mardi 1 mai 2007

Déception


Présentation de l'éditeur

« Lui, c'est David, roi d'Israël. Elle, c'est Bethsabée, l'épouse d'un de ses généraux fidèles qui se bat pour son royaume, une femme dont la grandeur et la beauté ont subjugué les plus grands peintres. Il veut en faire sa maîtresse. Elle cède, fascinée par son désir. Leur amour adultère engendre le mensonge et le meurtre. Pourtant, il triomphera de la colère de Dieu, de la désapprobation des hommes et l'enfant né de cette union aura un destin hors du commun, laissant son nom à jamais gravé dans l'histoire... »


Je pensais que « Bethsabée ou l'éloge de l'adultère » faisait partie de la trilogie « La Bible au féminin » dont j'avais lu quelques commentaires positifs sur les blogs. En fait, il n'a rien à voir avec cette dernière. Me voilà donc, confiante cependant, plongée dans la lecture de ce court roman. Très vite, le récit m'a paru emprunté, l'écriture sirupeuse lors des passages sensuels (ou du moins censés l'être), la langue se voulant fleurie à la manière du Cantique des Cantiques et hélas, étant loin d'approcher sa profonde poésie.
Je vous livre quelques extraits affligeants: « Toute la nuit et tout le jour qui suivit,ils s'étourdirent de jouissance. Le sommeil les reposait à peine qu'ils voulaient encore goûter la menthe et le santal de leurs chairs repues. » ou
« Si elle s'assoupissait, en rouvrant les yeux elle trouvait le ragrad insatiable de David (...) Elle parcourait de sa langue les cicatrices, souvenir d'une mauvaise bataille, qui dessinaient, sur ses cuisses et sur son flanc, les motifs d'une écriture inconnue. »
Pourquoi n'ai-je pas fermé le livre? Sans doute parce qu'il ne fait que 118 pages et que de temps en temps, le rythme de l'écriture ravivait mon intérêt. Mais surtout, je voulais savoir jusqu'où irait la platitude du récit. Et je me suis souvenue de la lecture, il y plusieurs années, de « Bethsabée » de l'écrivain suédois Torgny Lindgren, lecture qui m'avait enchantée par la beauté du récit et le personnage formidable de Bethsabée. Je vous livre la quatrième de couverture :


« Le roman de Torgny Lindgren rayonne d'une sensualité bouleversante. Dès la première page le ton est donné : " Même Safan, qui ne savait pas encore ce qu'était le désir, comprit sur le coup qu'elle (Bethsabée) était presque effroyablement belle. " A partir de là, le désir incontrôlable entraîne David, et avec lui ses gens, ses femmes, ses fils, son peuple, dans une série d'aventures où l'amour et la mort s'affrontent jusqu'à l'avènement, de Salomon. Lindgren ne s'écarte pas des sources, et la dimension tragique, qu'il confère à ses héros, les passions qu'il leur attribue, les obsessions qu'il leur donne s'organisent comme une amplification orchestrale de la tradition. Bethsabée devient ainsi un roman éblouissant sur l'amour, la sensualité, le couple, les interdits, la mort et le pouvoir. Après Le Chemin du serpent (Actes Sud 1985) où la puissance narrative se nourrissait des rythmes de la Bible et de la terre, Torgny Lindgren affirme la maîtrise et la voix qui ont fait de lui, en quelques années, un écrivain majeur de la littérature scandinave. »

Pourtant, l'argument de Marek Halter est louable: mettre l'accent sur l'injustice profonde de la loi religieuse envers la femme adultère que la coutume lapide sans compassion et avec une violence insupportable. J'ai bien apprécié l'ironie de la situation du roi David qui imagine un stratagème discutable pour ne pas avoir à changer la loi divine.
Le personnage sublime de Bethsabée mérite mieux qu'une prose convenue voire insipide: l'histoire d'amour entre Bethsabée et David est une des plus belles de la Bible. Comment narrer cette histoire splendide en 118 pages aux grands caractères, sinon en simplifiant à l'extrême? C'est ce qui m'a profondément déçue de la part de l'écrivain.
C'est le premier roman de Marek Halter à me tomber entre les mains. Je pourrais jeter l'éponge une fois pour toute, mais je tenterai la lecture de « La Bible au féminin » avant de me faire une idée définitive.

8 commentaires:

Vanessa a dit…

Oh oui, je n'osais pas te le dire mais celui-ci est affligeant. Il est insipide. Je n'y avas retrouvé aucun point commun avec la bible au féminin ou encore Marie pour lesquels, malgré une écriture toujours douce et un peu simpliste, il y a un caractère de femme bien trempé décrit. Je n'aime pas Marek Halter pour son écriture mais plus pour cette transmission d'une trajectoire et je ne trouve pas qu'il ailles au bout des choses à chaque fois...J'avais aimé Mémoire d'Abraham (très long et redondant: histoire d'un parchemin qui passe de mains en mains, d'une génération à l'autre, des débuts du christianisme à aujourd'hui) mais qui permet de se rétablir une mémoire.

Katell Bouali a dit…

@vanessa: merci de ta discrétion avant ma lancée dans cette lecture ;-) Affligeant, c'est le terme adéquat. Il va falloir des termes choisis si la personne qui m'a prêté le livre me demande ce que j'en ai pensé...ce ne sera pas une mince affaire :o

Gambadou a dit…

les deux extraits sont d'un droles !!! 180 p comme ça, il t'en a fallu du courage !!!

Katell Bouali a dit…

@gambadou: du courage, peut-être, de la curiosité certainement ;-)

Anne a dit…

Au moins voilà un livre qui ne me tente pas!
Sinon, je suis comme toi: quand qulqu'un me prête un roman j'ai beaucoup de mal à lui dire que je ne l'ai pas aimé...peur de vexer...

Leeloo a dit…

J'avais déja souvent ce livre entre les mains dans les librairies mais je ne l'ai jamais acheté... S'il est aussi plat que tu le dis, heureusement!

BelleSahi a dit…

Et la personne qui te l'a prêté a aimé ?

Katell Bouali a dit…

@anne:tu vas faire des économies, c'est bien, non?! Je vais mettre les formes pour exprimer mon avis à la personne qui me l'a prêté.
@leeloo: hélas oui leeloo, tu ne perds rien à le laisser en rayon!
@bellesahi: oui, beaucoup et elle m'a dit que c'était un livre de M.Halter qui était facile d'accès par rapport aux autres :-o Je n'ai pas fait de commentaire....