vendredi 22 mai 2009

Le Chant de la Terre

Le Chant de la Terre est l'ouverture d'une épopée de science-fiction, l'ouverture d'un space-opéra au souffle immense, à la démesure géniale!
Nous sommes dans un avenir plus que lointain, inimaginable: les hommes ont exploré l'espace jusqu'à découvrir les aléapistes, c'est à dire les myriades de possibles de chaque vie humaine; un dédale infini dans lequel Starquin, le Cinq-en-Un, un être interstellaire, un quasi dieu, s'y est égaré et cherche à en sortir. Puis la technologie qui menaça d'extincion la Terre et ses hommes a été oubliée pour donner jour à la sculpture des êtres vivants, une sculpture de l'ADN, celle qui croise les gènes humains à quelques gènes animaux.
Ainsi, Karina, héroïne de ce premier volet, est-elle issu d'un croisement génétique entre un Vrai Humain et un chat faisant d'elle une felina, une Spécialiste: Karina allie la beauté féminine à la souplesse déliée d'un félin. Seulement, les Spécialistes ne sont pas bien perçus par les Vrais Humains qui font tout pour qu'il n'y ait pas entente entre les différents "peuples" et ainsi conserver une hégémonie dans la société. A son corps défendant, Karina se trouve embarquer au coeur d'un dessein qui la dépasse, sous la houlette inquiétante d'une étrange prophétesse, la Suivante, au visage défiguré: celui d'aider Starquin à se libérer des limbes de l'infini en réécrivant l'histoire! Sans pouvoir y faire grand-chose, Karina va suivre le chemin qui la mènera à rencontrer Raoul, le fils d'un capitaine de char à voiles au caractère pugnace, Tonio. De leur rencontre doit naître une aléapiste essentielle pour le retour de Starquin.
Dans une langue où la poésie n'est jamais bien loin, Michael Coney, fait vivre à son lecteur de multiples fausses apartés, des rebours et des sauts dans le futur, en une danse complexe mais délicieuse. On se perd avec inquiétude parfois dans les méandres d'une narration heurtée, mystérieuse, aux apparences incohérentes, et on se retrouve joyeusement au coeur du récit fantastique, riche des renseignements glanés dans les chemins de traverses narratifs, petits cailloux permettant de garder la trame, dense, en tête. On glisse sur les eaux calmes et tumultueuses de l'Humanité, que dis-je des Humanités aussi diverses qu'éphémères (à l'échelle du Temps) qui façonnèrent et construiront la Terre, on suit le roulis des rancoeurs, des mensonges, des croyances, des tabous, on vogue sur le clapotis à la trompeuse tranquillité d'un sillage plein d'une promesse d'émotions et d'aventures qu'est ce Chant de la Terre, premier acte d'un récit grandiose.
"La grande course de chars à voiles" est un enchaînement de contrastes (qui ne sont que saveurs du récit) tels les felinas, ce peuple fougueux, fulgurant de violence lorsque la colère ou la révolte l'aveugle, mais pouvant aussi faire preuve de douceur et de tendre attachement. Ainsi Karina qui ne peut se résoudre à abandonner le cornac Haleka dans le suicide de son baleinier au coeur des flots ou El Tigre, le père de Karina, qui n'aima qu'une seule femme, celle qui donna naissance au grupo de Karina.
Tous les éléments nécessaires, et essentiels, à l'écriture d'une belle épopée de SF sont réunis dans ce prologue, cette mise en bouche d'une saveur subtile et entêtante avec un goût de "revenez-y" tenace: des êtres humains sculptés aux gènes d'animaux, des humains désirant rester aux commandes du monde, un Seigneur des cantons aussi mystérieux et invisible qu'omnipotent, une course de char où les tensions entre Spécialistes et Vrai Humains sont exacerbées et où les pulsions les plus extravagantes sont autorisées, un rail unique de communication, des baleiniers, mastodontes dont la vie se compte en milliers d'années mais qui lentement disparaissent, une forêt vierge où rôde des créatures inquiétantes, un trouvère, une prophétesse et des univers parallèles à l'infini...le tout sur les virevoltes d'un dessein ultime.
"La grande course de chars à voiles" est une lecture passionnante qu'on ne lâche qu'une fois la dernière phrase lue....et encore, le lecteur reste-t-il quelques temps habité par l'atmopshère poétique et épique du récit.
Une très belle découverte grâce à BOB et aux éditions Robert Laffont (collection ailleurs & demain)!!!!


Roman traduit de l'anglais (GB) par Isabelle Delord-Philippe






Un billet intéressant du Cafard Cosmique ICI pour en savoir plus sur l'auteur.




