lundi 12 février 2007

Merci Arte


Hier soir, soirée télé en direct: Arte diffusait "Beignets de tomates vertes" film de 1991.
Une comédie dramatique qui met en scène l'amitié indéfectible entre deux femmes aux caractères opposés. Cela se passe dans de Sud des Etats-Unis (en Alabama), avec les préjugés et le racisme ordinaire.
J'ai bien aimé les aller/retours entre 1929 et notre époque, et la vertu des souvenirs d'une vieille femme donnant l'énergie de se battre à une ménagère américaine, à la limite de la caricature, pour sauver son couple. Ce film relate la vie, avec ses bonheurs et ses peines. Des scènes émouvantes et terribles alternent avec des instants de rires et de symbiose avec la nature.
Ces deux femmes, Ruth et Idgie, ne reculent devant rien pour asseoir leur liberté d'être et de penser.
Il est terriblement difficile de résumer ce film, empreint de sensations, d'émotions et de non-dits, sans dévoiler sa quintessence.
Une comédie dramatique, une chronique de la vie, belle et sublime comme savent si bien filmer les américains.
Si un extrait vous tente, cliquez ici .

Bol d'air dominical


cela faisait longtemps que nous n'étions pas allés nous promener en bord de mer. Hier, entre deux averses, nous sommes allés sur le sentier des douaniers, à St-Quay-Portrieux...le printemps est presque là: les ajoncs coloraient de jaune d'or le paysage marin. Comme le dit si bien Anne la mer déstresse!!!

dimanche 11 février 2007

Mosaïque Land-Art







Au fil de mes "glanages" sur la Toile Virtuelle, j'ai récolté beaucoup de photos des installations de mon artiste de Land-Art favori, Andy Goldsworthy. En ce dimanche tranquille, je souhaite vous faire partager une série de notes poétiques...
Quelques images sonores? cliquez ici puis

samedi 10 février 2007

Saga chinoise


Lao She met en scène une famille chinoise traditionnelle, au mode de vie ancestral. Quatre générations vivent ensemble dans une maison que l'imagination voit jolie, agréable, pleine de vie et de rires d'enfants. La famille s'est élevée socialement à chaque génération: les petits fils ont reçu une éducation de lettrés.
Dans cette Chine occupée par les Occidentaux, des fissures lézardent le mode de vie millénaire: un vent de changements commence à se lever.
L'angoisse du vieux Qi (le patriarche) est de ne plus voir ses descendants vivre sous le même toit que lui et de ne pas fêter son anniversaire entouré de tous.
Puis c'est la guerre contre le Japon envahisseur. La Chine est asservie et Lao She nous emmène dans les ombres inquiétantes et sordides de l'occupation. Il nous peint une société particulière: la société pékinoise, une Chine dans la Chine. Une société profondément confucéenne: la fatalité est présente, il faut composer avec cette dernière afin de garder la tête haute et l'estime de soi. Le lecteur a l'impression que tout glisse, telles les gouttes d'eau sur les plumes des canards, sur ces Pékinois placides, optimistes et qui peuvent apparaître lâches et aveugles.
Les fils conducteurs de ce roman fleuve (presque 1900 pages) sont ce qui fait la splendeur de la civilisation chinoise: la maîtrise de soi (face aux pires situations) afin de ne pas heurter la sensibilité de l'Autre et le respect de la piété filiale (caisse de résonnance de l'attachement au culte des ancêtres et de l'importance d'une descendance nombreuse). La hantise de tout chinois est qu'il n'y ait plus de descendant pour prendre soin des parents et brûler des bâtons d'encens en l'honneur des ancêtres.
Trois points vitaux de la vie des Pékinois: ne pas perdre la face, avoir une grande piété filiale et être en toute circonstance un être humain.
Cette trinité sera mise à mal par l'occupation féroce, pendant huit ans, des Japonais. La famille Qi illustrera, tout au long de la saga, ls doutes, les souffrances, ls compromissions qui malmèneront ces trois aspects fondamentaux de la société chinoise.
Confucius est derrière chaque mot, chaque phrase, chaque sentiment. L'art subtil des paysages peints sur papier de riz apparaît sous la plume de Lao She souvent pour adoucir le récit difficile des misères subies par la peuple, mais en même temps, il pointe du doigt le fait que ces bonheurs d'autrefois sont irrémédiablement perdus en raison de la barbarie japonaise.
La lecture de Lao She met en parallèle l'antagonisme culturel entre la Chine (civilisation éclairée et brillante)et le Japon (civilisation imitatrice restant toujours barbare aux yeux des Chinois) avec l'antagonisme culturel entre la Grèce Antique et Rome. L'élève souhaite toujours surpasser le maître...quel qu'en soit le moyen. le lecteur comprend peu à peu que si Lao She qualifie les Japonais de "petits" c'est en vertu du regard chinois porté sur le Japon qui n'est qu'un nain à l'échelle millénaire de la civilisation chinoise.
Un passage illustre bien ce rapport antagoniste entre Chine et Japon:

"...ceux qui agressent les autres, les dominent, nuisent aux autre, ne peuvent qu'agir à l'aveuglette, ils n'ont pas d'autre solution. L'agression, elle-même, est désordre, car l'agresseur ne voit que lui-même et invente, en suivant sa propre idée, le visage que doit avoir l'agressé. Ainsi quelle que soit la minutie du calcul de l'agresseur, il rencontrera inévitablement des échecs et commettra des erreurs. Quant aux rectifications, il ne peut les apporter qu'en suivant une fois de plus ses partis pris, et, plus il corrige, plus il s'enferre dans l'erreur, dans le désordre. les petites révisions, les petites rigueurs ne peuvent corriger des prémices fondées dur l'erreur."

"Quatre générations sous un même toit" présente une rupture de rythme et de regard: les deux premiers tomes insistent sur l'écartèlement d'un des héros (Ruixuan, le fils aîné garant de l'équilibre familial) pris entre son patriotisme et son devoir de piété familiale. Le dernier tome évoque les changements durables qui vont s'opérer dans la société et la culture chinoise: l'avènement d'une fierté nationale, d'un patriotisme triomphant et du homme politique déterminant que sera Mao. Ces changements sont vus à travers le prisme du benjamin de la famille, celui qui n'ayant pas sur les épaules le poids de la tradition peut partir rejoindre les rangs de la résistance.
Ce roman est un long voyage au coeur d'une famille qui voit ses horizons changer et s'élargir. La traduction permet au lecteur de goûter aux savoureuses diatribes orales des habitants de la ruelle du Petit-Bercail. Un bonheur à lire, un livre qu'on ne laisse pas tomber de ses mains.

vendredi 9 février 2007

Questionnaire de Bouquin




Sur les conseils de Challenge ABC 2007 et de mon Bibilomane de mari, je suis allée sur le blog le carnet de bouquin où un questionnaire sur la lecture est proposé. Et comme l'auteur(e) de ce blog demande très gentiment d'y répondre et de faire passer l'info...je m'y suis prêtée de bonne grâce. Un petit détour par ici vous fera découvrir un univers charmant, plein de lectures.

Une promenade holderienne


A la campagne tout le monde se connaît et quand quelqu'un disparaît, l'église se remplit. C'est ce qui surprend le narrateur qui accompagne celui qu'il a rencontré par hasard au cours d'une promenade solitaire. Il raconte sa vie, étrange, brisée par la guerre d'Algérie, colorée par la rencontre avec une famille hongroise en exil.

Cela se passe à Bordeaux et dans une campagne à 1h de Paris.
Holder laisse la liberté d'opinion à son lecteur qui peut détester ou être attendri par le héros malgré lui du roman. Il nous offre une autre facette des relations humaines.Il met le doigt sur une évidence, certes, celle de l'ambivalence des sentiments envers l'autre.
Le héros, ce médecin qui quitta tout pour entrer dans sa nouvelle famille fantasque, fascinante par sa culture et son vague à l'âme slave, ouverte sur le monde.

On comprend à la fin son désespoir : partagé entre sa famille et une passion inassouvie. Une belle promenade qui laisse rêveur...

