Affichage des articles dont le libellé est littérature japonaise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est littérature japonaise. Afficher tous les articles

samedi 30 avril 2022

Les mémoires d'un chat

 


Satoru
, amoureux des chats depuis toujours, adopte, un jour, Nana, « sept » en japonais, un jeune chat errant qu'il sauve après qu'il ait été renversé par une voiture et ait échoué, épuisé, sur le parking de l'immeuble, une patte cassée.

La vie commune commence entre le jeune homme et son chat. Cela aurait pu durer longtemps si un aléa de la vie n'était pas venu perturber le bel ordonnancement des jours.

Satoru doit se séparer de son chat et recherche, parmi ses anciens camarades de classe, qui pourrait s'en occuper.

Les deux compagnons parcourent le Japon en quête du foyer d'accueil idéal. C'est, à chaque fois, l'occasion de se remémorer les souvenirs de jeunesse, les joyeux comme les malheureux, de Satoru, jeune garçon devenu orphelin, que sa tante prit sous son aile... sans son chat d'alors, « Huit ». Satoru en sera toujours triste.

On parcourt le Japon en voiture et dans le regard du chat, friand de nouvelles découvertes et de belles aventures. Les présentations avec les potentiels adoptants ne se déroulent pas toujours au mieux. Il faut dire que Nana n'y met pas vraiment du sien... et pour cause. Ce que Nana veut, c'est passer le plus de temps possible en compagnie de Satoru car, même si le jeune homme n'en dit rien à ses amis d'enfance, même s'il n'en parle jamais avec Nana, Nana, lui, sait, depuis le début, l'aléa de la vie qui jette Satoru sur les routes japonaises. Il aura recours à toutes les ruses possibles et inimaginables pour gagner du temps précieux.

On le saura, avant les amis d'enfance, en écoutant le constat de la chatte du couple tenant un gîte acceptant les animaux de compagnie, devant l'attitude du chien qui aboie sur Satoru, alors que ce dernier est réputé pour être apprécié par tout animal croisant son chemin. Les animaux perçoivent ce que les hommes ne voient pas : la maladie qui ronge l'organisme de manière irrémédiable.


Le roman est le journal de bord de Nana, ce chat plus que sagace et audacieux, ce chat indépendant et pourtant débordant d'amour et de tendresse pour son maître, celui qu'il s'est choisi : renversé par une voiture, il a pensé, immédiatement, à rejoindre au plus vite le jeune homme de l'immeuble autour duquel il traînait ses pattes de jeune chat libre parce que lui seul pouvait le secourir.

Il y a les regrets des uns et des autres, les joies oubliées, les jalousies, les premiers émois. Il y a ces liens d'amitié, toujours forts malgré la distance et les années.

Chaque étape est une manière pour l'auteure décrit le Japon contemporain, attaché à ses traditions et intégré dans la modernité. Une modernité produisant les « enfants clefs », enfants délaissés par leurs parents trop absorbés par leur travail pour s'en occuper. En lisant ce passage, mon visionnage du manga animé « Kotaro en solo » est entré en résonnance avec « Les mémoires d'un chat », série dont le héros est un garçonnet de quatre ans vivant seul.

J'ai apprécié, également, les passages sur la mémoire envers les disparus : les personnages leur parlent, leur relatent les menus et grands faits de leur quotidien. Ils ne sont plus là physiquement mais toujours présents, invisibles. Ces passages ont établi des passerelles avec « Petites boîtes » d'Ogawa... et j'aime quand mes lectures, mes visionnages font écho entre eux avec pertinence et intelligence.


Hiro Arikawa avec « Les mémoires d'un chat » signe un roman qui donne la part belle à la tendresse, à la bienveillance, à l'humour et aux émotions. On rit, on aime, on se moque gentiment, on rêve, on regarde d'extraordinaires paysages, on s'arrête devant la silhouette majestueuse du Mont Fuji, on écoute le ressac de ma mer, on pleure aussi... on vit pleinement aux côtés de Nana et Satoru.

Le dernier chapitre est d'une intensité indicible et fait naître une gamme d'émotions allant crescendo. J'ai refermé le livre, la gorge serrée sans pouvoir endiguer le flux lacrymal.

Ce fut une lecture très forte en émotions et la belle découverte d'une auteure que je ne connaissais pas du tout.

Traduit du japonais par Jean-Louis De la couronne


Quelques avis:

Babelio  Livraddict  Tomtom Latomate Critiques Libres  Sens Critique


Lu dans le cadre


 



lundi 25 avril 2022

Choses dont je me souviens

 


Sôseki Natsume
frôle  la mort en 1910 : un ulcère à l'estomac l'oblige à rester alité plusieurs mois, les pronostics ne sont pas des plus optimistes.

Cependant, la chance est du côté de l'écrivain qui dans « Choses dont je me souviens » relate le quotidien de sa maladie et de ses maux.

