samedi 15 novembre 2008

Le libraire qui aimait les mystères

Monsieur Iwa est un vieux monsieur, libraire à Tanabe, quartier de Tokyo. Son petit-fils Minoru, un "bon à rien" comme il aime dire en plaisantant, l'aide une fois par semaine à la librairie qui fleure bon le vieux papier et les vieux recueils oubliés dans les rayonnages. Mais sont-ils vraiment oubliés? Monsieur Iwa sait que tout n'est pas à mettre entre toutes les mains et que certains vieux bouquins se méritent.
La librairie est un lieu de rencontres, parfois des plus improbables. Monsieur Iwa et Minoru se retrouvent au coeur d'énigmes qui, au premier abord, semblent anodines. Or, les interrogations qu'elles suscitent touchent au plus profond de l'âme japonaise. Ainsi cette histoire de fantômes, une jeune femme et son enfant, hantant les nuits d'une vieille dame, exécrable avec sa belle-fille. De fil en aiguille, l'histoire récente fait surface: la guerre et ses peurs, la guerre et ses abris, la guerre et la Bombe. Puis, une fois les corps retrouvés, l'apaisement des esprits referme, doucement, le volet si difficile de cette période de privation et de désespoir.
La librairie, lieu de passage, est presque un personnage à part entière, un personnage dont les portes sont toujours ouvertes (elle accueille les lecteurs jusqu'à minuit!!!): son arrière boutique où un thé attend le visiteur, où la poussière étouffe les bruits, où les révélations d'un petit garçon provoquent une immense émotion. Monsieur Iwa non seulement sait tirer les vers du nez des plus récalcitrants et sauve ainsi un garçonnet et sa famille des pires souffrances mais aussi sait faire parler les livres et leur contenu: les clefs des énigmes sont toujours cachées dans un livre.
Le lecteur vagabonde au gré des livres de la librairie, il se laisse porter par la culture livresque de Monsieur Iwa qui déplore le manque de diversité des lecture de Minoru! Ce qui m'a plu dans cette démarche, c'est le parti pris d'une énigme pas plus palpitante que cela gagnant en intensité à mesure que le récit se déroule: les indices sont éparpillés presque entre les lignes, entre les clins d'oeil aux livres et entre les petits riens qui dressent un portrait de la société japonaise urbanisée. Monsieur Iwa a décidé de ne pas vivre chez ses enfants mais seul dans l'appartement de son vieil ami disparu en lui léguant la librairie: cela intrigue et inquiète, ce côté résolument moderne de ce vieux monsieur.
L'atmopshère particulière de la librairie d'occasion de Monsieur Iwa porte les récits en les entourant de sillons où la poussière des livres danse au gré de la lumière. On flâne, on farfouille tout en suivant les mystères échouant parmi les rayonnages encombrés.


Récits traduits du japonais par Annick Laurent




8 commentaires:

Naina a dit…

C'est une vieille lecture pour moi (fin des années 90). J'aime bien les romans de Miyuki Miyabe. Les trois romans qui ont été traduits en français sont très différents les uns des autres mais valent la peine d'être lus.

Manu a dit…

Tu me tentes fortement avec ton billet ! Je note ce livre.

Karine :) a dit…

Ton billet est vraiment, vraiment tentant! Bien entendu, je note!

Jules a dit…

Je note aussi, parce que j'adore les couvertures Picquier et parce que je suis un peu farouche face à la littérature asiatique. Celui-ci donne envie par son sujet et tes commentaires!

Vanessa a dit…

Je note, je pense que je vais adorer.

cathulu a dit…

J'avais bien aimé un autre roman de cet auteur et si en plus ça parle de librairie, je note!

Armande a dit…

Rien que le titre me donne envie d'acheter ce roman. Je vois que comme moi, tu es accro aux éditions Picquier. J'aime beaucoup la littérature asiatique et je trouve que les couvertures chez cet éditeur sont souvent somptueuses.

chiffonnette a dit…

J'aime non seulement les histoires de librairies et de livres, mais en plus la littérature japonaise! Une découverte à faire donc!