jeudi 21 mai 2009

Ces grands malades qui nous gouvernent


Le corps d'un homme est retrouvé sur le parking d'une grande surface de mobilier, en banlieue parisienne. Tout semblerait conclure à un suicide mais très vite, l'équipe du commissaire Coralie Le Gall se lance sur la piste du meurtre: en effet, l'homme retrouvé sur le parking n'est pas un simple pékin...il n'est rien de moins qu'un proche conseiller du Premier ministre. Ce cadavre devient rapidement un "cadavre d'état" et l'enquête s'annonce longue et difficile pour le commissaire et son équipe....les chausse-trappes et écueils en tout genre, plus pernicieux les uns que les autres vont agrémenter le chemin, ardu, menant à la vérité. Et surtout....qui manipule qui dans cet imbroglio?
Les personnages sont bien travaillés, même si on n'échappe pas aux stéréotypes du genre (sinon, ce ne serait pas vraiment du polar): les lieutenants du commissaire sont aussi inattendus qu'efficaces (le Lama - le pauvre a un patronyme basque impossible à retenir en entier - et Zacharie, le boudhiste à la grande culture, calme et serein, et le fondu d'informatique, juif marié à une beurette) flanqués d'une stagiaire, venue des îles, à la perspicacité fulgurante. Le divisionnaire, pleutre (il y avait deux solutions: l'intègre et solidaire ou le pleutre incapable), incompétent mais sachant jouer de l'entregent pour tracer sa carrière, le duo de juges accros au règlement, le jeune et bel énarque dansant sur la corde raide, la dircab du ministre froide, impassible, impeccable dans son tailleur qui ne froisse jamais, le planton fidèle, aveugle et sourd au besoin, un ministre de l'Intérieur cauteleux à souhait, des hommes de main, des tueurs, des trahisons, des comptes en Suisse....bref, les ingrédients d'un bon polar sont réunis. Surtout, ne pas oublier, le personnage de la victime: Hubert de Vaslin, un aristocrate brillant, spécialiste de Leibniz, à la grande fortune mais s'en fichant comme d'une guigne, venant d'achever une thèse sur ce grand philosophe-mathématicien-moraliste, spécimen, rarissime de nos jours, de l'honnête homme (au sens du XVIIIès).
Quant à Coralie Le Gall, elle dissimule une grande douleur sous un langage d'une verdeur et une énergie de Don Quichotte: fille d'une grande musicienne et d'un énarque de l'Inspection des Finances (grand corps d'Etat s'il en est) ayant plus que flirté avec les "affaires" d'état, elle n'a de cesse de vouloir mettre fin aux magouilles et ignominies de la caste dirigeante depuis qu'elle a appris les accointances paternelles et que le chauffard qui a tué son petit garçon n'a pas été inquiété en raison de sa notabilité locale! A la lecture du "pitch" du roman, la description de Coralie, en tant que personnage central, était rébarbative et donnait à penser à la venue d'une héroïne de plus à la plastique parfaite toujours mise en valeur. Ouf, il n'en a rien été! Certes, la commissaire est belle mais le récit ne s'y attarde pas lourdement et préfère mettre en scène son côté énergique (l'énergie du désespoir?) frisant l'outrancier parfois mais en adéquation, du moins à mon sens, avec l'inextinguible souffrance qu'elle porte en elle. Sa rébellion vient de ses tripes, son langage gouailleur, une carapace pour ne pas craquer.
Le lecteur ne peut que se laisser prendre dans les rêts d'une intrigue bien menée, bien ficelée, avec ce qu'il faut de manichéisme pour ne pas faire pencher la balance du mauvais côté (le dénouement est très surprenant). Dès les premières lignes, le souffle de l'intrigue appelle à la continuation du voyage en eaux troubles au coeur d'une mécanique froide, sans état d'âme qui glace les sangs: des engrenages bien huilés au fil des ascensions politiques, au fil des hameçonnages dans les grandes écoles de la République, petites mains qui planifieront des batailles rangées dans l'ombre des urnes ou dans le secret de cabinets qui parfois n'existent pas...officiellement. Arrangements entre amis, arrangements entre consciences dévastées par la griserie du pouvoir. Certes, on aurait tendance, comme Coralie Le Gall, à mettre tout ce joli monde ,et son cortège de héraults plus veules et serviles les uns que les autres, dans le même paquet de linge sale, très sale même: le décorticage d'un système qui paraît être arrivé au bout de sa folie fait un peu peur...si le système s'emballe, la folie peut-elle être arrêtée à temps? Quels gardes-fous une société peut-elle mettre en place lorsque le miroir aux alouettes lui envoie l'image d'une police ombre d'un Don Quichotte luttant désespérement contre ses moulins à vent, lorsque tout est fait pour que l'on ne regarde pas attentivement ce qui se déroule devant soi (entre le sport, combats de gladiateurs modernes, les jeux insipides et décérébrants et une info tellement dans l'instant qu'elle ne devient plus lisible car sans recul possible)?
"Cadavre d'état" est un thriller d'un réalisme étonnant, subjugant, écrit par un auteur qui connaît bien les arcanes de la politique menée au plus haut sommet de l'état. Claude Marker, pseudonyme de l'auteur(e), démontre et démonte avec adresse un système mortifère où les dangers les plus grands broient les plus faibles, offrent une survie aux plus forts, c'est à dire à ceux qui ont réussi à devenir plus requins que les autres et à tisser une toile aux mailles si serrées qu'elles en deviennent léthales, au sens propre comme au sens figuré!
A vos cerveaux citoyens!!!


"D'abord, je les ai jugés tocards, ringards, nullards. J'avais un exemple sous les yeux; l'un d'eux était mon proche.
Puis je les ai constatés parasites, voleurs goinfres, tricheurs.
Ensuite, m'est apparu le système. Non plus seulement la caste, mais ses soutènements financiers, idéologiques, criminels, ses réseaux d'échanges de bénéfices, le dépouillement entrepris sur tout un peuple, jusqu'à l'épuisement de ce peuple, jusqu'à sa mort. J'ai dû me faire à l'idée que les marchands de drogue, les marchands de femmes, d'enfants, les tueurs....sont dans le système, à leur place, utiles, nécessaires, indispensables; que profiteurs politiques et grands criminels sont une même bande qui se nourit d'immoralité, qui berne les citoyens, les vampirise, leur verse des tranquillisants....
Et maintenant, je les découvre...fous. Inconscients du mal. Inconscients du mal qu'ils causent, des souffrances qu'ils provoquent. Inconscients que le vol est mal, que le meurtre est mal...
Ils sont le mal. Et ils ne le savent pas.
Et dans leur folie, ils croient même qu'ils sont...le bien.
Le Lama m'avait parlé un soir, tard, au bureau, de Leibniz.
"Les disciples, du grand savant et théologien, m'avait-il expliqué, ont prolongé ses idées géniales en prenant appui sur les découvertes biologiques de notre siècle. Selon eux, selon Vaslin en particulier, l'homme, comme tous les êtres vivants, naît avec un programme de développement, qui va se déployer au long de son existence terrestre - et au-delà si on a foi en la survie. Il a un capital génétique pour son corps, sa pensée, son coeur et son âme - si on y croit. Une double hélice spirituelle, en plus de l'autre, en quelque sorte. Celui qui ne respecte pas son programme de vie devient malade, se détraque, se déstructure. Le programme de vie de tout homme, c'est l'amour, et à la base de l'amour, il y a la considération à porter aux autres, et à la base de la base, il y a la simple morale. La morale est notre nourriture de base, comme êtres dotés de raison et ouverts à la spiritualité, de la même manière que l'herbe est la nourriture des ruminants. Si nous ne nous nourrissons plus de morale, nous devenons fous. Comme la vache qui ne respecte pas son programme de vie à elle, qui boulotte de la bidoche au lieu de manger de l'herbe."
(p 377 et 378)





Merci à Suzanne de Chez les filles et aux éditions carnetsnord pour cette lecture prenante au plus haut point!







Une interview de l'auteur ici

dimanche 17 mai 2009

Jardin public


En ce dimanche mi-figue mi-raisin, une photo du kiosque du jardin public de Guingamp: un kiosque que je ne me lasse jamais de regarder au fil des saisons.

Je n'ai pas choisi de poème pour illustrer cette photo (prise fin avril) mais une petite histoire du kiosque dans les jardins publics: ces kiosques, parfois anodins, font partie intégrante du patrimoine de nos villes; d'ailleurs, ne font-ils pas partie du patrimoine administratif et public de France!


"De l’italien chiosco, mot lui-même emprunté au turc kiösk, un kiosque désigne à l’origine un pavillon de jardin surmonté d’un dôme porté par de légers supports.
La construction de kiosques à musique se diffuse principalement aux XIXe et XXe siècle, accueillant des festivités musicales diverses (avant 1848, ils étaient réservés à la fanfare militaire) à condition que les forces de l’ordre puissent intervenir rapidement en cas de problème. La scène est formée d’un socle maçonné recouvert d’un plancher surélevé pour faciliter la vue et y ranger des sièges en dessous. Le toit, à faible pente, protège des intempéries et sert de pavillon acoustique.
Dans un parc ou sur une place publique, le kiosque est souvent de forme polygonale ; il peut aussi servir d’abri pour des marchands."