Revenir, presque, d'entre les morts donne une nouvelle dimension à la vie et à ses joies.

Etre proche de franchir la ligne ténue entre la vie et la mort instaure une envie, impérieuse ?, de noter impressions et réflexions de ces moments heureux, de pleine conscience d'être libéré des contraintes, parfois lourdes, de la vie quotidienne, ce qui apporte une clarté d'esprit.

Sôseki relate ces moments au cours desquels il établit des bilans, il explore toutes les sensations éprouvées en regardant le ciel d'automne, il compose nombre de haïkus et de kanshis, poèmes respectant la métrique, complexe, de la poésie chinoise.

Il est également humble devant l'immensité des possibles ténèbres comme devant les innombrables joies qu'offre le monde des sensations.

Sôseki est dans l'urgence d'où une relative sécheresse de son style, son âme de poète il la glisse dans ses haïkus dans lesquels la joie comme le désespoir sont dits en peu de mots dont la force d'évocation est indéniable et d'une rare beauté.

Il faut se laisser porter par ses redondances, celles d'un homme qui cherche à se souvenir, qui creuse dans sa mémoire et celle de ses proches pour établir une vue d'ensemble de ce qui lui est arrivé, notamment la perte de connaissance, longue et angoissante, qu'il ne peut revivre que par la mémoire d'autrui.

Avec concision, Sôseki parvient à évoquer l'intime sans outrance et avec une grande pudeur. C'est ce qui fait la grande force de son récit. On est dans sa chambre, on palpe la douleur et l'angoisse avec l'empathie que le récit sait générer ce qui ôte tout voyeurisme et exhibitionnisme. Sôseki exprime avec poésie la finitude, le côté trivial de la vie, et la grâce, la spiritualité inhérente à tout homme sensible. Ainsi ai-je savouré ce kanshi, me représentant Sôseki sur son lit de souffrance, l'esprit en éveil prêt à se repaître de chaque beauté du monde :

Renversé sur le dos
Je suis comme un muet
Silencieux je regarde
L'immensité du ciel
Les nuages sont immobiles
Le jour passe
Rien ne se passe

« Choses dont je me souviens » est un récit mélancolique, parfois décousu mais empreint de l'envie d'atteindre l'idéal d'harmonie, d'exprimer le goût pour la poésie, la peinture, le thé, toutes les choses simples loin de toute vulgarité. L'atmosphère est feutrée, on chuchote, on murmure, on écoute les silences de l'angoisse ou de l'extrême joie.

Je me suis installée, près du narrateur, pour vivre et ressentir à son rythme et me dire que la vie est bien trop courte pour laisser obscurcir son horizon par l'impitoyable finitude. Chaque parcelle du Beau est un instant précieux que l'on se remémore à l'envi.

Traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu

Quelques avis :

Babelio  Sens Critique  Textes prétextes

Lu dans le cadre




  


  



jeudi 21 avril 2022

Petites boîtes

 


Quatrième de couverture 
:

« La narratrice de ce livre vit dans une ancienne école maternelle. Tout y est petit, au format de ceux qui la fréquentaient autrefois. Cette femme habite seule dans ce jardin d'enfants mais en ces lieux se trouve un auditorium, un endroit précieux où sont recueillies d’étranges petites boîtes... »


Je n'avais pas lu de roman de Yoko Ogawa depuis longtemps, aussi est-ce avec joie que j'ai lu « Petites boîtes ».

La narratrice vit dans une ancienne école maternelle où tout est petit, à la mesure d'enfants de 3 à 5 ans. J'ai aussitôt pensé à Alice, au pays des merveilles, avec une différence importante : elle n'est pas passée de l'autre côté du miroir et ne s'y trouve pas prisonnière.

Elle prend soin de l'école et de ses bâtiments silencieux. Seul l'ancien auditorium connaît une activité régulière car il abrite d'étranges petites boîtes en verre. Que contiennent-elle ? D'où viennent-elles ?

De l'ancien musée de la ville, elles contenaient et protégeaient les vestiges et servent, dorénavant, à recueillir les souvenirs des enfants disparus. Leurs parents leur rendent visite, discutent des petits riens de la vie, changent les décors en fonction des saisons, imaginent la manière dont aurait grandi leur enfant décédé.

On croise des anonymes et des personnes connues de la narratrice.

Monsieur Baryton, l'ancien conservateur du musée. Sa fiancée est en soin dans un hôpital d'où elle lui écrit de nombreuses lettres. Au fil des semaines, son écriture devient de plus en plus illisible au point que Mr Baryton sollicite l'aide de la narratrice pour leur retranscription : plus la vie en elle s'amenuise, plus les caractères de son écriture se réduisent jusqu'à disparaître. Depuis la fermeture de son musée, il ne parle plus mais chante ce qu'il dit, sa voix enchante les auditeurs cependant il préfère se murer dans le silence.

