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mercredi 25 janvier 2023

Les enquêtes d'Enola Holmes: Le mystère des pavots blancs

 


Troisième enquête menée par la sœur de Sherlock Holmes, la futée Enola, lue dans le cadre du R.A.T (Read A Thon) du Challenge Bristish Mysteries.

« Le mystère des pavots blancs » est la version bd adaptée du roman de Nancy Springer.


Le docteur Watson, ami fidèle de Sherlock Holmes, a disparu. L'enquête mobilise l'attention du célèbre détective et celle de sa sœur en cavale.

Enola doit se trouver un autre personnage car le précédent a été démasqué par son frère. Elle se rend dans un magasin d'accessoires de théâtre, y trouve son bonheur tout en faisant connaissance avec la veuve du propriétaire. La veuve est d'ailleurs peu amène ce qui attise la curiosité de la jeune fille.

Enola, pour les besoins de l'enquête, se transforme en vraie Lady pour interroger Mme Watson sur les circonstances de la disparition de son mari. Lors de la visite un bouquet de fleurs peu ordinaires attire l'attention d'Enola qui, rappelons-nous, est une experte dans la connaissance des fleurs et leur langage. Ce bouquet est composé de pavots blancs, d'aubépines rouges et de feuilles d'asperges. Or, en général les pavots composants les bouquets sont rouges et l'aubépine blanche. Sommeil, espoir perdu semble être le message envoyé à Mme Watson.

Enola déduit rapidement que les fleurs en question sont cultivées en serre et dans une grande serre puisque les asperges sont des végétaux exigeants en place.


Au fil de l'enquête, Enola découvrira au gré du langage floral un étrange internement devenu secret familial. Le tout mêlé à la boutique d'accessoires pour le théâtre.

Elle résoudra l'enquête à la barbe de son frère dans une série de rebondissements qui tiennent en haleine de lecteur.


Fidèle au roman, Serena Blasco met en image les réalités sombres de la société victorienne : la pauvreté réduisant les femmes à sacrifier leur chevelure pour quelques sous afin que les élégantes puissent user de postiches plus vrais que nature.

Comme dans le roman, la BD aborde l'enfermement des femmes, souvent de force ou en conséquence des affres de la pauvreté, dans les asiles psychiatriques.


J'ai apprécié, comme dans la précédente BD, le carnet secret d'Enola qui permet de compléter l'adaptation en images par quelques phrases du roman.

Le personnage est toujours plaisant à suivre et j'espère toujours qu'Enola retrouvera les traces de sa mère tout en réussissant à échapper à la mainmise de ses frères sur son destin. Elle apprend à apprécier de plus en plus une liberté d'actions et de mouvements interdite aux femmes de l'époque.

Quelques avis:

Babelio  Livraddict  

Lu dans le cadre

  



mercredi 18 janvier 2023

Les enquêtes d'Enola Holmes: l'affaire Lady Alistair

 


Le week-end dernier avait lieu le RAT « British mysteries », les enquêtes d'Enola Holmes faisaient partie de ma sélection.

J'ai découvert la série consacrée à la petite sœur du grand Sherlock Holmes par le biais des romans de Nancy Springer. L'occasion me fut donnée, par la médiathèque, de continuer la découverte avec les BD éponymes.


Enola a réussi a déjouer la vigilance de ses frères, notamment celle de Sherlock. Comme elle aime résoudre des mystères, quoi de plus logique que de devenir Miss Ivy Meshle la secrétaire du Docteur Ragostin,, spécialiste en recherche de toutes disparitions.

Miss Ivy reçoit la visite de Watson, désespéré de voir combien la disparition d'Enola affecte Sherlock, tente le tout pour le tout en sollicitant les talents du Dr Ragostin. Ainsi, la prudence est-elle de mise pour la jeune fille si elle ne veut pas que ses frères la retrouvent. Une solution radicale s'impose à elle : affirmer que l'affaire ne peut intéresser le Dr Ragostin qui ne voit pas comment il pourrait réussir là où a échoué Sherlock Holmes. Ce qui est d'une implacable logique.


Le danger étant écarté, Enola peut prendre en charge une affaire de disparition, qui apprend-t-elle, n'intéresse pas son célèbre frère, celle d'une jeune aristocrate, Lady Alistair.

L'aventure entraîne la jeune détective dans un cercle de révolutionnaires inspirés par les événement de Russie. Pour mieux comprendre ce à quoi elle est confrontée, elle lit « Le Capital » de K.Marx, qui fit scandale lors de sa parution.

Elle se trouve également confrontée aux expériences menées sous hypnose et aux déviances que peut provoquer la maîtrise de cet « art », notamment le contrôle des actes à l'insu des personnes hypnotisées.


Dans ses romans, Nancy Springer ancre parfaitement ses personnages dans toutes les réalités de la société victorienne, sans occulter la misère d'une grande partie de la population. L'adaptation BD le fait également, ce qui est une gageure car qui dit adaptation BD dit coupe sévère du texte. Les dessins suppléent aux mots avec adresse. On peut même suivre les unes des quotidiens consacrées à un certain Jack l'étrangleur.

