lundi 29 janvier 2007

Le devoir des mémoires...


Une histoire d'initiation à l'amour sur fond de lecture à voix haute. Initiation d'un jeune homme de bonne famille par une femme plus âgée qui reste mystérieuse. Rites de la douche, de l'union des corps puis de la lecture.
Un jour, Hanna disparaît.
Le jeune homme la retrouve des années plus tard, lors d'un procès de nazis. Le narrateur se retrouve face au passé nazi de la femme qu'il a aimée. Un passé de gardienne de camp. Inhumaine Hanna ? On ne peut le croire. Besoin de rédemption ? Oh que oui ! Schlink exprime alors ce que la génération d'après guerre ressent face au passé nazi de l'Allemagne : un mélange de dégoût, d'horreur et de culpabilité éternelle.
Les crimes d'Hanna : avoir été gardienne de camp et avoir laissé périr dans un incendie, lors de la débâcle allemande, ses prisonnières. Mais peut-on la maudire pour l'éternité quand on apprend, en même temps que le narrateur le découvre, qu'elle est analphabète et que c'est pour masquer cela qu'elle a refusé un avancement dans son usine et qu'elle a répondu à une proposition de travail chez les SS ? Cette honte, elle la porte jusqu'au tribunal où elle endossera le plus gros des accusations car elle ne veut pas avouer son analphabétisme. Elle sera condamnée à perpétuité.
Le narrateur, se rend compte qu'il l'aime toujours, qu'elle est une partie intime de son âme, qu'il ne peut l'oublier. Cependant, il n'ira pas dire au juge qu'Hanna est analphabète et n'a donc pas pu signer ni rédiger les rapports retrouvés de cet incendie. Elle est la victime expiatoire de cette horreur, celle qui se charge des péchés de la communauté. Peut-on sauver un être contre sa volonté ? Hanna voulait-elle expier son passé ?
Le narrateur lui enverra en prison des enregistrements d'oeuvres littéraires. Il sera son seul point de chute lors de sa libération programmée : il lui trouve un emploi, un logement. Quand il vient la chercher, il apprend qu'elle s'est suicidée et qu'elle a appris à lire et écrire en prison.
Elle lui a demandé dans une lettre de verser ses économies à une oeuvre juive luttant contre l'analphabétisme. Il recherchera une des survivantes de l'incendie. Qui ne peut pardonner, mais qui peut comprendre.
Un très beau roman sur le devoir de mémoire, sur le devoir des mémoires.

Roman traduit de l'allemand par Bernard Lortholary

6 commentaires:

Flo a dit…

Ce livre m'a énormément marquée. J'avais aimé notamment cette approche originale (pour une française !) de ce thème. J'ai vu que Schlink avait sorti un nouveau roman en début d'année et je guette à ma biblio le moment où il sera en rayon... Par contre, je n'avais aimé ni son recueil de nouvelles, ni ses polars. Mais "Le liseur" fait partie de ma bibliothèque idéale ou pas loin...

Sophie a dit…

Je n'ai pas été touchée par ce roman, au sujet pourtant bouleversant. Je crois avoir gardé une trop grande distance qui m'a empêché de m'inprégner de l'ambiance, de comprendre le liseur.

florinette a dit…

Je garde un très beau souvenir de ce livre fort en émotion ! ;-)

Lilly a dit…

J'aime beaucoup ce que j'ai lu de cet auteur. Ce livre est sur ma PAL, je vais le lire, si, si, j'y crois :D

anjelica a dit…

Un très beau livre que j'ai lu il y a quelques années, j'en garde également un souvenir d'une très belle et forte lecture

Vanessa a dit…

J'en ai la chair de poule rien qu'en lisant ton billet. Ce livre m'avait beaucoup marquée. Une reflexion sur le devoir de mémoire et aussi sur la relativité des choses. Superbe...je compte bien le relire dès que la personne à qui je l'ai prêté me le ramène.