La cousine de la narratrice a perdu son fils et depuis refuse de prendre d'autres chemins que ceux qu'il a parcouru. Elle ne lit que les ouvrages d'auteurs morts, ne sort que très peu hormis pour vendre ses bentos et visiter la boîte dans laquelle reposent les souvenirs de son enfant.

La coiffeuse aime jouer sur les jeux d'extérieur : chaque dimanche elle joue selon un parcours immuable. Elle passe beaucoup de temps à coiffer les poupées représentant les enfants disparus. Elle répare les lyres-pendentifs avec les cheveux, si fins, des jeunes enfants morts.

Le dentiste, que les élèves de l'école maternelle appelaient Mr Carie, utilise ses instruments pour créer des jouets ou de minuscules instruments de musique que les gens porteront en pendentif aux oreilles lors des concerts de soi à soi, sur la colline lorsque le vent est favorable.


« Petites boîtes » aborde le thème essentiel de la conservation du souvenir, de la mémoire. Les parents des enfants morts peuvent devenir résilients au fil de leurs visites. Les anniversaires sont fêtés, les cérémonies de remise de diplômes, un mariage même est célébré, celui du fils de la cousine. Les années passent, le souvenir reste et est magnifié par le soin apporté aux petites boîtes en verre, à la fois fragiles et fortes.

Le roman peut désarçonner et il est possible de ne pas y entrer car, pour un occidental il peut avoir un côté morbide et glauque dans l'installation des rangées de boîtes en verres dans lesquelles des poupées sont disposées, matérialisant les disparus. Les parents sont-ils dans le déni ? Au début, j'étais mal à l'aise car oui, le spectacle de ces boîtes dans l'auditorium et les rituels des adultes sont très dérangeants. Cependant, il ne faut pas perdre de vue qu'au Japon le rapport avec la mort et les morts n'est pas le même qu'en occident : l'autel des ancêtres dans les maisons où chaque jour une offrande est faite, les visites rituelles au temple, la discussion naturelle avec les disparus montrent que les disparus ne sont jamais loin.

Le malaise ressenti, parfois, lors de la lecture, peut venir, également, du fait que la ville semble avoir été détruite ou abandonnée à partir du moment où les enfants ont disparu. Les enfants ne sont que des souvenirs. Que s'est-il passé ? Liberté est laissée à l'imagination du lecteur.


Il y a des scènes étrangement poétiques, notamment celles des concerts de soi-à-soi au cours desquels, les parents orphelins de leur enfant, portent des pendentifs aux oreilles. Ce qui peut être très macabres est la composition des instruments de musique silencieux pour le public : ils sont faits d'os d'enfant, perpétuant ainsi le lien filial. Tout l'art de Yoko Ogawa est de montrer combien les liens entre le visible et l'invisible, ce que l'on entend et ce que l'on n'entend pas, exercent une force magnifique même si cela vole en éclats lors d'une tempête... purificatrice ?

Ces liens, distendus ou carrément inexistants en occident, sont vivaces au Japon. En les évoquant et en les invoquant, Yoko Ogawa apporte, avec délicatesse et poésie, une dimension fantastique au roman. Quoi de plus proche du fantastique que ces boîtes dans lesquelles grandiront les enfants morts, que ces absences qui sont autant de présences.


« Petites boîtes » est un roman surprenant et fascinant : on se surprend à lire en chuchotant car partout règne le calme et le silence. Parfois, on perçoit une galopade, un éclat de rire enfantin, faisant ressurgir la vie. Cela peut être perçu comme atroce ou émouvant.

Je suis tombée, une fois encore, sous le charme de l'écriture de l'auteure, écriture à la grande force d'évocation. Je l'ai beaucoup apprécié car il n'y a pas de tristesse infinie dans cette manière de construire la mémoire autour des disparus et loin d'être le déni de la mort, c'est un moyen de conserver les souvenirs.

Traduit du japonais par Sophie Rèfle


Quelques avis :

Babelio  Télérama  Marianne

Lu dans le cadre:



 



mardi 19 avril 2022

Un café maison

 


Tokyo, dans un beau quartier, un couple semble vivre heureux … sauf que les apparences sont trompeuses.

Yoshitaka Mashiba, jeune PDG dynamique et fortuné annonce, sans émotion, à son épouse Ayané qu'il la quitte car elle n'est toujours pas tombée enceinte.

La condition de leur mariage reposait sur un enfantement puisque Yoshitaka ne peut concevoir la vie de couple sans naissance d'enfant. Pas d'enfant, ce sera le divorce.

Ayané s'y attendait-elle ou espérait-elle qu'il oublierait le fameux « sine qua non » ? Elle reçoit la décision de son mari avec stoïcisme et, on peut le dire, froideur. Elle ne lui offrira pas le plaisir de supplier pour l'attendrir. Non... elle lui offrira une vengeance à la hauteur de sa colère.


