lundi 10 juin 2013

"La Fraternité du Panca" / "Le trône de fer"

Il y a des bouquins qui m'emmènent tellement loin que j'ai du mal à en parler, surtout quand il s'agit de "sagas" ou de "space opera".
Ainsi, n'ai-je chroniqué que le premier tome de la pentalogie, sublime, géniale, superbe, prenante, lyrique, fouillée, ayant un roman dans le roman, de Pierre Bordage, un de mes auteurs de SF préférés: "La fraternité du Panca".
Que dire sinon que c'est géant, que c'est beau, que nous rions, avons des sueurs froides et pleurons, aux côtés de cette quinte dont les maillons se passent le flambeau, mourant pour offrir leur savoir et leur force au maillon suivant, afin de sauver l'Humanité, vous savez cette entité qui parfois mériterait d'être rayée de la carte interstellaire!!! 
Une course poursuite au-delà du Temps et de l'Espace où on rencontre le courage muet, la violence gratuite, l'honneur inattendu et des couloirs du Temps qui embarquent, tant le héros du moment que le lecteur, dans le dédale de l'Histoire de cette Humanité dont la beauté n'a d'égale que sa laideur, deux pôles contraires qui n'en font qu'un.
Finalement, cette Humanité mérite qu'on la sauve... histoire qu'elle recommence ses erreurs jusqu'à ce qu'elle parvienne à en comprendre la vacuité et cesse de les reproduire en un cycle sans fin.
Quant à la magie d'un vol de Pentales....je vous la laisse découvrir en vous invitant à vous plonger, sans bouée de sauvetage car c'est inutile... la première phrase de la pentalogie est à peine achevée que le piège se referme, sans scrupule aucun, sur vous, lecteur passionné de Bordage, dans ce long et intense roman. Tout ce que je peux vous dire, c'est que succomber à cette tentation est loin d'être oeuvre du Démon et qu'il fait bon de s'y laisser prendre.


Mon Bibliomane l'avait lu, puis il a ouvert une boite de Pandore: le streaming... "Le trône de fer" vint à moi par l'image puis, après beaucoup d'hésitations (serais-je déçue? mon imaginaire serait-il "perverti" par le visionnage des épisodes de la série???), j'ai pris, comme s'il me brûlait les doigts, le premier tome de l'intégrale en poche. Ce fut le choc! Me voilà, happée par la narration, entre épopée et fantasy, entre romanesque fou et récits mythiques aux limites d'une étrange uchronie.
L'atmosphère du roman est intense, belle, les personnages fouillés, loin d'être lisses, ils évoluent, en bien ou en mal, après les avoir détestés, on se surprend à les aimer, à compatir ou alors à les vouer aux pires châtiments possibles.
Quant à ces Autres, à ces Sauvageons, à ces sacrifice humains pour apaiser les premiers, les vagues ininterrompues des seconds, fuyant justement les... Autres. Ces figures représentant la part obscure de l'être humain ainsi que ses peurs irrationnelles, ces figures avancent au rythme lancinant d'une devise, celle de la Maison des Stark, rois du Nord, "L'hiver vient"
Les passions, les ambitions pour décrocher une parcelle de pouvoir, la tendreté d'un caractère laminé par le rouleau compresseur d'un autre dont l'appétit de dominer est démesuré au point d'en perdre toute limite et toute humanité. Une meute de loups géants parcourant les sept royaumes, alliés et armes vivantes, allégorie des hommes qui luttent pour une certaine idée de la société, qui ont une certaine idée du code de l'honneur.
Ces personnages secondaires, illuminant ou assombrissant le récit, participent aux arabesques d'une histoire qui ne lâche son lecteur que lorsqu'il en arrive au bout.
Plus de trois milles pages ont été tournées pour fermer, trois mois
plus tard, le tome IV de l'intégrale sur ces mots, terribles pour un lecteur passionné, empreint de l'histoire à peine achevée, ces mots horribles pour lesquels on devrait pendre, oui je dis bien pendre, l'auteur pour jouer ainsi avec notre patience... quoique, je dis auteur alors que je devrais dire éditeur, ce rapace qui édite en broché, un à un, les derniers tomes de la saga. Trois mille pages, des heures de lecture pendant lesquelles le monde n'existe plus, s'achevant par un irritant et laconique "Pendant ce temps sur le Mur...." 
Là, je suis à deux doigts de comprendre l'apparition de l'envie de meurtre. Maintenant, "y a plus qu'à attendre" que la version intégrale en poche paraisse... dans deux ou trois ans autant dire une éternité.

Humpf... au fait, il me semble que je ne devais pas les chroniquer ces bouquins et donc ne pas m'étendre... pour un essai, c'est raté, tant pis.

