mercredi 3 décembre 2008

Quête de soi et contes de fées

Une jeune femme retrouve Roland, le psychothérapeuthe qui l'a suivie depuis sa plus tendre enfance. Les retrouvailles entre le père (le psy) et la fille (la jeune femme) vont permettre à cette dernière de se définir à nouveau une place dans la vie. Elle est bien la fille de son père même si ce dernier ne l'a jamais reconnue, même si sa mère l'a quittée, les a quittés, pour partir vivre avec un autre homme.
Roland habite dans une vieille et grande maison, à la campagne, et a choisi de vivre coupé de sa famille et du monde. Seule, une aide-ménagère vient chaque jour assumer les tâches quotidiennes: elle est entourée d'un halo de mystère car elle ne montre jamais son visage et fuit les regards de la narratrice.
Chaque soir, la narratrice trouve sur l'écritoire de sa chambre un conte de fées, clef déposée par une main mystérieuse pour qu'elle emprunte le chemin tortueux de son insconscient. Chaque soir, un nouveau conte ouvre les portes d'une interrogation intime et offre un élément de réponse qui comblera ses béances angoissantes. Chaque nuit, un rêve viendra perturber son sommeil et l'éveiller à une révélation sur ses blessures. Chaque jour, la narratrice s'interroge sur l'identité de l'aide-ménagère, se demande à quoi elle peut ressembler jusqu'à ce que quelques menus objets, apparemment oubliés, l'amène à penser à une personne importante pour elle, celle qui l'a élevée et aimée plus que sa mère: Angèle.
"Le chemin des sortilèges" est l'histoire de la quête de soi menée par une femme un peu perdue dans sa vie, s'interrogeant sans cesse, ne pouvant vivre pleinement son destin et tentant de trouver une réponse à ses angoisses par la lecture des contes de fées.
De La Belle au bois dormant à Blanche-Neige en passant par Cendrillon, Le petit Poucet ou encore Le petit Chaperon rouge, Nathalie Rheims pianote, un peu falote, des gammes sur la partition de la Psychanalyse des contes de fées écrite par Bruno Bettelheim! Le conte, rite de passage entre l'enfance et le monde adulte, donc celui des parents, donne du sens à la vie aux enfants comme aux adultes dont les blessures de l'enfance ne sont pas encore cicatrisées. La narratrice doit assumer la non reconnaissance aux yeux de la loi de sa naissance, et donc de sa vie, par son père biologique et se construire, cahin-caha une vie dont les fondations ne sont guère solides.
Ce serait mentir que d'écrire que j'ai aimé, adhéré à cette histoire et ce serait mentir, aussi, que d'écrire que le roman me soit tombé des mains. Cependant, à aucun moment, je n'ai été charmée par l'écriture, certes fluide, facile à lire mais à mon goût insipide, de Nathalie Rheims. A aucun moment, je n'ai pu entrer dans l'histoire de cette femme qui se cherche désespérement et qui lentement accepte son deuil, ni avoir de la sympathie pour elle. Le dénouement peut éventuellement surprendre (encore que....) mais reste sans saveur: certes, il est difficile de comparer un essai avec un roman, pourtant l'essai de Bruno Bettelheim m'a paru plus palpitant que "Le chemin des sortilèges" qui ne m'a en rien envoûtée!
"Le chemin des sortilèges" est un roman, certes bien documenté sur les différentes entrées interprétatives de nos contes de fées traditionnels, qui ne restera pas gravé dans ma mémoire: il a un je ne sais quoi de trop facile pour emporter mon adhésion. Sans doute, ne suis-je pas non plus réceptive à certains thèmes et n'ai-je pas pu saisir l'essence du propos de l'auteure. Assurément, le propos tourne autour de l'acceptation du deuil, de la longue marche intérieure et intime à effectuer pour parvenir à une sérénité dans le souvenir de l'être cher disparu; or, je suis toujours restée à la lisière de l'histoire....crainte d'entrer dans la forêt profonde des peurs inexpliquées ou de regarder des reflets dans le miroir désagréable parfois et inquiétant des émotions bien cachées au tréfonds du coeur?





Je remercie Suzanne de Chez les filles et les éditions Léo Scheer de m'avoir fait parvenir ce roman.





NB: vous trouverez de nombreux liens vers d'autres avis chez lili, joelle et fashion!

12 commentaires:

Joelle a dit…

Donc, ça y est ! Maintenant, tu sais que tu fais partie du groupe de ceux qui n'ont pas tellement apprécié ;)

La liseuse a dit…

Ton titre est alléchant mais on déchante vite vers la fin du billet. Une économie de plus donc !

sylire a dit…

Effectivement ce livre n'a pas fait l'unanimité. Moi je fais partie de celles qui ont aimé.

Praline a dit…

et moi, celles qui n'ont pas aimé.

Flo a dit…

Je l'ai à la bibliothèque mais plus ça va, moins je suis tentée.

Nanou a dit…

Je l'ai lu, il y a quelques jours et j'ai un peu de mal à écrire mon billet le concernant. En fait, je trouve qu'il y manque de l'authenticité. Et la fin est restée assez floue, pour moi. Pourtant, l'idée était bonne. Dommage !

Restling a dit…

Moi non plus, je n'ai pas trop aimé ni réussi à accrocher sur cette héroïne insipide...

Djemaa a dit…

Bonjour, votre blog est très agréable à découvrir. Pascal Djemaa, journaliste.

Karine :) a dit…

Je fais partie de celles qui ont trouvé ça pas mal... je suis mitigée mais j'ai quand même davantage apprécié que la moyenne des bloggueuses, je crois!

Katell a dit…

@joelle: je ne me sens pas trop seule ;-)
@la liseuse: je l'ai lu jusqu'au bout mais sans conviction!
@sylire: Je n'ai pas pu entrer dans la dynamique de l'histoire. Sans doute pas le bon moment pour ce roman.
@praline: Il ne fait pas l'unanimité ce roman!
@flo: je dirai que ce roman n'est pas un incontournable.
@nanou: il est vrai que l'idée était intéressante au départ.
@restling: une héroïne difficile à suivre et à apprécier.
@Djemaa: Bonne fin de soirée et merci d'être passé par ici ;-)
@karine :): que veux-tu, l'héroïne m'a très vite agacée et je n'ai pas pu la suivre!

sylvie a dit…

moi aussi j'ai aimé me glisser dans cette courte lecture qui nous plonge dans un univers onirique et un brin surnaturel pour nous parler des blessures de l'âme.

Ariane a dit…

Et oui, ce livres est quand même moyen...
Y en a trop. Trop de psychanalyse, trop de conte de fée. Heureusement il se lit vite.
Ariane, d'Une semaine un chapitre