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mercredi 24 mars 2021

Printemps des poètes

 


La brise du printemps sur le visage de la rose: c'est charmant!

Parmi les fleurs le visage de la jolie qu'on chérit: c'est charmant!

Parler du jour qui est parti: ce n'est pas charmant!

Fais la fête! Tais-toi sur le jour passé! le jour qui est: c'est charmant!


Omar Khayam in "Rubayat"

Traduction d'Armand Robin


mercredi 24 juin 2020

Aaahhh les beautés du subjonctif imparfait!



Les réseaux sociaux regorgent de pépites à glaner ce que je m'empresse de faire ici pour ne pas oublier ce joli texte d'Alphonse Allais.








Complainte amoureuse
Oui, dès l'instant que je vous vis,

Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l'amour qu'en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j'y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu'ingénument je vous le disse,
Qu'avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu'en vain je m'opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez !

Alphonse Allais

dimanche 26 avril 2020

La photo du dimanche #14

Depuis le 16 mars nous sommes confinés en raison de la crise sanitaire provoquée par le COVID-19, pandémie mondiale.
Je mesure la chance inouïe de vivre dans une maison pourvue d'un vaste jardin.



"Tout pourrait être mieux, mais tout pourrait être plus mal. Donc tout est bien" Henri Duvernois (1875-1937)

jeudi 13 août 2015

La citation du jeudi # 2

[...] "Dans dix ans, c'est certain, il aura oublié beaucoup de ce qu'il vient de vivre ici, à ses impressions se seront mêlées d'autres, nouvelles ou plus anciennes, et rien ne sera plus clair de ce que disait exactement le cheikh Sidi Othman en servant le thé, les trois verres de thé quotidiens plutôt que rituels. Le vieux, d'ailleurs, sait très bien se moquer de ces formules qu'on inscrirait en exergue et qui sonnent pompeusement, du genre "Le premier verre est doux comme la vie, le deuxième sucré comme l'amour, le troisième amer comme la mort." Ne vient-il pas de dire à Keith, en riant franchement et dans un français heurté mais riche et compréhensible: "Oui, Keith, la vie est douce comme l'hiver, l'amour est sacré comme le printemps. Et la mort... elle peut rester dans la théière!" [...] in "Les trois verres de thé du cheikh Sidi Othman" de Marc de Gouvenain, p 49

jeudi 6 août 2015

Retour de la citation du jeudi.

Je ne garantis pas une citation hebdomadaire, loin s'en faut. Je reprends, en douceur, l'exercice "blogesque".

[...] "Une vie, ce n'est pas seulement la somme des choix que l'on a faits. Elle est cette somme, multipliée par le regard des autres, et divisée par le coefficient imprescriptible du hasard." [...] p 238 in "Pour trois couronnes" de François Garde

mercredi 29 juillet 2015

Une phrase plaisante...

En attendant des amis à Perros-Guirec, je me suis installée sur un banc, côté esplanade, dos à la mer pour me protéger du vent, le ressac en bruit de fond, et j'ai ouvert mon livre lu "au retrait", "Pour trois couronnes".
Page 101, une phrase a arrêté ma lecture et je l'ai notée sur mon "carnet pour être zen". 
Je ne puis que la partager avec vous:

"Et quelqu'un qui lit un aussi gros livre, seul, à l'intérieur, ne peut être absolument mauvais."

Le narrateur est dans un café, à Bourg-Tapage, port d'une île de l'ancien empire colonial français. Il est abordé par un vieux monsieur, en costume-cravate malgré la chaleur, qui a repéré le livre en français.

Illustration: "La liseuse" de Francine Van Hove

dimanche 29 mars 2009

Histoire d'eau

(photos prises dans le parc du château de La Roche Jagu, sur le parcours de l'eau)

"Quand je suis assis là , l'idée patriarcale autour de moi prend vie: je les revois, tous les Anciens qui font connaissance et déclarent leur amour auprès de la fontaine, je sens les esprits bienfaisants planer autour des fontaines et des sources."

Johann Wolfgang von Goethe in Les souffrances du jeune Werther (1774)
Bon dimanche à tous!

vendredi 27 février 2009

En passant....

"Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe."
Jules Renard (in son Journal 1894-1904)

illustration de Sylvie GUIBERT

dimanche 18 janvier 2009

Autour du thé


La femme et la fille de maître Wou entrent dans la pièce pour vous faire les honneurs du thé de fleurs de lotus. Celui des grandes occasions, une boisson sublime, sans commencement ni fin. Le maître prend le temps qu'il faut, t'explique comment on le fabrique: en bourrant un petit sac de soie de feuilles de thé, qu'on dépose quelque temps dans une fleur de lotus naissante, dont le parfum inspire délicieusement l'âme du thé. (....) En suivant en cyclo-pousse les ballots de thé qu'il vous a fait amener par un coolie, tu te rappelles les mots que maître Wou glisse à ton oreille avant de vous quitter: "Méfie-toi des liqueurs opaques, elles sont comme les yeux sans âme. Le thé se sait lentement. La vie aussi. Il te faudra beaucoup de temps. Le nénuphar n'exclame sa fleur qu'à la fin de l'été. Tout est bien, n'aie pas peur. Je suis avec toi."
(p 24 et 25)

in "La route des petits matins" de Gilles Jobidon


vendredi 26 octobre 2007

Autour du Thé

En attendant l'arrivée (avec une impatience qui me transforme en feuille de thé diablement infusée!!) de mon swap LitThérature, un glanage au hasard du net:

Extrait du "Le Cha Jing ou classique du thé" de Lu Yu, éditeur Jean-Claude Gawsewitch.



"Lorsqu'on torréfie du thé en galettes, il faut veiller à ne pas le faire au-dessus de braises esposées au vent : le feu s'élevant de façon sporadique, les flammes seraient comme de petites lames et le thé ne serait pas chauffé de manière homogène. Il convient de l'approcher du feu, de le tourner sans relâche jusqu'à l'apparition de petites aspérités, telles celles qu'on trouve sur le dos d'un crapaud. Alors, on continue à rôtir les galettes à la flamme, mais à cinq pouces de distance. Dans le cas où la galette gondole, ou qu'elle se désagrège, il faut recommencer la torréfaction depuis le début." (p 54)

"Liu Xiaochao, de la dynastie Liang, écrivit, dans une lettre pour remercier Jin Anwang de ses présents de riz : 'Je te transmets les ordres de Li Mengsun. Tu dois me donner ces denrées : du riz, du vin, des courges, des pousses de bambou, du chou, fermenté, de la viande séchée, du poisson mariné dans la saumure et du thé, en tout huit choses. L'arôme doit en être exubérant, le goût riche, pareils aux meilleurs élixirs de Xincheng et Yunsong. Les pousses de bambou qui croissent près des fleurs et dans les marécages surpassent des mets aussi exquis que le lis des marais. Nul plat de roi ne peut se comparer aux grasses courges des abords de la frontière. La viande de chevrotain liée avec du roseau est moins savoureuse que la viande d'âne séchée enveloppée dans son tissu blanc comme neige." (p 92)
Je ne savais pas que l'on pouvait utiliser le terme "torréfier" pour le thé: ingénument je pensais qu'il n'était réservé qu'au café. A priori c'est lors d'une opération culinaire spécifique ce qui expliquerait cette terminologie.

Une bien jolie phrase:

"Le silence partout s'étend La vaste salle est déserte J'attends mon seigneur qui n'est pas revenu Mon désespoir s'adoucit dans une tasse de thé."

Pour achever la mise en bouche, l'argumentaire de l'éditeur:

"Le Cha Jing ou Classique du thé est un essai magistral de Lu Yu, fin lettré chinois de la dynastie des Tang, qui donne ses lettres de noblesse à la culture du thé et à sa remarquable place dans la Chine d'il y a plus de mille ans. Ce texte fondateur d'un érudit consacré "dieu du thé" envisage toutes les phases de la cueillette à la dégustation, et puise aux sources du taoïsme, du bouddhisme et du confucianisme, pour une philosophie du thé, philosophie d'un authentique raffinement."