Le rêve américain : un pont entre deux rives ?

« L'histoire de Chicago May » est la biographie, avec juste ce qu'il faut d'habillage romanesque pour ne rien dénaturer, d'une irlandaise atypique dotée d'une trempe peu commune.
May quitte sa famille, un petit matin de ses dix-neuf ans, pour partir en Amérique, terre de tous les possibles.
Elle débarque dans ce Nouveau Monde où elle tombera, pour certains, de Charybde en Scylla : entre volonté de s'en sortir et gagner de l'argent facile grâce à ses formes féminines alléchantes et son opulente chevelure rousse, flamboyance attirant les hommes comme la lanterne attire les phalènes, May Duigan sera une femme de mauvaise vie, catin et arnaqueuse de haut vol.
Ses amours auront la saveur des aventures dangereuses en compagnie de bandits, participant à des « casses » qui la conduiront de part le monde, notamment en France où elle goûtera à l'amertume de la prison pour femmes de Montpellier. Elle parviendra à en sortir pour rejoindre l'Angleterre où elle replongera dans le crime : après la prison-citadelle de Montpellier, ce sera une prison anglaise où elle s'accrochera, avec le désespoir de l'opiniâtreté, à la vie en lisant, lisant, les livres de la bibliothèque : l'évasion des mots l'aidera à évader son esprit à défaut de son corps, la sauvant de la solitude et de la folie.
La vie de May est un road-movie ponctué par les étapes de l'incarcération où elle démontrera qu'il en faut beaucoup pour l'abattre ou la faire sombrer dans la folie de l'enfermement. Elle restera elle-même jusqu'à la fin, « marchant le dos droit », fière d'être ce qu'elle est malgré sa vie dissolue dédiée au crime.
Nuala O'Faolain, à travers l'histoire de May, amène le lecteur, comme elle-même, à s'interroger sur la société américaine de la fin du dix-neuvième siècle au début du vingtième : les codes sociaux, malgré la jeunesse de la Nation américaine, sont les mêmes qu'en Europe malgré une apparente liberté. Du moins, cette jeune Amérique donne-t-elle sa chance à qui sait la saisir et la faire fructifier, May a choisi une voie d'aventures qui la fera voyager mais pas dans le sens de la Conquête du Rêve américain. Elle conquiert ses lettres de noble arnaqueuse, de gentille truande qui ne demande qu'à aimer et être aimée, elle qui ne connut pas l'affection familiale en Irlande, dans sa famille de besogneux et de taiseux.
La chrysalide laisse échapper un beau papillon qui se brûlera les ailes malgré une volonté de rédemption : l'usure du corps aura raison de May qui rendra les armes, seule, dans un hôpital, après avoir écrit son histoire, bribes émouvants retrouvés par l'auteure dans sa quête pour trouver la vraie May qui se cache derrière la bandit « Chicago May ».
Nuala O'Faolain raconte-t-elle un peu son histoire à travers celle de May ? Elles sont, toutes les deux, comme les piliers extrêmes d'un pont entre deux rives : May qui est partie, puis revenue pour ne plus remettre les pieds en Irlande ; Nuala en partance pour une réponse à ses émotions, à une possible culpabilité de n'avoir pas pu être la planche de salut pour son frère ?
« L'histoire de Chicago May » est un récit attachant, parfois poignant, aux rebondissements souvent étonnants. Une prostituée qui ne s'est jamais projetée au-delà du lendemain, peut-elle, au soir de sa longue vie aventureuse et usante, enjoliver son passé lors de l'exercice difficile de l'introspection ? Ses lectures en prison lui ont donné des mots, un aperçu de la beauté cachée dans les mots d'un poète ou d'un romancier. May est inculte, malgré toutes ses lectures salvatrices, mais elle ne se conceptualise pas, elle est toujours dans le ressenti immédiat, même dans le souvenir ce qui fait qu'elle ne triche pas, paradoxe de l'arnaqueuse qui ne peut mentir sur elle-même, sur sa vision brute du monde et des hommes.
Au fil du récit de Nuala O'Faolain, irlandaise d'aujourd'hui, le lecteur écoute, fasciné, la voix extirpée du passé, sortie des archives, d'une irlandaise d'un monde en pleine mutation ; il l'admire pour sa pugnacité, son courage indéfectible, il l'aime autant pour ses qualités qu'il la vilipende pour ses défauts.
Au bout du compte... cette femme de rien, cette femme venue d'une Irlande ravagée par la pauvreté et la domination anglaise, cette femme qui n'est qu'une anecdote dans le quotidien d'une nation en devenir ; cette femme force le respect malgré ce qu'elle est et a été : elle s'est montrée digne, dans le vol comme dans son envie de rédemption, du début jusqu'à la fin de sa vie... oubliée de tous.
Dans un bout de campagne irlandaise, battu par les vents, restent debout, les murs en pierre de la pièce que May avait fait construire, chez ses parents, du temps de sa splendeur. Les herbes folles ont pris possession des lieux, la mémoire de May s'envole au gré des vents, des mots retrouvés dans d'obscures archives.
Le lecteur passe des moments intenses en compagnie de cette femme de prime abord commune, au destin sans doute commun, que l'auteure sublime sans exagération, avec tout le respect qu'elle éprouve pour cette hors-la-loi attachante et fière d'avoir vécu la vie qu'elle s'est choisie.