Nota Bene:

Pour rassurer les visiteurs, j'ai lu ce roman en août 2004 (j'avais laissé un commentaire sur Zazieweb...et comme je suis toujours dans la lecture de "Quatre générations sous un même toit", je meuble avec mes anciennes lectures :-)

jeudi 8 février 2007

Auster folies...


Petit cadeau pour les lectrices et lecteurs de Paul Auster.
En même temps, cela me permet de "faire mes gammes" avec le nouveau logiciel photo installé depuis peu sur mon ordinateur.

Lendemains de guerre


Une enquête policière qui va plonger dans le monde peu avouable de certains politiques au lendemain de la deuxième guerre mondiale, dans un pays de l'est.
Manipulations, chantages, réécriture de l'histoire, soif de justice et romance entraînent le lecteur dons le monde glauque de la dénazification et le début de la guerre froide.
Monde où on s'aperçoit que malgré la Révolution, la société a toujours ses bourgeois et ses nantis, ses pestiférés et ses petites mains.
Monde où la police politique a des dossiers sur tout le monde et où les puissants exercent leurs prérogatives pour faire taire les gêneurs.
Monde où une ancienne taupe nazie accède aux responsabilités politiques, où un ancien nazi devient tueur à gages.
Le début du roman est très lent, un peu lassant : la mise en situation est longue mais finalement nécessaire pour saisir l'ampleur de la psychose ambiante (peur de l'espion, de la délation) qui fausse les rapports humains.
Le héros est en proie aux doutes, au manque d'assurance en lui, lui qui est entré dans la Milice du Peuple, section brigade criminelle, pour ne pas crever de faim.
Puis, une fois que le malentendu est levé entre le héros et ses collègues, l'action s'emballe et l'enquête devient prenante.
Une plongée intéressante, pour les amateurs du genre, dans l'époque incertaine du partage de Berlin entre les Alliés, du pont aérien des américains... avant la création du Mur.

Roman traduit de l'allemand par Françoise Bouillot

mercredi 7 février 2007

Une feuille verte....


Je n'avais pas parlé depuis longtemps d'une de mes passions: le thé.
Une citation glanée sur le thé des écrivains:


"Lart du thé en général implique l'harmonie entre les Trois Pouvoirs : le ciel, la terre et l'homme. Le ciel fournit la lumière du soleil, la brume et la pluie qui sont nécessaires à la culture du thé ; la terre donne le sol qui nourrit les plantes du thé, l'argile qui sert à façonner toutes sortes de céramiques dont on use pour le thé, les sources jaillissant du rocher qui procurent l'eau pure pour l'infusion. A cela l'homme ajoute le talent qui associe les feuilles de thé, l'eau et les céramiques pour donner naissance à un art plein de séductions." John Blofeld in "Thé et Tao"

Princesses


Je ne résiste pas à présenter cet album atypique "Princesses oubliées ou inconnues" de Rebecca Dautremer. Pourquoi atypique? Parce qu'il semble touffu et compliqué. Or, une fois ouvert, la magie nous happe et nous emporte dans l'imaginaire des princesses et des royaumes inconnus. Il y a une princesse par page. L'auteure nous décrit son caractère, sa vie, ses habits, ses envies, ses préférences, ce qu'elle n'aime pas etc... Elle utilise la variation de la langue, parfois familière, parfois recherchée. Les illustrations sont d'une beauté à couper le souffle, les polices de caractères variées et délicieusement déroutantes. Les princesses nous sont "croquées" sous un jour inattendu et cela démystifie, tendrement, le concept de princesse!!! Sous leurs beaux atours, elles se révèlent bien chipies...et on peut reconnaître certaines des nôtres!!!
Cet album, malgré son apparente difficulté d'accès, peut être lu aux plus jeunes enfants comme un conte du soir ou alors en lecture plaisir au creux du canapé, lové contre l'épaule de Maman ou de Papa (il n'y a pas de raison) car les illustrations sont vraiment somptueuses et la langue savoureuse!!!

mardi 6 février 2007

Souvenirs


Lamousmé et Lilly m'ont donné envie de montrer une reproduction d'un tableau de Millet: "L'Angélus".
Ma Mamie avait fait encadrer, dans sa jeunesse, une carte postale reproduisant ce tableau. Je l'ai toujours vu chez Mamie et lorsqu'elle nous a quittés et que nous avons trié ses affaires, je n'ai pu faire autrement que de l'embarquer, cette reproduction! Il y a des souvenirs qui ne s'effacent jamais et qui font partie de l'être cher que nous avons perdu. Ainsi ce tableau, indissociable de Mamie.

