mardi 22 janvier 2008

Une Egypte ancienne vue par Mahfouz

"La malédiction de Râ" ou l'histoire d'une prédiction sous le règne du pharaon Khéops. Un mage lui révèle qu'il n'aura de descendant à accéder au trône après sa mort, que son successeur sera un nouveau-né, le fils du prêtre du temple de Râ d'Awn. Aussitôt une expédition est montée afin de faire disparaître le bébé, ombre dans le firmament de Khéops. Ce que le pharaon, au faîte de sa puissance, ignore c'est que le même jour, une servante de Radde Didit, l'épouse du grand prêtre, a, auss,i mis au monde un enfant. Le prêtre parvient à faire fuir, sous la houlette de Zaïa, une servante fidèle, sa femme et son fils au moment où la troupe royale arrive aux portes d'Awn. La méprise du pharaon sauve ces derniers. Au cours de leur fuite, Zaïa s'endort et la charrette de blé s'égare en bordure du désert, territoire incertain où rôdent les Bédouins. Zaïa, au réveil, prend peur, s'enfuit avec le bébé, abandonnant Radde Didit à un triste sort. Zaïa, femme en mal d'enfant, adopte, élève et éduque Djédef comme son propre fils, à Memphis, résidence royale. Djédef y sera élevé comme un noble et intègrera l'armée du pharaon où il récoltera honneur et confiance du souverain.
Bien entendu la prédiction du mage se réalisera à la suite de multiples péripéties plus haletantes les unes que les autres.
Ce qui est intéressant dans ce roman, c'est l'histoire millénaire égyptienne évoquée par la plume sagace et poétique de Naguib Mahfouz. Le roman publié en 1939 contient tout ce qui imprègnera l'écriture de ce dernier: les racines égyptiennes, l'identité, la filiation, la trahison, la fidélité et, surtout, le sens de la destinée...même s'il est loin d'être son meilleur roman (Mahfouz fait ses débuts d'écrivain en 1939). En effet, Khéops comme Djédef ne peuvent échapper à la prédiction des dieux, relayée par le mage. Leur vie respective, leurs actes les mèneront au point final sans qu'ils contrôlent quoi que ce soit.
"La malédiction de Râ" est un roman historique bien enlevé, à l'intrigue certes claire mais à la chute étonnante. Par ailleurs, comment résister au talent de conteur de Mahfouz? La réponse est simple: on ne peut pas lui résister et on se laisse embarquer, joyeux, dans le dédale de ses mots.


Roman traduit de l'arabe (Egypte) par José M. Ruiz-Funes et Ahmed Mosrefaï

9 commentaires:

Gwendal a dit…

Et bien en voilà un blog qui donne envie de se plonger entre les lignes d'un bon roman ! Chat c'est sur !

freude a dit…

Je ne connais pas ce titre de Mahfouz, mais ton billet me donne envie de le lire.

Nanou a dit…

Tes deux billets récents sur Mahfouz me donnent bien envie de découvrir cet auteur. Comme tu le sais, j'ai un titre de lui dans mon challenge "Au nom de la rose". Je vais m'y mettre au plus vite !

maijo a dit…

Un autre titre de Mahfouz à noter.

Katell a dit…

@gwendal: c'est gentil d'être passé me rendre visite ;-) Je ne peux que te conseiller la lecture de Naguib Mahfouz, auteur égyptien, disparu en 2006, à l'immense talent!
@freude: ce n'est pas son roman le plus connu. Il a été éclipsé par les suivants beaucoup plus brillants ;-)
Je suis ravie de t'avoir donné envie de le lire! Mahfouz est un auteur à découvrir.
@nanou: ;-) Je vais le réserver à la BCA car je ne l'ai pas encore lu. Je guette ton avis!!!
@maijo: eh oui...Mahfouz est absolument génial à lire :-D

Karine a dit…

Ce n'est pas un univers qui me passionne à prime abord mais avec ta façon d'en parler, j'ai quand même le goût de voir ce que j'y trouverais. Peut-être commencerais-je par les romans que tu qualifies de "plus brillants"!!! :))

Katell a dit…

@karine: je te conseille de commencer par la trilogie cairote: "Impasse des deux palais", "Le palais du désir" et "Le jardin du passé"

Grominou2 a dit…

J'allais justement te demander par quels titres on devrait découvrir cet auteur! Je prends note de ceux que tu suggère à Karine!

Katell a dit…

@grominou: pioche à loisir dans ces beaux titres et je te souhaite ne très belle découverte de Mahfouz!