lundi 1 octobre 2012

Le monde au rythme des pas

"L'homme qui marche" est un manhwa  coréen où la contemplation du monde se vit au rythme de la marche, celle d'un homme qui prend le temps de regarder autour de lui même sur le chemin du bureau.
Les petits riens de la vie construisent peu à peu un univers de sensibilités et de subtilités presque invisibles. Chaque menu évènement, qu'il vienne du ciel ou de dame Nature, est un instant qui s'avère précieux, illuminant la journée vécue ou à vivre.
Comme souvent dans la "BD" asiatique, japonaise et coréenne en particulier, les illustrations en disent plus long que les mots et sont d'une finesse attrayante, notamment celles qui représentent la nature, l'habitat (les traits des personnages sont plus convenus, plus "passe partout", plus lisses) et on ne peut s'empêcher de rapprocher cet art graphique au roman japonais ou au film d'art et essai asiatique: de prime abord, on pense qu'il ne se passe rien alors que les non-dits sont tumultueux. En effet, le héros, cet homme qui marche, qui est un "contemplatif" peut sembler être un homme subversif: regarder le monde, s'en émerveiller, prendre son temps est un acte révolutionnaire en ces temps modernes où la course contre la montre rythme la vie quotidienne.

"L'homme qui marche" de Jiro Taniguchi, est un moment délicieux de lecture, une parenthèse de douceur et de lenteur bienvenues dans un monde qui veut toujours aller plus vite, où le temps devient une éternelle course vaine à tenter de le rattraper et de le dépasser... Là, le temps s'arrête et on respire enfin!

vendredi 24 août 2012

Avoir un chat chez soi... quel bonheur!

Découverte de ce héros, Simon's cat, qui ne peut qu'enthousiasmer Chatperlipopette... Merci Biblio qui m'a offert ainsi de sacrées belles tranches de rire.
A savourer sans modération...




Bonne journée à toutes et à tous!

mercredi 22 août 2012

Breizh attitude



Raggalendo, un groupe de filles détonnant qui sait chanter, avec humour, la culture bretonne! J'adore "celle-ci n'est pas longtemps à mettre son ménage propre" (euh... faut que j'en prenne de la graine) et "cuici est boudet, il est arrivé bel homme"... un florilège qui fera rire les bretons avec une pointe d'émotion dans les yeux. Quant aux autres....ce sera une expérience culturelle insolite.
Bonne écoute!

mardi 21 août 2012

Dis, Yoko, dessine-moi une dictature!


« Cristallisations secrètes » est à l'image de son auteure : dire mille et une choses en-deça des mots, dans l'inter-texte voire le meta-texte.
D'une plume assurée, légère et aussi grave, Yoko Ogawa, relate ce que pourrait être le plus grand malheur du monde : la perte programmée de tout ce qui le construit, de tout ce qui le fait vivre. Dès les premières lignes, elle plante le décor de son roman oscillant entre douleur et acceptation de la perte subie.

« Je me demande de temps en temps ce qui a disparu de cette île en premier.
- Autrefois, longtemps avant ta naissance, il y avait des choses en abondance ici. Des choses transparentes, qui sentaient bon, papillonnantes, brillantes...Des choses incroyables, dont tu n'as pas idée, me racontait ma mère lorsque j'étais enfant.
- C'est malheureux que les habita,ts de cette île ne soient pas capables de garder éternellement dans leur cœur des choses aussi magnifiques. Dans la mesure où ils vivent sur l'île, ils ne peuvent se soustraire à ces disparitions successives. Tu na vas sans doute pas tarder à devoir perdre quelque chose pour la première fois.
- Ça fait peur ? lui avais-je demandé, inquiète.
- Non, rassures-toi. Ce n'est ni douloureux ni triste. Tu ouvres les yeux un matin dans ton lit et quelque chose est fini, sans que tu t'en sois aperçue. Essaie de rester immobile, les yeux fermés, l'oreille tendue, pour ressentir l'écoulement de l'air matinal. Tu sentiras que quelque chose n'est pareil que la veille. Et tu découvriras ce que tu as perdu, ce qui a disparu de l'île. » (p 9)