J'ai été charmée par les dessins de Serena Blasco et leur mise en couleur apportant une dynamique au récit.

Le petit plus, très intéressant, est le carnet secret d'Enola qui permet au lecteur de comprendre le cryptage des messages personnels échangés avec sa mère. Enola y consigne, aussi, ses notes prises au cours de son enquête. Astuce permettant d'apporter des précisions, que l'on trouve dans le roman, sans alourdir l'adaptation dessinée.


Quelques avis :

Babelio  Blandine

Lu dans le cadre 


 


mercredi 12 janvier 2022

Jo et moi

 


L'opération Babelio « Masse critique : BD et romans graphiques » m'a permis de lire le premier tome d'une série jeunesse très agréable « Jo et moi : ça commence » axée sur l'écologie.

Il est important de sensibiliser le jeune public, très tôt, à la conscience de l'urgence écologique et quoi de mieux qu'une bande-dessinée !

La première planche présente les protagonistes dans une ambigüité voulue : qui est qui ? Ce n'est pas évident de le savoir. Tout au long des pages l'interrogation subsiste quant au narrateur : le chien ou le jeune garçon ?


« Jo et moi » raconte la vie, au quotidien » d'un petit garçon et de son chien que l'on découvre au fil des pages. L'évidence est qu'on ne s'ennuie pas une seconde chez eux entre la petite sœur et son ami imaginaire l'ours polaire, les parents « bobos écolos » qui estiment qu'aller à bicyclette à l'école est excellent pour la santé... sauf qu'il y a quelques raidillons pénibles, une amoureuse très féministe et activiste, un copain intello et des légumes bio à gogo, notamment, horreur ! Malheur ! Dont trop de brocolis car le brocoli est pire que les épinards, na !


Au cours de la lecture, on découvre qu'avec des gestes simples, à son petit niveau, on peut faire beaucoup pour la santé de la planète : prendre son vélo pour se rendre à l'école, partager le bain avec la petite sœur … et l'ami imaginaire, remplir sa gourde d'eau du robinet plutôt que de prendre une bouteille d'eau, faire un potager, parler aux arbres, leur faire des câlins – non ce n'est pas un truc d'excentrique, pas du tout surtout depuis que j'ai lu « L'arbre monde » de Richard Powers – apprendre à se ressourcer au cœur de la nature. Profiter des belles et bonnes choses offertes par Dame Nature pour mieux vivre et préparer un avenir plus optimiste aux générations futures.

La télé est reléguée dans un coin, les balades sont somptueuses et drôles, les bricolages ingénieux … enfin pas tout le temps, les oiseaux en savent quelque chose. Les vacances sont éco-responsables et la visite d'un aquarium montre combien prendre soin des océans serait plus efficace qu'enfermer entre quatre vitres de pauvres poissons et cétacés.


Ce qui m'a beaucoup plus dans l'album, ce sont les illustrations aux couleurs vives et tendres à la fois, le texte simple, très humoristique et efficace ainsi que les activités à réaliser en suivant les explications techniques des dernières pages de l'album.


« Jo et moi » de Léa et Nancy Delvaux est un album à mettre entre toutes les jeunes mains ou en lecture aux jeunes enfants ne sachant pas encore lire.

On parle d'écologie sans chichi et sans grande envolée philosophiques barbantes, bien au contraire, on part du réel vécu et les activités proposées sont facilement réalisables.

Je remercie Babelio pour cette lecture vivifiante, amusante et responsable.


Quelques avis:

Planete BD 

Le site

Jo et moi site officiel



mercredi 19 mai 2021

Dur, dur d'être la benjamine

 


Susie Morgenstern revisite son enfance à Newark aux Etats-Unis, état du New-Jersey, benjamine d'une sororie de trois filles. Les deux aînées, Sandra et Effie, sont déjà adolescentes tandis que la petite Susie, du haut de ses dix ans, est la « petite dernière » que l'on aime bien employer pour faire les tâches qui rebutent les « grandes » et qu'on aime bien gentiment rudoyer.

Le grand drame de la vie de Susie est d'être la « petite dernière », ses sœurs sont soit plus jolies ou plus drôles qu'elle. Lui confiera-t-on un jour une mission de grande comme éplucher les légumes, mettre la table, faire des courses ? Tout ce qui lui est demandé c'est faire ses devoirs, être attentive et de bien travailler en classe.

A-t-elle quelque chose qui la démarque de ses soeurs? Tout simplement sa vivacité d'esprit, sa curiosité intellectuelle et sa soif de comprendre le monde qui l'entoure. Sans compter sa capacité à partager de nombreux moments avec la jolie Sandra et Effie, la rigolote.

Le quotidien de la famille, juive, de Susie est délicieusement servi par les dessins tendres et empreints d'humour joyeux par Johann G.Louis qui croque les petits riens au fil des saisons et des événements.

