vendredi 13 avril 2007

5ème Prix des Lecteurs du Télégramme # 5


« Un bon dieu pour les ivrognes » est un recueil de nouvelles où les héros ont des allures de Jack Kerouac et des accents à la Buckowski. Brest et le Centre Bretagne en sont les décors saupoudrés de pluies et de vents avec des zestes ensoleillés. Les bagadou scandent les verres de whisky et de bières dans les bars enfumés de la rue de Siam. Le pont de Recouvrance appelle au voyage immobile de la boisson. Il pleut sur Brest et il pleure dans le coeur des paumés en guenilles sentimentales.
Brest, ville de la fin de la terre, Finistère, du crachin sans fin, du vent tenace (si bien que lorsqu'il tombe, le calme étourdit!), des marins échoués et des fêtards englués. Brest, ville aux allures glauques mais ville vivante et colorée, ambrée de ses alcools avalés.
Hervé Bellec peint ces personnages marginaux, rois de la débrouille, à l'aide d'un fil conducteur: son personnage récurrent Baptiste Cabidoche....un « pas grand chose » d'aventures éthyliques et comiques, un écrivain en mal de reconnaissance, un amoureux souvent éconduit et un homme, tout compte fait, très solitaire. Baptiste est tour à tour barman, collégien dans une pension religieuse (nous sommes en Bretagne!), étudiant en rupture de fac vivant de petites combines et d'expédients, écrivain échoué chez sa belle-soeur, ancienne libraire à la tête d'une petite exploitation agricole bio (c'est typique du Centre Bretagne....entre Quimper et Gourin). Hervé Bellec fait se succéder une galerie de portraits truculents, hauts en couleurs, charmants et attendrissants dans leur désespoir ou leur difficulté d'être dans la norme.
Le lecteur déguste l'air breton au fil des pages et des nouvelles....une écriture humoristique et tendre, parfois crue mais toujours pleine de charme. La dernière nouvelle, inspirée d'un conte breton est très poétique et très....bretonne.
Ce qui n'empêche pas Hervé Bellec d'aborder avec un recul goguenard des sujets de société difficiles: l'alcoolisme ravageur, la solitude noyée dans la bouteille, la marginalisation des routards qui n'ont plus rien de Kerouac, la mort rôdant dans les rues en hiver.
Un livre agréable à lire: on quitte les personnages à regret, espérant pour eux un futur plus radieux.

L'avis de Pascal et celui d'Yvon

10 commentaires:

Florinette a dit…

Après "L'ancre des rêves" ton article de donne envie de repartir sur les côtes bretonnes !

Katell Bouali a dit…

merci pour ton gentil passage florinette. J'espère trouver "L'ancre des rêves" à la bibliothèque...je dois faire attention à mon budget livres, hélas!

Moustafette a dit…

J'attendais avec impatience ta critique, car il me plaisait bien ce titre. Il est noté et je vais peut-être me mettre à boire d'ici une dizaine de jours ! you see what I mean !!!

Katell Bouali a dit…

moustafette, tu auras le choix entre la bière, le whisky et le chouchen! La trilogie bretonne!

sylire a dit…

Je n'étais pas très attirée par ce livre, l'ambiance un peu glauque me rebutait un peu. Ta critique me fait revoir tout de même ma position.

eireann yvon a dit…

Cela donne, non pas soif, mais vraiment envie de le lire. J'ai fait sa connaissance dimanche au salon du livre de Guidel dans le Morbihan!
Merci
Yvon

Katell Bouali a dit…

De rien Yvon. c'est moi qui te remercie car j'ai appris, grâce à toi, qu'il y avait un salon du livre à Guidel! J'en ai pris note pour l'an prochain.

Eireann yvon a dit…

Bonjour.
J'ai adoré ce livre!
Merci de cette découverte.
Yvon

Katell Bouali a dit…

@yvon: bonjour à toi aussi! Merci d'être passé et d'avoir laissé un gentil mot; A bientôt.

Dany a dit…

Bonjour,je suis tombé par hazard sur le descriptif de ce livre,et pour cause,je m'appelle:Patrick CABIDOCHE! et ma famille est originaire du Morbihan,Guéméné et ses alentours.