mercredi 11 février 2009

Black London

Londres, ses policiers, ses truands, ses bas-fonds glauques, revisités par Ken Bruen que je découvre avec ce polar. Les temps ne sont pas faciles pour l'équipe R&B: Brant, suite à un comportement violent est astreint à une psychothérapie, Roberts est déstructuré par la mort de sa femme et s'enfonce dans un alcoolisme de l'oubli tandis que Falls, la fliquette noire, subit une solitude désespérante. Entre un Brant qui ne peut sentir son psy auquel il réserve une perfidie amusante, un Roberts qui se retrouve out, une Falls en apnée et un supérieur qui ne souhaite qu'une seule et unique chose, la peau de Brant, l'atmosphère a la lourdeur du plomb. Pour ne pas arranger les choses, des meurtres en série perpétrés sur des policiers fleurissent dans les ruelles londoniennes: ces sanglants crimes ne peuvent qu'être l'oeuvre d'un psychopathe!
Ce psychopathe existe bien: il est jeune, il est haineux envers la police (il a déjà eu maille à partir avec Brant), il est raciste,il est inculte, il est blanc, il est alcoolique et carbure à la bière et au redbull sans compter quelques prises de drogues. Un joli spécimen de l'errance humaine que ce Barry Weiss! Ah, ce tueur a une passion: les revues consacrées aux serial killers; il vénère ces hommes, il s'identifie à eux, il est aux anges quand il lit leurs aventures et se dit qu'il pourrait faire un excellent serial killer. Aussi, se lance-t-il dans le meurtre en série, déterminant le nombre et la spécificité de ses
proies (7 et des policiers),se donnant un surnom, Blitz,choisissant ses victimes au hasard, parvenant à passer inaperçu, gardant pour le meilleur pour la fin: Brant, la cerise sur le gâteau!
Ken Bruen tricote une intrigue qui l'air de rien happe l'attention, met en haleine, mêlant à la traque du fameux Blitz le désir de nuire professionnellement à Brant. En effet, le "super" envoie son "sbire", le pauvre McDonald, un jeune inspecteur servile et d'une bêtise incroyable, sur les traces de Brant afin de le faire tomber. Or, loin de parvenir au résultat escompté, McDonald se retrouve dans une épineuse situation: il est la cause indirecte de la mort d'un innocent....preuve s'il en est de sa notoire incompétence. Entre horreur, gravité et humour noir, Bruen dresse un portrait sombre de la part d'ombre de notre société moderne et fait le récit d'un combat, parfois tragi-comique, du bien contre le mal, un combat qui entraîne les représentants du bien à des actes incompatibles avec leur fonction. Le monde est souvent nappé d'un brouillard étrange dans lequel les silhouettes ont des contours indéfinissables: l'être humain possède ses parts de lumière et d'ombre, composantes d'une machine d'une incroyable complexité.
Ken Bruen offre au lecteur un récit dans le récit, donnant une autre dimension au roman, dans l'utilisation, à chaque nouveau chapitre, d'une exergue qui éclaire ou provoque l'interrogation du lecteur quant à la suite de l'histoire. Un moment labyrinthique qui tout d'abord étonne pour au final être un pan important de la construction de l'enquête.
"Blitz" est un polar où la noirceur est partout, infiltrée jusque dans les moindres recoins du récit, scandée par les traits d'humour noir d'où fuse le rire, un rire étranglé par l'étendue de la couche glauque du monde. Une errance guidée dans les rues londoniennes où l'atmosphère sulfureuse des nuits imprègne les phrases....une belle sortie dans le vertige du danger.
Merci encore Nanou pour cette balade londonienne (London Swap)!


Roman traduit de l'anglais (Irlande) par Daniel Lemoine





Policier lu dans le cadre du challenge "Littérature policière sur les 5 continents"

11 commentaires:

Nanne a dit…

C'est un roman dont j'ai lu beaucoup d'avis positifs, Kathel ... Et ton article me le confirme ! Je le note pour m'en souvenir et découvrir Londres sous un autre aspect ...

Ankya a dit…

Rien que pour la couverture sublime j'ai envie de lire ce livre :) Et oui, les couvertures sont aussi des critères de choix ;)

EUPHRASIUM a dit…

Bonjour,
Je soumets mon roman à votre critique.
https://www.zizole.blogs.psychologies.com/EUPHRASIUM
"Emma ou la rage de vivre"
Editions Amalthée.