Ogawa nous transporte dans une île, hors du temps et de l'espace, cela pourrait être partout et nulle part. Les habitants voient disparaître peu à peu des objets, des animaux, des plantes. Les oiseaux un beau jour sont partis et leur souvenir s'est aussitôt estompé pour s'éteindre complètement chez les habitants, puis ce fut au tour des bateaux....comment quitter l'île alors ?
La police secrète est partout, à chaque disparition elle vient vérifier que rien ne rappelle cette dernière. Seulement....certains habitants ont le pouvoir, la chance ?, de ne pas oublier, dont la mère de l'héroïne. Une artiste sculpteur qui dissimule les vestiges des disparitions au creux de certaines œuvres ou dans des armoires anodines, au fond d'une cave.
La jeune héroïne se liera d'amitié avec son éditeur et aidée de l'ancien mécanicien du ferry, le cachera dans le sous-sol de chez elle : son éditeur est comme sa mère, il ne peut oublier ce qui a disparu.
Comme, souvent chez Ogawa, deux récits s'imbriquent l'un dans l'autre, « Cristallisations secrètes » ne déroge pas à cette règle : la jeune heroïne est romancière et écrit un roman dans lequel une jeune femme tombe amoureuse de son professeur de dactylographie et commence avec lui une relation étrangement semblable à la situation vécue sur l'île. L'amant opère un enfermement de sa maîtresse en la murant peu à peu dans un silence : il lui vole sa liberté en lui dérobant le langage.
Ainsi, le lecteur voyage-t-il au centre d'un parallèle entre l'enfermement d'une société par un dictateur et celui d'une femme par un amant lors d'une relation amoureuse a-normale. Le dictateur, supposé de l'île, fait disparaître, de par la terreur subtile exercée sur ses concitoyens, les objets, les animaux, les fleurs puis les êtres tout simplement ; l'amant, serial killer en quelque sorte comme tout dictateur, prend la voix puis la volonté de sa jeune maîtresse avant de jeter son dévolu, une fois celle-ci « vampirisée » sur une autre proie.

On ne peut entrer plus dans les détails sans risquer de déflorer toute la subtilité de l'écriture et la vision du monde contemporain de l'auteure. Il y a des scènes touchantes, angoissantes et sublimes, où le lecteur touche du doigt l'intemporalité des choses, impermanence du monde. En quelques traits bien esquissés par les mots justes véhiculant des images qui parlent à notre âme de lecteur épris de liberté, Ogawa appuie là où le bât blesse dans notre société moderne, aliénante au possible, en raison des diktats produits par ceux qui font le monde et les pensées. Doucement, lentement, les citoyens que nous sommes, peuvent perdre peu à peu leur environnement s'ils n'y prennent garde. Il est tellement facile de se laisser porter par le flux majoritaire, celui qui draine un plus fort courant, il est tellement aisé de ne pas réfléchir et de se dire que c'est ainsi, qu'on y peut rien, qu'il faut vivre avec « son temps ». Justement, ce temps voleur d'âme qui au fil des anesthésies locales dépouille tout un chacun de ce qui fait son identité, de ce qui le construit.
« Cristallisations secrètes » est un peu l'histoire de la grenouille plongée dans une casserole d'eau que l'on met doucement à bouillir sur le feu : la température augmente lentement, la grenouille s'y habitue puis au moment où elle sait qu'elle va mourir, n'a plus l'énergie de sauter hors de la casserole pour se sauver.
...Car il est des dictatures invisibles qui dérobent le bien le plus cher de l'être humain, sa liberté de penser et sa capacité à raisonner. Et ces dictatures sont celles qui nous gouvernent sans que nous y prenions garde... mais il y a toujours des Veilleurs, des Gardiens qui collectent, qui engrangent ce qui n'est plus : tant que la mémoire vit, le souvenir des belles choses perdure.

Un roman qui ne laisse pas indifférent... bien au contraire: un étrange écho résonne, lancinant, tout au long de la lecture.