On ne peut résister au soir d'Halloween au cours duquel les trois sœurs reconstituent leurs réserves de friandises pas vraiment autorisées par leur confession religieuse. Elles sont drôles, désopilantes, on les suit, insouciant, comme elles, dans leur déambulation déguisée. Jusqu'au moment où Susie est à la traîne et « disparaît » quelques instants pour revenir auprès de ses aînées, son panier délesté d'une grande partie de sa collecte « des bonbons ou des sorts ». Bien entendu, Susie la gourmande n'a pu résister à l'appel des friandises. Sauf que... non...Susie n'a pas dévoré ses bonbons, Susie a été rackettée par Walter un élève de son école qui lui dérobe quasiment tout. Susie ne dira rien. Quelques semaines plus tard, Walter l'interpelle uniquement pour lui balancer un « T'es qu'une sale juive ». Peu à peu Susie perd son entrain habituel, redoute de se rendre à l'école jusqu'à en perdre le goût d'étudier. Elle apprendra combien les préjugés raciaux ou religieux ont la vie dure même dans la grande et belle Amérique.

Il y a des épisodes savoureux comme celui des escapades régulières des trois sœurs pour acheter des hamburgers bien gras et pas cascher, ou celui de la dispute suite au caftage de Susie de l'opération « hamburgers » qui dégénère au point que les aînées la poussent à travers la vitre qui se brise et provoque la chute de Susie. Quelle explication servir à leur mère  ? Un mensonge énorme pardi « On en avait marre de Susie, alors on l'a passée à travers la vitre. »

Petit à petit, Susie partira en quête de l'histoire familiale suite à plusieurs événements : celui de la mort de son grand-père maternelle, celui de l'altercation avec Walter et celui de l'accueil de parents venus de Pologne, on explique à Susie qu'ils ont vécu l'enfer là-bas. Or, elle ne sait rien des horreurs et atrocités commises par les nazis. Elle ne comprend pas pourquoi le couple est si triste, si terne, voûté comme s'il portait tous les malheurs du monde sur ses épaules. Susie écoutera les non-dits, lira le « Journal d'Anne Franck », glanera des informations et comprendra la tristesse absolue de ces parents éloignés venus de Pologne, de l'autre bout du monde.

« La petite dernière » permet également, au gré des souvenirs de Susie Morgenstern, de croiser les commères du quartier ainsi qu'un couple pas comme les autres : celui que forment Charlotte et Arlène, deux jeunes femmes artistes peu appréciées des gens du quartier qui les appellent les « sorcières ». Les préjugés peuvent amener les gens à être cruels ce qui conforte la fillette dans son esprit de tolérance et son envie d'écrire.


L'adaptation en bande dessinée du roman « La petite dernière » de Susie Morgenstern est une vraie réussite : on se laisse guider de case en case, faites à l'aquarelle, au gré de la poésie et de l'humour tant du texte que des illustrations.

On respire avec bonheur la joie immense de l'année des dix ans de l'auteure, souvenirs mêlant insouciance de la fin de l'enfance et questionnements philosophiques sur l'existence, la vie, ses travers et ses beautés.


Quelques avis :

Babelio  Sens critique  France culture  Nouvel Obs

Le blog de l'auteure: clic!

Merci à Babelio et aux éditions Dargaud pour cette jolie lecture.


mercredi 5 mai 2021

Tranches de vie d'une famille japonaise

 


« Un mois au Japon »
m'a permis de me plonger dans l'univers des mangas, univers que je délaisse trop souvent.

On trouve de tout dans les mangas : comment apprendre à comprendre les chats et devenir un Maître Chat ou encore vivre le quotidien d'une famille lambda.

« Une drôle de famille » (tome 1) écrit et dessiné par Yumi Unita, relate le quotidien heureux de la famille Honda. Tarô et Chiharu est un jeune couple doté de deux enfants en bas âge, une fillette de quatre ans qui va à l'école maternelle, Yuki, et un garçonnet, d'environ deux ans, Kotaro.

La famille Honda est traditionnelle sans être étouffante : Tarô est charpentier et travaille tandis que Chiharu est devenue mère au foyer pour s'occuper de ses enfants.

Le personnage féminin n'est pas une « bombe sexuelle », et j'en ai été soulagée car souvent la charge sensuelle et sexuelle de ces personnages dans les mangas est si importante qu'elle en devient d'une lourdeur indigeste. Chiharu reste féminine tout en restant banale, dans le bon sens du terme. On peut s'identifier à elle sans gros effort : chaque jeune mère a pu se retrouver dans les situations décrites par l'auteure, celles d'un quotidien familial. Haaaaa le problème du lavage du doudou.... vous savez, celui qui sent épouvantablement mauvais pour l'adulte et qui fleure bon leur odeur pour les enfants.

Yuki est une fillette qui aime les super-héros, ceux de nin-rangers, ce qui fait d'elle une petite fille pas comme les autres : elle ne collectionne pas les produits dérivés de l'héroïne des filles « Cheer cheer Girly » et préfère les pantalons à rayures aux pantalons à motif fleuri. Elle est très attachante par son caractère original et son envie débordante d'être « une grande soeur » en acquérant peu à peu de l'autonomie.

Kotaro, quant à lui, est un poème à lui tout seul : il bave, il se cogne sans cesse en raison de son intrépidité, il touche à tout, ne veut pas prêter ses jouets, adore les insectes, comme son père, et vit sa vie de jeune enfant sous les regards bienveillants de ses parents.

