vendredi 7 décembre 2007

Compte à rebours

quatrième de couverture:

"19 secondes, 18 secondes, 17 secondes: un compte à rebours énigmatique accompagne la course du train. 12 secondes, 11 secondes: la tension croît, palpable, laissant planer l'imminence d'un drame. Que va-t-il se passer dans cette rame de RER nommée "Zeus"? Vers quel destin inconnu emporte-t-elle ses voyageurs?"


Le roman s'ouvre sur un couple qui est en train de se défaire: Sandrine et Gabriel se quittent mais le désirent-ils vraiment? En effet, le RDV donné, comme un glas, par Gabriel à Sandrine sur un quai de station RER semble être la perche tendue à de possibles retrouvailles. La crise peut être arrêtée si Sandrine est dans le bon wagon de la bonne rame et si elle en descend pour rejoindre Gabriel. Si, si, si....beaucoup de paramètre imprévisibles pimentent l'attente de Gabriel. En attendant, il se souvient de leur amour, il tente d'analyser la situation présente et passe de la certitude, un brin machiste, à l'appréhension la plus terrible.
Puis arrive le moment du compte à rebours, saisissant, tenant en haleine, l'atmosphère devient pesante, les points d'interrogation se multiplient: et après, et après et après que se passe-t-il? Pierre Charras module ce décompte par une histoire à plusieurs voix: celles de Gabriel, Sandrine, l'inconnu au blouson jaune, Sophie l'adolescente amoureuse, Christelle qui quitte aussi son compagnon pour vivre enfin sa vie, Emmanuel le prof de fac se mêlent, se succèdent pour s'évanouir au moment du dénouement.
Ensuite, le lecteur suit le blouson jaune fier d'avoir réalisé une belle oeuvre. Il est heureux car il sait que la récompense sera à la hauteur de ses espérances. Mais la réalité parfois fait des pieds de nez au moment le plus inattendu, amère expérience pour notre blouson jaune.
Enfin, le délire de Gabriel qui s'effondre peu à peu avant d'avancer dans un épais brouillard: celui de l'incompréhension, de l'émotion la plus vive que l'on ne peut juguler et qui conduit droit au mur.
Pierre Charras met en scène une vie normale, quotidienne qui bascule, l'espace d'une seconde, l'espace de la déflagration d'une bombe, dans l'horreur la plus noire, la plus dévastatrice: celle qui brise les destins, celle qui brise les vies qui ne demandaient qu'à s'épanouir, celle qui conduit à la folie. Le compte à rebours prend alors toute sa dimension apocalyptique: le lecteur, en apprenant les menus faits et gestes des passagers du deuxième wagon de la rame, a fait connaissance avec ces hommes, ces femmes et cette jeune fille pleine de son amour et de sa jeunesse. La vie ne tient qu'à un fil, à un "si...". Le frisson parcours le dos du lecteur surpris par la déflagration et l'accélération du récit: certes, le décompte appelait un évènement grave, mais l'espoir de voir les morceaux de l'histoire de Sandrine et Gabriel se recoller pour mieux continuer était toujours présent, tapi dans l'ombre des secondes égrenées.
Un roman qui prend sa consistance au cours du récit, à mesure que celui-ci devient plus inquiétant: l'histoire d'amour et de RDV qui pourrait être manqué est transcendée par l'explosion d'un sac de sport qui aurait pu ne pas exister. Le drame est bien orchestré également par la dénomination des grands chapitres: "Zeus", "Styx" et "Hadès"... de l'Olympe, séjour heureux et insouciant, aux Enfers en passant par le pénible Purgatoire de l'entre-deux, de la transition entre l'avant et l'après explosion.
Ce roman qui au départ ne me semblait pas très prometteur, m'a agréablement surprise et j'en suis sortie absolument ravie!


7 commentaires:

Joelle a dit…

Moi aussi j'ai bien aimé, même si l'on se doute de la tournure des évènements. J'ai trouvé la longueur du roman juste comme il fallait, la structure bien pensée et l'écriture m'a beaucoup plu.

antigone a dit…

Je l'ai déjà noté, après avoir lu "bonne nuit doux prince" !

Emeraude a dit…

J'ai beaucoup aimé ! J'ai eu le sentiment de lire du deux en un. La partie où Gabriel est à l'affût du blouson jaune est si différente !

cathulu a dit…

En poche? Je note !

Katell a dit…

@joelle: entièrement d'accord avec toi :-)
@antigone: dès que je tombe sur "Bonne nuit doux prince" à la bibli, je l'emprunte.
@emeraude:il est vrai que les ambiances sont très différentes et bien marquées! Ce qui fait partie du charme du roman.
@cathulu: oui, il est en poche. Je l'ai lu en broché car je l'avais emprunté à la médiathèque.

Anne a dit…

Très heureuse qu'il ait plu ;-)

http://www.leslecturesdeflorinette.com a dit…

Je n'ai lu que des avis enthousiasmes sur ce livre, qui figure du reste déjà dans ma LAL, et je pense que je ne vais pas tarder à me le procurer !!