vendredi 27 juillet 2012

Escapade guingampaise


Hier après-midi, après une visite agrémentée d'un thé chez mes parents, à l'ombre du saule pleureur, l'urgence matérialiste du retrait d'un carnet de chèques et du liquide pour le marché du lendemain matin, me fit arrêter la voiture en centre ville. Il faisait chaud...diantre, une fournaise quand on est breton et que l'on n'a pas l'habitude de supporter plus de 23°, et la senteur du sable chaud était bien loin (20 km, héhéhé), quant aux tatouages du légionnaire, aucune trace.
Du coup, passage rapide à la mairie pour retirer mon petit courrier dans mon casier de modeste élue municipale...et là...délice suprême, ô merci les Biens Nationaux de la Révolution!, les couloirs de l'édifice municipal apportaient fraîcheur et bien-être, de quoi requinquer le légume Chatperlipopette qui pointa ses moustaches puis posa ses coussinets dans l'ombre bienfaisante de l'Espace François Mitterand (ancienne chapelle dédiée aux expos) pour visiter la première partie de l'exposition "Portraits de villes" organisée par Gwinzegal.
Peu de monde et donc tranquilité absolue pour une amoureuse du calme comme moi...seule ombre au tableau, j'avais oublié de passer prendre mon Bibliomane à la maison...mais comme l'escapade n'était pas prévue, il m'a malgré tout pardonné, a posteriori.
Reprenons....
Photos de NY surtout, sous des angles délirants: modernité, couleurs, brillance, vie, tumulte. Puis, ce sont les quartiers de Liverpool qui s'étalent sous nos yeux, la crise, le chômage, la pauvreté digne et moins digne, des photos superposant les passagers d'un autobus avec les passants sur le trottoir derrière...déserts humains, cités glauques, immensité d'un désarroi muet, tranches de vie d'un quotidien difficile et pénible...l'Angleterre de Mme Thatcher dans toute sa splendeur. On se croirait dans un film de Ken Loach, c'est flippant, glauque et magnifique à la fois.
Juste avant de sortir, écran plat, film en boucle, je m'asseois confortablement et commence la plongée dans un long film-poème de Godfrey Reggio sur une musique, créée pour cette occasion, de Philip Glass. Si je vous dis que je suis restée, estomaquée, happée par la beauté des images, des montages, par le lyrisme ineffable qui se dégageait de ce poème pas comme les autres, cela ne vous étonnerait pas! Devant ce défilé, rythmé par des accélérés démentiels et des ralentis sublimes, où les références aux "Temps Modernes" de Chaplin sont une évidence, seuls le silence et l'admiration étaient le meilleur émoi à transmettre.
La parenthèse s'est achevée sur cet poème écologique où la réflexion sur ce que l'Homme a fait de la civilisation moderne, mécanisée à outrance, où la science et le progrès laissent de côté l'essentiel: l'âme et l'être humain.
"Portraits de Villes"... une promenade intense qui chamboule l'âme tant les émotions sont immenses....A Guingamp, je vous assure, il n'y a pas que le football qui peut faire battre le coeur, il y a Gwinzegal et son carnet d'adresses d'artistes talentueux qui nous permettent de sortir des sentiers battus tout en nous interpellant sur le monde qui nous porte.




Pour en savoir plus sur l'association Gwinzegal c'est par   LA





Bonus: un extrait du film poème de Godfrey Reggio ICI

dimanche 1 juillet 2012

Le livre que je ne lirai jamais


Un an et presque trois mois, que Chatperlipopette fait la sieste, douze mois que le blog s'est doucement endormi entre un manque d'envie de lire et une panne d'écriture.
Il y a quelques semaines, le facteur a sonné, comme dans le film, deux fois... je descends et ô joie! un colis rectangulaire, en carton, inattendu: ce n'est pas mon anniversaire et cela fait des mois que je n'ai rien commandé dans une antre de perdition amazonienne.
Je regarde, il y a bien mon adresse et mon nom ainsi que celui de Chatperlipopette, mon blog! Regard brillant de joie retenue vers le Bibliomane qui partage ma vie: les éditeurs, malgré la longue sieste chatperlipopesque, n'ont pas oublié mon blog ni mon amour de la lecture.
Une fois le facteur retourné à sa tournée, ruée sur le colis qui au vu de sa forme ne peut que contenir un livre! Ouverture sauvage et impatiente par des mains fébriles et...lecture du titre de l'ouvrage, gracieusement expédié: figure longue de mille pieds, moue exprimant une relative vexation...le bouquin en question est sur la vie passionnante d'une des plus grande stars du rock français, que je trouve  devenue une épave pathétique en pleine décrépitude, Johnny Hallyday!
Je lis et relis l'accompagnement éditorial expliquant l'argument littéraire de la chose, à voix haute même, histoire de partager les meilleurs morceaux avec le Bibliomane. Le fou rire n'est pas loin, car au-delà de la navrante réception de livre, je préfère en rire.
La phase "lectrice avertie abasourdie" passée, place à celle de la curiosité hilare et à l'épluchage du "flyer" de quatre pages. Misère....comme si la vie incroyable de Johnny pouvait m'émouvoir une seule seconde, le personnage m'insupportant au plus haut point alors que dire de sa vie!