Visiter un classique


Une aventure philosophique d'un jeune nanti chinois qui commence par un dîner entre amis dont le sujet est le sentiment du bonheur : être heureux c'est avoir des envies, des émotions, c'est avoir des buts dans sa vie...tout ce que n'a pas Kin-Fo.
Il apprend un jour que ses actions ne valent plus rien, il décide d'en finir avec la vie. Il demande à son ami philosophe Wang d'accomplir cette tâche afin de connaître l'émotion avant de rejoindre le royaume des morts (en bon financier il souscrit une assurance vie auprès d'un établissement américain). Mais entre temps, sa situation financière fait plus que s'améliorer et là le désir de vivre réapparaît.
Les aventures de ce jeune chinois ne font que commencer, l'occasion pour Jules Verne de fournir à son lectorat la primeur des dernières avancées technologiques. C'est un roman désuet aujourd'hui mais très émouvant quant on resitue l'auteur dans son époque. Un agréable voyage en Chine mais aussi dans l'imaginaire de Jules Verne.
...et pour une fan de l'Extrême orient telle que moi, c'était une occasion de parcourir la Chine, même si l'auteur la rêve plus qu'il ne la décrit (car il n'y est jamais allé!!).

lundi 5 février 2007

Road movie argentin


Nous ne regardons pas la télé, nous allons beaucoup au cinéma et lorsque le WE rien ne nous tente sur la Toile Blanche, les DVD sont là pour assouvir une envie d'images.
Vendredi soir, nous nous sommes installés, avec le chat siamois (un vrai plaisir!), sur le canapé pour regarder "Historias minimas".

synopsis:


"A des milliers de kilomètres du sud de Buenos Aires, trois personnages voyagent le long des routes désertes de la Patagonie du Sud.
Don Justo, retraité de 80 ans et ancien propriétaire d'une droguerie dirigée par son fils, s'enfuit de son domicile pour échapper à son emprise. Il part retrouver son chien disparu qu'un ami prétend avoir aperçu à San Julian...
Roberto, un représentant de commerce d'une quarantaine d'années, accomplit le même périple à bord de sa vieille voiture, emportant avec lui une charge bien encombrante : un gâteau à la crème, cadeau d'anniversaire destiné au fils d'une jeune veuve qu'il convoite...
Le même jour, Maria Flores, 25 ans, se retrouve avec sa petite fille sur cette même route. Cette jeune femme est arrivée gagnante pour participer à la finale d'un jeu télévisé.
Chacun voyage de son côté, mais ces histoires et illusions vont s'entrecroiser."


Ce que j'en pense:

