samedi 15 mars 2008

Le vent nous emportera




Il y a quelques années, j'ai vu le film d'Abbas Kiarostami "Le vent nous emportera". Dans ce film, un poème était récité, poème éponyme de Foroukh Farrokhzad (1935 - 1967). "Elle fut la première poétesse iranienne à s'exprimer en tant que femme avec le courage que cela implique" (in pierdelune.com).



Le vent nous emportera


Dans ma nuit, si brève, hélas
Le vent a rendez-vous avec les feuilles.
Ma nuit si brève est remplie de l'angoisse dévastatrice
Ecoute! Entends-tu le souffle des ténèbres?
De ce bonheur, je me sens étranger.
Au désespoir je suis accoutumée.
Ecoute! Entends-tu le souffle des ténèbres?
Là, dans la nuit, quelque chose se passe
La lune est rouge et angoissée.
Et accrochés à ce toit
Qui risque de s'effondrer à tout moment,
Les nuages, comme une foule de pleureuses,
Attendent l'accouchement de la pluie,
Un instant, et puis rien.
Derrière cette fenêtre,
C'est la nuit qui tremble
Et c'est la terre qui s'arrête de tourner.
Derrière cette fenêtre, un inconnu s'inquiètepour moi et toi.
Toi, toute verdoyante,
Pose tes mains - ces souvenirs ardents -
Sur mes mains amoureuses
Et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie,
Aux caresses de mes lèvres amoureuses
Le vent nous emportera!
Le vent nous emportera!


Forouhk Farrokhzad

(photo extraite du film "Le vent nous emportera" - 1999 -)

4 commentaires:

Gambadou a dit…

Dur et très beau

Karine a dit…

C'Est un superbe poème... beau mais dur... merci pour la découverte

Nanou a dit…

Magnifique poème !
Merci de nous le faire découvrir.

Anjelica a dit…

j'aime bcp :)