"Précis sur l'art du thé, de sa plantation à sa décoction, écrit au VIIIe siècle, qui entend fixer les canons du thé selon des critères de frugalité et de rigueur, le besoin de l'excellence et la quête systématique du raffinement. Accompagné du texte original chinois en fin d'ouvrage."

Qui résiste après cela?












vendredi 13 juillet 2007

Chez moi...

Cette veille de Fête Nationale laisse ma siamoise un tantinet songeuse....






"Il n'y a pas besoin de sculpture dans une maison qui a un chat." Wesley Bates

samedi 3 mars 2007

Plaisir des yeux


"Peut-être les japonais savent-ils qu'on ne goûte un plaisir que parce qu'on le sait éphémère et unique et, au-delà de ce savoir, sont-ils capables d'en tisser leur vie."


Muriel Barbery in "L'élégance du hérisson" (p 173)

jeudi 1 mars 2007

Rituel du thé


"Le rituel du thé, cette reconduction précise des mêmes gestes et de la même dégustation, cette accession à des sensations simples, authentiques et raffinées, cette licence donnée à chacun, à peu de frais, de devenir un aristocrate du goût parce que le thé est la boisson des riches comme elle est celle des pauvres, le rituel du thé, donc, a cette vertu extraordinaire d'introduire dans l'absurdité de nos vie une brèche d'harmonie sereine. Oui, l'univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l'insignifiance nous encercle. Alors; buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au-dehors, les feuilles d'automne bruissent et s'envolent, le chat dort dans une chaude lumière. Et, dans chaque gorgée, se sublime le temps."


Muriel Barbery in "L'élégance du hérisson" (p 94)

mercredi 7 février 2007

Une feuille verte....


Je n'avais pas parlé depuis longtemps d'une de mes passions: le thé.
Une citation glanée sur le thé des écrivains:


"Lart du thé en général implique l'harmonie entre les Trois Pouvoirs : le ciel, la terre et l'homme. Le ciel fournit la lumière du soleil, la brume et la pluie qui sont nécessaires à la culture du thé ; la terre donne le sol qui nourrit les plantes du thé, l'argile qui sert à façonner toutes sortes de céramiques dont on use pour le thé, les sources jaillissant du rocher qui procurent l'eau pure pour l'infusion. A cela l'homme ajoute le talent qui associe les feuilles de thé, l'eau et les céramiques pour donner naissance à un art plein de séductions." John Blofeld in "Thé et Tao"

mardi 2 janvier 2007

La liberté du mot...





"Un mot qu'on a laissé s'envoler ne se laisse plus jamais rattraper par l'aile." Luther

samedi 30 décembre 2006

L'instant-Thé


En cette fin d'après-midi pluvieuse et sombre....un précieux moment autour d'un bol de thé:
"Le premier bol onctueusement humecte lèvres et gosier;
Le deuxième bannit toute ma solitude;
Le troisième dissipe la lourdeur de mon esprit,
Affinant l'inspiration acquise par tous les livres que j'ai lus.
Le quatrième produit une légère transpiration,
Dispersant par mes pores les afflictions de toute une vie.
Le cinquième bol purifie tous les atomes de mon être.
Le sixième me fait de la race des Immortels.
Le septième est le dernier... je n'en puis boire davantage.
Une brise légère sort de mes aisselles."
Lu Tong : "les sept bols de thé"

lundi 25 décembre 2006

Ils ont dit...


"L'enfance c'est de croire qu'avec le sapin de Noël et trois flocons de neige toute la terre est changée."
André Laurendeau
"J'ai entendu les cloches de Noël-J'ai écouté les vieux chants familiers-Et leurs mots puissants et doux rappellent-Paix sur Terre aux hommes de bonne volonté!"
Henry Wadsworth Longfellow
"Pour préparer un arbre de Noël, il faut trois choses, outre les ornements et l'arbre, la foi dans les beaux jours à venir."
Zahrad

mercredi 20 décembre 2006

Une tasse de calme


"Le thé n'est rien d'autre que ceci:
Faire chauffer de l'eau
Préparer le thé
Et le boire convenablement.
C'est tout ce qu'il vous faut savoir."
Sen Rikyû

"Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin."
Charles BAUDELAIRE