jeudi 23 août 2007

Parfois les murs murmurent

Pascaline, quarante ans, divorcée et informaticienne, travailleuse acharnée et ultra compétente, emménage dans un appartement qui lui convient parfaitement. Elle a enfin son chez elle, elle souhaite faire peau neuve et ne plus penser à l'homme qui fut, récemment encore, son mari: une nouvelle vie commence.
Or, très vite, des bouffées d'angoisse l'assaillent et chaque soir devient un moment cauchemardesque: la nuit ne lui apporte pas le sommeil, loin de là. Des images violente, aux couleurs agressives viennent la hanter. Pourquoi? Que lui arrive-t-il donc? Elle qui est si rationnelle, si performante, si raisonnable se met à avoir des sensations étranges, se met à entendre parler les murs des maisons!
Pascaline va se retrouver à partir sur les traces d'un tueur en série, à penser sans cesse aux jeunes filles victimes de ce dernier. Elle remontera dans le temps, dans sa mémoire de petite fille sensible aux passés de souffrance. Elle revivra la perte de son enfant, Héléna, perte dont une mère ne peut jamais se remettre. Une errance dans le passé et dans les rues parisiennes jusqu'au point de non retour.
J'ai été rapidement embarquée dans l'histoire au rythme soutenu et au mystère que l'on souhaite éclaircir. Pascaline est une étrange femme qui a perdu sa place dans le quotidien. Une tragédie affleure à pas feutrés, la difficile acceptation de « la vie continue » amène inexorablement Pascaline à affronter ses fantômes et à prendre une décision irrévocable.
Autant j'avais aimé « Spirales », autant « La mémoire des murs » me laisse un peu sur ma faim. Est-ce le fait d'utiliser le surnaturel sans vraiment s'y lancer? Est-ce le fait de ne pas ressentir une réelle sympathie pour le personnage de Pascaline? Pourtant, ce qu'elle a vécu ne peut laisser indifférent: perdre son enfant est tellement à l'encontre de l'ordre des choses! Sans doute, Pascaline apparaît-elle trop vouloir, mordicus, conserver le contrôle jusqu'au bout quitte à ne pas regarder la réalité en face et refuser l'idée même d'une aide extérieure: la machine se met à aller dans tous les sens et à ne plus fonctionner correctement.
Un détail, qui peut faire « tiquer », m'a plu, bien que j'eusse aimé qu'il soit plus approfondi (mais sans doute n'était-ce pas le bon livre pour en parler): le Vel d'Hiv' et cette horrible journée du 16 Juillet 1942! Maintenant se dressent les murs du ministère de l'Intérieur....terrible ironie, non? La mémoire des murs demeure-t-elle même lorsqu'ils ont été abattus pour oublier un lieu, une date empreints d'horreur et une époque historique odieuse? L'infamie souffle-t-elle encore dans les couloirs du ministère ou les étages des immeubles alentour les murmures sans fin des innocents suppliciés?
Cependant, la maîtrise de l'auteur sur l'intrigue est indéniable et efficace: la chute m'a estomaquée, soufflée, glacée et effrayée!


Des avis différents: Cuné Valdebaz Laure Frisette et Anne
Bellesahi qui gentiment m'a prêté le livre propose de le rendre voyageur. Il suffit de me le faire savoir par courriel ;-)

14 commentaires:

cathulu a dit…

Malgré ta critique alléchante, je passe car je suis définitivement allergique à TdR comme dit Val !

anjelica a dit…

Afin de découvrir cette auteure, je vais commencer par Spirales que j'avais noté suite à ton billet :)

Frédérique a dit…

Moi c'est Valdebaz qui me l'a envoyé ! Je n'ai pas encore eu le temps de le lire alors je n'ai que survolé ton article pour ne pas me faire d'idée préconsue.
Sympa cette idée de livre voyageur

Gambadou a dit…

Je vais d'abord essayer de commencer par son dernier...

Lamousmé a dit…

et bien moi je n'ai jamais lu tdr (comme on dit dans la blogobulle) un jour je m'y mettrais pas curiosité mais là vue ma Pal cela ne serais vraiment pas raisonnable!!! :o)))

moustafette a dit…

Non merci !

valdebaz a dit…

Effectivement, je n'ai pas été très emballée par cette histoire et le passage dont tu parles (Vel d'Hiv') est l'un de ceux qui m'a gênée.
L'idée du livre voyageur est à retenir ! Fred, si tu repasses par-là !... ;)

Katell Bouali a dit…

@cathulu: ;-)
@anjelica: C'était mon premier TdR (je pique cela à Val)et je l'ai mieux apprécié que celui-ci.
@frédérique: j'attends ton commentaire avec impatience.
@gambadou:"Elle s'appelait Sarah" a beaucoup de succès, je ne l'ai pas encore lu.
@lamousmé: c'est bien d'être raisonnable ;-)
@moustafette: ;-D
@valdebaz: je comprends ce que tu as ressenti. Moi j'aurais aimé que les sensations paranormales de Pascaline soient plus explorées à ce moment-là: le fait que ce soit le ministère de l'Intérieur qui remplace le Vel d'Hiv' est tout sauf anodin (le tueur a failli se faire la belle dans l'histoire!), du moins est-ce mon avis. Si cette piste avait été exploitée, la mention du 16 Juillet 1942 n'aurait pas paru aussi étrange.

florinette a dit…

Je l'ai dans ma PAL, alors on verra bien ! ;-)

pom' a dit…

j'ai retrouvé le même plaisir que à la lecture de "Spirales" mais c'est vrai que la surprise n'était pas au rendez-vous, en effet j'avais deja un aperçu de ce qu'il m'attendais alors que "Spirales" fut une heureuse decouverte, j'ai aussi lu "le voisin" qui est dans le même style

Katell Bouali a dit…

@florinette: je suis très intéressée par ton avis :-) !
@pom': J'ai l'impression que "Spirales" passait mieux que "La mémoire des murs". Je n'ai pas encore "Voisin"...je le note
;-)

fashion victim a dit…

Ben moi je veux bien que tu me l'envoies si ce n'est pas trop tard... Depuis le temps que je veux lire tdr...

Katell Bouali a dit…

@fashion victim: pas de problème! Il me faut juste ton adresse postale ;-)

Joelle a dit…

Je l'ai acheté cet été ... histoire de découvrir enfin cette auteure !