samedi 7 juillet 2007

Enigme sous le soleil

"Qui a tué Palomino Molero?"


Nous sommes en Amérique du Sud, au Pérou, dans une région sèche et aride léchée par les embruns de l'océan. Un jour, dans la fournaise, le sergent Lituma et le lieutenant Silva sont appelés sur la scène d'un crime: ils se retrouvent devant le cadavre supplicié d'une jeune homme. Il s'appelait Palomino Molero, jouait divinement de la guitare et avait une voix d'ange. Qui l'a tué et pourquoi?
Commence alors une difficile enquête pour les deux gendarmes, représentants de l'ordre civil, en butte au mutisme de l'armée. On murmure que des gros bonnets sont impliqués dans le meurtre et que tout sera fait pour étouffer l'affaire....comme d'habitude.
Mario Vargas Llosa embarque son lecteur dans un véritable western digne des plus grands western « spaghetti » de Sergio Leone: le soleil de plomb, les rochers surchauffés, les villages déserts sous la chaleur et la peur, une belle jeune fille, un père possessif, un amoureux éconduit et deux justiciers. Il ne manque plus que la musique d'Ennio Morricone et l'éolienne qui grince pour que le tableau sublime et dramatique soit complet.
De la gargote tenue par Dona Adriana au bureau du colonel Mindreau, de la misérable maison de la mère de Palomino au bordel du Chinetoque, les deux gendarmes guettent les indiscrétions et les débordements verbaux. Les fils vont les conduire au petit village terrorisé d'Amotape où une vérité romantique autant que désespérement vouée à l'échec se fera jour.
Vargas Llosa dénonce, entre les lignes du récit de l'enquête, les méandres sombres et secrets du pouvoir absolu, ses mécanismes odieux qui brisent les hommes sans aucun état d'âme. La société est divisée en deux: ceux qui détiennent l'économie, l'argent et qui ont le teint clair et ceux qui triment, souffrent sous le soleil, vivent de peu et ont la peau plus foncée. Les personnages hauts en couleurs, pittoresques apportent leur truculence et leurs mesquineries (la scène nocturne entre Dona Adriana et Silva est d'anthologie: le machisme en prend un sacré coup!) à l'ironie du récit et le rendent délectable.
Un roman social, policier et politique que l'on dévore avec le sourire aux lèvres, le rire souvent et parfois la chair de poule car sous le soleil implacable, la vie ne fait pas vraiment de cadeau.


Vargas Llosa est l'auteur du mois sur le site lecture écriture


Roman traduit de l'espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan

4 commentaires:

Sibylline a dit…

C'est super gentil la pub pour notre auteur du mois.
Merci ;-))

Véro a dit…

Je viens de lire ce livre dans le cadre de l'auteur du mois du site Lecture-Ecriture mais tu ne liras mes commentaires qu'à la fin du mois, c'est la règle ;-)
En tout cas ton rapprochement avec un "western spaghetti" est on ne peut mieux trouvé, j'en entends même la musique, surtout avec cette éolienne qui grince.
C'était le premier ouvrage de Llosa que j'abordais, et je dois dire que la première tirade de ce livre m'a pour le moins époustouflée. Mais chut !!!
Au fait, Bonnes vacances ;-)))

Katell Bouali a dit…

@sybilline: de rien :-)
@véro: oups, je suis désolée d'avoir dérogé sans le savoir à la règle...je ne commettrai plus cette étourderie à l'avenir. Du coup, je vais griller d'impatience pour lire les diverses impressions de lecture au sujet de cet auteur!

Caroline a dit…

C'est un auteur que j'ai très envie de découvrir. Je commencerais bien par ce roman, à moins qu'il n'en ai écrit des encore meilleurs ?