Les moments paisibles succèdent aux instants cocasses eux-mêmes suivis d'anecdotes drolatiques ou émouvantes. Yuki et Kotaro grandissent entourés par l'inquiétude, normale, bienveillante de la maman. Tout est fait pour qu'ils s'épanouissent dans le respect de l'autre et celui de la tradition.


Même si j'ai été moins emballée par ce manga que par « Félin pour l'autre », je me suis laissée conduire par le charme tendre du quotidien d'une gentille petite famille japonaise. Les relations avec la belle-soeur du couple ne sont pas toujours faciles d'autant plus que Tarô et elle ne s'entendent pas vraiment. Cela donne l'occasion d'assister à des scènes truculentes : la belle-soeur n'est pas une ménagère hors pair... et alors ! Même si son attitude peut être agaçante, je lui ai toujours trouvé des excuses car elle est un peu le grain de sable dans l'univers bien huilé japonais.

« Une drôle de famille » et ses tranches de vie amusantes est une série qui nous happe, l'air de rien, au fil des épisodes.

Traduit et adapté du japonais par Patrick Honnoré


Quelques avis :

Babelio  Actuabd  Mangas et anime

Lu dans le cadre




samedi 10 avril 2021

Chat-tittude chapitre 3

 


Le synopsis :

« Kensuke Fuji est un amoureux inconditionnel des chats, cet amour n'est cependant pas réciproque, les chats ayant tendance à le fuir comme la peste. Il fait un jour la rencontre de Jin Nekoya, un « maître-chat » prêt à lui enseigner ses techniques secrètes pour se faire aimer des félins. »


Que nous réserve le troisième opus de « Félin pour l’autre » ?

Kensuke continue son initiation en tant que padawan du Maître-chat Jin Nekoya, Koharu s’investit de plus en plus aux côtés de son ami et Tora grandit

Notre jeune héros s’améliore et connaît une grande partie des subtilités de la gente féline. La rentrée scolaire a eu lieu, il est temps pour lui de faire quelque chose en rapport avec sa passion : quoi de mieux que de créer un club consacré aux chats, un « cat-club ». Or, pour ouvrir un club au sein du lycée, il faut qu’il y ait au moins trois membres et il n’y en a que deux, Kensuke et Koharu. Comment trouver le dernier membre ?

Une fois encore, l’esprit soupçonneux de Koharu se met en branle. Un nouvel élève est arrivé au lycée, il porte l’uniforme de son ancien lycée et porte d’étranges cicatrices sur le visage. Un ancien loubard ? Toujours est-il qu’il n’inspire pas confiance tout en intriguant car il se murmure son surnom « le loubard à chats ». Ce qui intéresse beaucoup Kensuke qui se rend compte que c’est Ichijô qui a brossé tous les chats de gouttière du quartier. L’épisode du duel entre les deux garçons est autant surprenant qu’hilarant d’autant que la chute est inattendue. Ahhh, qui du sac plastique ou du carton aura la préférence du jury, en l’occurrence un chat ? Mon petit doigt me dit que ce sera un match nul..

 

Successivement, au cours de ce troisième tome, nous apprendrons pourquoi Kôtarô Ichijô porte autant de cicatrices sur le visage et sur les bras : c’est l’amour vache entre son chat angora noir, Schwartz, et lui. Les démonstrations sont impressionnantes et interpellent : pourquoi tant de violence ? Ichijô a aussi ce genre de relations d’amitié avec ses anciens comparses.

Nous apprenons ensuite que Tora a des sentiments d’autant qu’il est le narrateur de l’épisode. Avoir le point de vue d’un chat peut être riche d’enseignements.

Tora essaie de faire comprendre à son jeune maître que s’il a des mouvements d’impatience envers lui c’est uniquement parce qu’il a une mission de la plus haute importance : surveiller et défendre leur territoire, surtout quand le Maître est absent… le padawan manque encore d’envergure.

Si vous l’saviez ma brave dame qu’il est compliqué d’éduquer un humain ! Tora a beaucoup de patience, d’empathie et une gourmandise incroyable, excellente aide empathique s’il en est.

Enfin, la question des moyens de communication félins est posée. Une fillette s’inquiète de la disparition de son chat absent depuis une bonne semaine. De fil en aiguille, nous apprenons qu’elle culpabilise parce qu’elle a grondé son chat, Marimo, qu’elle adore, comme elle a été une fois rouspétée par ses parents suite à une grosse bêtise. Elle pense qu’il lui en a voulu et qu’il s’est enfui pour ne plus la voir. En désespoir de cause, elle a collé un rituel magique à hauteur de chat près de sa maison. Devinez quoi !!!! Les chats du quartier se sont passés l’information, le Maître une fois tous les éléments en main est allé récupérer Marimo à trois cents kilomètres de là : l’imprudent siestait dans la remorque d’un camion qui l’a fait voyager sans crier gare.