« Un café maison » est le deuxième roman de Keigo Higashino que je lis et j'apprécie autant cette seconde enquête en compagnie du duo inspecteur bourru et professeur de physique décalé, Kusanagi et Yukawa. La dernière fois, le duo s'était quitté plutôt en froid, dans l'enquête présente, le froid est toujours présent et c'est la coéquipière de Kusanagi, Kaoru qui aura un rôle décisif dans l'enquête.

Quelques jours après l'annonce de Yoshitaka à sa femme, cette dernière part passer quelques jours chez ses parents à Sapporo, située à mille kilomètres de Tokyo. Deux jours plus tard, la police contacte Ayané pour lui annoncer la mort de son époux, empoisonné en buvant du café.

Le lecteur sait, dès les premières pages, que l'auteur du crime est Ayané, c'est la marque de fabrique de la série mettant en scène le professeur Yukawa. Par contre ce que personne ne sait c'est la manière dont elle a pu s'y prendre pour commettre le meurtre en étant absente.

C'est ce qui sera recherché tout au long du roman : comment prouver que l'épouse est la meurtrière ? Kusanagi semble subjugué par la grâce et la beauté d'Ayané, artiste de patchwork renommée, au point qu'il donne l'impression d'occulter les soupçons pesant sur elle tandis que sa jeune collègue, Kaoru la soupçonne d'emblée en raison d'une inadéquation entre l'image de la maîtresse de maison parfaite qui range chaque chose à sa place et le désordre dans le rangement ds flûtes à champagne.

Yukawa n'entre pas en scène immédiatement, il se mêle à l'enquête parce que Kaoru le lui demande : le poison, qui est de l'arsenic, a bien du être introduit quelque part dans la tuyauterie sauf que les données inconnues sont : où ?, dans la tuyauterie, et quand ?

Au fil de l'enquête, on commence à comprendre le mobile principal ainsi que le temps d'organisation du meurtre. On apprend, également, que l'époux avait une maîtresse en la personne d'Hiromi, l'élève préférée de son épouse : l'homme est suffisamment cynique pour préparer en amont sa séparation, d'autant plus qu'Hiromi est enceinte. Nouvel argument pour perpétrer le meurtre.

Petit à petit les pièces du puzzle s'emboîtent parfaitement grâce au collationnement des indices minimes mais déterminants laissés par la suspecte, ses proches et le passé de son mari, mari qui n'est pas des plus sympathiques et pour lequel je n'ai éprouvé aucune compassion.

Le professeur Yukawa pourra pousser un « Eurêka » libérateur : la mise en œuvre du crime était de longue haleine et devait imposer une maîtrise de chaque instant pour son auteure. La clé est à la hauteur du talent de Keigo Higashino : extraordinaire.

« Un café maison » se lit d'une traite : le suspense, sans être intense, est très prenant car on cherche à découvrir les minuscules indices disséminés par l'auteur. Seuls les faits et gestes de la suspecte ainsi que quelques éléments de son passé peuvent mettre la puce à l'oreille. Quant au processus de l'empoisonnement, la réponse sera des plus surprenantes.

Un excellent roman policier sur une vengeance très subtile.

Traduit du japonais par Sophie Rèfle

Quelques avis :

Babelio  Livraddict  Livroscope  Eric Dumais

Lu dans le cadre


  




samedi 16 avril 2022

Un flingue et du chocolat

 


« Ils s'affrontent depuis toujours, Godiva, célèbre voleur, d'un côté. Royce, redoutable détective, de l'autre. le face-à-face est inévitable. On en parle dans toutes les cours de récré. Mais pour le jeune Lindt ce n'est pas un jeu. Car il sait comment aider Royce... » (quatrième de couverture)


Lindt est le souffre-douleur d'un groupe d'enfants mené par Debailleul, raciste notoire, parce que son père est un immigré. Cependant Lindt a des copains, Dean et Deluca, avec qui il vit des aventures de môme.

Le grand sujet de conversation dans toutes les cours de récréation du pays et de la petite ville de Michel, est le jeu du chat et de la souris entre Godiva, ou Goddiva, un voleur de haut vol et Royce le détective à la force de déduction extraordinaire. Tous les enfants misent sur la victoire de Royce et pour cela Lindt sait comment aider ce dernier.

Quelques mois plus tôt, le père de Lindt lui offre une bible achetée à un marchand dépenaillé sur le marché. Son père meurt d'insuffisance respiratoire, Lindt reste seul avec sa mère, sans ressource, plongeant peu à peu dans la misère. Un jour, Lindt fait tomber la bible, de rage, suite au choc, la couverture, déjà abîmée, laisse échapper un feuillet sur lequel un plan est dessiné ainsi que le dessin d'un moulin. Qui a bien pu cacher cela ? Lindt tente de mener l'enquête et apprend, par inadvertance, que la carte de visite que laisse Godiva sur le lieu de son forfait est dotée d'un dessin de moulin à vent. Lindt comprend qu'il a matière pour aider Royce et lui écrit une lettre pour l'informer de sa trouvaille.