Référencement en cours. Pour ceux qui le désirent: commande possible déjà à la FNAC.
Voir lien ci-dessous.
http://livre.fnac.com/a2620536/E-Calmont-Emma-ou-la-rage-de-vivre?OriginClick=yes
http://www.fnac.com/redir/emailing.asp?PRID=2620536
Et à :
http://www.cdiscount.com/search/calmont%20euphrasie/s-105.html?navid_nav=101


« Ils disposaient d’eau et d’une étendue de terre. De quoi avaient-ils besoin d’autre pour vivre ? Mais rien, absolument rien pour le moment. »
Emma à neuf ans. Avec ses joies et ses questionnements sur la vie, elle mène une existence au cœur d’une rizerie, en compagnie de ses camarades. De l’école à l’église, sans oublier les fêtes au village, camaraderie, amitié, solidarité, combativité dans le respect sont peintes comme des armes inoffensives et indispensables au bonheur ! Emma ou la rage de vivre s’ouvre sur un hommage aux ancêtres. Dans cet ouvrage, humanisme et optimisme sont mis en valeur , il s’agit d’une véritable philosophie de la vie.

Résumé:
Le passé dessine les contours du futur. Ainsi l’histoire ici racontée dans Emma ou la rage de vivre s’ouvre-t-elle sur un hommage aux ancêtres. En 1624, un groupe d’hommes, fuyant des guerres, s’élance à la recherche de terre pour construire un village de paix et d’unité.
De ces ancêtres audacieux et acteurs de leur vie, naît Emma dix-sept générations plus tard. Héritière de ce passé de braves hommes, dotée d’une curiosité à toute épreuve, Emma nous est présentée dans sa relation à la vie. Emma et ses camarades s’approprient le monde des adultes et évoluent à leur aise. A la rizerie, aux fêtes du village, au bal des collégiens, au marché, à l’école, dans les grands événements de la vie telles la maladie, la mort, Emma et ses amis sont sous nos yeux, toujours comme des acteurs selon leur degré de compréhension. Rien ne les freine. Dans leur monde, on peut parler même aux oiseaux. Oui, tout devient possible avec Emma et ses camarades. Les pluies diluviennes qui les gardent à l’école pour une nuit sans crier garde, donnent lieu à des mises en scène de joie. Et tous sont entraînés dans de tels élans quelles que soient les circonstances.
Des enfants, mais des enfants tout à fait raisonnables comme des adultes, on dirait. Emma nous mène dans un monde d’éveil et émerveillement en toute chose. Et la curiosité, l’amitié, l’émulation, la joie, le respect de l’autre … donnent accès au bonheur immédiat. L’émerveillement et la curiosité qui animent ces enfants semblent prolonger ce bonheur dans le futur. En cela, Emma ou la rage de vivre est un ouvrage axé sur l’humanisme et l’optimisme. Les aptitudes à ces valeurs se retrouvent ou en tout cas, sont accessibles aux enfants de tous les pays. Aussi pouvons-nous dire que Emma ou la rage de vivre est un ouvrage résolument tourné vers le futur et sur le monde.

Nanou a dit…

Je suis ravie qu'il te plaise. Je sais pas si j'aimerais le lire, ça a l'air très noir !

Cécile a dit…

C'est noir, ça se passe à Londres, c'est pour moi !!!

Katell a dit…

@nanne: Ce roman est une belle découverte pour moi! Le tandem R&B est vraiment intéressant.
@ankya: A qui le dis-tu!!! Non seulement la couverture mais aussi l'odeur peut entrer dans la détermination d'un choix (héhéhéhé, ça m'arrive très souvent!).
@nanou: Tu as fait un très bon choix et je t'en remercie :-D Certes le sujet est un peu sombre mais que serait un polar sans un peu de boue stagnant au fond de l'âme humaine? Je peux dire que l'ironie est toujours présente, permettant une distanciation par rapport aux crimes commis...ça aide à faire passer le sordide!
@cécile: alors bonne future lecture :-D

cathulu a dit…

Un bon Ken Bruen de temps en temps, ça fait du bien !:)

Karine :) a dit…

Bruen est un auteur que je dois encore découvrir... j'ai entendu plein de bons commentaires sur celui-ci...

Lou a dit…

ah,c'est beau d'avoir une vocation... (cf Barry) ! :)

Catherine a dit…

Argh, heureusement que je passe !
Tu ne m'avais pas contactée pour me dire que cette chronique était en ligne chez toi et du coup je ne l'ai pas encore publiée sur le blog consacré au défi !
Là, je crois qu'elle sera publiée vers le 13 mars (vendredi prochain).

Catherine a dit…

Katell, ça y est : ton article est en ligne depuis ce matin sur le blog consacré au défi ! Bonne fin de semaine et bonne continuation du défi !