Aussi est-ce avec un malin plaisir que j'ai renoncé à:

=> lire l'interview de Lee Hallyday "son père adoptif".
=> lire des témoignages inédits et insolites
=> connaître des révélations sur sa nouvelle vie
=> connaître le vrai visage de Laeticia
=> lire l'abécédaire indiscret de Johnny
=> conserver pieusement un cahier photos couleur de douze pages (si, si!!)

Vous vous demandez certainement comment j'ai réussi à me débarasser de ce chef d'oeuvre littéraire en devenir, je sens comme une impatience qui frétille menant à bout votre curiosité.
Sachez qu'il se trouve toujours dans son entourage une personne fan de Johnny Hallyday. Aussi ai-je fait trois heureux: mon intellect, ma bibliothèque et cette aimable personne.

Alors...elle n'est pas belle la vie?

dimanche 8 mai 2011

Annonce



Depuis février je n'ai plus rien écrit de mes lectures: panne de lecture (retour très lent à l'envie de lire) et surtout panne d'écriture. J'espère revenir parmi vous dès que possible.

jeudi 3 février 2011

La citation du jeudi #15

Je continue le partage d'extraits de "La fraternité du Panca: frère Ewen" de P.Bordage.

"Il [Ewen] n'était plus que l'ombre de l'homme qu'il avait été, il s'estompait. Alors il avait décidé d'ignorer les tiraillements, les doutes, les pulsions, de consacrer toutes ses forces à l'élimination d'Elbéore, de se maintenir dans la meilleure condition possible afin de transmettre au quatrième frère une amnâ digne et forte. Il acceptait de ne plus être un individu mais un maillon. Maître Ebezener avait coutume de dire qu'un véritable frère n'avait pas de volonté propre, qu'il n'existait pas hors l'oeuvre du Panca. Les évènements lui donnaient raison: Ewen n'avait rien choisi, les courants, les circonstances l'avaient poussé à se dépouiller peu à peu de ses oripeaux individuels. Un nouvel Ewen émergeait de ses propres ruines, un Ewen détaché de ses souvenirs, de ses conditionnements, de ses souffrances, un Ewen insouciant, libre, aussi léger qu'un nuage. Il lui arrivait de rechuter, le manque de sa femme et de sa fille le torturait tout à coup, le vide devenait douloureux, insupportable, il roulait, en larmes, sur son lit ou sur le sol de la cabine où il restait prostré un long moment, mais les crises s'espaçaient et s'amenuisaient." (p 397 et 398)

jeudi 27 janvier 2011

La citation du jeudi #14

C'est encore avec un extrait de "La fraternité du Panca: frère Ewen" de Pierre Bordage, que je scande cette semaine le rendez-vous de la citation.

"Aucun d'entre nous, pas même Sayi, n'a salué les aubergistes hyemans lorsque nous sommes passés une dernière fois devant le comptoir, chargés de nos maigres bagages. Ils avaient exploité notre détresse pour nous extorquer de l'argent, ils croyaient avoir fait une bonne affaire, mais, chaque fois qu'un homme en spolie un autre, il ne gagne rien d'autre que le mépris de lui-même. Ils ne semblaient d'ailleurs pas très fiers d'eux, les anciens soldats, leurs regards quémandant un peu de cette reconnaissance, de cette complicité qu'ils ne méritaient pas. Les adorateurs des anges avaient de nombreux défauts, mais au moins ils n'étaient pas malhonnêtes." (p 322 et 323)

dimanche 23 janvier 2011

Dimanche en photo 22

(photographe: moi)

Nous sommes encore dans le mois de l'Epiphanie...cette représentation de l'arrivée des Rois Mages auprès de l'enfant Jésus est d'actualité.
Photo prise lors de mon périple estival consacré aux enclos paroissiaux bretons.

Dimanche poétique # 32

Un poème de Charles Baudelaire...ça vous irait ce soir?

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!

(in "Les fleurs du mal" 1868)

jeudi 20 janvier 2011

La citation du jeudi #13

Ce soir, je partage avec vous un extrait du premier tome de la pentalogie de P.Bordage "La fraternité du Panca".

"J'ai pensé que les humains gagneraient du temps et de la sagesse s'ils cessaient de quémander de la reconnaissance. Les hazems, eux, n'attendaient rien, ils vivaient dans l'éternité de l'instant." (p 287)

lundi 17 janvier 2011

La voix de l'amnâ

Pierre Bordage est un de mes écrivains de SF préférés: son écriture, sa vision du monde, la mise en scène de ses personnages sont autant de petits bonheurs à lire et à partager. Sans utiliser d'effets stylistiques voire ultra-fantastiques, il repose son récit sur des principes de réalités et de bon sens qui ne peuvent que l'ancrer dans le "possible", dans le réel d'un futur qui ne dépasse pas l'imagination.
"La fraternité du Panca" est une pentalogie dans laquelle l'auteur renoue avec l'espace, les voyages intergalactiques et la dimension du merveilleux inscrite au coeur de la quête philosophique, fil conducteur de cette saga.