samedi 16 mai 2009

Les méandres roux du renard


Arsène Le Rigoleur est un homme solitaire, taciturne, vivant seul, depuis que sa mère est au logement foyer, dans sa ferme fleurant bon l'ancien temps et le fumier. Arsène Le Rigoleur (diantre, qu'il n'aime pas son patronyme parce que "Le Rigoleur, c'est mon nom de famille. Le Rigoleur avec la particule, petite noblesse bretonne oblige. Le Rigoleur, oui, mais pas rigoleur pour deux sous. Qu'est-ce qui me ferait rire, hein? Est-ce que j'ai une tête à rigoler? Tiens, ça se saurait si l'habit faisait le moine." p 46) est un agriculteur breton, attaché viscéralement à sa terre, à son mode de vie rythmé par la course du jour, les gémissements des bêtes et le glapissement des renards à la tombée de la nuit. Arsène aurait préféré porter le patronyme de sa mère, Le Luern, le renard en français, nettement plus imposant que Le Rigoleur, cible facile des blagues éculées dispensées tant par l'instituteur que les filles dont Arsène se méfie tout en étant fasciné. "Le Luern,ça veut dire Renard en breton. (...) Une carte de visite dans les cours de récréation, et à la caserne plus tard. Auprès des filles aussi. (...) Arsène Le Renard, le malin dans l'histoire. Plus malin que le loup même. (...) Avec un tel patronyme, le Père m'aurait laissé tranquille. Un renard ne se dompte pas. Une bête sauvage reste une bête sauvage. Ni Dieu, ni maître." (p 49)
Un jour, la ferme du Père Morvan est vendue à des gens de la ville, un couple avec deux enfants, une fillette, Juliette, et un garçon, Louis. Louis, autant taciturne que Juliette est volubile, Louis à la chevelure rousse et au caractère sauvage du renard.
Très vite, Arsène et Juliette deviennent amis ce qui ne plaît pas à tout le monde: pensez donc, un célibataire tout le temps fourré avec une gamine, par les temps qui courent, ce n'est guère catholique mes braves dames! Avec Juliette à ses côtés, et Louis à l'épier sans cesse, Arsène retrouve avec un plaisir, teinté d'amertume, ses souvenirs d'enfance, laisse peu à peu remonter à la surface des blessures intimes et des secrets douloureux.
Arsène, en déroulant le fil roux du pelage des renards, se dépouille lentement, comme on peut le faire des pelures de l'oignon qu'on épluche, des couches sombres de sa mémoire et dévoile les coins les plus obscurs de son âme. Arsène Le Rigoleur est tout sauf un rigolo, il devient même inquiétant au fil de son récit.
Fabienne Juhel avec "A l'angle du renard" orchestre une extraordinaire histoire à l'atmosphère oscillant entre légèreté et oppression, met en scène une Bretagne que l'on a l'impression venir d'un autre siècle, alors qu'elle est contemporaine, celle des villages ou bourgs dormant à l'écart de la RN 12, la campagne idyllique qui cache une face âpre et dure où la sueur du front, la solitude et l'isolement sont le prix à payer pour rester sur ses terres.
Arsène Le Rigoleur est du genre taiseux mais c'est lui le narrateur, c'est lui qui se raconte, qui raconte les siens, qui raconte le pays; et ce qu'il raconte est loin d'être joyeux: dans un crescendo lugubre, Arsène en se racontant fait monter l'angoisse chez le lecteur, une chasse au renard troublante, image de cette vie qui file et se perd. Une histoire de terroir, sans en être vraiment une, où les paysages de campagne sont superbement décrits (on est sur la route de campagne empruntée seulement par les tracteurs du coin et les rares riverains, on sent l'odeur du lait à l'apporche de la traite, on est dans le potager à cueillir les petits pois, à croquer les radis, on entre, un peu inquiet, dans le poulailler épié par le coq, ramasser les oeufs),où les effluves doucement âcres du fumier se perdent dans le labyrinthe des secrets d'Arsène. Une histoire d'un homme ordinaire que l'on se met à craindre à mesure qu'il révèle ce qu'il a fait, il y a longtemps, pour échapper à ses démons et faire taire ceux de sa mère, la Mère qu'il aime à sa manière et à qui il offrira une rédemption.
Avec son personnage, Arsène Le Rigoleur, haut en couleurs blalançant entre bonhommie et conduite inquiétante, Fabienne Juhel explore les relations binaires des hommes, contradictoires, diamétralement opposées ou tout simplement confuses et indicibles. Ainsi, le lecteur est-il ballotté entre la croyance (celle de la Mère, de Louise, la sage-femme et faiseuse d'anges) et la non croyance (celle d'Arsène, qui est particulière, celle des voisins venus de la ville); entre la ruralité et le citadin, la justice et le crime (Arsène est glaçant et en même temps attachant), l'honneur et le deshonneur (Yvan qui laisse tomber sa ferme alors qu'Arsène est viscéralement attaché à la sienne); tous les ingrédients sont présents pour fabriquer un roman populaire que l'écriture, volontairement familière, parlée, enjolivée d'expressions locales, de l'auteur transcende par ses moments de poésies intenses, ses superbes descriptions de la campagne, des talus et des bois, et ses moments de douleur et de solitude, celles qui bercent, lancinantes, les hameaux ou les villages endormis au coeur de la modernité.
"A l'angle du renard" est un roman qui, l'air de rien, commence comme un roman du terroir aux accents populaires, se développe comme un roman policier pour s'achever en une succulente histoire où l'âme humaine est décortiquée, sans concession, et mise à nue avec tendresse derrière la réalité crue.






mercredi 13 mai 2009

Monstres, dents longues et aventure


Max est un petit garçon comme il en existe beaucoup: il a du caractère et lorsqu'il n'accepte pas une remontrance, il enfile son costume de loup. Et une fois ce costume de loup enfilé, les bêtises ne tardent pas à se succéder jusqu'à ce qui doit arriver arrive: la punition!

Souvent, les punitions aident à réfléchir et parfois la réflexion entraîne bien loin les pensées du puni.

Max embarque donc sur un bateau, navigue des jours et des jours, une année entière, pour accostersur l'île des Maximonstres. Qu'ils sont terriblement affreux et dentus ces Maximontres, ils ne font même pas peur et Max les domptent en clin d'oeil. Une monstrueuse maxi fête est organisée au cours de laquelle Max devient le roi des Maximonstres. Seulement voilà, Max commence à se languir du giron maternel et prend le chemin du retour, abandonnant les Maximonstres bien tristes de perdre un roi si formidablement monstrueux! Mais que trouvera Max à son retour?

"Max et les Maximonstres" est un album dont on ne se lasse pas et qui est un incontournable de la littérature jeunesse.

Il faut dire que la construction est bien menée: la relation d'ordre (les bêtises, la punition, le rêve, le retour à la réalité) permet de plonger, tête baissée, dans le rythme du récit, permet à l'enfant de s'identifier au jeune héros rebelle. Max revêt son costume de loup pour agacer sa mère, il va jusqu'au bout de son mécontentement, il provoque en faisant ses bêtises une par une, crescendo pour bien malmener la patience maternelle. La symétrie est parfaite entre le rêve et la réalité (Max reproduit le discours maternel "Vous irez au lit sans souper!" devant les Maximonstres qui abusent de sa patience), Max est à la recherche de l'amour maternel, peut-être perdu en raison de son altercation avec sa mère; quant à la chute "tout chaud" elle est délicieusement double: abrupte (elle rappelle la chute de la comptine "la souris verte") ou plus profonde, plus intime: la réalisation du voeu le plus cher de notre rebelle Max, la quête de l'amour maternel mais aussi l'expression de la relation mère-enfant au coeur de laquelle le conflit permanent entre amour étouffant et amour révolté scande la vie de tout enfant. On veut être libre mais en même temps on n'a besoin que d'une seule chose: le creux chaud des bras maternels! Ces merveilleux bras qui seront toujours là, même après de bien longs voyages, même après bien de longues années. Maurice Sendak a bien perçu et retranscrit, tant par l'illustration que par le texte, l'inconscient enfantin pour le plus grand bonheur des lecteurs, jeunes et moins jeunes (Ici, on en parle vraiment bien)!

