vendredi 25 janvier 2008

L'arme fatale


quatrième de couverture


"Londres. A l'arrière d'un bus qui traverse la ville, le jeune Joel, sa sœur et son frère roulent vers leur destin. Dans un quartier chic, Helen Lynley rentre chez elle. Elle est belle, heureuse, la vie lui sourit. Tout est en place pour une rencontre. Inexorablement fatale. Car, même s'il l'ignore, Joel est une arme vivante. Le détonateur, c'est son histoire, le chaos qu'on lui a donné pour tout bagage. L'explosif ? C'est son quartier, écrasé par la misère et la violence qu'elle génère. Jusqu'au dernier moment, Joel pense qu'il pourra choisir. Mais d'autres ont peut-être déjà choisi pour lui..."



L'alpha et l'omega de ce thriller atypique d'Elizabeth George: Joel, Ness et Toby, abandonnés, sur le pas de la porte d'une tante qu'ils ne connaissent guère, par leur grand-mère. Cette dernière part en Jamaïque rejoindre son compagnon, expulsé du Royaume Uni. Elle part sans un regard pour les trois enfants, elle part sans se soucier de l'après.
Commence alors pour Joel, Ness et Toby, mais aussi pour leur tante Kendra, une spirale infernale d'incompréhension, de non-dits, de maladresses et de désespoir. La rue, en banlieue, n'est pas très sûre pour le nouveau qui débarque dans un territoire inconnu: les bandes sont constituées et acceptent difficilement celui qui vient d'arriver. Les caïds roulent des mécaniques et exigent le respect au nouvel arrivant quitte à lui en faire voir de toutes les couleurs si le courant ne passe pas. La différence est signe de faiblesse....c'est ce que Toby, bambin de 7 ans, va subir malgré les soins attentifs de son frère Joel. Joel qui se tait, Joel qui fait le gros dos, Joel qui tente de passer inaperçu, Joel qui souffre de voir la déchéance de sa soeur et son impuissance face à elle, Joel qui, parce qu'il n'a que 12 ans, devient une bombe à retardement, une arme du chaos.
La force romanesque du récit est d'une efficacité redoutable par l'originalité du point de vue de l'auteure: Elizabeth George explore, scrute l'amont d'un drame. Elle se focalise sur l'avant d'un acte violent et passe au scanner les multiples faits qui amèneront Joel à se transformer en arme fatale. Elle démonte le système des bandes organisées qui vont du simple regroupement de petits voyous à l'association de malfaiteurs dirigée par un caïd (caïd qui est utile à la police et qui peut aider un suspect comme le sortir d'un mauvais pas).


Elizabeth George construit son roman en une accumulation de ressentis, de désespoirs, de sordides atmosphères, de souffrances tant physiques que psychologiques et en même temps augmente, en un parfait crescendo, l'angoisse du lecteur qui sent la noirceur finale arriver. Lentement, sûrement, elle montre combien il est difficile pour un enfant de sortir du contexte de violence dans lequel il a grandi et cela malgré la volonté farouche de sortir du cercle infernal de la fatalité.


Sa brillante trouvaille romanesque: le crime n'est pas le sujet principal du récit, il est presque anecdotique, mais les méandres politiques, sociologiques, culturels et psychlogiques qui construisent une individualité. Le dénouement est le summum de la noirceur: le lecteur en est retourné au plus haut point, il en frissonne et y pense longtemps après avoir fermer le roman. Le plus épouvantable dans le ressenti de lecture est de se demander jusqu'à quel point le jeune héros a-t-il été manipulé par La Lame, lui-même sous-fiffre de quelqu'un ou d'une organisation criminelle!
"Anatomie d'un crime" est un roman d'une grande noirceur écrit avec une virtuosité rarement égalée! Une lecture qui ne laisse ni indifférent ni indemne, au suspense intense....à lire sans modération.



Roman traduit de l'anglais (USA) par Dominique Wattwiller




L'avis de marie



Ce livre a été lu dans le cadre du Cercle des Parfumés

13 commentaires:

Karine a dit…

Oh, comme c'est tentant et intrigant comme billet! Je m'empresse de noter!!!

allie a dit…

Tiens, ton billet donne vraiment envie! en plus je n'ai jamais lu cette auteure! Il faudrait que je tente!

cathulu a dit…

j'aime beaucoup cette auteure,je vais regarder s'il est à la médiathèque !

Lisa a dit…

C'est très tentant! Je le note dans ma loooooooongue liste!

rennette a dit…

/je l'ai dans ma pile reçu à noêl et de toutes façons E. George m'a rarement déçue !!!

Emeraude a dit…

eh bah tu sais donner envie !!! :-)

Gambadou a dit…

moi qui n'aime pas les romans noirs.. tu vas réussir à me faire craquer !!!

kathel (SBF) a dit…

Ouh la ! Je crois que je ne l'ai pas lu, celui-ci ! Est-ce bien "With no one as witness" en V.O. ? Si c'est le cas, je compte me le faire prêter !

kathel (SBF) a dit…

Ce ne serait pas plutôt : "What came before he shot her " ?
Je suis bien tentée de toute façon !

Choupynette a dit…

J'aime beaucoup cette auteure.. et notamment ses enquêtes avec Linley et Havers.

Katell a dit…

@karine: tu ne seras pas déçue par cette lecture passionnante.
@allie: Elle écrit très bien et ses intrigues sont bien ficelées. Ce thriller est étonnant par son parti pris narratif. A découvrir!
@cathulu: toute médiathèque digne de ce nom devrait l'avoir, non ;-)
@lisa: un de plus sur la LAL ;-)Tu devrais le trouver en bibli car Elizabeth George est une auteure prisée des amateurs de polar!
@rennette: ce sera encore le cas pour ce titre :-)...tu ne seras pas déçue!
@emeraude: merci ;-)
@gambadou: je serais ravie de te faire craquer pour cette auteure!
@kathel: comme je ne suis pas angliciste je ne saurai te dire lequel...à vue de nez je pense qu'il s'agit en anglais du deuxième titre que tu cites.

florinette a dit…

J'ai vu que ce livre allait bientôt faire son apparition à la bibliothèque, je vais vite le réserver !!

Goelen a dit…

de la noirceur, j'aime