Ewen vit paisiblement sur Boréal, planète où il a élu domicile après quelques errances qui le menèrent à devenir un frère pencatvique: il a fondé une famille et s'apprête à vivre un hiver en reclus, entouré de son épouse enceinte et de sa petite fille Ynolde, les deux amours de sa vie lorsqu'il entend l'appel du Panca, appel qu'il pensait ne jamais avoir à entendre et dont il avait oublié l'existence. Un danger menace toutes les espèces vivantes de la Galaxie: la Quinte doit être impérativement reformée, Ewen est le cinquième frère et le premier à se mettre en route pour donner au quatrième frère son amnâ. Un voyage de quatre-vingt à cent ans est nécessaire pour rejoindre la lointaine planète Phaïstos, autant dire tout une vie, autant dire la fin d'un bonheur qu'il pensait éternel. Implacablement la voix du Panca emmène Ewen vers sa seule et unique mission: rejoindre le deuxième maillon de la Quinte pour sauver le monde et oublier que la vie paisible familiale puisse exister. Malgré l'envie d'ignorer l'appel, Ewen, sans laisser un seul mot d'explication à son épouse, quitte le nid douillet qu'il s'était construit pour rejoindre, dans la tempête hivernale, l'astroport qui l'emmènera vers son destin.

Commence alors, pour frère Ewen, un chemin parsemé d'embûches et de rencontres aussi inattendues que salvatrices: entre la course contre la montre mortifère qui s'engage avec l'étrange secte des sâtnagas (membres de la société secrète ennemie du Panca) et l'appel lancinant et immuable, Ewen avance chaque jour davantage vers son but ultime et découvre que chaque rencontre lui apporte détermination et courage pour continuer sa route dans le dédale des souterrains de la mégalopole de Boréal, dans les entrailles de la planète Hyem comme dans les couloirs du vaisseau intergalactique qui le conduira sur Phaïstos. La lutte entre le Bien et le Mal scande les étapes de l'itinéraire, quasiment mystique, d'Ewen, apportant son lot d'espoir et de chagrins inextinguibles, ces chagrins qui peuvent parfois, si on ne les accepte pas, mener aux cruels et mortels regrets.

Ewen croisera la route d'un jeune garçon, Olméo, et d'une jeune fille, Sayi, éléments essentiels du destin qui se tisse: leurs histoires, d'abord parallèles, se rejoingnent à bord du vaisseau qui les emmènera vers l'astroport des voyages intergalactiques au long cours. Olméo, la tête pleine de rêves et d'espoir d'un ailleurs, Sayi, la sérénité faite femme, s'aiment et seront contraints de transgresser le tabou de l'inceste après l'adoption de Sayi par la famille d'Olméo. Ils refuseront, tout comme Ewen, pour des raisons différentes, de prendre "l'herbe du sommeil", l'hyémale, lors du voyage vers Phaïstos: ils s'aimeront intensément et donneront naissance à une fillette, Ingani, qu'Ewen élèvera avec l'aide des andros du vaisseau pendant trois ans, temps nécessaire à Olméo d'accepter la mort en couches de Sayi. Ingani, enfant stellaire, enfant de l'amour infini entre un homme et une femme, enfant devenue jeune femme avant le terme du voyage, jeune disciple du Panca, initiée par Ewen qui accomplit ainsi une de ses tâches fondamentales, former un nouveau membre pour l'organisation pencatvique et perpétuer la chaîne.

Que décrire d'un voyage qui dure une vie humaine? Sinon qu'il réservera bien des surprises à nos héros et un choc indicible à Ewen lorsqu'il accomplira ce pour quoi il a tout quitté, son amour et son bonheur: implanter son amnâ dans le crâne du deuxième maillon de la Quinte...le destin, avec l'aide du merveilleux, se révèle être souvent ironique. Voyageant de planète en planète, rencontrant civilisations et cultures différentes, Ewen, Olméo et Sayi, laisseront leur ancienne peau derrière eux, abandonneront leurs déchirures, leurs blessures, pour se construire une nouvelle vie, pour donner de nouvelles vies, physiques commes spirituelles, dans un tissage fait de secrets, de regrets, d'espoirs, d'amour et d'amitié, éléments d'un socle invisible mais fondamental, celui qui forge la dimension de toute humanité.