Un album à mettre dans toutes les bonnes bibliothèques et entre toutes les mains!

L'avis de antigone malice

La bande annonce du film inspiré de ce merveilleux album ici . Il sort en France en octobre prochain (le 14 pour être précise)....à vos agendas!

Juste pour le plaisir des yeux

(clic sur la photo pour admirer la Coupe)
....et je n'en parlerai plus!


J'ai eu le privilège de faire partie du comité d'accueil des héros et de pouvoir photographier la Coupe de France (elle est vraiment superbe!!) en compagnie du Capitaine de l'équipe.

mardi 12 mai 2009

Qu'il est bon de lire!

Masse Critique orchestrée de main de maître par Babelio revient! Pour adopter des livres c'est ici !




Je rempile avec joie pour la seconde édition du Prix Landerneau: 6 romans à lire, une belle sélection qui semble réserver de beaux moments de lecture.


Plaisirs épucuriens et assiettes ensoleillées


J'avais repéré ce petit livre lors de mes promenades bloguesques et c'est Mirontaine qui me donne l'occasion de satisfaire ma curiosité!
Il s'agit d'un recueil de nouvelles dont le thème est la nourriture italienne: Alain Absire déroule pour son lecteur les plats d'un menu italien des antipasti aux douceurs sucrées réservées au dessert. Aussi l'invite-t-il à s'installer confortablement à la terrasse d'un restaurant, sous le soleil d'une fin de printemps, dans la douceur d'une Toscane ou la torpeur d'une Rome, pour lire avec attention les propositions alléchantes d'une jolie carte jouant avec le temps et l'histoire! D'un dîner en duo à un échange épistolaire entre époux romains (d'une saveur délicieusement sensuelle), en passant par un concours culinaire où les pasta sont reines, par l'atelier sombre d'un Botticelli anémié par la nostalgie ou lors de la veillée du corps de St-François d'Assise par un moine oenologue, Alain Absire parfume ses pages de délicieux fumets, de subtiles senteurs d'arômates, de tapis de couleurs vives, de fumée s'échappant d'un bol de soupe, de robes dorées d'un crû charnu et rond, roulant dans le gosier comme une ode à la beauté du monde, de saveurs miellées titillant le palais. Le tout servi par le savoir-faire d'une famille italienne, les Castruccio dont on découvre les multiples talents au fil des siècles. Chaque description de plat est un plaisir partagé, un raffinement et une multitude d'images et de flaveurs où la poésie et le subtil érotisme sont de mise. La force d'évocation du langage prend une dimension épicurienne au sens noble du terme: les douceurs culinaires sont autant de douceurs de la vie.
"Saga italienne" est un recueil à savourer lentement, à déguster comme une belle gourmandise. C'est avec ravissement que l'on tourne les pages où les mets succulents ne demandent qu'à être réalisés!

"Carpaccio con rucola. Dix tranches fines de gîte à la noix, une marinade de jus de citron d'Amalfi, de l'olio d'oliva des collines de Brindisi avec des parfums d'herbacées, et quelques lamelles de parmesan frais, le tout reposant sur un lit de rucola. (...) En vérité cette rucola est un délice, avec ses feuilles qui craquent sous la dent et, à peine souligné par le goût piquant de la gousse d'ail, ce qu'il faut d'amertume sous le palais...." (p 13 et 14)

"Pour vous, j'ai mis dedans les viandes les plus tendres, celles qui, jeunes et gorgées de sève, ruissellent de bon jus gras quand, toutes bouillies, elles fondent sous la langue. Mélangés au bouillon, j'ai mis aussi des oeufs de la basse-cour aussitôt pondus aussitôt battus; j'ai mis le safran dont l'essence rare vous embaume la bouche, j'ai mis la menthe fraîche dont le parfum imprègne jusqu'aux doigts du maître-queux. Mêmé d'épices, de marjolaine et de persil, j'ai mis, moitié vieux, moitié de cette année, le verjus acide tiré des raisins verts de Toscane, et, pour colorer l'ensemble, j'ai versé par là-dessus une grande quantité de parmesan râpé." (p 53)

"Le bouchon de la bouteille a sauté en moins de deux. De la poire, du miel de nos soeurs les abeilles....Flatté, le nez de Martirio Castruccio s'ouvre aux exhalaisons de la création.
La première goulée de vin d'Ombrie est un baume qui tapisse les parois de son gosier désséché. Comme c'est doux! Comme c'est sucré! Il lui en faut encore pour confirmer. Cette fois dominent des saveurs de petits fruits rôtis. (...) Quel éclat! Quel arôme! On dirait de l'or qui s'écoule des plaies de Jésus. (...) Et ce goût de noisette, qui lui reste au fond du palais! C'est ravissant. S'arrêtant à peine pour rependre haleine, il s'empli jusqu'à la dernière goutte de cette fraîcheur aérienne. Il a comme des graines d'épices, un peu mordicantes, qui lui roulent sous la langue. Exalté par une pointe d'amertume, un bouquet de safran et de champignon lui fleurit dans la bouche. (....) Que d'arômes subtils, avec de la prune confite et tout un panier de fruits de saison! Un arc-en-ciel de délicatesse, qu'il engloutit entièrement."
(p 67, 68 et 69)

Merci Mirontaine de me faire partager les senteurs italiennes qui te tiennent à coeur!

