mardi 6 novembre 2007

Le blues du Commissaire


"Le brouillard.
Comme l'approche d'un prédateur silencieux.
Je ne m'y habituerais jamais, pensa-t-il. Bien que j'ai vécu toute ma vie en Scanie, où la brume entoure constamment les gens d'invisibilité."


Ainsi commence "L'homme qui souriait", annonçant les méandres d'incertitude où s'embrouilleront parfois les inspecteurs d'Ystad.
Un avocat, Gustaf Torstensson, est retrouvé mort , apparemment victime d'un accident de la route...ce soir-là le brouillard était dense. Cependant, son fils, Sten Torstensson, n'est pas convaincu par la thèse de l'accident et vient trouver le commissaire Kurt Wallender au fin fond de sa retraite sur l'île danoise de Jylland et le supplie de l'aider à éclaircir la zone d'ombre planant sur l'accident. Wallender, décidé à présenter sa démission, refuse de s'en mêler, bien que Sten soit un ami. Quelques jours plus tard, ce dernier est assassiné dans son bureau. En apprenant la nouvelle, le jour où il compte signer sa lettre de démission, Wallender décide de remettre à plus tard sa décision. L'enquête commence, emmenant l'équipe de Wallender sur les traces d'un richissime homme d'affaire suédois, à la vie singulière et mystérieuse, élégant et sûr de lui et de son pouvoir, arborant en toute circonstances un éternel sourire. Caractéristique qui agace au plus haut point Wallender. L'enquête est longue et minutieuse, parsemée d'embûches et de découvertes plus atterrantes les unes que les autres: derrière cet "homme qui sourit toujours" se cache un empire des plus opaques où les abus les plus éhontés en constituent l'ordinaire. Gustaf Torstensson, qui avait sans doute découvert une partie de l'immense échaffaudage financier, est le petit grain de sable qui fait trembler tout cela....Kurt Wallender, la meule qui pourrait bien broyer la machine à fric infernale.
Une enquête de notre commissaire Wallender où ce dernier apparaît submergé de doutes et de désespoir après avoir tué un homme en service. Un an de mal être indicible, d'écoeurement, de tourments et de cauchemars que les plages immenses et désolées, en hiver, de l'île de Jylland ne parviennent pas à gommer. Wallander traîne sa carcasse en maudissant sa vie de policier déprimé et un brin alcoolique mais paradoxalement reprend goût à la vie en empoignant à bras le corps le mystère de cet homme d'affaires trop lisse pour être vraiment honnête et en endossant, à nouveau, son costume de commissaire tenace et têtu.
J'ai aimé ce côté désenchanté de Wallander (sans doute parce qu'il fait echo à mes doutes et interrogations devant un monde que j'ai de plus en plus de mal à saisir) ainsi que son côté fleur bleue: il est amoureux et espère que ses sentiments ne seront pas ignorés. Les lettres qu'il écrit sans les envoyer avant de se jeter enfin à l'eau.
La fin est trépidante à souhait: les dernières pages se lisent presqu'en apnée, le coeur emballé par tant d'émotions et de frayeurs. En effet, l'univers de la finance internationale est diaboliquement glaçant et fait frissonner d'angoisse! Du grand Henning Mankell....un Wallender du meilleur crû!
Roman traduit du suédois par Anna Gibson

12 commentaires:

Flo a dit…

voilà un des Mankell que je n'ai pas lu !! Ton commentaire fait envie!

rennette a dit…

je l'avais également beaucoup aimé et j'aime vraiment beaucoup ce commissaire !!

moustafette a dit…

Ah je l'aime bien ce Wallender mais je me demande si on devrait pas l'envoyer faire un stage au pays dogon, histoire de lui remonter le moral :

cathulu a dit…

Je copie sur rennette!

BelleSahi a dit…

Bouh cette couverture !

maijo a dit…

Je viens justement de finir Le fils du vent, du même auteur, que j'ai beaucoup aimé. Je note donc celui-ci.

florinette a dit…

Pourtant, la couverture ne m'aurait pas du tout attiré l'oeil, mais le reste m'intéresse grandement !!

Katell a dit…

@flo: je ne l'avais pas lu non plus et je ne regrette pas de l'avoir kidnapper à la bibli (plus d'un mois de recel avant de trouver le tempsd e le lire :-o )
@rennette: il est attachant et attendrissant!
@moustafette: oui sans doute que cela lui ferait du bien de temps en temps ;-)
@cathulu: je te fais la même réponse alors ;-)
@bellesahi: pour le coup, je comprends ton cri...elle est flippante cette couverture!!!!
@maijo: c'est un excellent polar!
@florinette: je te le recommande si tu aimes les polars scandinaves.

Joelle a dit…

Je suis complètement à la bourre dans cette série mais ces livres sont souvent empruntés à la biblio ! Comment je fais, moi, dans ce cas-là ? mdr !

dasola a dit…

Bon Henning Mankell, je les ai presque tous lus. Et c'est vrai que le commissaire Wallander est un personnage excessivement attachant.

yueyin a dit…

Après avoir été une inconditionnelle de Wallender, j'ai été un peu déçue par les derniers que j'ai lu (et qui se sont révélés les premiers a avoir été écrit en fait - quel souk) Je pourrait peut être renouer avec Wallender finalement, grâce à toi :-)

Katell a dit…

@joelle: tu fais un hold up à la biblio? mdr!
@yueyin: ce serait bien car il mérite d'être lu ce commissaire ;-)
@dasola: je trouve aussi...très attachant ce personnage!