le Jeu pour enquêter et connaître les dessous mystérieux de la Société. Chacun déversera, Ella en fera de même.

Le Jeu est une source d'inspiration pour les membres, une source douloureuse et fascinante.

Laura Lumikko fut-elle le Pygmalion des neufs jeunes membres ? Le Jeu met-il en place un processus de création littérataire ? « Déverser » ce qu'on tait au fond de soi est-ce une sorte de catharsis ? Ella approche-t-elle ainsi l'essence même de la création d'une œuvre d'art ? Toujours est-il qu'il y a toujours une part de violence dans le procédé et le processus. Il y a également une réflexion sur la place de l'écrivain dans la société et la nature de l'inspiration.


« Lumikko » promène le lecteur comme dans un polar, le perd sur des sentiers fleurant bon le fantastique des contes traditionnels, le réoriente par l'art de l'illusion, comme dans le roman de Donna Tart « Le maître des illusions », en moins sordide tout de même. Chaque éclaircissement provoque un autre questionnement, tels les mystères de Twin Peaks au point que l'on se demande comment tout cela prendra fin : drame, horreur ou pirouette amusante ?


« Lumikko » est une pépite surprenante, la fantaisie n'est jamais bien loin, l'humour très présent et la lecture jubilatoire.

A découvrir sans hésitation.

Traduit du finnois par Martin Carayol


Quelques avis :

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lundi 27 décembre 2021

Ör ou le kintsugi islandais

 


Un homme d'une cinquantaine d'année s'interroge sur le sens de la vie, sur le sens de sa vie. Depuis huit ans il n'a pas touché une femme, depuis son divorce. Trois femmes comptent dans sa vie, trois Gudrun, sa mère, son ex-femme et sa fille.

Jonas Ebeneser a pourtant une passion : celle de restaurer, réparer et retaper les meubles, les pièces ou les objets qui ne se portent pas bien. Bientôt, il ne trouve plus de réconfort à réparer les choses, la crise existentielle de la cinquantaine frappe à la porte de son âme.

Il décide d'en finir puisque les trois femmes de sa vie ne semblent faire que peu de cas de lui et de ses questionnements. Il liquide son entreprise, prend un minimum d'affaires, ses outils les plus utiles, dont sa perceuse, et un billet d'avion pour un pays en guerre pour mettre fin à ses jours, disparaître sans laisser de trace.

Sauf que...


Le pays ravagé par la guerre connaît une trêve, l'hôtel « Silence » où il a réservé une chambre pour quelques jours, renaît doucement de ses cendres grâce à l'opiniâtreté des neveu et nièce, Fifi et May, de la propriétaire.

La ville balnéaire panse ses plaies comme elle peut, tente de vivre normalement depuis que les démineurs ont rendu sûrs quelques quartiers, Jonas est un des trois touristes accueillis par l'Hôtel Silence, annonceur d'une possible embellie sur un pays en ruines.


Jonas prend peu à peu conscience que tout est à réparer, retaper ou restaurer dans la ville et surtout dans l'hôtel.

Il commence par rendre fonctionnelle la douche de sa chambre ce qui n'échappe pas à May. Un lien s'instaure entre Jonas et les jeunes gens au point qu'il cède à leur demande d'aide pour remettre en état les chambres de l'hôtel.

Puis ce sera le pont, fragile, jeté entre lui et Adam, le jeune fils de May, orphelin de père et muet. Un jour, Jonas, dans la réserve de l'hôtel, trouve un cahier de coloriage et ses crayons de couleur. Adam couvre des pages entières de rouge et de noir jusqu'à ce que les crayons s'amenuisent. Ses dessins deviennent plus organisés et colorés, comme s'il reprenait goût à la vie et à ses couleurs. L'embellie après avoir exorcisé ses peurs par ses gribouillages violents.


Ainsi Jonas parti loin de chez lui pour disparaître à jamais, se remet à exercer sa passion, qui là devient nécessité, de restaurateur, de réparateur d'objets brisés. A chaque fois qu'il remet en fonctionnement quelque chose, qu'il répare un meuble, qu'il réhabilite les pièces d'une maison qui accueillera des femmes qui ont tout perdu, c'est un être humain qu'il reconstruit, c'est une vie brisée qu'il remet debout … et c'est un peu des morceaux de lui-même qu'il recolle.


« Ör » est un roman, non pas initiatique, de la réparation, du retour sur soi et de la reconstruction de soi. On se perd pour mieux se retrouver dans un endroit perdu, laminé et brisé par les horreurs d'une guerre civile qui rendit ennemis les voisins, les amis.

Audur Ava Olafsdottir relate, avec une délicatesse empreinte de poésie, le cheminement d'un homme à la recherche d'un sens à sa vie. Il pense l'avoir perdu et en pratiquant, à sa manière, l'art du kintsugi, art ancestral japonais de réparation des « blessures » des objets avec de la poudre d'or, les mettant en valeur pour les magnifier, approche au plus près la quintessence de la vie en soulignant les blessures reçues. Ör en islandais est un terme neutre qui veut dire cicatrice, toute sorte de cicatrices, ce qui renforce encore plus l'histoire du personnage principal.