L'avis de Flo sur paperblog

dimanche 10 mai 2009

Enfance lumineuse


Tomoko part passer un an chez son oncle: après le décès de son père, sa mère part à Tokyo parfaire sa formation professionnelle. Tomoko a douze ans et va découvrir un monde qu'elle était loin de douter qu'il puisse exister. Elle rencontre son oncle, dont la mère, Grand-Mère Rosa, est allemande, souvent absent, sa tante qui oublie sa solitude entre l'alcool et la recherche des coquilles d'impression, et sa cousine, la tendre et rêveuse Mina, souffrant d'asthme et grande collectionneuse de boites d'allumettes à partir desquelles elle invente d'incroyables histoires. Elle fait al connaissance aussi de Pochiko, l'hippopotame naine, ultime animal du zoo de l'entreprise dirigée par son oncle.
Alors que Mina est une grande lectrice et est attirée par la culture européenne, Tomoko regarde ces choses de loin, étonnée par les particularité de ce qui vient de l'étranger.
"La marche de Mina" est à inscrire dans la continuité de "La formule préférée du professeur": un roman initiatique dont les racines appartiennent à l'enfance qui lentement s'enfuit, qui doucement apporte les éléments pour accéder au monde adulte. L'admiration amoureuse pour le cousin vivant en Suisse, la tendresse éprouvée envers Pochiko, original animal de compagnie, la douceur des moments passés aux côtés de Grand-Mère Rosa et de Mme Yoneda, l'enquête secrète sur le livreur de Fressy amenant à découvrir le pourquoi des absences prolongées de l'oncle, le Noël aux parfums européens orchestré par Rosa et ses souvenirs, la complicité avec Mina dans la salle de bain de lumière mais aussi l'apprentissage de la mort. L'enfance, moments merveilleux de l'éphémère, de ce fragile éphémère que l'on regarde avec tendresse par-dessus son épaule une fois adulte. La sérénité d'un temps qui sera vite révolu, l'époque d'une génération unique: la sienne.
Ogawa nous promène dans les années 70 au Japon avec comme point d'orgue les Jeux Olympiques de Munich en 1972: "La marche de Mina" tire un fil de cette pelote, le fil de l'équipe japonaise de volley-ball, celle qui remportera le titre olympique, celle qui scande les heures de Mina et Tomoko, fervente supportrices des volleyeurs. Une pelote des souvenirs de Grand-Mère Rosa dont on déroule, subrepticement, quelques mailles: son mariage l'emmenant vivre au Japon et la sauvant de la déferlante nazie, sa capacité à ne pas oublier d'où elle vient, son attachement aux Noëls allemands, son regard chargé de tristesse devant la prise d'otages israëliens par un groupuscule palestinien, miroir lui renvoyant la disparition des siens.
Lentement, le tricot d'enfance de Tomoko s'achève, rang par rang: le monde des adultes est rempli de secrets qu'il ne fait pas bon de découvrir, l'attachement enfantin envers le cousin qui a la beauté du métissage, la découverte d'un ailleurs non japonais, une comète traversant le ciel, instant unique dans une vie, le partage virtuel de lectures avec le bibliothécaire, ouverture sur un monde inconnu mais fascinant.
"La marche de Mina" se lit comme on sirote un diabolo grenadine et se déguste comme une pâtisserie que l'on mangeait enfant: on retourne aux sources de nos souvenirs couleurs sépia et des instantanés aux couleurs devenues pâles avec le temps, sur un doux air accompagnant cette tendre plongée dans les derniers feux de l'enfance.
...Les plus beaux souvenirs sont ceux que le temps et ses transformations n'effacent pas.


Roman traduit du japonais par Marie Makino-Fayolle




samedi 9 mai 2009

Une fois n'est pas coutume



Ce samedi 9 mai 2009 est une journée en rouge et noir....


La Bretagne est à l'honneur au Stade de France....il est certain que les joueurs "ne marcheront jamais seuls" pendant la durée de cette finale historique.




WAR -RAOK !


(en avant!)


Edit de 23h25:


Elle sera à Guingamp demain!

vendredi 8 mai 2009

Parfum d'Histoire


Il y a 64 ans s'achevait, enfin, la Deuxième Guerre mondiale, les armées nazies capitulaient, la France redevenait libre et l'Europe n'était plus un concept utopiste mais devenait un futur très proche.

Ce matin, j'ai assisté à la cérémonie du 8 mai, sous la grisaille puis sous la pluie. Les anciens combattants, qui en avaient vu bien d'autres, étaient hilares sous leur casquette ou tête nue, les parapluies fleurissaient tandis que les musiciens de l'Harmonie Municipale jouaient, stoïques, trempés jusqu'aux os. Un envol de pigeons a accompagné la commémoration, puis l'hymne européen s'est envolé à leur suite. Un beau symabole, d'autant plus fort que le texte des Anciens Combattants vibrait de paix, de tolérance et de partage. C'est ce texte qui m'a émue et cet hymne qui j'espère un jour deviendra unique pour chaque pays européen....oui, je fais ce rêve.

La cérémonie s'est achevée par la remise, officielle, du livret du jeune citoyen et de la carte d'électeur, aux jeunes de la commune qui vont pouvoir le 7 juin prochain acter leur nouvelle appartenance à la vie de la cité et exercer leurs droits et devoirs de citoyens. Un moment émouvant: les jeunes qui avaient répondu à l'invitation de Madame la Maire saisissaient la particularité de cette remise officielle. Mon seul regret, partagé et exprimé publiquement par la Maire, fut la criante absence des jeunes filles....il y a 64 ans, seulement, que les femmes ont le droit de vote et cet acquis doit être chèrement préservé même s'il semble être perenne! Le 29 août 1945, les élections municipales donnaient l'occasion aux femmes de mettre en pratique l'ordonnance du 21 avril 1944, du gouvernement provisoire du Général de Gaulle à Alger....ne pas oublier la longue lutte féminine pour obtenir le droit de s'exprimer et de s'émanciper

mercredi 6 mai 2009

Cadeau d'anniversaire empoisonné?


Louis a un oncle formidable, l'oncle McAllister, qui comme son nom l'indique vit en Ecosse. Au fait, il ne vit pas n'importe où en Ecosse, il habite près du Loch Ness!

Chaque année, l'oncle McAllister envoie un cadeau, glané au fil de ses promenade autour du loch, à Louis afin d'alimenter sa collection de curiosités. Louis est un petit garçon passionné de sciences et curieux de tout.

Cette année, Louis reçoit un drôle d'animal dans un bocal: c'est un têtard dit la maîtresse lorsqu'il l'apporte en classe.

Louis observe le développement d'Alphonse le têtard qui devient très vite un mystérieux têtard: très vite, Alphonse a besoin d'espace, de plus en plus d'espace....rempli d'eau! Par ailleurs, l'appétit d'Alphonse est loin de se satisfaire de quelques petites mouches ou vermisseaux: Alphonse dévore les hamburgers.

Louis est heureux avec son drôle de têtard et trouve qu'Alphonse apprend beaucoup de choses très rapidement: jouer au rugby et chahuter avec les copains et les copines. Bref, le bonheur serait parfait si Alphonse arrêtait de grandir: bientôt l'évier de la cuisine, puis la baignoire ne lui suffisent plus. Que faire?

Heureusement, l'été arrive et la piscine du lycée peut être utilisée...en cachette! Bien entendu, tout ne se déroule pas comme prévu et Alphonse devient vite un sujet inconfortable. Parfois, une aide inattendue arrive pour trouver une solution: la bibliothécaire trouvera le remède, historique, aux déboires d'Alphonse et de Louis!

Quant à l'oncle McAllister, il trouve une autre curiosité lors d'une excursion autour du loch; curiosité très vite envoyée à l'occasion de l'anniversaire de Louis: un bel oeuf qui se fendille et laisse apparaître un drôle de poussin!

"Le têtard mystérieux" est un album au graphisme très BD, aux couleurs pastels charmantes et drôles. Une histoire qui ravira les petits curieux de nature, les amateurs de mystères préhistoriques, aux rêveurs d'une amitié extraordinaire avec un animal extraordinaire!

C'est une belle occasion d'aborder l'histoire du fameux Nessie, le monstre du Loch Ness, qui défraya souvent la chronique, depuis sa première apparition en 1934: reptile marin ou canular?

Outre l'humour du texte, on peut jouer à retrouver des petits détails dans les illustrations (à la page 30 - dans la piscine - combien d'enfants y a-t-il?), dans le texte (quel est l'âge de Louis au début, à la fin de l'histoire?).

De plus, l'histoire commence bien avant la première phrase et ne s'achève pas à la dernière: un vrai régal à faire découvrir la magie de la structure ouverte du récit!

Un album indémodable qu'on ne se lasse pas de regarder et de lire.

lundi 4 mai 2009

Fleurs de cerisier


Le printemps qui s'éloigne

hésite

parmi les derniers cerisiers.

