samedi 23 juin 2007

De l'autre côté du miroir

Pour une fois que je trouve rapidement à la médiathèque un titre vu plusieurs fois sur les blogs! Je me suis précipitée dessus, telle la vérole sur le bas-clergé breton, et me suis lancée dans une lecture aussi désopilante que désarçonnante, aussi étrange que limpide.
La couverture m'avait plu aussitôt: une interprétation d'"Alice au pays des Merveilles", un de mes romans préférés, tout en douceurs pastels. Je me suis dit: il va y avoir de la traversée de miroir dans cette hsitoire! Eh bien, oui et non mais un passage de l'innocence de l'enfance au monde des grandes personnes et des vérités difficiles à admettre.
Rose est une petite fille étrange: elle a 15 ans et en paraît 7, elle est obèse mais d'une finesse extraordinaire lorsqu'elle observe le monde de sa terrasse. Bien entendu, elle a des lapins! Rose est particulière, spéciale: on a l'impression qu'elle ne saisit rien dans la vie alors que ses monologues intérieurs sont d'une saisissante perspicacité et d'une intelligence aiguë. L'enveloppe recelle un véritable trésor de sensibilité.
Rose a une très très jolie maman répondant au doux nom de Rose. Elle vend des bonbons, a une perruque blonde (ses cheveux ne sont plus, pour qui pourquoi? Mystère mais Rose invente de belles explications), des tenues qui pourraient être vulgaires mais qui « passent » portées par elle.
Rose a un papa, énoooorme, qu'elle appelle « Monsieur Loyal ». Pendant un bon moment, le lecteur adhère à cette appelation...tant que durent les rêves de l'enfance. Rose a une imagination débordante et brode, brode, brode sans cesse sur les infimes gestes des adultes de son entourage et invente un passé à ses parents, de multiples explications au comportement maternel.
Quand quittons-nous l'enfance? Lorsque nous quittons la mère ou lorsque la mère nous quitte? Telle pourrait être la question sous-jacente de ce roman particulier, entre drôleries et tragédies.
Une lecture qui nous emmène, sans que nous y prenions garde, de l'autre côté du miroir: la vie imaginée et la vie vécue, deux bords de chemin sur lequel nous premenons nos guêtres, le coeur léger ou le coeur lourd, au rythme de la marche incessante vers le monde des limbes.


Les avis de Musky, Cuné, Flo, Laure et Sophie.

15 commentaires:

Anne a dit…

J'adore ton expression "se précipiter, telle la vérole....";-)Moi c'est plutôt "comme la misère sur le monde": beaucoup plus commun!

Katell Bouali a dit…

@anne: lol!

marie a dit…

Depuis qu'il est sorti, celui-là, sa magnifique couverture me fait comme des clins d'oeil.. !
Mais bon, si la pal diminue un peu (et ces temps-ci, je trouve que je lis très lentement!) je crois que je vais céder (comme si je ne cédais pas toujours devant un bouquin !!)
Bon week-end !

maijo a dit…

J'ai trouvé aussi "la vérole fondant..." tordante.

Sophie a dit…

Donc tu fais partie du clan "les lecteurs qui ont aimé".

cathulu a dit…

idem pour la vérole ! :)

Katell Bouali a dit…

@marie: merci d'être passée marie! Bon WE à toi...ça vaut le coup de céder aux sirènes de ce livre.
@maijo: je t'apprends une nouvelle expression ;-)
@sophie: oui j'en fais partie mais je ne suis pas non plus une intégriste du "chouette ce livre". J'ai aimé cette façon de parler de l'adolescence.
@cathulu: une expression de plus dans la besace ;-)

Lilly a dit…

Ce livre ne me tente pas trop par son sujet, mais sa couverture est magnifique !!

sylire a dit…

Voilà un livre qui ne fait vraiment pas l'unanimité si je lis les avis des personnes que tu as mis en lien. Je l'ai pris puis reposé plusieurs fois à la bilio. Il faudrait que je me fasse ma propre opinion !

Katell Bouali a dit…

@lily: il est vrai que la couverture est superbe!
@sylire: les avis contrastés sont motivants pour se lancer dans certaines lectures! Je ne peux que t'en conseiller le choix lors de ta prochaine sortie bibliothèque.

Moustafette a dit…

Moi cette couverture m'angoisse, je lui trouve quelque chose d'inquiétant. Sans doute le contenu du livre !

Katell Bouali a dit…

@moustafette: je crois que le conte "Alice au pays des merveilles" provoque adhésion ou recul; Il ne laisse pas de place aux sentiments mitigés...comme "Déloger l'animal" d'ailleurs. C'est un étrange roman que l'on du mal parfois à cerner.

Florinette a dit…

Je l'avais repéré à la biblio par sa jolie couverture et la prochaine fois je l'emprunterai ! ;-)

Musky a dit…

Donc tu as aimé mais sans plus... c'est déjà ça !! ;))
Tu ne trouve pas que Véronique Ovaldé a une façon bien particulière de raconter et d'écrire ? J'adore le rythme de ses phrases, avec la répétition de certains mots dans la même phrase. J'ai lu dans une interview d'elle, que quand elle écrivait, elle lisait à voix haute ses phrases pour voir si la musicalité des mots lui plaisait et vraiment, ça ne m'étonne pas du tout parce que la construction de ses longues phrases, la façon qu'elle a de mettre bout à bout tel ou tel mot, c'est magique et magnifique. Vraiment, je l'adore et j'ai hâte de pouvoir lire ses autres livres !!

Katell Bouali a dit…

@florinette: c'est une agréable lecture.
@musky: j'ai aimé malgré tout cette lecture. J'ai trouvé l'écriture très originale et très auditive, rythmée (comme tu le soulignes). Je lirai d'autres romans de Véronique Ovaldé car elle m'intéresse et m'interpelle. Le thème abordé n'était pas facile sans tomber dans la mièvrerie et Ovaldé est parvenue à déranger son lecteur ce que je lui en sais gré.