Le nymphea tatoué sur la poitrine de Jonas en sublime la blessure, les réparations discrètes, mais ô combien vitales, des objets du quotidien, soulignent que ce qui a été détruit peut reprendre « vie » et que mourir n'est jamais urgent.


J'ai beaucoup aimé l'écriture de l'auteure dont je n'avais encore rien lu. La poésie est toujours présente, dans la plus banale description, dans le détail infime, ce qui apporte une intensité sublime au roman.

« Ör » est un roman très beau et envoûtant.

Traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson


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dimanche 26 décembre 2021

Le mystère de Noël

 


Je pensais avoir emprunté un roman policier anglais et …. erreur, « Le mystère de Noël » est un roman américain de Mary Higgings Clark dont j'avais lu, il y a bien longtemps quelques romans policiers qui ne m'ont guère laissé de souvenir.


« 160 millions de dollars! Un cadeau de Noël inespéré pour les employés du supermarché de Branscombe qui ont décroché le billet gagnant. De quoi bouleverser la vie de la petite ville et exciter la convoitise d'escrocs prêts à tout pour détrousser les gens trop crédules...
Heureusement, en vacances dans ce coin pittoresque du New Hampshire, Alvirah Meehan et le détective Regan Reilly, les héroïnes préférées de Mary et Carol Higgins Clark, vont prendre l'affaire en main.
Disparitions mystérieuses, suspense, humour... une délicieuse fantaisie pour passer les Fêtes avec le sourire. »


Que dire ?

Je ne peux pas dire que l'histoire m'a déplu.

Je ne peux pas dire qu'elle est enthousiasmante.

Je ne peux pas dire que je me suis mise à suivre les personnages.

Je ne peux pas dire que l'enquête m'a fait frémir.


Par contre...

Je peux dire que j'ai passé un moment amusant, en regrettant Hercule Poirot et les Noël anglais.

Je peux dire que tout est tellement téléphoné que cela en devient comique.

Je peux dire que ce roman n'est pas pire que les comédies romantiques de Noël et que l'auteur n'a pas la prétention d'avoir écrit un chef d'oeuvre (j'espère).

Je peux dire que la fantaisie est malgré tout réussie.


Après tout, après les comédies nunuches de Noël, les pulls moches de Noël (qui deviennent tendance) pourquoi pas les « cosy mystéries » nunuches de Noël à la mode américaine !

Quand on lit « Le mystère de Noël » au deuxième ou troisième degré, on s'amuse beaucoup en listant les poncifs afférents à la « nunucherie ».

Traduit de l'américain par Anne Damour

Quelques avis:

Babelio


mercredi 22 décembre 2021

Le Noël d'Hercule Poirot

 




Simon Lee décide de réunir ses enfants pour fêter Noël dans la demeure familiale. Il vit reclus dans sa chambre, servi par un valet, aussi silencieux qu'un chat, mettant mal à l'aise Alfred et sa femme Lydia, seuls à vivre sous le même toit que le patriarche autoritaire.

Le vieil homme souhaite-t-il apaiser les tensions familiales à la fin de sa vie ? Souhaite-t-il renouer les fils des liens familiaux distendus par ses aventures extra-conjugales qui ont consumé, à petit feu, son épouse morte de chagrin et de désespoir ?

Sous l'esprit de Noël se cache, à coup sûr, des intentions moins affables.

Comment réconcilier ce qui ne peut l'être ? Comment Alfred Lee, qui supporte le vieil homme sans oser se libérer de sa coupe, accueillera-t-il le fils prodigue, Harry disparu depuis des années, son frère politicien, son autre frère David, toujours pas remis de la mort de leur mère, une nièce tombée du ciel et un jeune inconnu d'Afrique du Sud ?

 

Agatha Christie déroule le portrait de chaque protagoniste, mettant en avant leur caractère, ce qui les rapproche ou les éloigne de Simon Lee, leurs ressentiments envers lui ou d’autres membres de la famille, leurs préférences, leur choix de vie.

C’est dans les menus détails que se cacheront les éventuels mobiles du crime qui sera perpétré à la veille de Noël. Bien entendu, chacun d’entre eux a au moins une raison d’avoir tué le vieil homme sarcastique, horripilant et acariâtre.

Notre Hercule Poirot a bien de la chance de vivre un Noël de cette ampleur ! Et quelle ironie dans le titre : rien dans le récit montre une ambiance festive, joyeuse et chaleureuse, nous sommes loin du traditionnel Noël anglais.

Rien n’arrête le célèbre détective belge qui prend grand plaisir à faire fonctionner ses cellules grises tant la manière dont le crime a été organisé et réalisé lui semble être un écheveau complexe.

