jeudi 24 septembre 2015

La citation du jeudi # 6

Je commence la lecture de "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds" de Jòn Kalman Stefànsson. Univers très islandais et un long passage qui m'a interpellée.

"Nous revenons parfois à la souffrance, à nos regrets, à la nostalgie. Et nous remuons le couteau dans la plaie. Nous ne sommes pas très bien, la vie constitue un écheveau de plus en plus complexe, comme si l'homme peinait toujours à la cerner. Nous prenons des calmants, des excitants, des tranquillisants pour supporter le quotidien. Les années passent, le but de la vie demeure vague, nous ne comprenons presque plus rien, nous prenons du poids, nos nerfs s'usent puis se rompent et nous sommes constamment affligés par l'insatisfaction et les désirs inassouvis. Nous rêvons d'une solution, aspirons à l'azur et l'éther, mais n'ayant ni le temps ni la sérénité ni l'endurance qu'il faut pour les atteindre, nous avalons, reconnaissants, des solutions hâtives, les plats préparés, le sexe à la va-vite, tout ce qui nous procure une solution d'urgence, nous vivons à l'époque de l'instantané. Les manuels de développement personnel nous promettent une vie meilleures et un peu de profondeur dans nos existences: panoplie de dix conseils pour arrêter de boire, arrêter de grossir, de souffrir, d'avoir peur, dix conseils pour mieux vivre, ils sont rarement plus de dix, nous peinerions à en mémoriser plus, ils sont au nombre de dix comme les doigts, comme les Commandements."

(pages 17 et 18) in "D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds"

2 commentaires:

rachel a dit…

oui on oublie de vivre...;)

antigone a dit…

J'aime bien ta citation car oui parfois nous ne savons plus où nous en sommes... et que la solution est souvent en nous, toute simple.