samedi 30 avril 2022

Les mémoires d'un chat

 


Satoru
, amoureux des chats depuis toujours, adopte, un jour, Nana, « sept » en japonais, un jeune chat errant qu'il sauve après qu'il ait été renversé par une voiture et ait échoué, épuisé, sur le parking de l'immeuble, une patte cassée.

La vie commune commence entre le jeune homme et son chat. Cela aurait pu durer longtemps si un aléa de la vie n'était pas venu perturber le bel ordonnancement des jours.

Satoru doit se séparer de son chat et recherche, parmi ses anciens camarades de classe, qui pourrait s'en occuper.

Les deux compagnons parcourent le Japon en quête du foyer d'accueil idéal. C'est, à chaque fois, l'occasion de se remémorer les souvenirs de jeunesse, les joyeux comme les malheureux, de Satoru, jeune garçon devenu orphelin, que sa tante prit sous son aile... sans son chat d'alors, « Huit ». Satoru en sera toujours triste.

On parcourt le Japon en voiture et dans le regard du chat, friand de nouvelles découvertes et de belles aventures. Les présentations avec les potentiels adoptants ne se déroulent pas toujours au mieux. Il faut dire que Nana n'y met pas vraiment du sien... et pour cause. Ce que Nana veut, c'est passer le plus de temps possible en compagnie de Satoru car, même si le jeune homme n'en dit rien à ses amis d'enfance, même s'il n'en parle jamais avec Nana, Nana, lui, sait, depuis le début, l'aléa de la vie qui jette Satoru sur les routes japonaises. Il aura recours à toutes les ruses possibles et inimaginables pour gagner du temps précieux.

On le saura, avant les amis d'enfance, en écoutant le constat de la chatte du couple tenant un gîte acceptant les animaux de compagnie, devant l'attitude du chien qui aboie sur Satoru, alors que ce dernier est réputé pour être apprécié par tout animal croisant son chemin. Les animaux perçoivent ce que les hommes ne voient pas : la maladie qui ronge l'organisme de manière irrémédiable.


Le roman est le journal de bord de Nana, ce chat plus que sagace et audacieux, ce chat indépendant et pourtant débordant d'amour et de tendresse pour son maître, celui qu'il s'est choisi : renversé par une voiture, il a pensé, immédiatement, à rejoindre au plus vite le jeune homme de l'immeuble autour duquel il traînait ses pattes de jeune chat libre parce que lui seul pouvait le secourir.

Il y a les regrets des uns et des autres, les joies oubliées, les jalousies, les premiers émois. Il y a ces liens d'amitié, toujours forts malgré la distance et les années.

Chaque étape est une manière pour l'auteure décrit le Japon contemporain, attaché à ses traditions et intégré dans la modernité. Une modernité produisant les « enfants clefs », enfants délaissés par leurs parents trop absorbés par leur travail pour s'en occuper. En lisant ce passage, mon visionnage du manga animé « Kotaro en solo » est entré en résonnance avec « Les mémoires d'un chat », série dont le héros est un garçonnet de quatre ans vivant seul.

J'ai apprécié, également, les passages sur la mémoire envers les disparus : les personnages leur parlent, leur relatent les menus et grands faits de leur quotidien. Ils ne sont plus là physiquement mais toujours présents, invisibles. Ces passages ont établi des passerelles avec « Petites boîtes » d'Ogawa... et j'aime quand mes lectures, mes visionnages font écho entre eux avec pertinence et intelligence.


Hiro Arikawa avec « Les mémoires d'un chat » signe un roman qui donne la part belle à la tendresse, à la bienveillance, à l'humour et aux émotions. On rit, on aime, on se moque gentiment, on rêve, on regarde d'extraordinaires paysages, on s'arrête devant la silhouette majestueuse du Mont Fuji, on écoute le ressac de ma mer, on pleure aussi... on vit pleinement aux côtés de Nana et Satoru.

Le dernier chapitre est d'une intensité indicible et fait naître une gamme d'émotions allant crescendo. J'ai refermé le livre, la gorge serrée sans pouvoir endiguer le flux lacrymal.

Ce fut une lecture très forte en émotions et la belle découverte d'une auteure que je ne connaissais pas du tout.

Traduit du japonais par Jean-Louis De la couronne


Quelques avis:

Babelio  Livraddict  Tomtom Latomate Critiques Libres  Sens Critique


Lu dans le cadre


 



5 commentaires:

rachel a dit…

Oh oui j'ai decouvert cette auteure avec les arrets....et lala tu me donnes encore plus envie de la connaitre...;)

Katell a dit…

Je compte lire son autre roman un de ces jours.

Hilde a dit…

J'ai beaucoup aimé le périple de Satoru et Nana. L'histoire est très émouvante. Comme toi, j'ai ressenti beaucoup d'émotions. J'apprécie aussi quand des passerelles se font entre les lectures. Merci pour cette nouvelle contribution.

Katell a dit…

Merci Hilde d'être passée ici.
Je ne connaissais pas du tout cette auteure, Michel en a parlé sur son FB et m'a vraiment donné envie de la découvrir. C'est chose faite et dans la joie.

ยากันยุง a dit…
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