Le mode de communication félin est-il une légende ou existe-t-il vraiment ? Nous aurions envie d’y croire, un peu comme dans la scène du film « Les 101 dalmatiens » où les chiens diffusent l’avis de recherche de Pongo et Perdita. Le miaounet existe certainement sans pour autant être accessible au commun des humains. Nous apprenons qu’un seul miaulement correspond à 106 000 caractères du langage humain… comme Koharu je m’interroge : info ou intox de la part de l’auteur ?

Nous connaissons les chiens sauveteurs, nous connaissons peu de chats sauvant la vie de leur maître. Ginji est un énorme chat, un pacha trônant dans la boutique de sucreries tenue par une vieille dame. Par amour et reconnaissance pour elle, il endure les câlins et autres gratouilles énervantes de la clientèle enfantine. Un jour, peu après le départ de Kensuke et Koharu du magasin, la vieille dame tombe. Affolé, Ginji ne sait pas quoi faire, il doit se bouger mais est gêné par son poids. N’écoutant que son courage et son amour pour la vieille dame, il trottine à toute allure dans la rue pour rattraper les deux jeunes lycéens. Kensuke comprend rapidement que c’est un appel à l’aide et sent que quelque chose de grave est arrivé à la maîtresse de Ginji. Les secours arrivent à temps pour la sauver.

Moralité, il n’y a pas que les chiens à être fidèles !

A noter que les dessins représentant le grassouillet Genji en train de trottiner sont hilarants et vraiment réalistes.

Je suis irrémédiablement fan, voilà, c’est dit et écrit.

Traduit et adapté du japonais par Julien Pouly

Quelques avis

Babelio  Manga news  Sens critique  

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Chat-ittude chapitre 2

 


Le synopsis :

« Kensuke Fuji est un amoureux inconditionnel des chats, cet amour n'est cependant pas réciproque, les chats ayant tendance à le fuir comme la peste. Il fait un jour la rencontre de Jin Nekoya, un « maître-chat » prêt à lui enseigner ses techniques secrètes pour se faire aimer des félins. »


Le deuxième tome nous en apprend plus sur Jin Nekoya qui n’apparaîtra plus aussi louche que cela aux yeux de Koharu. Il dirige une organisation étonnante : la WWOP, ou Fédération Internationale de Protection des Chats. Ses membres sont persuadés que les chats ont beaucoup à apprendre à l’humanité. Ce qui ne pourrait pas être aussi incongru que cela, non ?

Il y a toujours autant d’humour un brin déjanté, les chats sont toujours aussi mignons et bien dessinés, Koharu est désopilante à vouloir en être sans trop s’impliquer, Kensuke est craquant dans son rôle de disciple que rien ne fera dévier du but qu’il s’est fixé.

Tout shonen rencontre un rival ou entre en rivalité que ce soit sur le plan personnel ou idéologique. Jin Nekoya n’a pas la même vision du mode de vie félin que sa rivale Yoneko Nekoyashiki propriétaire de nombreux bars à chats où les gens peuvent venir se détendre en prenant soin d’un ou plusieurs chats. Elle est absolument délirante avec son chapeau sur lequel se love un chat siamois.

Le premier prône la liberté de choix pour les chats des rues : le confort ou la liberté dans la rue, autrement dit le droit de disposer d’eux-mêmes.

La seconde estime que les chats des rues ne peuvent trouver le bonheur que dans la domestication afin de pouvoir être choyés, bien alimentés et soignés, et vivre plus longtemps. Raison pour laquelle elle a enlevé tous les chats errants du quartier.

Chacun, à leur manière, ne souhaite que le bonheur des chats. Et chacun alimente le débat, vieux comme le monde, de savoir si l’épanouissement personnel passe par le confort matériel ou le confort spirituel. Un chat « sauvage » est-il moins heureux ou plus heureux qu’un chat « domestique » ? Les contraintes de la domesticité entravent-elle le libre-arbitre des chats ? Ayant quatre chats à la maison, maison dotée d’un grand jardin, mes compagnons à pattes de velours sont libres d’aller et venir à leur guise. Une des chattes, il y a quelques années, avait fait le choix de « disparaître » quasiment deux mois car, je l’ai appris plus tard, elle accompagnait un voisin en fin de vie. Pour me rassurer elle faisait de brèves apparitions, mangeait quelques croquettes avant de filer.

Mais reprenons le fil du billet.

Un autre épisode aussi amusant qu’édifiant : celui de la rencontre entre Tora, le chaton qui ne peut sortir tant qu’il n’a pas atteint l’âge adulte, et Joe l’immense chien Saint-Bernard de Koharu. Les premiers instants de la rencontre sont agités et angoissants pour s’achever dans une atmosphère apaisante. L’épisode montre combien les chats et les chiens peuvent bien s’entendre, surtout quand le chat est jeune et le chien placide. Ils sont capables de s’entendre comme larrons en foire et faire les quatre cents coups ensemble.

Une épreuve sera imposée à Kensuke : travailler dans un bar à chats. Et qui verra-t-on entrer avec deux amies ? Koharu, bien entendu ! Notre jeune padawan sera confronté à la gestion de cinquante-et-un minets, gestion troublée par un geste maladroit d’une star qui doit se mettre dans la peau de son prochain rôle, une amoureuse des chats. Une bataille rangée impressionnante provoque la panique parmi les clients. Pourquoi les chats se sont-ils battus ? Kensuke, grâce à ses nombreuses notes prises sur le comportement des chats de l’établissement, remarquera qu’il y a trois types de caractères chez les chats et surtout cinq règles à respecter. Il réorganise le planning des chats en fonctions de leurs affinités.

