samedi 29 mars 2008

"Et si c'était niais?"

Je suis, en règle générale, une lectrice bon public: j'essaie toujours de trouver le petit côté positif accrocheur d'un roman qui m'a laissée un peu indifférente.

Eh bien, cette fois, je n'ai rien trouvé pour sauver le roman que je viens de lire dans le cadre du Prix des Lecteurs du Télégramme 2008. Je vous devine impatients de connaître le titre de cet ouvrage qui défiera le Temps. Un roman de Guillaume Musso? Un livre de Marc Levy? Non, seulement le roman d'un auteur, inconnu jusqu'à ce jour, "Ton silence est un baiser" de Denis Labayle. J'aurais du me méfier en lisant le titre digne de la collection Harlequin ou de Barbara Cartland (j'en ai lu quelques uns quand j'étais pré-pubère....aïe! quel aveu de faiblesse).

Dois-je vous livrer le cadre de l'intrigue? Allez, je ne suis pas chien, j'aime partager (sourire fielleux et ironique....surtout ne vous croyez pas obliger de lire jusqu'au bout!) mes ressentis littéraires.

Un virus, venu d'Asie (cela ne vous rappelle rien?), dévaste l'humanité et son économie. La Récessession est partout, quelques ilôts sont encore protégés du virus, au hasard les USA et la Grande-Bretagne, les sans-abris plus nombreux chaque jour, les colonnes de réfugiés sans fin. La panique est à deux doigts d'éclater. Un congrès de chercheurs en virologie se tient à Boston. Il permettra de faire le point sur les résulats des recherches récentes et surtout à Franck Gauthier et Maud Lafitte, amants depuis 15 ans, de se retrouver après un an de séparation. Devant l'ampleur du désastre humanitaire, Maud appelle les scientifiques à ne pas privilégier les brevets, mannes fiancières pour les grands groupes pharmaceutiques, mais à offrir leurs futures solutions aux pays ravagés par l'épidémie.

Ce qui aurait pu être intéressant à développer est hélas mis en arrière-plan, pâle et insipide, de l'histoire: comment le virus est-il apparu, ses conséquences sur l'évolution des sociétés modernes, les modifications de comportement social des hommes, la gestion politico-économique, par les élites au pouvoir, des diverses pénuries qu'une telle épidémie entraîne. Tout cela passe à la trappe au profit d'une histoire d'amour passionnel d'un inintérêt abyssal. L'auteur embarque le lecteur dans un récit, celui de la passion qui unit Franck et Maud, à deux voix, celles des deux amants qui se répondent. C'est vite lassant car d'une platitude affligeante. Pourtant, la quatrième de couverture annonçait quelque chose de plus consistant: " (...) De cette tragédie mondiale, Denis Labayle parvient à faire surgir des moments de bonheur radieux. Comme un chant, les voix des deux amants alternent, s'enlacent et se répondent. Engagé, intense et lyrique, ce roman est une ode à la liberté, et davantage à l'amour, seul idéal à tenir encore ses promesses." Là encore, j'aurais du être plus circonspecte.

Je vous épargnerai les citations...l'écriture est plate, incolore, inodore et sans saveur. Une certitude à l'issue de cette lecture-pensum: je ne voterai pas pour ce titre! Pourquoi n'ai-je pas fermé, purement et simplement, ce livre avant la fin? Par masochisme? Non, une envie de connaître la nature du virus, de lire un bout, même minime, d'engagement idéologique de la part des personnages (lisses, insignifiants et en rien attachants) et le fait de participer à un Prix de lecteurs, m'ont amenée à persévérer. Si je vous dis que la chute est à la hauteur de ce ratage littéraire, vous n'en serez pas surpris?! Pourtant, il y avait matière à écrire un bon thriller et une critique de nos sociétés capitalistes, mercantiles, qui dilapident, dans l'insouciance "bling-bling" du "capitalisme de la frivolité", les ressources naturelles de notre planète. Si l'auteur avait inversé le prisme du récit, le résultat aurait été peut-être moins désastreux.



7 commentaires:

Sibylline a dit…

Mis à côté de ce commentaire, on réalise soudain que c'est "mi perplexe, mi consternée" qu'est la mine de ton joli matou...
Depuis le temps que je cherchais à comprendre ce petit air qu'il a! (mais il me semble qu'il en change parfois)
;-)

moustafette a dit…

Dans le genre "virologie", je te recommande "Autobiographie d'un virus" d'Eric Nataf (odile jacob fiction poche).
Un petit bijou d'anticipation et d'intrusion dans la vie de ces petits êtres invisibles...
Pas bling-bling ni nian-nian pour deux sous !

amanda a dit…

j'aime bien lire ce genre de billet !!! Ca change ! Et, bien sûr, je vais zapper ce roman, zapper zapper ! Bon dimanche katell

Karine a dit…

Comme Amanda, j'aime bien lire un coup de gueule de temps en temps! Et comme elle aussi... je vais passer mon tour, surtout que même si on en parle pas beaucoup, juste l'idée du méchant virus, c'est beaucoup trop pour moi!!!

cathulu a dit…

Un point positif? La couv' ? !:)

Katell a dit…

@sibylline: ;-D ton commentaire m'a fait beaucoup rire!
@moustafette: je le note immédiatement! je me rends compte que participer à un Prix des lecteurs demande de la constance dans la lecture ;-)
@amanda: comme tu dis, cela change le ton des billets ;-) J'espère bien que tu vas zapper ce titre! Bon dimanche à toi aussi.
@karine: le pire dans ce désastre c'est que l'on ne frissonne même pas une nano seconde tellement c'est plat et raté!
@cathulu: comme tu le fais remarquer, la seule réussite du roman est sa couverture ;-)

Joelle a dit…

Au vu des tes précédentes lectures pour le Prix, je me demandais comment tu allais faire un choix car tu les avais tous bien aimés ! Mais là, on est sûr que celui-là ne fera pas partie du haut du classement :) Je ne sais pas si je le lirai ... ça dépendra des disponibilités à la biblio !