J'ai une passion pour le road movie et celui-ci a répondu à toutes mes attentes: paysages superbes, défilement de l'asphalte, rencontres inattendues, destins croisés...
Trois personnages principaux: Le vieux monsieur, le représentant et la jeune femme.
1) Le premier passe son temps à boire son maté sur son canapé au bord de la route. Il est à la retraite, son fils lui a succédé au magasin. Don Justo se languit de quelque chose...il se languit de son chien qui a un jour disparu. Un jour quelqu'un lui dit qu'il l'a aperçu à 300 km de là. Et voici notre "Papy" qui prend la poudre d'escampette, tel un adolescent, pour retrouver son chien. En Patagonie, l'habitat est plutôt dispersé, les routes désertes. Le vieux monsieur est vite pris en stop par une jeune femme, une scientifique. Au cours de son périple, il croise le représentant (ils se connaissent), des policiers encadrant un prisonnier amoché et ensanglanté, un groupe d'ouvriers au grand coeur et à la musique joyeuse. A tout ce petit monde, il répète "Si c'est mon fils vous dites que je ne suis pas là" (un avis de recherche a été lancé). Peu à peu, le spectateur comprend le pourquoi de la scène d'ouverture ainsi que le mal être du vieux monsieur: une erreur, un écart qui le ronge. Retrouver le chien et s'en faire reconnaître serait sa rédemption.
2) Le représentant de commerce, plein de bagou et joie de vivre. La route encore, ses solitudes d'hôtel, ses rencontres, ses amours. Il est hâbleur, charmeur et court plusieurs lièvres à la fois. Son voyage avec le gâteau d'anniversaire (le pâtissier lui recommande de ne pas le laisser au soleil ni trop longtemps en voiture...en gardant ces répliques en tête, on saisit le sel d'une des dernières scènes!) est un morceau d'anthologie: ses interrogations au sujet de la forme, du prénom "René" (pour un garçon ou pour une fille?) et ses doutes: si c'est une fille, le ballon de foot est malvenu. Il a une solution: le transformer en tortue. Mais qui va pouvoir lui faire cela? Une rencontre avec un gendarme et hop le voilà chez la tante de ce dernier. C'est complètement surréaliste et en même temps d'une vérité extraordinaire: les espaces sont tellement vastes que les gens sont très proches et très conviviaux pour combler ces distances de solitudes. La solidarité des régions reculées et peu peuplées donne un air de Paradis à cette Patagonie battue par les vents.
3) La jeune femme, isolée avec son bébé, près d'une gare. La route commence par les rails du chemin de fer. Sa route commence avec une qualification pour une finale d'un jeu télévisé...un espoir d'Eldorado: passer à la télévision et gagner monts et merveilles. Elle est naïve, simple. Elle porte un regard émerveillé sur le monde des plateaux télé. Elle gagne le gros lot: un robot ménager! Dérisoire quand on n'est pas raccordé au réseau électrique? Peut-être, peut-être pas...mais l'argent peut convaincre même les indécis.

Ces trois personnages ont pris la route. Est-ce celle de leurs illusions, de leurs rêves? Lorsque le voyage s'achève, le spectateur voit un chien au pied de son maître endormi dans le car, une boîte-tortue s'ouvrant sur des rêves de visage poudré, un rendez-vous pour un autre anniversaire, promesse de retrouvailles amoureuses.
La route prend parfois la vie mais offre aussi de belles rencontres et des espoirs que l'on croyait perdus. On touche du doigt la condition humaine, battements de coeur inaudibles mais vitaux.

Un film très difficile à résumer, comme tous les road movies: peut-on résumer la vie, une vie, des vies qui défilent?

A signaler un autre film, aussi un road movie, du même réalisateur: "Bombon el Perro"

Bretonitude policière


Une autre enquête de la célèbre Mary Lester, ancien capitaine au commissariat de Quimper, démissionnaire de la Police car écoeurée par certaine malversations au sein des services policiers...surtout quand la politique s'en mêle !!!!
Donc, pour cet épisode, balades dans Rennes et sa région (St-Malo, Cancale, St-Méloir-des-Ondes...) à la recherche d'un jeune homme, footballeur espoir du Stade Rennais (eh oui !!). Et voilà Mary Lester embarquée dans une affaire politico-financière. L'intrigue est bien menée, bien ficelée comme d'habitude. Les lecteurs connaissant la Bretagne auront la joie de retrouver des endroits connus, arpentés, visités. La Lester retrouve un ancien collègue détesté (Mercadier) et son complice de toujours (Le grand Fortin) qui est un peu son ange gardien !!
Un bon divertissement, iodé et fleurant bon les soucis olfactifs des côtes bretonnes (les fameuses algues vertes !!) dus au purin (vous savez, les élevages de porcs !!!). On y trouve une panoplie de portraits croustillants.

dimanche 4 février 2007

Les livrophages se reconnaîtront!!!