Mais quels sont les fameux trois types de chats selon les observations de notre héros ? Il y a les chats qui aiment leur indépendance, ils aiment être seuls. Il y a les chats qui aiment les chats, ils apprécient vivre au contact de leurs congénères. Enfin, il y a les chats qui aiment les humains, ils préfèrent vivre avec les humains. S’ils sont contraints de cohabiter les uns avec les autres, la moindre étincelle peut provoquer un carnage.

Quant aux cinq règles, les voici : ne pas regarder un chat que l’on ne connaît pas dans les yeux, ne pas faire trop de bruit, ne pas le regarder d’en haut, ne pas faire de gestes brusques et ne pas trop se parfumer.

A bon entendeur….

Traduit et adapté du japonais par Julien Pouly

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Chat-ittude chapitre 1

 


Je n'avais pas lu de manga depuis une éternité, le challenge « Un mois au Japon » m'a donné l'occasion de regarder de plus près les rayons « mangas » jeunesse de ma médiathèque et mon œil a été attiré par un titre « Félin pour l’autre ». Un manga sur les chats ! Ni une ni deux, les trois premiers volumes ont atterri dans la besace de Chatperlipopette.

 

Le synopsis :

« Kensuke Fuji est un amoureux inconditionnel des chats, cet amour n'est cependant pas réciproque, les chats ayant tendance à le fuir comme la peste. Il fait un jour la rencontre de Jin Nekoya, un « maître-chat » prêt à lui enseigner ses techniques secrètes pour se faire aimer des félins. »

 

Le premier tome nous familiarise avec le jeune héros, Kensuke Fuji, lycéen souvent dans la lune. Il adore les chats sans pouvoir en avoir un chez lui car ses sœurs sont allergiques au poil de chat. Kensuke en est réduit à observer les chats des rues sans pouvoir les approcher pour les caresser. Notre jeune homme voudrait bien câliner les chats mais ne parvient pas à leur plaire ce qui le frustre d’autant plus. Il s’est attaché à une jeune chatte de gouttière qu’il a appelée Tamako. Un jour, elle disparaît, Kensuke part à sa recherche en compagnie d’une camarade de classe, Koharu Yamada.

Ils tombent sur un homme étrange, Jin Nekoya (en japonais, neko signifie chat) qui se présente comme un « Maître-chat ». Il étonne nos deux lycéens par sa connaissance aiguë des félins et sa facilité à dialoguer avec eux. Il n’en faut pas plus pour que Kensuke lui demande de devenir son disciple au grand dam de son amie Koharu.

Commence alors l’initiation de notre héros qui acceptera les défis les plus incroyables pour apprendre la Voie des Chats. Le tout sous le regard interloqué teinté de bienveillance de Koharu qui est un peu la « voix » de la raison.

Koharu est le personnage d’emblée méfiant : elle a envie de ne pas se laisser embarquer dans les aventures de Kensuke tout en ne souhaitant pas le laisser seul, persuadée qu’il a l’art de se fourrer dans les pires ennuis. Elle trouve Jin Nekoya très louche, elle ne lui fait pas confiance car les deux lycéens ne savent rien de lui.

Un des premiers défi que devra relever Kensuke sera celui de faire bouger un gros matou de gouttière, Yatarô. Bien entendu, le défi sera réussi sous le regard halluciné de Koharu qui n’en revient pas du caractère fantasque des amoureux des chats.

Le manga a la particularité de montrer les êtres humains dessinés à la manière des dessins animés japonais alors que les chats sont dessinés de manière très réaliste.

Autre élément intéressant à souligner, l’auteur utilise, en les détournant, les codes du shonen nekketsu, c’est-à-dire l’apprentissage, l’entraînement, les épreuves, le dépassement de soi, la force de l’espoir et l’amitié, pour amener un discours pédagogique quant aux relations à instaurer entre humains et chats. Kensuke a rempli de nombreux cahiers d’observation des chats de gouttière pour tenter de comprendre leur fonctionnement et parvenir à s’en approcher, d’abord sans succès puis avec réussite quand son Maître lui donne quelques éléments de compréhension.

Au fil des défis du jeune héros, le lecteur apprend de nombreuses choses sur le comportement des chats, les gestes à faire ou ne pas faire, et ce pour son plus grand plaisir même s’il connaît, ou croit connaître, les chats.

Le début du parcours de Kensuke peut commencer : le Maître-chat lui offre un chaton, Tora, à éduquer. 
La suite ne pourra qu’être croustillante.

Traduit et adapté du japonais par Julien Pouly

Quelques avis:


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dimanche 28 mars 2021

Quand Sherlock Holmes est revisité par un duo franco-belge

 


Il y a fort longtemps, dans une lointaine galaxie appelée adolescence, j'ai lu les aventures de Sherlock Holmes. Je me souviens du premier titre : « Le chien des Baskerville ».