Buson (1716-1783)
(Photo du merisier de mon jardin...pour débuter joliment la semaine )

dimanche 3 mai 2009

Y aurait-il une vie en dehors des livres?

Voici une lecture d'une grande fraîcheur! Une histoire où les pistes envoient une libraire par monts et par vaux, à la rencontre de gens improbables et inattendus et où la vie réelle se mêle avec bonheur à la vie rêvée.
Un homme et une femme se rencontrent quotidiennement , dans un café, autour d'un whisky et d'une cigarette. Ils ne se connaissent pas mais échangent avec passion leurs lectures et leur amour des livres. Puis, chacun retourne chez lui, solitaire, sans se retourner. Passent-ils à côté d'une belle rencontre? Ne voient-ils pas la possibilité de vivre un amour? A priori non, Corinne s'est séparé de son mari et vit de petites aventures sans incidence ni encombrement dans sa vie, Paul, quant à lui reste divinement mystérieux.
Un soir, Corinne attend vainement Paul. L'attente se reproduit chaque soir jusqu'à ce que Corinne décide de savoir ce qui a pu arriver à Paul pour qu'il disparaisse sans laisser de trace.
C'est ainsi qu'elle rencontre un improbable oncle qui n'a de russe que l'accent durement travaillé, un photographe de cadavres, incompris de ses contemporains et cruellement nombriliste, un pianiste de jazz au coeur de New York, Paul Auster et sa femme, une retraitée anglaise à l'excentrisme délicieux et un barman très discret. Pour quelqu'un qui ne vivait qu'à travers ses livres, Corinne, pour retrouver l'amour de sa vie, brave ses peurs et ses angoisses....Paul est une chance qu'elle a été idiote de laisser passer une fois, si elle le retrouve, elle lui dira son amour. Elle qui a cru reconnaître Paul parmi les "Visages de morts" exposés par le photographe Jasper Shifer, se dit que ne pas connaître la vérité serait rater une fois de plus sa vie "Elle avait compris que sa vie n'aurait jamais aucun sens si Paul restait mort." (p 23). Son enquête est son fil d'Ariane pour sortir du labyrinthe intérieur de ses lectures et son repli sur soi: lentement, elle renaît, doucement elle voit à nouveau le monde autour d'elle, tendrement son coeur se remet à battre à la chamade pour un homme qui lui file, consciencieusement, entre les doigts.
C'est avec un entrain sans pareil que le lecteur suit les pérégrinations de notre libraire devenue globe trotter, telle Indiana Jones à la recherche de son amour perdu. Entre la vie vécue par procuration et la vraie vie, les frontières deviennent de plus en plus distendues au profit de la réalité, des vraies rencontres ou des échanges à corps perdus.
"La libraire a aimé" ou quand la réalité rejoint la fiction et inversement: un petit bonheur vivifiant, une bulle dans laquelle on se prélasse le temps de la lecture, un moment ou des longs instants lorsque l'on ne veut pas arriver trop vite à la fin....la dégustation a du bon!



Merci pagesapages d'en avoir fait un livre voyageur!


Le blog de l'auteur ICI

samedi 2 mai 2009

Les chaussures roses


Arabie Saoudite, la ville de Djeddah, La Fiancée du désert. Nous sommes à la fin des années 80, la guerre en Erythrée a fait fuir nombre de ses citoyens, dont Nasser et son petit frère, près de 10 ans auparavant.
Nasser a rompu les ultimes liens avec son oncle, celui qui les avait recueillis pour une vie meilleure, celui qui l'a vendu à son kafil ou"parrain" pour l'octroi annuel du titre de séjour. Nasser lave les voitures et nous sommes en Arabie Saoudite, pays de l'or noir où les étrangers doivent être sous la tutelle d'un saoudien et où les femmes doivent se cacher sous leurs immenses voiles noirs...où la liberté n'est que l'ombre d'elle-même. La vie est rythmée par les appels à la prière et l'écoute des prêches de l'imam aveugle, celui qui envoie combattre en Afghanistan, celui qui organise la séparation des mondes masculin et féminin....celui qui fait que la tendresse et le désir entre un homme et une femme deviennent tabous, ne laissant aux hommes que le réconfort d'autres hommes.
Un jour, alors qu'il s'est posé à l'ombre de son palmier préféré, Nasser reçoit un message tombé d'une des ombres sombres voilées, d'une des ombres de l'angoissant film en noir et blanc des rues saoudiennes. Un message où une ombre lui avoue son amour....Nasser, malgré les dangers qui les guettent, attendra jour après jour ces messages délivrés par l'ombre aux chaussures roses....points de couleur enivrante dans le monde N&B du quotidien.
Qui est-elle? Comment est-elle? Quel corps se cache sous ces voiles sombres? Est-elle une jeune fille désoeuvrée voulants 'amuser avec le coeur d'un jeune homme frustré? Est-elle l'amour qu'il a depuis toujours attendu? Est-elle le destin qui lui donnera une vie meilleure? Ou est-elle sa propre perte?
Nasser vit au rythme de la marche des chaussures roses, Nasser se noie avec délectation dans un amour de plus en plus passionné, Nasser ne rêve que d'une chose: sombrer dans les bras de son amante voilée.
"Les amants de la mer Rouge" est le roman de l'amour interdit, bravant les interdits religieux et politiques (Nasser risque l'expulsion avec perte et fracas), où la passion amoureuse est au-delà de tous les dangers....un Roméo et Juliette des non-dits et de la frustration. Un roman où le blanc des vêtements des hommes, libres et au visage découvert, se déplace à côté, sans s'y mêler, du noir des femmes, dont on ne voit même pas le regard, et où le rose apporte une note discordante, petit grain de sable dans l'engrenage (peut-être pas si bien huilé que cela) d'une société gorgée d'interdits religieux plus frustrants les uns que les autres. La pointe de couleur audacieuse d'une esquisse de bonheur que l'éphémère ambiant risque d'occulter à chaque instant.
A partir du moment où sont entrées en scène les chaussures roses, l'envie de continuer la lecture s'est manifestée: en effet, l'écriture simple, directe, très anglo-saxonne (pour ne pas dire américaine), m'a gênée d'autant plus que le sujet est intéressant et poignant. D'un côté, un style grandiloquent aurait été inutile mais j'aurais aimé des phrases plus longues, à la respiration lente et au rythme lancinant....à l'image du désert proche et de la rêverie du héros, un Nasser attachant au profil romanesque intéressant....sa rébellion est cependant bien décrite, à petites touches plus saisissantes les unes que les autres. J'ai aimé également le parti pris de l'auteur qui fut de ne donner qu'une place d'ombres discrètes et muettes, où la peur transpire sous les voiles noirs, jusqu'à l'apparition des chaussures roses. On pourrait penser que les femmes sont absentes, voires ignorées, alors qu'en réalité leur ombre est omniprésente et leur silence une longue conversation. Le monde des hommes n'est qu'un miroir sans tain d'une société mortifère qui brime ce qui est d'une indicible beauté: la tendresse, le respect dans l'amour partagé et choisi.
"Les amants de la mer Rouge" est certes un roman agréable à lire bien qu'il aurait gagné à creuser plus en profondeur le partage des mondes masculins et féminins, niant leurs évidents entrelacs: je suis restée sur ma faim d'où ma déception.