"Il aimait lire. La lecture, pour lui, n'était pas un simple passe-temps, c'était une gymnastique intellectuelle, un exercice formateur pour l'esprit. Dans son rapport aux livres, il n'avait jamais considéré qu'il y avait lui d'un côté et le livre de l'autre. Il voulait transformer ce livre en une quintessence et la faire entrer dans son corps pour s'en nourrir. Il ne recherchait ni la célébrité ni les richesses, les livres n'étaient certainement pas un moyen pour obtenir un poste. Il aimait la lecture pour elle-même. Elle le rendait à même de comprendre les choses, lui ouvrait les yeux, sa vie spirituelle s'en trouvait enrichie. Il avait peur d'être "anémié" par manque de lecture." Lao She in "Quatre générations sous un même toit"

samedi 3 février 2007

Quelques mots sur Lao She


En attendant d'achever la lecture de "Quatre générations sous un même toit" (3 tomes dont 2 très épais!!, j'ai cherché sur le Net des renseignements sur Lao She. Pour les mordus et les personnes intéressées par les littératures asiatiques (entre autre chinoise), je recopie une rapide présentation de cet auteur:

"Né en 1899 dans une famille mandchoue de la capitale, Lao She a été, dès son enfance, plongé dans une société en pleine évolution.

Après avoir enseigné pendant une vingtaine d'années, notamment en Angleterre, l'écrivain, à la suite du succès remporté par son fameux "Pousse-pousse", a pu se consacrer entièrement à son oeuvre. Il écrit de nombreuses nouvelles reprises dans "Gens de Pékin", dont est extrait "Histoire de ma vie." À travers les personnages très divers que Lao She met en scène, c'est toute la vie pékinoise, à la fin de l'Empire et dans les premières années de la République, qui resurgit. Les prostituées y côtoient les amateurs d'opéra et les agents de police; les bandits y font bon ménage avec les honnêtes gens, les simples artisans avec les petits commerçants.

De ce monde qui a aujourd'hui presque totalement disparu, Lao She a sur retenir le meilleur: une vie où la tragédie n'exclut à aucun moment l'humour.

Son grand roman écrit, entre 1940 et 1942, "Quatre générations sous un même toi", est une vaste fresque qui raconte l'histoire d'une famille à travers les péripéties de l'histoire chinoise. Les conflits qui sont au coeur de l'oeuvre n'opposent pas seulement entre eux les divers membres de la famille, ils opposent aussi le groupe familial à la patrie, et Pékin au reste de la Chine.

Sous le régime communiste, il a été amené à composer plusieurs pièces de théâtre, en particulier "La maison de thé." Victime tragique de la Révolution culturelle, Lao She s'est officiellement suicidé. Mais il pourrait bien avoir été battu à mort par les gardes rouges dans son appartement. Il n'a pas pu achever le grand roman autobiographique qu'il avait entrepris, "L'enfant du nouvel an", mais cette oeuvre posthume montre qu'il n'avait pas perdu de son talent de romancier."

in Le club des rats de bibliothèque

L'école des femmes


Alice Ferney nous fait découvrir par ce roman au doux rythme un pan de vie de la bourgeoisie du début du 20e siècle. Découverte d'un milieu par le côtoiement de personnages féminins discrets mais piliers d'un art de vivre, piliers de la famille.
Le thème de la maternité est très présent, voire omniprésent dans "L'élégance des veuves". La maternité qui est l'apanage des femmes, leur force, leur plus fort argument. Cette maternité donne la force de supporter les pertes des maris, des pères, des frères... même celles des fils, des filles.
En tant que femme moderne, libérée, ce sujet peut faire sourire car on a du mal à s'identifier à une grande bourgeoise parisienne. Mais le noeud du roman ne réside pas dans le statut social mais bien dans le statut de "femme". L'auteur nous fait vivre les heurts et malheurs des femmes et des mères. On est ému lorsqu'on accompagne la mère qui a perdu un jeune enfant, on a la même rage qu'elle devant l'injustice, et on renaît à la vie quand le deuil de l'enfant s'estompe devant la nécessité : les autres enfants ont besoin de leur mère pour grandir.
On est atterré par la dureté du père qui ne peut aimer la dernière née qui emporta la vie de sa mère. On ne peut qu'être solidaire de cette enfant qui ne souffle jamais ses bougies d'anniversaire... jusqu'à ce que la nouvelle femme du père décide que l'enfant mérite mieux que les pleurs du deuil maternel et qu'elle bouleverse le rituel en faisant entrer la joie et la fête le jour de son anniversaire. On ressent le fossé qui naît entre cette fillette et son père qui ne peut la voir sans penser à la mort de son épouse tant aimée.
Le roman s'ouvre sur la voie immuable des femmes : le mariage et la maternité et s'achève sur l'évidence la plus criante : la maternité est féminité, la maternité est l'aventure d'une vie de femme.
L'écriture est très agréable, très douce, elle prend son temps, elle se déguste... on commence le roman pour ne plus le lâcher avant la fin.
Un roman pour les femmes et pour les filles ?? Non... les hommes pourront y trouver quelques réponses à certaines interrogations !!!