Commence alors une aventure trépidante qui amènera Lindt à ouvrir les yeux sur les réelles motivations de Royce, la nature étrange de Debailleul, faire connaissance avec son grand-père paternel et découvrira face cachée de sa mère.


Godiva rappelle un certain gentleman cambrioleur alias Arsène Lupin, Royce un célèbre détective anglais connu sous le nom de Sherlock Holmes. Comme lui, Royce a son Watson en la personne de Brownie, très rondelet mais aussi très craintif. Une bien pâle imitation pour mieux souligner l'allusion humoristique.

Il y a du suspense, des coups bas, des trahisons car Lindt s'aperçoit que les méchants ne sont forcément ceux que l'on croit, des morts, des rebondissements hallucinants, des rencontres émouvantes et une fin bien amenée. Le tout dans un style dynamique qui prépare , avec brio, le basculement de l'intrigue qui change la perception que l'on a de certains protagonistes.


Otsuichi met en scène des personnages attachants, d'autres absolument répugnants ou carrément étonnants. Beaucoup cachent bien leur jeu si bien qu'à la fin de sa quête, Lindt aura mûri et perdu une part de naïveté : l'enfance s'éloigne peu à peu pour laisser place à l'adolescence puis l'âge adulte.


« Un flingue et du chocolat » est un polar jeunesse distrayant et bien mené. Pas de temps mort, on vit à fond l'aventure de Lindt malgré les nombreux périls dont il devra triompher.

C'est également un roman qui aborde les thèmes du racisme et des violences qu'il induit, de la pauvreté subit par une partie de la société vivant d'expédients ou de travail précaires, du courage face à l'adversité. Les gens sont exposés aux fumées des usines, à la malnutrition, à l'exploitation de l'homme par son semblable. Ces violences exercées sur des êtres humains permettent de comprendre pourquoi on peut s'attacher à Debailleul, un sale gosse agaçant, au point de ne pas le détester. S'il est violent et raciste, sans doute y a-t-il une raison invisible, on ne déteste pas tout ce qui ne ressemble pas à soi sans qu'il y ait une explication. C'est abordé, rapidement, dans le récit, et c'est ce qui fait que l'on ne rejette pas d'emblée ce personnage, au final, intriguant.

Un bon roman jeunesse.

Traduit du japonais par Yoshimi Minemori et Patrick Honnoré


Quelques avis :

Babelio  Lirado  Livraddict  Ricochet  Nahé Typhania

Lu dans le cadre:


 
 



mardi 12 avril 2022

Meurtres pour tuer le temps

 


Ce roman policier attendait depuis trop longtemps sur un rayon de la bibliothèque, le Challenge Un mois au Japon m'a donné l'occasion de le sortir de l'oubli.

Bien m'en a pris.


Les Hayakawa forment une famille bien étrange, ses membres sont soudés, unis, ont des occupations professionnelles honorables sauf que, très vite dans le roman, on apprend qu'au moins trois d'entre eux cachent une part d'ombre à l'insu de tous.

L'annonce de l'arrivée au Japon d'un roi du pétrole connu, un certain Ichiro Tachibanagen vient rebattre les cartes au sein de la famille Hayakawa : il exposera sa collection de diamants légendaires.

La mère, Kayoko, trafiquante d'oeuvres d'art volées souvent par ses soins, ne pense qu'à faire main basse sur les pierres précieuses. Le fils aîné, Katsumi, journaliste indépendant, est tueur à gages à ses heures perdues, acceptant uniquement des contrats sur la tête de mafieux coupables de trahison, aura la lourde charge d'éliminer le roi du pétrole. Mika, la seule fille de la fratrie, est décoratrice d'intérieur côté ville, et arnaqueuse de première dans l'ombre.

Keisuke, le cadet, est avocat stagiaire, afin de pouvoir sortir d'affaire les membres cachotiers de la famille, tandis que le benjamin, Mazami est depuis peu inspecteur de police et a en charge la sécurité des diamants.


La famille se retrouvera, au complet, l'Hôtel VIP, de grand standing, situé sur les rives d'un lac, lieu de villégiature du milliardaire japonais de retour au pays. Bien entendu, aucun Hayakawa ne sait qu'il tombera, à un moment du séjour, sur un des siens.

« Meurtres pour tuer le temps » est un roman policier dans lequel le burlesque cède sans cesse au vaudeville. Les personnages sont confrontés à de nombreux quiproquos les mettant dans des situations désespérément comiques.

L'Hôtel VIP sera le théâtre de manipulations, de mensonges, de meurtres, de rencontres insolites, d'un vol orchestré de main de maître, un commissaire célèbre, Hamamoto, pour être impitoyable avec les malfrats et de multiples révélations qui, parfois, feront vaciller l'équilibre familial des Hayakawa.


