mardi 13 avril 2021

Nostalgie à la japonaise

 


Autant je connais une grande partie de la filmographie de Hayao Myazaki, autant celle d'Isao Takahata m'est quasi inconnue, je n'ai vu que « Le tombeau des lucioles », admirable et poignant.

Le Challenge « Un mois au Japon » m'a ainsi offert l'opportunité d'élargir mon éventail de films d'animation japonais.

J'ai choisi de visionner « Souvenirs goutte à goutte » parce que le thème des souvenirs d'enfance me plaisait et m'évitait de sortir de ma zone de confort.

 

La narratrice, Taeko, égrène, « goutte à goutte », ses souvenirs d'enfance quand elle part en séjour à la campagne. Elle a 25 ans, est toujours célibataire et vient de refuser le parti proposé par sa famille. Elle part aider à la cueillette des fleurs de carthame (Carthame ou Safran du teinturier) dans une famille paysanne, à la campagne. Très vite, le voyage puis le séjour prend une dimension de voyage intérieur car dans ses bagages, Taeko a emporté la fillette de CM2 qu'elle était en 1966.

 

Chaque souvenir est une scène baignée de clarté douce, lointaine et proche, on touche du doigt la sensibilité de Taeko, petite fille étrange et aux résultats désastreux en mathématiques. Elle est la benjamine d'une « fratrie » de trois sœurs dont les deux aînées sont déjà adolescentes.

La scène, charmante, du premier amour : Taeko et un garçon d'une autre classe se retrouvent face à face au retour de l'école. Hésitations, rougissements, puis le garçon ose une approche... déconcertante, « Entre les jours pluvieux, nuageux et ensoleillés, quel temps tu préfères ? » Taeko ménage le suspense et prend son temps pour répondre un « nuageux », en écho le garçon dit « Comme moi » avant de détaler comme un lapin.

Le Japon des années soixante n'est pas facile pour une fillette de 10 ans : une mère effacée et dévouée à son époux, des sœurs adolescentes bavardes, pénibles et autoritaires envers elle, une grand-mère... et surtout un père qui ne sort de ses silences que pour imposer son point de vue. Il y a les grands espoirs et les petites déceptions qui construisent la Taeko devenue adulte.

 

Isao Takahata met en scène une très belle fresque dans son film d'animation tout en rondeurs crayonnées et en introspection empreinte de tendresse.

On est dans le monde onirique tout en étant ancré dans le réel par cette jeune femme qui se remet en question à un tournant de sa vie.

 

J'ai aimé la manière de relater la vie de Taeko : l'auteur alterne le présent et les scènes du passé, celui de l'année des 10 ans de l'héroïne. On peut remarquer le thème, mis en avant, des valeurs traditionnelles, de la vie saine et paisible de la campagne, proche de la nature, la vie au sein d'une communauté solidaire, le respect de la nature et celui du travail agricole, notamment les balbutiements de l'agriculture biologique au Japon.

La nostalgie berce le film au point que ce sentiment accompagne toute la narration. Quant à la chute, il faut être patient et rester jusqu'au bout du générique de fin. J'adore ce procédé !

A noter qu’on ne peut le visionner qu’en VOSTF (Version Originale Sous-Titrée en Français) ce qui implique la capacité de lire rapidement. Je suis une inconditionnelle des films en VOSTF aussi ai-je adoré entendre les sonorités de la langue japonaise.

Quelques avis:

Films pour enfants  Sens critique  Buta connection  Kanpai


Visionné dans le cadre




2 commentaires:

rachel a dit…

Oh oui de la douceur...de chouettes souvenirs...ce film doit etre vraiment bon....

Katell a dit…

Il est excellent!