Je remercie Suzanne de Chez les Filles et les éditions Flammarion pour cette lecture.






Roman traduit de l'anglais (Grande Bretagne) par Anne Guitton




vendredi 1 mai 2009

Littérature mexicaine


Aujourd'hui, 1er mai, c'est la Fête du Travail (et du muguet) mais aussi le jour de la lecture commune du Blogoclub!

Nous devions lire "L'instinct d'Inez" de Carlos Fuentes; ne pouvant mettre la main sur ce roman tant en librairie (souvenez-vous, le Mexique était à l'honneur au dernier Salon du livre, et les librairies étaient en rupture de stock!) qu'en bibliothèque, je me suis lancée dans une lecture au long cours avec le monumental Terra Nostra. Autant vous avouer tout de suite que je ne suis qu'à 100 pages de la fin du tome 1! Ce n'est pas parce que je ne suis pas entrée dans le rythme du roman (à noter qu'il faut s'accrocher lors des 100 premières pages avant de suivre la respiration du roman) mais parce que la lecture d'un tel monument littéraire est tout sauf rapide! En effet, les références historiques, socio-culturelles, littéraires et artistiques sont d'une folle et riche densité et qu'il faut du temps pour intégrer le propos!

Il n'empêche que Terra Nostra est une lecture jubilatoire non seulement de par son écriture romanesque d'une force extraordinaire mais aussi par l'enchevêtrement des styles et des réécritures de mythe tels que celui de Dom Juan (un vrai bijou!!)!
J'en suis à la description du Nouveau Monde par un rescapé aussi étrange qu'improbable, récit débité devant le Seigneur (figure royale mêlant de nombreux rois d'Espagne)....le prélude au départ des caravelles colombiennes!!!

Mon billet "mexicain" ne rejoindra que tardivement les ressentis de lecture des lecteurs du Blogoclub!


En attendant, je vous donne le programme de lecture pour le 1er Juillet prochain:

Le thème choisi était celui de la famille.

Le roman choisi est: Nous étions les Mulvaney de Joyce Carol Oates. Un roman fleuve, comme on les aime, que Pascal a lu avec délectation!!

mercredi 29 avril 2009

Carnet intime de voyage


Il est des jours où une simple lecture apporte le réconfort dont on a besoin, inonde de soleil une tête obscurcie par le monde impitoyable du travail, il est des jours où la littérature jeunesse offre des moments de bonheur inestimable!

Ainsi en est-il avec "Rond comme un caillou en bois" de P.Cloux et F.Cinquin, édité chez une adorable maison d'édition "L'atelier du poisson soluble"!


Stanislas n'est pas russe, n'habite pas Nancy, il a reçu son prénom de la part d'un oncle féru de Stanislas Peucédan, personnage d'André Dhotel (auteur d'un livre qui n'est pas anodin "Le pays où l'on arrive jamais" ), et surtout Stanislas vit en Auvergne, pays des anciens volcans!

Stanislas a un petit souci, il est un peu gros, mais une immense chance, la curiosité, l'envie de comprendre le monde qui l'entoure, l'amour des collections de tout et de rien, ces petits trésors que l'on ramasse lors des sorties et des vacances. Oui, Stanislas aime regarder, observer les choses et les êtres, rêver à ce qu'ils étaient, imaginer leur environnement et surtout consigner dans son petit cahier d'écolier tout ce qui lui passe par la tête!

Le lecteur suit Stanislas dans ses déambulations à travers la campagne, dans ses retranscriptions des leçons d'histoire, de géographie ou de sciences. Il le suit dans ses réflexions sur le monde et sa manière de tourner. Il aime se perdre dans les illustrations de son journal intime de voyage intérieur: le mécanisme d'une éruption volcanique selon son type (péléen, strombolien ou plinien), les dessins ou photos de fossiles glanés lors des furetages campagnards, les débuts d'herbier, les collections de coquillages, de galets, de bois flotté, de tessons de verre polis par la mer ou les rêveries au creux d'un vieux chêne.
On oublie que Stanislas est un peu trop gros et on découvre avec joie qu'il a les rondeurs joyeuses et rêveuses d'un caillou en bois....vous savez, les cicatrices des arbres que l'on peut arracher et polir pour les collectionner! Que grâce à sa rondeur d'esprit, qui lui ouvre les portes du sensible et du beau, on apprend que les arbres, au bord de l'eau, parfois font pousser de drôles de branches à leur pied....leurs poumons pour moins étouffer au bord de l'étang ou du lac!

"Rond comme un caillou en bois" est un Cabinet des Curiosités que l'on parcourt avec le sourire aux lèvres et le rêve prêt à s'envoler! Un roman illustré divinement d'aquarelles, de collages et de photos ouvrant le chemin aux déambulations de notre imaginaire!

Un livre à mettre entre toutes les mains à partir de 5/6 ans!!!

Florilège:

"J'adore casser des cailloux, espérant toujours en eux un trésor, découvrir ce qu'ils ont à l'intérieur. Dans leur ventre."




"Tout ce chemin parcouru vaut bien qu'on s'y arrête. Rien ne presse. Avoir 11 ans et de grands yeux donne un peu plus de mémoire à celui qui regarde. Aussi faut-il apprendre un peu à regarder. C'est-à-dire faire mouliner comme une crécelle au fond de soi l'étonnement et ce qu'on connaît. En faire des suites rapides de photographies rangées très vite dans la tête. Rapprocher ce qu'on voit et ce qu'on vient de découvrir de ce qu'on sait déjà. Cela se fait tout seul."



"On a retrouvé chez eux [les hommes préhistoriques] des osselets et des cailloux ronds avec un petit peu de peinture dessus, près des restes des feux de bois où ils posaient leurs gamelles.
Déjà leurs enfants étaient nombreux et très joueurs. Ils domestiquèrent même des petits chiens sauvages et des oursons, il y a plus de dix mille ans. Ils bricolaient des cailloux et des billes pendant que leurs parents taillaient des arcs. Mais comme ils étaient souvents tout nus, ils ne pouvaient pas les mettre dans leurs poches et ainsi ils les ont perdus.
J'aime quand on retrouve ces objets d'un autre temps."

Mille et un mercis à Mirontaine pour cette très, très, mais alors très très belle découverte!

samedi 25 avril 2009

Pour les mordu(e)s des swaps


Hambreellie ne recule devant rien: entre ses examens à la fac et ses lectures, elle se lance dans l'organisation d'un swap bien symapthique: le swap grandes vacances!

Les inscriptions peuvent s'effectuer jusqu'au 8 mai, alors n'hésitez pas à cliquer ici !