Jiro Akagawa mène une danse endiablée entre fausses pistes et vrais indices, perdant avec facétie son lecteur qui en sait plus qui fait quoi, qui arnaque qui, qui veut assassiner qui.

Je me suis attachée au personnage de Keisuke qui, ayant découvert les doubles vies de sa mère, de son frère aîné et de sa sœur, met tout en œuvre pour leur éviter les pires ennuis et, ce, au risque de sa vie. Keisuke est désarmant de gentillesse, de probité et de maladresse tout en étant prêt à enfreindre la loi pour protéger les siens.

L'auteur ne semble pas avoir privilégié la qualité de l'intrigue pour s'attacher au côté humoristique de l'histoire. Ce parti pris ne m'a pas gênée, au contraire il est reposant de lire des polars drôles, fantasques et burlesques. Parfois, j'avais l'impression d'être au milieu d'un film de Buster Keaton tant les situations sont incroyablement cocasses.


« Meurtres pour tuer le temps » est un roman, sans prétention certes, plaisant à lire. Les auteurs japonais de polars peuvent aussi écrire du Cosy mysterie.

Attention, la chute, inattendue, vous fera tomber de votre chaise !

Traduit du japonais par Aude Bellenger-Sugai


Quelques avis :

Babelio  Livraddict  La Littérature japonaise  Fiorile

Lu dans le cadre:




  


 


dimanche 27 février 2022

Les belles endormies

 


« Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu’il franchit le seuil des Belles Endormies ? […] » (Quatrième de couverture)


Ecrit en 1961 par le Prix Nobel Yasunari Kawabata, « Les belles endormies » est un roman étrange, étonnant, pouvant mettre mal à l'aise, et d'une dérangeante beauté.

Le vieil Eguchi, sur les conseils de son ami Kiga, franchit la porte d'une maison de passe des plus insolites : les jeunes filles sont endormies, avec un narcotique puissant, avant que le client ne soit introduit dans la chambre. Une dame, peut-être la matrone, accueille Eguchi et lui explique le déroulement de la nuit, elle lui énonce également les interdits.

Le vieil Eguchi est certes vieux sans pour autant s'estimer aussi vieux et gâteux que les habitués des lieux, ces vieux hommes, incapables en raison de leur âge d'agir en homme avec une femme au lit. La maison insolite est un moyen pour les vieillards en mal de plaisir de réaliser leur quête, de leur donner l'illusion d'être encore des hommes.

Eguchi, au cours de ses cinq nuits passées auprès de belles adolescentes profondément endormies, se remémore ses amours d'antan, ses nuits d'amant fringant, les femmes qu'il a aimées comme si le contact physique auprès de très jeunes filles était un déclencheur de souvenirs d'une virilité perdue.


J'avoue avoir été gênée par la description des attouchements sur les jeunes filles, parfois à peine sorties de l'enfance : glisser un doigt dans leur bouche, les caresser longuement … la beauté de l'écriture n'engendre pas de poésie bien au contraire.

Alors que j'avais été subjuguée par « Kyôto » et « Le lac », je me suis fait violence pour terminer la lecture des « Belles endormies ». Certes, le thème de la nostalgie, important dans l'oeuvre de Kawabata, est présent, cependant il a un goût amer. Certes l'écho de la mer soumise aux caprices de l'hiver est l'image de l'hiver de la sexualité d'un vieillard démuni devant la verdeur printanière des belles endormies. Cependant cela ne rattrape pas la mésaise agrémentée de honte provoquée par le roman.

Pour être honnête, je n'ai pas apprécié de voir le corps de ces très jeunes filles devenir objet sexuel pour vieux libidineux. Sans doute suis-je passée à côté de la substantifique moelle du récit... tant pis.

Traduit du japonais par René Sieffert


Quelques avis :

Babelio  Sens Critique  Critiques Libres L'anagnoste Pasion de la lectura

Lu dans le cadre:




  



mercredi 5 mai 2021

Tranches de vie d'une famille japonaise

 


« Un mois au Japon »
m'a permis de me plonger dans l'univers des mangas, univers que je délaisse trop souvent.

On trouve de tout dans les mangas : comment apprendre à comprendre les chats et devenir un Maître Chat ou encore vivre le quotidien d'une famille lambda.

« Une drôle de famille » (tome 1) écrit et dessiné par Yumi Unita, relate le quotidien heureux de la famille Honda. Tarô et Chiharu est un jeune couple doté de deux enfants en bas âge, une fillette de quatre ans qui va à l'école maternelle, Yuki, et un garçonnet, d'environ deux ans, Kotaro.

La famille Honda est traditionnelle sans être étouffante : Tarô est charpentier et travaille tandis que Chiharu est devenue mère au foyer pour s'occuper de ses enfants.