vendredi 2 février 2007

L'abus d'aveuglement est dangereux...


Un très court récit de onze pages. Une métaphore de l'état policier où la couleur brune est dominante.
Brun, couleur brune... chemises brunes... bruits de bottes qui reviennent dans les mémoires.
Sous cette fable, la persistance de ce danger qui peut revenir sans qu'on s'en aperçoive à temps.
Une nouvelle qui va à l'essentiel : "sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous" ?
Sans vouloir être polémique, lire cet opuscule en ces temps d'élections présidentielles, peut devenir un acte citoyen. Nous sommes tellement proches d'un état fascisant que "Matin brun" peut ne pas être de la fiction.
De plus, le prix est dérisoire: 2 € seulement.

jeudi 1 février 2007

Un Vargas plein de talent


Pour les inconditionnels, ce polar de Vargas est un régal.
Son commissaire est digne parfois d'un Pepe Carvahlo. L'intrigue est très bien menée et l'auteur nous fourvoie avec délice dans de fausses pistes. La rencontre des policiers français avec leurs collègues québécois est pleine de joyeusetés linguistiques et stylistiques. Le meurtrier en série est d'une noirceur sans nom et d'une logique effrayante. On se laisse porter sur les vagues neptuniennes avec joie. La croisière s'amuse certes mais les lames de fond sont cruelles. Un bel ouvrage littéraire.
Merci Madame Vargas.

mercredi 31 janvier 2007

Comment les lapins devinrent mangeurs de légumes


Imaginez un monde placide où les lapins sont travailleurs, sages, gentils, pacifiques, ne se souciant que d'une seule chose : s'occuper de la chevelure de l'herbe qui comme les personnes occupées à faire des choses très importantes n'ont pas le temps d'aller chez le coiffeur !!
Imaginez un monde où les légumes et les animaux parlent...
Dans ce monde idyllique se trouve un potager où pérorent les carottes qui se croient les plus belles, les plus fortes, les plus intelligentes... bref de vrais matamores qui se moquent méchamment des lapins !!
Un jour, ces carottes mal polies dépassent les bornes et là... le carnage commença : rien ne résista aux dents des lapins dans le potager.
Depuis, plus personne ne parle aux légumes et les légumes gardent leurs pensées pour eux... sauf lors d'une certaine nuit d'octobre où les citrouilles chantent. Mais ça se passe en Amérique...
Le texte est excellent. Les illustrations intéressantes et pleines d'humour grinçant. Les lapins sont habillés comme les Quakers, les carottes ont l'air vraiment idiotes... un livre amusant et plein de facéties. Avec une morale sous-jacente que je vous laisse découvrir et faire découvrir aux enfants. Je trouve que ce livre est un excellent moyen pour aborder le thème de la tolérance, de la pondération avec un jeune enfant : les illustrations sont aussi parlantes que le texte, l'habillement des lapins, leurs attitudes, comme celles des carottes d'ailleurs, ne sont pas innocents, loin de là. Les auteurs par le biais du dessin délivrent aussi un message !