dimanche 25 janvier 2009

Cadaqués


Un couple s'éprend d'une petite ville côtière catalane, en Espagne. Il y revient régulièrement, goûtant ses luminosités changeantes selon les saisons, ses havres de langueurs et de rêveries, ses incitations à dessiner, croquer ou peindre. Ce fut d'abord le logement dans une chambre d'hôtel, puis dans une pension, toujours la même avec la vue identique sur la mer et sur une île.
Le lecteur suit le récit de l'homme qui se souvient des jours, des heures passées à Cadaqués, village devenu petite ville, que l'on atteint après une épopée en train puis en car, serpentant le long de la côte et des flancs de la montagne aux senteurs méditéranéennes iodées. Un voyage initiatique, un rituel indispensable pour respirer le parfum unique de Cadaqués. Lors de la traversée d'un carnaval, Léa, sa compagne, a disparu mais a-t-elle vraiment disparu? Au fil du récit, l'écheveau est loin d'être simple à démêler....
"Cadaqués, aller simple" est impossible à résumer car grand est le risque de trop en dévoiler. La lecture est celle des souvenirs des sensations, des odeurs, des bruits, des musiques du village et de ses habitants; elle serpente entre "les chats alanguis sur les marches" et "le vent dans les branches du pin" à l'image d'un tortillard de la rêverie ou de la déambulation poétique de l'écriture. Même les déguisements du carnaval deviennent d'étranges figures oscillant entre le fantastique et le féérique: la réalité s'estompe devant l'imaginaire pictural de l'atmosphère particulière de Cadaqués.
"Cadaqués, aller simple" est aussi un monologue qui déroule les liens que tissent le couple avec Cadaqués mais aussi ceux lentement tissés avec leur intériorité, leur passé, leur être intime. Le narrateur dévide la pelote de leurs mémoires et construit peu à peu, en transparence, ce qu'a été leur vie.
Je n'ai pu rester insensible à l'écriture poétique de l'auteur et encore moins à ses références aux artistes du mouvement Surréaliste qui ont fréquenté cette partie de la côte catalane. Un très joli voyage où l'imaginaire est à chaque détour de phrase.





Ce roman a été lu dans le cadre du Cercle des Parfumés


6 commentaires:

cathulu a dit…

S'il est question de sensations, je note ! Bon dimanche, Katell!

Manu a dit…

Quelle belle façon de parler de ce livre !

gambadou a dit…

et pour ceux qui ne connaissent que les côtes bretonnes ? je ne suis pas sûre que la chaleur et les pins me parlent :-))

Ankya a dit…

Un livre difficile à commenter de peur de trop en révéler ? Voilà qui est intéressant :)

Odilette a dit…

quelle jolie critique qui me donne très envie de lire ce livre pour la simple raison que je connais très bien ce village catalan de Cadaquès que j'adore...
un livre tout en sensations ? ça doit faire du bien à la mémoire ...
merci

Katell a dit…

@cathulu: c'est un petit roman qui vaut la peine d'être découvert!
@manu: merci manu. J'espère que tu auras l'occasion de le lire.
@gambadou: "Cadaqués" ne parlent pas uniquement de cigales ou de pins ;-) C'est le voyage dans les souvenirs et les sensations qui est intéressant.
Tu pourrais le lire en pensant à Dinard sous le soleil estival breton ;-p
@ankya: nons seulement il est court mais en plus difficile à commenter...le propre d'un excellent roman poétique?
@odilette: J'espère donner l'envie de lire ce roman qui me semble être resté confidentiel....sans Kenavo de Parfum de livres je serais passée à côté d'une jolie écriture!