Le personnage féminin n'est pas une « bombe sexuelle », et j'en ai été soulagée car souvent la charge sensuelle et sexuelle de ces personnages dans les mangas est si importante qu'elle en devient d'une lourdeur indigeste. Chiharu reste féminine tout en restant banale, dans le bon sens du terme. On peut s'identifier à elle sans gros effort : chaque jeune mère a pu se retrouver dans les situations décrites par l'auteure, celles d'un quotidien familial. Haaaaa le problème du lavage du doudou.... vous savez, celui qui sent épouvantablement mauvais pour l'adulte et qui fleure bon leur odeur pour les enfants.

Yuki est une fillette qui aime les super-héros, ceux de nin-rangers, ce qui fait d'elle une petite fille pas comme les autres : elle ne collectionne pas les produits dérivés de l'héroïne des filles « Cheer cheer Girly » et préfère les pantalons à rayures aux pantalons à motif fleuri. Elle est très attachante par son caractère original et son envie débordante d'être « une grande soeur » en acquérant peu à peu de l'autonomie.

Kotaro, quant à lui, est un poème à lui tout seul : il bave, il se cogne sans cesse en raison de son intrépidité, il touche à tout, ne veut pas prêter ses jouets, adore les insectes, comme son père, et vit sa vie de jeune enfant sous les regards bienveillants de ses parents.

Les moments paisibles succèdent aux instants cocasses eux-mêmes suivis d'anecdotes drolatiques ou émouvantes. Yuki et Kotaro grandissent entourés par l'inquiétude, normale, bienveillante de la maman. Tout est fait pour qu'ils s'épanouissent dans le respect de l'autre et celui de la tradition.


Même si j'ai été moins emballée par ce manga que par « Félin pour l'autre », je me suis laissée conduire par le charme tendre du quotidien d'une gentille petite famille japonaise. Les relations avec la belle-soeur du couple ne sont pas toujours faciles d'autant plus que Tarô et elle ne s'entendent pas vraiment. Cela donne l'occasion d'assister à des scènes truculentes : la belle-soeur n'est pas une ménagère hors pair... et alors ! Même si son attitude peut être agaçante, je lui ai toujours trouvé des excuses car elle est un peu le grain de sable dans l'univers bien huilé japonais.

« Une drôle de famille » et ses tranches de vie amusantes est une série qui nous happe, l'air de rien, au fil des épisodes.

Traduit et adapté du japonais par Patrick Honnoré


Quelques avis :

Babelio  Actuabd  Mangas et anime

Lu dans le cadre




mardi 4 mai 2021

20 ans avec mon chat

 


L'histoire commence avec le sauvetage d'un chaton nouveau-né, petite chose agrippée au grillage d'un collège, à Tôkyô. Un chaton terrorisé doté d'un instinct de survie extraordinaire.

La narratrice, qui est l'auteure, le ramène chez elle, ainsi commence vingt ans de vie commune.

On suit la croissance de au fil des jours, on remarque qu'elle prend chaque jour davantage de place au sein de la maison. adore les sardines et la bonite aigre-douce (espèce de poisson consommée fréquemment au Japon), elle aime explorer le jardin et les recoins de la maison ancienne louée par ses maîtres.

On suit au fil des saisons, qui apprend à la narratrice à mieux connaître le monde félin, à apprivoiser les moments précieux passés en compagnie de la chatte.

devient la muse de l'auteure dont les poèmes en l'honneur de la chatte jalonnent le récit.

« Le chat

minuscule

Les griffes

transparentes et nacrées

Les oreilles

mobiles il écoute ma voix

Les yeux

humides et clairs

Un soir où le quartier avait une légère odeur

mentholée

Tu es venu de loin

Viens ! Bonjour !

Je suis un être humain et toi un chat » (pages 12 et 13)

Le poème transporte aussi le lecteur près du grillage où s'accroche le chaton en perdition, il sent l'odeur mentholée, il entend les faibles miaulements, il voit la main de l'auteure s'approcher du petit être pour le sauver.


Les saisons défilent et filent, le couple s'éloigne doucement mais sûrement, demeure, point d'ancrage pour la narratrice qui choisit ses lieux de vie en fonction du chat.

L'écriture intimiste installe une douceur dans le temps qui passe, accompagne les choix de vie de la narratrice d'une lumière tamisée par les voilages des fenêtre, on est à côté et en-dehors, spectateur discret d'une vie au quotidien.

Les années passent, vieillit et décline faisant comprendre que bientôt il n'y aura plus « d'an prochain ». A ce moment, l'émotion prend à la gorge : la perte d'un compagnon à quatre pattes de velours est toujours un moment difficile à vivre. J'ai perdu ma siamoise, il y aura presque sept ans et je l'entends encore miauler... elle avait vingt ans comme Mî (mais je ne suis ni auteure ni poétesse).