Franchement, la galerie de personnages qu’est la famille Lee n’est absolument pas enthousiasmante, elle est même déprimante et agaçante. On a envie d’en enfermer plus d’un.

 

Au fil de l’enquête qui mène par le bout du nez la lectrice que je suis, Hercule Poirot glane des indices improbables et des confidences qui mettront en lumière la piste à suivre.

Il joue serré et en finesse, tressant un faisceau d’indices convergents autour du coupable.

La scène dans laquelle tout le monde, enquêteurs et membres de la famille, est rassemblé pour assister à la résolution de l’affaire est à l’apogée du sens de déduction de Poirot : un vrai régal qui fait toujours dire « Ah … mais… bien sûr ! »

 

« Le Noël d’Hercule Poirot » fut une agréable manière de renouer avec les classiques du roman policier. Et puis, je suis une fan de ce personnage de fiction irrésistible tant il sait allier un certain humour « british » à la facétie belge.

Sans compter que je ne me lasse pas de l’écriture, très moderne, d’Agatha Christie.

Traduit de l’anglais par Françoise Bouillot


Quelques avis :

Babelio  France culture  Sens critique  Charlotte  RLS  Takalirsa


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lundi 13 décembre 2021

Christmas pudding

 


Hercule Poirot
reçoit chez lui, à Londres, un jeune prince d'un état du Commonwealth qui entretient de nombreuses maîtresses là où il voyage. Il doit se marier bientôt et le rubis qu'il devait faire sertir pour sa fiancée lui a été dérobé par sa maîtresse londonienne. La situation est plus qu'embarrassante ce qui amène le jeune homme et son conseiller, Mr Jesmond, à solliciter l'aide de notre célébrissime détective belge.

Après quelques tergiversations, il se décide à accepter l'enquête car il lui a été assuré que le château dans lequel il passera un vrai Noël traditionnel anglais a été pourvu en installations modernes assurant une température acceptable.

C'est ainsi que Poirot se retrouve chez les Lacey sous le prétexte de vivre un Noël anglais. Les Lacey accueillent leurs petits-enfants Sarah et Colin ainsi que leurs amis dont un soupirant de la jeune fille, sous leur tutelle depuis la disparition tragique de ses parents, Desmond Lee-Wortley. Ce dernier, peu apprécié du couple, est venu accompagné de sa sœur souffrante qui ne quitte guère sa chambre.

La neige est au rendez-vous ce qui ne peut que sublimer Noël. Le repas est chaleureux et délicieux bien qu'un étrange billet ait été déposé sur l'oreiller de Poirot lui recommandant de ne point manger de Christmas pudding. Cependant, il passe outre et a la surprise de « tomber » sur une pierre d'un beau rouge : est-ce un rubis ? Est-ce celui qui a été volé ? Poirot se garde bien de montrer quoi que ce soit tout en observant avec finesse l'assemblée.

Plus tard, Colin et ses amis décident de jouer un tour au célèbre détective en simulant un meurtre le lendemain de Noël, effet sublime garanti grâce à la neige tombée. Le complot avance jusqu'au jour J.

Bridget est étendue dans la neige, vêtue de son pyjama rouge, comme morte. Colin et ses amis courent alerter Poirot qui découvre la scène et explique que la jeune fille est vraiment morte. Qui a pu commettre un tel crime ?

Des traces de pas mettent la puce à l'oreille de Poirot qui confie à Desmond le fameux rubis ainsi que la mission d'informer la police de Sa Majesté.

Reverra-t-on Desmond ? La sœur alitée a-t-elle été abandonnée par son frère ? Bridget est-elle vraiment morte ?


Bien entendu il y aura un coup de théâtre magistral même si.... mais chut, je n'en dévoile pas plus.


« Christmas pudding » est une nouvelle délicieuse et savoureuse. Tous les ingrédients du suspense sont présents ainsi que le déroulé habituel de l'enquête.

Les personnages sont anglais jusqu'au bout des ongles, Mrs Lacey est adorablement finaude et a compris depuis bien longtemps que pour anéantir un obstacle gênant point n'est besoin de s'y attaquer bille en tête, le louvoiement est autrement plus payant... notamment avec une jeune fille amoureuse d'un coureur de dot. Ah, la délectable remarque de la Granny à propos des pantalons masculins à la mode qui galbent les jambes de ces jeunes messieurs et font ressortir les genoux cagneux. Sarah l'entend et regarde d'un autre œil son galant.

Les adolescents sont à la hauteur de leur rôle : remuants, regorgeant d'idées et ne prenant pas garde aux fenêtres entrouvertes quand ils mettent au point leur facétieux meurtre.

Sans compter que j'ai appris que traditionnellement étaient dissimulés dans le Christmas pudding des objets : une pièce de monnaie, une ancre (symbolise le retour au port en sécurité), un dé à coudre en argent (pour la fortune) ou encore un os de bréchet de poulet en forme de V (en porte-bonheur).


Cette lecture, courte, ne fut que du bonheur.


Traduit de l’anglais par Jean-Michel Alamagny


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