jeudi 12 avril 2007

5ème Prix des Lecteurs du Télégramme # 4



C'est l'histoire d'un homme confronté à la disparition d'un père. C'est l'histoire d'un dialogue, à distance, entre le fils et le père. C'est l'histoire d'un dialogue de sourd qui peu à peu se transforme en véritable conversation.
Une quête du Graal pour s'apercevoir qu'il faut regarder en face l'héritage qu'un fils reçoit...surtout quand celui-ci ne l'a pas désiré.
Quête d'un père, d'une image du père. Une envie des images, des icônes des miroirs d'autrui. Un désir d'être comme tout le monde.
Héritage à assumer pour continuer à vivre: se libérer du passé pour vivre le futur, pour que ceux qui suivent puissent être libres.
Les histoires de famille pourrissent, grignotent les générations, les manques des anciens deviennent ceux des enfants, des fils. Il faut apprendre à jeter les souvenirs pour construire des ponts solides entre passé et avenir. L'enfance est le prélude de l'âge adulte, ses racines...elle en est fragile, délicate. Or l'adulte, les adultes qui en sont les créateurs ne possèdent pas les clefs pour en ouvrir toutes les portes. Parfois cela n'empêche pas de grandir, parfois le fil se rompt.
David se bat contre Goliath, l'idole paternelle. L'éternelle lutte du pot de terre contre le pot de fer. Le complexe d'Oedipe menant au nécessaire parricide symbolique, meurtre du père pour déployer ses ailes et enfin partir.
Le combat est gagné par David mais au prix fort. L'entrée dans l'âge adulte est une difficile intronisation de la vie.
« Les langues paternelles » est un roman initiatique, aux phrases courtes, saccadées, haletantes. Un roman divan littéraire qui parle à tous. Un roman d'amour hurlant du père. Un roman des pères remplis d'amour pour leurs enfants, leurs fils, leurs graines d'espoir en un changement, leurs bouquets de fierté.
C'est un roman où les rires, la haine, l'amour et les larmes se mêlent avant de rouler dans les sillons de la vie.
La vie a-t-elle une langue spécifique, un langage précis? La langue paternelle est-elle incompréhensible à partir du moment où la langue maternelle ne lui laisse pas la place qui lui est due?
Et si c'était à chacun d'entre nous d'apprivoiser puis d'apprendre cette langue paternelle se déclinant au pluriel, se déclinant à l'infini de la paternité? La langue paternelle est une langue à part entière, partie unique et complémentaire de chaque être...il ne faut surtout pas qu'elle devienne une langue étrangère, voire morte!
L'avis de Pascal

2 commentaires:

Vanessa a dit…

Oh, cela m'a l'air fort intéressant. En manque de réprésentation parentale, j'y cours.

Katell Bouali a dit…

C'est un roman qui m'a beaucoup émue et l'écriture m'a embarquée dans la quête du père, quête épuisante mais vitale.