lundi 5 février 2007

Road movie argentin


Nous ne regardons pas la télé, nous allons beaucoup au cinéma et lorsque le WE rien ne nous tente sur la Toile Blanche, les DVD sont là pour assouvir une envie d'images.
Vendredi soir, nous nous sommes installés, avec le chat siamois (un vrai plaisir!), sur le canapé pour regarder "Historias minimas".

synopsis:


"A des milliers de kilomètres du sud de Buenos Aires, trois personnages voyagent le long des routes désertes de la Patagonie du Sud.
Don Justo, retraité de 80 ans et ancien propriétaire d'une droguerie dirigée par son fils, s'enfuit de son domicile pour échapper à son emprise. Il part retrouver son chien disparu qu'un ami prétend avoir aperçu à San Julian...
Roberto, un représentant de commerce d'une quarantaine d'années, accomplit le même périple à bord de sa vieille voiture, emportant avec lui une charge bien encombrante : un gâteau à la crème, cadeau d'anniversaire destiné au fils d'une jeune veuve qu'il convoite...
Le même jour, Maria Flores, 25 ans, se retrouve avec sa petite fille sur cette même route. Cette jeune femme est arrivée gagnante pour participer à la finale d'un jeu télévisé.
Chacun voyage de son côté, mais ces histoires et illusions vont s'entrecroiser."


Ce que j'en pense:

J'ai une passion pour le road movie et celui-ci a répondu à toutes mes attentes: paysages superbes, défilement de l'asphalte, rencontres inattendues, destins croisés...
Trois personnages principaux: Le vieux monsieur, le représentant et la jeune femme.
1) Le premier passe son temps à boire son maté sur son canapé au bord de la route. Il est à la retraite, son fils lui a succédé au magasin. Don Justo se languit de quelque chose...il se languit de son chien qui a un jour disparu. Un jour quelqu'un lui dit qu'il l'a aperçu à 300 km de là. Et voici notre "Papy" qui prend la poudre d'escampette, tel un adolescent, pour retrouver son chien. En Patagonie, l'habitat est plutôt dispersé, les routes désertes. Le vieux monsieur est vite pris en stop par une jeune femme, une scientifique. Au cours de son périple, il croise le représentant (ils se connaissent), des policiers encadrant un prisonnier amoché et ensanglanté, un groupe d'ouvriers au grand coeur et à la musique joyeuse. A tout ce petit monde, il répète "Si c'est mon fils vous dites que je ne suis pas là" (un avis de recherche a été lancé). Peu à peu, le spectateur comprend le pourquoi de la scène d'ouverture ainsi que le mal être du vieux monsieur: une erreur, un écart qui le ronge. Retrouver le chien et s'en faire reconnaître serait sa rédemption.
2) Le représentant de commerce, plein de bagou et joie de vivre. La route encore, ses solitudes d'hôtel, ses rencontres, ses amours. Il est hâbleur, charmeur et court plusieurs lièvres à la fois. Son voyage avec le gâteau d'anniversaire (le pâtissier lui recommande de ne pas le laisser au soleil ni trop longtemps en voiture...en gardant ces répliques en tête, on saisit le sel d'une des dernières scènes!) est un morceau d'anthologie: ses interrogations au sujet de la forme, du prénom "René" (pour un garçon ou pour une fille?) et ses doutes: si c'est une fille, le ballon de foot est malvenu. Il a une solution: le transformer en tortue. Mais qui va pouvoir lui faire cela? Une rencontre avec un gendarme et hop le voilà chez la tante de ce dernier. C'est complètement surréaliste et en même temps d'une vérité extraordinaire: les espaces sont tellement vastes que les gens sont très proches et très conviviaux pour combler ces distances de solitudes. La solidarité des régions reculées et peu peuplées donne un air de Paradis à cette Patagonie battue par les vents.
3) La jeune femme, isolée avec son bébé, près d'une gare. La route commence par les rails du chemin de fer. Sa route commence avec une qualification pour une finale d'un jeu télévisé...un espoir d'Eldorado: passer à la télévision et gagner monts et merveilles. Elle est naïve, simple. Elle porte un regard émerveillé sur le monde des plateaux télé. Elle gagne le gros lot: un robot ménager! Dérisoire quand on n'est pas raccordé au réseau électrique? Peut-être, peut-être pas...mais l'argent peut convaincre même les indécis.

Ces trois personnages ont pris la route. Est-ce celle de leurs illusions, de leurs rêves? Lorsque le voyage s'achève, le spectateur voit un chien au pied de son maître endormi dans le car, une boîte-tortue s'ouvrant sur des rêves de visage poudré, un rendez-vous pour un autre anniversaire, promesse de retrouvailles amoureuses.
La route prend parfois la vie mais offre aussi de belles rencontres et des espoirs que l'on croyait perdus. On touche du doigt la condition humaine, battements de coeur inaudibles mais vitaux.

Un film très difficile à résumer, comme tous les road movies: peut-on résumer la vie, une vie, des vies qui défilent?

A signaler un autre film, aussi un road movie, du même réalisateur: "Bombon el Perro"

3 commentaires:

lulu a dit…

J'ai flaché sur ton Iznogood!!!
Exactement ce que je pense du bonhomme !C'est comme ça que nous l'appelons!
Je reviendrai te lire.
Je t'ai rencontrée chez Lilly, à l'instant.
Moi je fais un blog...un peu fourre-tout, je m'amuse.
Trop dur de se cantonner seulement à la lecture...
Chui plus trop dans le coup, ici en Espagne...
J'essaie, à chaque retour, de m'acheter des bouquins mais pas assez pour en parler .
A plus . Lulu

Katell Bouali a dit…

à très bientôt lulu!Je file te rendre visite.

rachel a dit…

oui c un superbe film!! et les paysages....un reve de chez reves....un film-poeme comme j'aime les appeler...;o)