Itinéraire d'une enfant (pas du tout) gâtée


Marie-Claire vient de perdre sa maman, elle ne comprend pas tout ce qui se déroule autour d'elle, les signes de croix, les airs attristés, les gens qui vont et viennent dans la maison. Elle comprend encore moins lorsque son père les laisse dans un couvent, sa soeur et elle, aux bons soins des soeurs. Nous sommes dans le Berry puis en Sologne, au début de la IIIè République, Marie-Claire s'avère être une petite fille aux facilités d'apprentissage étonnantes: elle est bonne élève, elle aime apprendre et lire mais elle est aussi un peu réfractaire à la discipline du couvent. Aussi devient-elle très rapidement la bête noire de la mère supérieure qui dès qu'elle le peut, l'envoie, méprisante, comme bergère chez une famille paysanne, à Villevieille. Une nouvelle vie s'offre à Marie-Claire loin du doux regard de soeur Marie-Aimée, une vie qui va lui apprendre à grandir et à souffrir....Ainsi commence l'autobiographie d'une jeune bergère qui devint couturière à Paris.
Ce récit autobiographique qui a connu un grand succès lors de sa parution a été réédité en février dernier. Moi qui ne suis guère friande de ce type de littérature, j'ai été emballée très rapidement par la fraîcheur de l'écriture, le regard très éloigné de toute mièvrerie et surtout par l'authenticité des émotions, des situations et des différentes atmopshères de l'histoire de la jeune Marie-Claire.
Sans avoir l'air d'y toucher, Marguerite Audoux retrace le parcours de la petite orpheline qu'elle a été, l'ambiance feutrée et bruyante à la fois de ces grandes maisons où échouaient les petites filles dont on ne savait quoi faire, ces maisons où régnaient les mères supérieures et les soeurs. Des soeurs plus ou moins bienveillantes, plus ou moins maternelles, plus ou moins douces. Le lecteur est au coeur du dortoir, aux côtés des pensionnaires au réfectoire, caché lors des menus bêtises des fillettes ou des jeunes filles, assis sagement au fond d'une classe où rêverie et assiduité se mêlent. Puis vient le jour où les fillettes deviennent presque des demoiselles et doivent aller de par le monde lorsqu'elles n'optent pas pour la clôture voilée.
La vie paysanne avec ses peurs du loup, ses forêts aussi somptueuses, romantiques qu'inquiétantes, sa vie rude et cependant riche de tendresses muettes comme la vie ouvrière avec ses rythmes usants, ses patrons qui peuvent être autant humains que méprisants, ses petites mains gouailleuses, virevoltantes, s'écoule sous la plume sans fard, sans effets superflus, de Marguerite Audoux. Cette dernière, avec une simplicité extrême d'une grande richesse (une simplicité savoureuse bien éloignée de certaines littératures trônant en tête de gondole), emmène son lecteur au coeur du monde des petites gens, ces petites gens cheville ouvrière d'une société qui trop souvent les ignore. Le monde ouvrier ou paysan n'est pas édulcoré, il est relaté, sans rhétorique pesante, sans effet de style superfétatoire: il est, il naît sous les mots simples mais d'une justesse qui pourrait faire pâlir d'envie plus d'un Musso! Les sentiments y sont vrais et la vie des humbles encore plus réelle: le lecteur suit les angoisses d'une Marie-Claire qui ne sait plus ce qu'est l'amour depuis son immense déconvenue (tellement banale à cette époque et tellement poignante) et qui se demande si elle doit ou non céder au désir du neveu de ses patrons....elle pourrait être ainsi à l'abri du besoin, accéder à la respectabilité mais est-ce vraiment l'essentiel d'une vie pleinement réussie?
Surtout, ne vous fiez pas à la couverture où une beau paysage de terroir s'épanouit...."Marie-Claire" suivie de "L'atelier de Marie-Claire" est tout sauf un roman du terroir: le folklore ne s'y trouve pas, seulement le quotidien dans sa douceur comme dans sa rudesse, dans ses petits bonheurs comme dans ses indicibles désespérances. "Marie-Claire" réconcilie la lectrice que je suis avec la littérature populaire dans son sens le plus noble: les petites gens sont mis à l'honneur et en valeur, l'écriture simple donne une grande force au récit par son économie de moyen qui écarte toute indigence de style et d'argumentaire, les émotions sont intenses derrière une réalité parfois très crue.
Marguerite Audoux reçut le Prix Femina, en 1910, pour son roman "Marie-Claire".
Je n'aurais certainement pas lu ce roman si les éditions De Borée ne me l'avaient pas proposé!





vendredi 24 avril 2009

Fin de semaine


Rachel de Tricot au bout du monde a eu l'idée de me taguer! Quelques questions/réponses pour en savoir un peu plus sur Chatperlipopette....attention, les révélations seront surprenantes!

Plutôt corne ou marque-page? Marque-page bien sûr....je déteste corner mes livres!

As-tu déjà reçu un livre en cadeau? oui, très souvent!!!

Lis-tu dans ton bain? ça va pas non!

As-tu déjà pensé à écrire un livre? c'était il y a très longtemps, j'étais jeune ado et j'avais la tête pleine de jolis rêves....mais je n'ai pas du assez souffrir pour avoir le talent permettant d'écrire quelque chose de correct: mes premiers jets étaient très cartlandiens!

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes? un régal lorsque qu'elles sont bien faites. Je me suis délectée avec Le seigneur des anneaux Les Thibaut de Martin du Gard Les guerriers du silence de Bordage

As-tu un livre culte? La trilogie du Seigneur des anneaux et Autant en emporte le vent .
Aimes-tu relire? Cela dépend.

Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimé ? Je suis tellement timide et impressionnable que je deviens une vraie courge lorsque j'en rencontre un.

Aimes-tu parler de tes lectures ? Oui! sinon je ne tiendrais pas de blog.

Comment choisis-tu tes livres ? Parfois à la couverture ou à l'odeur (mais le risque peut s'avérer grand), le plus souvent grâce aux conseils glanés sur les blogs et sur le forum parfum de livres.

Une lecture inavouable .....Une partie de la série des SAS, un été alors que j'étais sensée réviser deux UV pour la session de rattrapage de Septembre (ah le joyeux temps estudiantin!!)

Des endroits préférés pour lire ? Le banc sur la terrasse, au soleil après le repas de midi, mon lit, le canapé de la bibliothèque et le voltaire près de la cheminée en hiver.

Un livre idéal pour toi serait : Celui que j'emporterai sur une île déserte.

Lire par dessus l’épaule ? Je déteste qu'on lise par-dessus mon épaule donc je ne suis pas une adepte de cette mauvaise habitude.

Télé, jeux vidéos ou livre ? Livre!

Lire et manger ? Oui, mais pas les deux en même temps!

Lecture en musique, en silence, peu importe .. musique classique ou le silence (parfois, je mets des bouchons dans les oreilles pour m'isoler encore plus! J'ai beaucoup de mal à supporter le bruit en dehors de mon travail...les loupiots de 3/4 ans ne savent pas parler doucement....mille et une fois hélas pour mes pauvres petites oreilles!).

Lire un livre électronique ? Beurk!

Livres empruntés ou livres achetés ? Les deux!

Quel est le livre que tu lis actuellement et quel sera le prochain ? J'en lis 4 en même temps (je sais, je suis complètement cinglée!) "La marche de Mina" de Yoko Ogawa "Terra nostra" de Carlos Fuentes "Berlin Alexanderplatz" d'Alfred Döblin et "Les amants de la Mer Rouge" d'Addonia Sulaiman Smy .

As-tu déjà abandonné la lecture d'un livre? cela ne m'est pas arrivé depuis bien longtemps....je dois avoir un côté masochiste!

Quel est le premier livre que vous avez adooooooré d'amour ? Toufou et Pouquette puis La princesse de Clèves .


A qui vais-je passer le relais? Hambreellie Majanissa Mirontaine Vanessa...si elles le souhaitent!