mercredi 25 juillet 2007

Rêve d'or


Aurélien Rochefer vit au milieu des champs de lavande, dans le pays d'Arles. Il cherche une seule et unique chose: l'or.
L'or est aussi multiple que disparate et le miel des abeilles en a la couleur. Aussi, Aurélien décide-t-il de se faire apiculteur. Il passe pour un doux rêveur et un original: le dix-neuvième siècle achève son ultime ligne droite: l'année 1885 voit Aurélien rêver aux ruches. Ce dernier passe l'hiver à se documenter sur le mode de vie des abeilles, la manière d'en prendre soin, de les élever afin de récolter l'or liquide qu'elles fabriquent. Au printemps, lors du début des essaimages, il capture un essaim sauvage et obtient ainsi sa première ruche. Il achète d'autres essaims et à la fin de la saison, il vend sa belle récolte. C'est le succès mais de courte durée: en plein hiver, le feu propagé par le foehn détruit les ruches endormies. Finalement, l'or recherché en rêve n'était peut-être pas le miel des abeilles? Son rêve l'embarque vers l'Afrique, terra encore incognita et dangereuse pour les aventuriers blancs. Lors de sa halte à Arles, Aurélien demande à un peintre hirsute et étrange de lui peindre la femme à la peau dorée comme le miel qu'il a vue en rêve...ce peintre c'est Van Gogh.
Au cours de son long périple africain, en Abyssinie, Aurélien fait de nombreuses rencontres en recherchant la femme de son rêve. Il la trouve au pied d'une falaise où butinent des myriades d'abeilles: elle vient de terminer la récolte du miel dévolue à son clan. Une unique nuit sensuelle et inoubliable s'ensuit, telle le vol nuptial de la reine des abeilles.
Aurélien revient en France, après bien des errances, riche des images de la falaise aux abeilles, de sa nuit avec la récolteuse de miel, de sa rencontre avec un ingénieur, éternel innovateur, Hippolyte Loiseul et de trois abeilles en or massif. Aurélien rêve d'une cité des abeilles au milieu des champs de lavande, Hippolyte Loiseul va lui permettre de la réaliser....projet fou en cette fin de XIXè siècle. Le succès arrive très vite et très rapidement survient la catastrophe: la teigne de la ruche, petit papillon qui détruit les couvains en y déposant ses oeufs. Il ne reste plus rien des mille ruches et de leurs abeilles. Celles en or vont servir à combler les dettes pour que le rêve ne devienne pas cauchemar.
L'or, à la fois rêve et quête, s'éloigne pour mieux revenir: Aurélien est allé jusqu'au bout de son rêve et malgré ces échecs trouve l'or tant cherché...juste à côté de lui comme dans « Le trésor de Rackham le Rouge » ou « L'Atlantique sud ».
« L'apiculteur » est un roman aux chapitres très courts, parfois quelques lignes, où les images sont plus belles les unes que autres, où le rythme va au fil du rêve et de la quête d'Aurélien.
Pourtant, j'ai comme un goût d'inachevé: j'aurais aimé que le roman soit plus long, plus lent afin de le déguster encore et encore. Sans doute suis-je trop gourmande et trop « Madame Plus »!

Quelques extraits:

« Pour Aurélien, la vie était une curieuse abeille d'or qui brille au loin, s'envole, se grise de parfum en parfum, se cogne aux vitraux du soleil et cherche, dans l'immensité du ciel, le nectar de sa propre fleur » (p 15)

« Quand il surveillait ses ruches, il avait le sentiment que ces insectes avaient réussi là où l'homme avait échoué. Blotties l'une contre l'autre, les abeilles gardaient ainsi une température constante. Elles oeuvraient ensemble pour leur communauté. Alors il comprit que, lors de sa lente évolution, l'homme s'était éloigné petit à petit un peu plus du paradis. Et il se prit à rêver de devenir une abeille. » (p 25)

« Un matin de janvier, Aurélien trouva une abeille morte dans la neige. Elle était vêtue d'or et de noir, véritable bijou de feu dans un océan de blancheur. Il la prit délicatement entre le pouce et l'index et la posa sur sa paume.
Au contact de sa peau, l'abeille gelée se brisa comme du verre.
Quand il ouvrit la main et la tourna vers le sol, il vit avec tristesse un peu de poudre d'or scintiller dans les airs et disparaître sur la neige. »
(p 27)


La lecture de Grosminou2 et une autre lecture ici !