"La fraternité du Panca: frère Ewen" est le premier envol, jubilatoire, vers un space-opéra qui promet moults rebondissements, moults petits trésors aux accents de merveilleux, moults récits dans le récit, façonnant tant l'histoire des personnages et du monde dans lequel ils évoluent, que le regard, qui a la liberté de se laisser emporter ou pas, du lecteur, subjugué par l'épopée orchestrée par les mythes et légendes d'une Dissémination aux confins de l'Univers. Les vents stellaires emportent les peines, les espoirs, les joies et les émotions intimes, au gré de l'apparition légendaire du fameux pentale que seuls certains pilotes au long cours, ceux qui ne font qu'un vol, celui de tout une vie, assurent "avoir vu (...) aussi grand que les vaisseaux stellaires. (...) disent son vol à la fois gracieux et majestueux, puissant et léger, admirable à tous égards. Celui qui l'a vu voler est à jamais métamorphosé, comme touché par une grâce aux dimensions de l'infini."

Lorsqu'on ouvre le roman, on est immédiatement happé par l'appel du récit épique qui se dessine dès les premières phrases, appel qui se précise au fil des exergues à chaque chapitre, petits précis pour comprendre la complexité d'une quête mythique. Ces exergues se dégustent, se savourent et se relisent avec un plaisir infini...parenthèses fructueuses, rails guidant le lecteur qui peut se perdre dans le cheminement chaotique de la quête d'Ewen.

Du grand Pierre Bordage....à ne pas manquer pour les amateurs de SF.

Les avis de ifisdead   yozone
Une interview ICI de Pierre Bordage
 
Un grand merci à Babelio et son opération Masse Critique SF!!


dimanche 16 janvier 2011

Dimanche en photo 21

(photographe: moi)

L'hiver me permet de revoir la maisonnette-refuge pour les insectes. Les fruits de l'églantier apportent une touche colorée bienvenue et chaleureuse.
Les déambulations photographiques sont chez Lyah.

Dimanche poétique # 31

Ce soir, je vous emmène dans le monde feutré et étrange de la poétesse américaine, Emily Dickinson.


Etincelant d'Or et passant au Pourpre
Bondissant comme des Léopards vers le Ciel
Puis aux pieds du vieil Horizon
Couchant sur sa Face tavelée pour mourir
Se baissant jusqu'au Soupirail de la Loutre
Touchant le Toit et teintant la Grange
Saluant du Bonnet le champ
Le Jongleur du Jour est parti

in "Lieu-Dit, l'éternité" Poèmes choisis
(Point poésie)

Blazing in gold and quenching in purple,
Leaping like leopards to the sky,
The at the feet of the old horizon
Laying her spotted face, to die;

Stooping as low as the otter's window,
Touching the roof and tinting the barn,
Kissing her bonnet to the meadow, -
And the juggler of day is gone!

mardi 11 janvier 2011

Idée de sortie parisienne

J'ai un gros faible pour la lecture à voix haute, aussi est-ce avec plaisir que je poste cette info, parisienne certes mais intéressante.

Jeudi 17 février - 20h00

Denis Grozdanovitch propose dans son roman, La secrète mélancolie des marionnettes, un voyage initiatique en Italie, une escapade hors de l’agitation contemporaine, fait de joyeuses conversations où l’érudition se mêle aux jeux de séduction. Un récit très élégant, au charme intemporel.

Les Livreurs, lecteurs sonores en présence de l’auteur, vous proposent la lecture d’une série d’extraits de ce roman envoûtant.

LIEU : Centre de la Voix de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV)
ADRESSE : 29 rue Boursault - Paris 17ème - M° Rome
RESERVATION : leslivreurs@gmail.com
TARIFS : 10 euros / 5 euros pour les chômeurs / gratuit pour les étudiants
INFORMATIONS : CLIC

dimanche 9 janvier 2011

Dimanche poétique # 30

Ce soir, un poème de Jack Kerouac

La vie est malade
Les chiens toussent
Les abeilles voguent
Les oiseaux piochent
Les arbres scient
Les bois pleurent
Les hommes meurent
Les tiques y mettent du leur
Les livres sont menteurs
Les fourmis font du planeur
A tout à l'heure

Life is sick
Dogs cough
Bees sail
Birds hack
Trees saw
Woods cry
Men die
Ticks try
Books lie
Ants fly
Goodbye


(In "Jack Kerouac, poèmes" seghers > Poésies d'abord)

Dimanche en photo 20

Pour un retour timide sur mon blog, j'ouvre l'année 2011 par la photo du dimanche, balade en images initiée par Liyah.
Je ne sais pas si ma panne d'écriture verra bientôt sa fin...toujours est-il que malgré les lectures, plaisantes et belles, les mots ne suivent pas.

(photographe: moi)

En ce dimanche soir, je vous invite au coin du feu....pour retrouver le goût des veillées remplies d'histoires à faire frémir.