« 20 ans avec mon chat » est un roman délicat tout en évocation subtile et tendre qui trouvera écho chez tout lecteur, amoureux ou non des chats, appréciant la sensibilité dans l'écriture.

Vingt ans d'une vie au cours desquels les fêtes traditionnelles, les paysages, la nature ou la vie quotidienne japonais rythment les jours.

Mayumi Inaba, à l'écriture épurée, enchante son lecteur dans l'entrelacs des petits riens si importants.

Roman traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu


Quelques avis:

Babelio  Comme au Japon  Plumebleue  Ma toute petite culture  Hilde  Sens critique  Livraddict Pativore

Lu dans le cadre



samedi 1 mai 2021

La logique du grain de sable

 


Je ne connaissais pas l'auteur japonais de romans policiers, Keigo Higashino, « Un mois au Japon » m'a donc permis d'ouvrir une nouvelle fenêtre sur le monde littéraire japonais.

 

Ishigami est un professeur de mathématique dans un lycée privé, un homme solitaire ne vivant que pour la recherche mathématique. Les maths sont toute sa vie jusqu'au jour où une jeune femme, Yasuko Hanaoka, divorcée, élevant seule sa fille, emménage sur le même palier que lui. Il en devient très vite amoureux et passe plusieurs fois dans la semaine, avant de se rendre au lycée, acheter un panier repas là où elle travaille.

Tout bascule le jour où l'ex-mari retrouve la trace de la jeune femme. La visite dégénère, alors que l'ex-mari devient violent, Misato, la fille de Yasuko, l'assomme. Pour sauver sa fille, elle étrangle l'homme puis constate le désastre.

Ishigami, qui a entendu le bruit de la lutte, vient aux nouvelles. Il comprend très vite qu'un drame a eu lieu et prend rapidement les choses en main, à savoir camoufler le crime et établir un alibi parfait à ses voisines.

 

Peu de temps après le corps est retrouvé, le visage méconnaissable après avoir été martelé, le bout des doigts brûlé, non loin d'une bicyclette et d'une poubelle dans laquelle les vêtements ont été à moitié brûlés.

L'enquête est confié à l'inspecteur Kusanagi qui, malgré l'alibi de la mère et de la fille, a l'intuition qu'un arbre cache la forêt. Il prend conseil auprès de son ami le professeur de physique Yukawa pour tenter de démêler le vrai du faux : les facultés de logique du physicien ont souvent aidé l'inspecteur à résoudre ses enquêtes.

Coïncidence, Yukawa et Ishigami ont suivi leurs études dans la même université ; leurs retrouvailles provoqueront le grain de sable qui grippera le plan extrêmement bien pensé établi par Ishigami.

 

Keigo Higashino fait cheminer son lecteur aux côtés des suspects et des enquêteurs. Il lui fait découvrir au fil du récit les pièces d'un puzzle compliqué et pourtant si simple. Ishigami, dont la logique est implacable, sait comment construire un alibi qui sans être forcément inébranlable conduira les enquêteurs à l’échec. Le lecteur suit l’enquête en tentant de discerner les éléments anodins qui mettront Yukawa sur le sentier de la vérité.

Quant au sentiment de culpabilité, il est, en quelque sorte, le nœud du roman : l’homicidé est un affreux personnage, sans foi ni loi hormis celle du plus fort. Le drame domestique est provoqué par l’instinct de survie d’une jeune femme aux abois qui fera tout pour innocenter sa fille. L’ex-mari est le contraire du cadre des rapports sociaux régissant la société nipponne : la dignité et le respect lui sont inconnus, lui qui terrorise son ex-épouse, la battait quand ils étaient encore mariés, lui extorquait de l’argent durement gagné. Les personnages sont dignes et respectables, ils sont pudiques dans leurs sentiments, cachés sous un masque proche de l’indifférence. A quelques expressions fugaces qui montrent combien la pudeur des sentiments peut dissimuler l’intensité d’une passion.

Yasuto suivra à la lettre les consignes précises d’Ishigami, amoureux transi d’une beauté qu’il ne pense pas mériter, jusqu’au moment où Yukawa la mettra devant un choix cruel mais lucide : vivre un possible bonheur en étouffant le sentiment de culpabilité et mourir chaque jour à petit feu dans la honte ; ou être digne et respectable en assumant son acte. Etre sans honneur ou mourir socialement avec la dignité d’un samouraï.


« Le dévouement du suspect X » est un roman noir admirablement construit sur le thème de l’opposition de la logique implacable déjouée par l’instabilité du facteur humain. Yukawa est un scientifique doté d’un sens très fin de la psychologie, ce qui fait sa force

Roman traduit du japonais par Sophie Refle


Quelques avis :

 Babelio  Mon roman noir et bien serré  Polars pourpres  Les lectures du maki  Sens critique  Livraddict

Lu dans le cadre