Je savais qu'il y avait moult adaptations BD des aventures de notre détective opiomane mais je ne m'étais jamais donné le temps d'en lire quelques unes.

Le Challenge British Mysteries spécial mois de mars m'a donc poussée dans mes derniers retranchements pour me faire sauter le pas avec "Baker Street: Sherlock Holmes n'a peur de rien".


HOP !


Révélation ! Les aventures du célèbre détective sont issues du carnet secret du Dr Watson, l'éternel faire-valoir de l'artiste. Cerise sur le gâteau, c'est un duo franco-belge, Barral pour les dessins et Veys pour le texte, qui s'est emparé du mythe pour le relire avec l'autre bout de la lorgnette.

Pour annoncer chaque épisode, une illustration pleine d'humour décalé donne le « la » à ce qui va suivre : un Watson, sérieux et distingué, savourant sa tasse de thé pendant que Holmes met le doigt sur la solution d'une énigme, puis l'ombre chinoise des deux hommes montre Watson en train de faire un pied-de-nez à Holmes en pleine réflexion.


Quatre enquêtes mettent en scène nos deux célèbres détectives et font découvrir au lecteur une facette peu sympathique de Sherlock Holmes qui apparaît colérique, de mauvaise foi et surtout très mauvais joueur quand le bon sens de Watson lui vole la vedette. Les auteurs ravissent leur lecteur en parsemant les enquêtes de disputes mémorables entre les deux compères.

On apprend que Watson devient populaire grâce à une méduse, incroyable n'est-ce pas ! Sans compter qu'on s'aperçoit que Holmes a un côté cambrioleur.... pour la bonne cause, certes, mais quand même.

Les enquêtes écossaises sont d'un drôle extraordinaire notamment avec un inspecteur Lestrade des plus empotés ce qui a le don d'énerver Sherlock Holmes et de faire rire, sous cape, Watson.

Un personnage a une place loin d'être anodine : Madame Hudson la logeuse de nos deux héros, une écossaise aux recettes de cuisine …. très..... surprenantes et peu appétissantes. Une maîtresse femme qui ne s'en laisse pas compter et qui sait user d'arguments imparables.



Dans « Sherlock Holmes n'a peur de rien », le ridicule ne doit pas le rebuter puisqu'il est à chaque fois mis dans des situations où ses légendaires flair et logiques tournent court au profit d'un Watson, un peu entiché d'alcool, moins benêt qu'il n'y paraît. La sympathie du lecteur se porte sur le faire-valoir de Holmes, élément déterminant dans la résolution des énigmes.


Le graphisme est agréable, les textes percutants et les mises en situation des personnages hilarantes.

Nous sommes bien éloignés des enquêtes romanesques de Holmes et c'est ce qui en fait, justement, le sel. Rien de tel que de s'approprier un personnage, d'en faire une lecture décalée pour réinventer des aventures loufoques et efficaces.

D'aucuns pourraient ne pas apprécier le côté ridicule et un tantinet grotesque de Holmes, cependant l'hommage est évident de la part des auteurs bien que leur ambition ne soit pas de mettre en images les écrits de Sir Conan Doyle. Lorsqu'on a aimé les romans on ne peut que priser leur parti pris car l'univers romanesque se devine à demi-mot puisque Holmes est confronté à son pire ennemi, comme dans les romans, à savoir le professeur Moriarty « le Napoléon du crime », « L'ennemi personnel de Holmes, un terrible adversaire qui le persécutait avec une froide cruauté » in les carnets secrets de John H. Watson. D'ailleurs, la planche renvoie, avec humour, aux multiples interrogations à propos de la sexualité de Sherlock Holmes.



En un mot comme en mille, j'ai adhéré pleinement au travail de Barral et Veys qui apportent un regard plein de drôlerie sur un des mythiques personnages de la littérature policière.

Quelques avis :

Babelio  Sens critique  Critiques libres   The cannibal lecteur

Lu dans le cadre



samedi 23 mai 2020

Le Mois Anglais

Je suis dans l'attente d'acceptation dans le groupe FB du Mois Anglais. J'en ai profité pour commencer mes lectures.

Programme du Mois Anglais

- 3 juin: un roman policier d'Agatha Cristie ou une enquête d'Agatha Raisin.
"Un remède de cheval" de M.C Beaton

- 6 juin: Londres en littérature mais pas que! Code 1879 de Dan Waddell 

- 9 juin: romancière anglaise au choix: "L'auberge de la Jamaïque" de Daphné du Maurier 

- 11 juin: époque victorienne (roman victorien ou néo-victorien, essai)
Nord et Sud d'Elizabeth Gaskell 

- 13 juin: lecture jeunesse "Sacrées sorcières" de Roald Dahl 

- 15 juin: "Vintage novel" (Cluny Brown/Angela Thirkell/romans Persephone): "Le parfum des fraises sauvages" d'Angela Thirkell 

- 21 juin: Tessa Hadley: "Le passé"

