samedi 20 janvier 2007

Histoire dans un tableau


Tout d'abord, merci aux blogueurs qui m'ont donné envie de découvrir cet auteur, dont j'avais entendu parler mais dont je n'avais encore rien lu.
Mercredi, visite à la médiathèque pour renouveler le stock de LAL et augmenter, provisoirement ma PAL, et hop! je regarde si des romans de Philippe Besson se trouvent sur les étagères.
J'ai donc choisi "L'arrière-saison". J'ai été sensible aux mots du titre mais aussi à la couverture du livre qui laissent augurer d'une ambiance feutrée comme je les aime.
Eh bien, je n'ai pas été déçue!!! Je me suis laissée embarquer, sans résistance, dans l'imaginaire de l'écrivain qui entraîne son lecteur à l'intérieur d'un tableau. Même si Besson n'est pas le premier (et ne sera pas le dernier) à pratiquer l'exercice de style qui consiste à imaginer la vie des personnages d'une oeuvre de maître, j'aime cet argument littéraire.
Il a su créer une atmosphère intime, poudrée par la lumière déclinante d'un jour d'automne, en bordure d'océan.
J'ai toujours aimé les ambiances de cafés perdus (ah...Bagdad Café!!!!), la solitude des rares clients, celle du serveur, le temps qui passe, égréné par le tic-tac de la pendule, tic-tac qui hurle dans le silence du lieu.
Même si le propos peut être banal, même si les sentiments peuvent être usés car tellement courants, je n'ai absolument pas boudé mon plaisir d'évasion hors du temps.
J'ai aimé la conversation muette entre Louise (l'héroïne) et Ben (le serveur), leur complicité, égarée entre le sentiment fraternel et le sentiment amoureux. L'idée de placer une "arlésienne" en la personne de Norman (l'amant de Louise) crée une attente qui n'est pas désagréable: assistera-t-on à une scène de vaudeville? Quant à l'irruption de l'ex grand amour de Louise, Stephen, elle permet d'entrer dans le mélo que l'on aime, hum...du moins tel que je l'aime: douceur et amertume étroitement liées.
De plus, cette histoire à trois voix est intéressante et ne sombre pas pas dans la banalité: c'est la vie qui défile sous nos yeux.
Certes, il y a des clichés mais que j'ai lus avec le recul de la gentille moquerie envers une situation amoureuse éculée: le triangle des amants dont l'absence de l'un fait résonner le monologue des deux autres.
Un point positif du roman: Philippe Besson ne tombe pas dans le piège du dénouement "happy end" (le décor pouvait le laisser entrevoir). Ce parti pris sauve l'histoire et la rend attachante...et surtout l'ambiance subtile de fin du jour reste intacte.
Une évasion dans le clair-obscur d'un tableau, de nos âmes, de nos vies, de nos sentiments...et d'un automne qui se donne des airs d'été.

5 commentaires:

Barbabella a dit…

Très belle critique d'un très beau livre ! Je te recommande également "Les jours fragiles".

Katell Bouali a dit…

Merci d'être passée. Je note ton conseil de lecture dans mon calepin: de cette manière je sais où fureter à la médiathèque...

Turquoise a dit…

"Augmenter provisoirement ma PAL", ça c'est drôle, parce que... c'est impossible ! Les PAL ne connaissent que le provisoire qui dure ! ;-D

Katell Bouali a dit…

C'est vrai...il y a des provisoires qui durent que l'on aime...:-))

mmi08 a dit…

J'aime vraiment beaucoup ta description du sujet de ce livre..Une belle invitation à la lecture sans modèration
Amicalement
Michel