J'ai reçu ce matin une jolie carte postale ensoleillée illustrant à merveille "L'apiculteur"! (Merci Bellesahi!!!)

9 commentaires:

fantaisie héroïque a dit…

J'aime bien Fermine :), j'ai lu "l'apiculteur" il y a quelques années et je me souviens qu'il m'avait bien plu. Mais c'est vrai que ses romans sont un peu trop courts :/.
Si tu veux en lire d'autres, je te conseille "Le violon noir", mon préféré jusqu'à ce jour ;)

Moustafette a dit…

Quel flair elle a eu Belle !
Je le note car j'aime bcp cet écrivain et ses quêtes infinies qui caractérisent ses héros.
Dans "Opium",il brosse aussi le portrait d'un homme à la recherche d'un thé rare.
J'espère que ta ruchette se porte bien,tu devrais peut-être lire qq pages à tes abeilles pour qu'elle te donne un bon miel littéraire.

Allie a dit…

Toi qui a une ruche, ce livre était tout trouvé ;)
Bref, je n'ai encore jamais lu Maxence Fermine mais tous ses livres me tentent! Donc il est sur ma LAL avec les autres ;) J'ai un faible pour Neige (pour le titre! je suis décidément une fille d'hiver ;)) et pour Opium (à cause du thé!), mais je ne sais pas lequel je trouverai en premier...

Grominou2 a dit…

Il m'arrive aussi d'être frustrée par des romans trop courts, mais ici, non, je trouve que la brieveté convient parfaitement!
:-)

Katell Bouali a dit…

@fantaisie héroïque: je note ton conseil de lecture fantaisie. merci :-)
@moustafette: Pour sûr, elle a eu du flair Bellesahi! Je note aussi "Opium" à la suite de "Le violon noir".
Quant à lire des passages à ms abeilles, hélas je ne le pourrai point: pas de reine et attaque de frelons :-(
@allie: "Neige" aussi me fait de l'oeil car beaucoup l'ont lu et ont apprécié!
Côté ruche c'est digne de "Perrette et son pot à lait": adieu veau, vache, cochon...bourdonnements délicieux et pots de miel! Comme je le disais à moustafette, il n'y avait pas de reine donc impossibilité d'essaimage. Pour couronner le tout, un groupe de 4 affreux frlons est venu attaquer les abeilles qui n'ont pas demander leur reste et ont décampé :-(
Mais je fais confiance à Dame Nature et garde espoir pour l'en prochain :-D !
@grominou2: Je suis une abominable gourmande et j'avais envie que cette histoire dure plus longtemps ;-) Mais il est certain que plus longue elle aurait moins ressemblé à une belle ode!

Allie a dit…

Il faut être patient, l'an prochain tu auras sûrement plus de chances! :)

Anne a dit…

oh, désolée pour ton miel ;-(
Pour ce qui est de ce roman, je vais me démarquer car moi je n'avais pas aimé du tout. Je l'avais trouvé "neu-neu". Par contre, "Neige" et "Le violon noir" m'avaient enchantée.

Katell Bouali a dit…

@allie: merci pour tes encouragements :-)
@anne: je croise les doigts pour l'an prochain! Côté roman, comme c'est le premier de cet auteur que je lis, je ne peux pas encore me faire une véritable idée. Il est certain que le ton du roman peut paraître "neu-neu" cependant j'ai trouvé que le cap était bien passé ;-)

BelleSahi a dit…

Dre rien ce fût un plaisir !