- 23 juin: Cosy mystery: "Le corbeau d'Oxford" de Faith Martin 

- 26 juin: une BD "Tamara Drewe" de Posy Simmonds 

- 29 juin: Barbara Pym "Des femmes remarquables"

dimanche 29 mai 2016

Un Printemps arabe

Le Printemps arabe fait florès au Moyen-Orient, libérant les aspirations d'expression des citoyens dans cette région du monde.
En Syrie, le régime de Bachar Al Assad est à son apogée et prépare les festivités honorant le Guide syrien et sa politique.
Or la révolte gronde au sein des quartiers de Damas, sous le regard des observateurs de l'ONU. De l'Université, le mouvement gagne peu à peu toutes les couches de la population, même le camp de réfugiés palestiniens s'ébroue et se réveille.
Les répliques militaires sont sans pitié: arrestations aveugles, négation du libre-arbitre de la population, disparitions soudaines entretiennent l'emprise d'un pouvoir de plus en plus contesté.
Les lucarnes sur le monde extérieur que sont la télévision et internet sont autant de graines libertaires semées dans les foyers.
Cependant la tradition est bien ancrée: Karim et Fatima s'aiment depuis toujours mais la jeune fille est promise en mariage à un proche du clan Al Assad. La position d'étudiant de Karim ne pèse pas lourd face au faste d'une belle situation. Le proche du pouvoir est un homme bouffi d'importance, d'orgueil et de mépris pour ses semblables. 
L'union est fêtée, la séparation de Karim et Fatima consommée, chacun partant de son côté, résigné.
Leur histoire d'amour est celle d'un Roméo et d'une Juliette que les détours macabres du destin réuniront dans la douleur. Karim lutte contre le régime sanguinaire de Bachar tandis que Fatima est contrainte à l'épouser. 

La révolte gronde donc, lentement mais sûrement, dans les quartiers de Damas, les opposants s'organisent pour manifester puis, quand le ton va crescendo, pour monter des opérations de guérilla urbaine.
Des officiers du régime désertent pour rejoindre les rangs des insurgés, dont le frère aîné de Karim qui prendra le commandement du réseau de résistance du quartier.
Malgré la présence d'observateurs de l'ONU, les mouvements de résistance ne reçoivent guère d'aide et ne doivent compter que sur eux-mêmes. L'Occident, prompt à se mêler de tout au Moyen-Orient, est subitement muet en Syrie malgré les preuves tangibles des exactions commises par le Bachar Al Assad. Seulement, ce dernier a le soutien des Russes: la Syrie devient une ligne de partage d'influence.

Insidieusement, la dimension religieuse prend une place dans le mouvement révolutionnaire. La mosquée devient un lieu d'échanges, un lieu de débats et d'organisation des actions à mener. Jusqu'au jour où le massacre, par le régime de Bachar, perpétré lors de la prière du vendredi offrira une occasion inespérée à quelques religieux d'asseoir une emprise sur la Révolution.

Karim et Fatima se retrouvent au cours de l'été 2013: la Révolution est en marche, Bachar et son régime perdent du terrain. Fatima, mère de jumeaux, a perdu son époux dans les combats et demande asile à sa famille qui l'éconduit comme si elle était une pestiférée. Pourtant, c'est elle qui jeté en pâture Fatima au proche de Bachar. 
Karim l'accueille à bras ouverts, sans jugement car toujours amoureux. Ils s'aimeront enfin, se goûteront de toute leur âme et de tout leur corps. Tout est bien qui finit bien? En Syrie, il ne peut avoir de "happy end": une nuit, une blanche étreinte aura raison de leur bonheur fragile.

"La Dame de Damas" raconte en images, fortes et sensibles, le déchirement d'un pays soumis à un régime implacable, autiste, au coeur d'enjeux géo-politiques dépassant l'entendement d'une population qui ne vit que dans la crainte et l'horreur.
L'horreur des combats fratricides, l'horreur des trahisons, des reniements. Il n'y a plus de limite imposée aux souffrances d'un peuple que l'on n'entend pas à l'échelle mondiale. Il est observé, analysé mais aidé? Non, loin de là. D'ailleurs, quand Bachar orchestrera le bombardement de quartiers où les rebelles ne tiennent aucune position, le sommet de l'ignominie sera atteint: quand le pouvoir, qu'il soit militaire ou civil, en vient à exterminer sa population en usant d'armes chimiques, sans qu'une seule protestation officielle ne s'élève, pourquoi s'étonner de l'entrée en scène d'une rébellion religieuse! 
Ainsi, la mort blanche dispensée à des quartiers de Damas, ouvrira-t-elle la porte à un Jihad qui reprendra à son compte l'élan révolutionnaire.

"La Dame de Damas", par ses planches aux couleurs sépia, est une oeuvre qui touche, qui émeut, révolte et permet de saisir une partie de l'échiquier politique qui défraie les chroniques depuis trois ans. Derrière la violence au quotidien, il y a la vie, la mort, la liberté et l'amour. Vie, liberté et amour, concept qu'aucune dictature ne peut ôter de l'âme des hommes et femmes refusant le joug qu'on leur impose.

Une lecture qui ne laisse pas indifférent, loin s'en faut.

Quelques planches