jeudi 9 août 2007

Embrouilles à l'italienne


Quatrième de couverture:


« Car tout était déjà en moi, enfoui. Quelque chose entre la tragédie grecque et la comédie à l'italienne. Une farce bouffonne au goût amer, un drame dont on se retient de rire. Ni une complainte, ni une leçon, ni une morale. Juste une ode à la déroute, un poème chantant la toute-puissance de l'absurdité face au bon sens... »


Antonio Polsinelli est le fils d'un immigré italien à la hanche douloureuse et qui part chaque année en cure à Perros-Guirec. Il a suivi des études universitaires et est maquettiste à Paris. Paris, surtout pas la banlieue de son enfance qu'il veut oublier: il n'en peut plus de l'image de « rital » français! Un jour, son chemin croise à nouveau celui d'un de ses meilleurs amis d'enfance, Dario. Ce dernier lui demande de lui écrire une lettre, qu'il recopie, pour une certaine Mme Raphaëlle. Il est question d'argent à rembourser, de peur, de projet important: dans quelle galère s'est fourvoyé Dario, le roi des petites combines sans incidences graves?
Quelques jours plus tard, Dario est retrouvé mort, assassiné: par qui? Pourquoi? Lui qui n'a jamais été un dur, un caïd! Antonio découvre que Dario est allé plusieurs fois en Italie, dans le village natal de leurs parents, puis aux Etats-Unis, pour une histoire de vignes à acheter. Dario désirait-il devenir viticulteur? Amener par un élevage attentionné la piquette de Sora, village placé sous la protection de Sant'Angelo, en vin de qualité de terroir? L'image ne colle absolument pas à la personnalité de Dario, paresseux devant l'Eternel, partisan du moindre effort; or la vigne demande à se baisser et à suer pour elle!
Antonio part sur les traces de son ami en Italie car Dario en a fait son héritier! A partir de cet instant, la tragédie grecque se transforme en comédie à l'italienne où se croisent d'anciens membres des Chemises Noires, un parrain newyorkais aux accents italiens (la Cadillac blanche et ses sbires en Ray Ban...un vrai moment de cinéma de la grande époque!) et un argentier du Vatican (ne pas oublier que nous sommes en Italie et qu'à partir du moment où un miracle a eu lieu...le Vatican n'est jamais bien loin!) très convaincant et pas très éloigné du parrain dans sa manière de voir les choses. En effet, tout s'accélère à partir du moment où le Sant'Angelo de la chapelle au milieu des vignes de Dario a repris du service grâce à un miracle (du vin suinte sur la statue du saint et un aveugle recouvre la vue!!!): les bouteilles invendables s'arrachent à prix d'or, on parle d'en faire le vin de messe attitré des curés italiens, les marchands du Temple s'empressent, les envieux et les spéculateurs également! Il y a des poursuites infernales, des passages à tabac, des menaces doucereuses et douloureuses, des lancers de pierres et des insultes, du racket et de l'argent à gagner. Mais il y a aussi le récit des années de guerre du père d'Antonio, scandant l'action et mettant en lumière le pourquoi de certains indices jusqu'à la chute finale étonnante où un autre miracle (à l'italienne??) a lieu!
Un roman policier plein de verve et d'esprit, au vocabulaire gouailleur fleurant bon les histoires de vendetta, de « parrains », de religieux retors et mystérieux et de ferveur religieuse. Un agréable moment de lecture où le rire est toujours présents même lorsque certains pans du passé italien est discrètement abordé. Grâce à Tonino Benacquista les pages sentent la sauce tomate (au passage, la vraie sauce tomate cuit dix minutes ou alors au moins deux heures....l'entre-deux n'existe pas dans cet art culinaire!) et les pâtes al dente. Les mamas sont égales à elles-mêmes ainsi que les paters familias, surtout quand ils détestent au plus haut point les rigatoni!
Après une telle lecture, on a envie d'un bon plat de pâtes ou d'une belle pizza, le tout arrosé d'un chianti à la belle robe rouge!

12 commentaires:

maijo a dit…

Oh là là! Et moi qui n'ai toujours pas commencé Saga. Ce sera le prochain!

val a dit…

Celui-ci, je l'ai lu il y a longtemps déjà, c'était mon premier Benacquista et j'ai encore le souvenir des pasta ! c'est dans ce livre où il ajoute des petits pois ? Bon je m'égare... très bon polar ! ;)) je vote pour !

JULES a dit…

"Quelqu'un d'autre" n'a laissé que de bons souvenirs... Alors, je prends le livre, les pâtes et... le chianti! ;p

Katell Bouali a dit…

@maijo: ouh làlàlà prends ton temps, je ne suis pas en train de guetter le moment où tu vas le lire ;-D
@val: Il y a du maïs! Mais chuuut...
@jules: je note "Quelqu'un d'autre" ;-)

val a dit…

heureusement que je n'en ai pas mis ma main à couper ! ;)) j'étais persuadée que c'était des petits pois ! Aïe ma mémoire !

Sibylline a dit…

J'aime Tonino Benacquista!
Et ton commentaire aussi ;-))

Sibylline a dit…

Mais ce n'est pas avec ça qu'on va rentrer dans nos maillots de bain!

cathulu a dit…

Quels maillots de bain ? Ceux doublés en polaire?

maijo a dit…

Commencé hier soir, je suis déjà emballée par l'histoire. Ah, il sait imaginer des personnages aussi savoureux que les pâtes, le chianti et la vraie sauce tomate!

Anne a dit…

J'aime tous les romans de T.B que j'ai pu lire. Avec une préférence pour "Saga" et "Malavita". Mais j'ai toujours fait l'impasse sur ses polars. J'ai laissé de côté cette littérature depuis un bon moment. Bon mais si tu me prends par la gourmandise, je peux revoir l'affaire...

Katell Bouali a dit…

@val: aurais-tu la mémoire qui flanche? ;-)
@sibylline: Je pense à toi pour les critiques ;-) Quant au maillot de bain, je ne l'ai pas encore mis depuis que je suis en vacances! Quoique depuis une semaine le soleil est là...je pourrais faire un effort!
@maijo: tu me mets l'eau à la bouche!
@cathulu: c'est pour cela que je ne suis pas encore allée à l'eau...j'aurais trop peur de couler ;-D
@anne: il n'est pas "gore" du tout et plein d'humour. Puisque tu aimes T.B, tu ne devrais pas être déçue par ce titre.

Larkéo a dit…

je l'ai faite sa recette elle est là :
http://prairie.canalblog.com/archives/2006/08/15/2469833.html
allez-y c'est super bon ! (le roman aussi)